Dreux

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Dreux est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre. Les habitants sont appelés Drouais ou Durocasses.
Dreux

Dreux est une commune française, située dans le département d'Eure-et-Loir et la région Centre. Les habitants sont appelés Drouais ou Durocasses.

Géographie

200px Le site de Dreux correspond à une cuvette au confluent de la Blaise, de l'Avre et de l'Eure. Entre Normandie, Ile-de-France et Beauce, elle s'est affirmée de tous temps comme un carrefour d'échanges et un lieu de passage entre régions d'économies complémentaires. De même, aujourd'hui, la situation de la ville correspond au carrefour entre un axe national Paris-Alençon et un axe de contournement de la région parisienne Rouen-Chartres-Orléans. Gare SNCF de Dreux|right|200px Dreux est ainsi desservie par la route nationale 12 (à caractéristiques autoroutières) qui correspond à l'ancienne route du Perche (Paris-Mortagne-Alençon) vers la Basse-Normandie et, prochainement, par une rocade autoroutière Rouen-Chartres en cours d'achèvement. Dreux dispose d'une gare accessible, également, grâce à la liaison ferroviaire Paris-Montparnasse-Granville. Les meilleures liaisons entre Paris et Dreux se font en 40 minutes. Dreux dispose également d'un aérodrome.

Histoire

Antiquité

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Moyen Âge et Époque moderne

Ville frontière entre le domaine royal et le duché de Normandie, Dreux a longtemps commandé l'accès au royaume. Cela lui vaut d'être une ville royale, également, à de multiples reprises au fil de l'histoire, d'être disputée. 200px Au cours des guerres de religion, Dreux fut, en décembre 1562, le siège d’une bataille entre l’armée catholique et royale de Catherine de Médicis, régente et comtesse de Dreux, et les troupes protestantes du prince Louis de Condé et de l’amiral de Coligny. Les catholiques remportèrent la victoire, mais au prix de 8 000 morts laissés sur le champ de bataille. La ville fut le chef-lieu d’un comté célèbre : elle fut érigée en commune vers 1108, par Louis le Gros, ou même, selon quelques-uns, dès 1092. C'était une place forte, qui soutint divers sièges remarquables. Henri IV la prit en 1593 et la démantela. Dans ses environs se livra la bataille de Dreux (1562), gagnée par les catholiques sur le prince de Condé et les protestants.

Période contemporaine

En 1816, la duchesse d'Orléans, fille unique du duc de Penthièvre, et mère de Louis-Philippe IER, fait ériger la chapelle Saint-Louis sur la colline qui domine la ville suite au saccage de la collégiale Saint-Étienne dont son père avait fait sa nécropole familiale. Dreux est l'héritière d'une longue tradition industrielle : papeterie et imprimerie (famille Firmin-Didot), draperie au puis métallurgie (Grosdemouge, Facel, Potez). Les préoccupations sociales de la municipalité de l'époque de Maurice Viollette aboutit à la création d'une des toutes premières sociétés d'Habitation à Bon Marché (HBM) en France. Le souci hygiéniste est ainsi à l'origine d'un habitat ouvrier (petits immeubles et surtout maisons collectives) qui entourent la vieille ville. Cette période industrielle, inspirée par la familiale, fait progressivement faillite à partir de 1945. À partir des années 1960, une nouvelle génération d'industrie, délocalisée depuis la région parisienne (Radiotechnique, automobile, pharmacie), met au chômage les ouvriers trop qualifiés et syndiqués et fait venir des travailleurs immigrés (Maghreb, Portugal, Afrique sub-saharienne). Des cités au nord de la ville ancienne (Prudhomme) et au Sud (Chamards) poussent dans les anciens champs de blé. Au total, la population de la ville double de 1945 à 1975. La politique migratoire est alors perçue comme un facteur de progrès pour la ville et, surtout, pensée comme si la période de croissance des Trente Glorieuses devait se poursuivre indéfiniment.

Le berceau du Front national

Dreux revient à l'attention nationale en 1983 lorsque le Front National y remporte sa première victoire électorale, et co-gère la ville avec la droite classique (RPR-UDF) suite aux élections municipales. La liste FN menée par Jean-Pierre Stirbois réalise un score sans précédent en dépassant 16% des suffrages au 1 tour du scrutin. Entre les deux tours, la liste FN fusionne avec celle menée par Jean Hieaux (RPR) qui deviendra maire après la victoire de cette alliance. Jean Hieaux n'est pas isolé et est soutenu par une très grande majorité de la droite locale qui voit le FN comme une force d'appoint permettant de faire revenir à droite la ville de Dreux, emportée par la gauche en 1977. Jacques Chirac déclarera à l'occasion: « Ceux qui ont fait alliance avec les communistes sont définitivement disqualifiés pour donner des leçons en matière de droit de l'homme et de règles de démocratie. (...) Je n'aurais pas du tout été gêné de voter pour la liste RPR-FN au second tour. Cela n'a aucune espèce d'importance d'avoir quatre pèlerins du FN à Dreux comparé aux quatre ministres communistes au conseil des ministres »Voir l'article Alliances électorales du Front national
-De 1977 à 1998. Cet objectif sera réussi, Jean Hieaux restera maire de la ville jusqu'en 1995. L'alliance avec le FN est vite consommée, dès les élections de 1989, le FN refait bande à part et sera de plus en plus marginalisé d'élection en élection. Cette perte de vitesse tient beaucoup au décès accidentel de Jean-Pierre Stirbois en 1988. C'est ensuite son épouse, Marie-France Stirbois qui incarnera le FN à Dreux, en étant élue députée en 1989 lors d'une partielle, puis conseiller général en 1992 (un seul mandat), puis député européen et conseiller régional avant de quitter définitivement la ville après les régionales de 1998 (échec de l'alliance droite/FN au Conseil régional du Centre), pour rejoindre Nice et la région PACA. Le maire socialiste de 1977 à 1983, Françoise Gaspard, écrira un livre sur son expérience, Une petite ville en France. Elle assumera ensuite publiquement son homosexualité, devenant ainsi l'une des premières personnalités politiques françaises à le faire et presque la seule en tant que femme.

Aujourd'hui, une priorité : changer l'image de la ville

En 1995, Gérard Hamel (RPR puis UMP) conserve la ville à droite en réalisant un aggiornamento rangeant de façon volontariste au rang des erreurs du passé l'éventualité d'une alliance droite/FN. 200px Très marquée par un fort chômage dû à une difficile reconversion de son industrie (automobile, électronique), et par la gestion délicate d'une forte immigration multipliant les communautés toutes confrontées à une précarité sociale très importante, Dreux tente de changer son image qui repose encore sur un triptyque « Cité-dortoir industrieuse, quartiers difficiles, berceau du FN ». Elle mise sur de nouvelles filières économiques (industrie pharmaceutique) et sur une politique culturelle ambitieuse (création d'un grand pôle culturel, d'un centre d'art contemporain : l'Odyssée). Hamel est réélu en 2001. L'éviction du FN du Conseil municipal de Dreux ne doit rien au hasard et tout à l'action des Harkis qui constituent 6% de la population de la commune. Cas unique d'une implication politique réussie des Harkis, ceux-ci, emmenés par Abd-el-Kader Hamiche, se sont alliés avec Jean Hieaux pour les élections municipales de 1989, permettant à celui-ci de se refaire une virginité en se débarrassant du Front National. Le FN progressivement marginalisé, Marie-France Stirbois, désespérée de réussir à s'y faire réélire, lui a donné le coup de grâce en partant pour Nice. Aux élections municipales de 2001, après la scission avec le MNR et le départ de Marie-France Stirbois, le Front national ne compte plus assez de militants pour constituer une liste. Trois mosquées ont été construites depuis la fin de l'influence FN à Dreux, Libération, 22 juin 2007 (dont une de la communauté intégriste du Tablighhttp://www.saphirnews.com/Jamaat-al-Tabligh, -sortie-annuelle-a-Dreux_a472.html). Par ailleurs, la ville a perdu habitants.

Patrimoine

Image:Dreux-Panorama.jpg|Panorama de la ville Image:Dreux-Rue.jpg|Maison ancienne Image:Dreux Museum.jpg|Le musée Image:Dreux belfry.jpg|Le beffroi Image:Dreux-St_Pierre.jpg|L'église Saint-Pierre Image:St. Louis chapel (Dreux).jpg|La chapelle Saint-Louis Image:Dreux_tribunal.jpg|Le tribunal

Héraldique

Échiqueté d’or et d’azur, à la bande de gueules Les armes de la ville ont pour origines celles de la maison de Braine. Robert Ier, quatrième fils du Roi Louis VI le Gros reçut le comté de Dreux en apanage en 1137 et épousa, en troisièmes noces, Agnès de Braine en 1152. Robert Ier prit pour armes celles de la maison de Braine. Robert Ier donna ses armes à ses habitants de Dreux en 1154, sans la bordure de gueules. À la place, les branches de chêne prirent place sur un fond d’argent et surmonté de la couronne de comte. Au début du , l’ornement extérieur, qui était la couronne de comte placée en cimier, fut remplacée par la couronne murale en forme de murailles crénelées.

Administration

!! |- | align=right| 1580 || Pierre Chaillou || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1790 || Charles Le Menestrel || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1791 || Louis Claude Rotrou || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1792-1793 || Clément || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1793-1795 || Amoreau || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1795-1795 || Devilleneuve || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1795-1796 || Pierre Leroux || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1796-1797 || Chaperon || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1797-1797 || Mahiel De Saint Clair || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1797-1797 || Jacques Hequet || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1800-1800 || Jacques Pierre || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1800-1808 || Thomas Jolly || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1808-1815 || Louis Claude Rotrou || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1815-1818 || Mahiel De Saint Clair || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1818-1828 || C. De Chaulnes || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1828-1830 || Louis Caille || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1830-1834 || J. Robillard || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1834-1848 || Demonferrand || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1848-1852 || Jacques Mézirard || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1852-1855 || L. Lamésange || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1855-1869 || Jacques Mézirard || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1869-1869 || Jacques Gromard || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1869-1870 || Eugène Batardon || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1870-1871 || Elie Tilleul || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1871-1878 || Léoplod Poirier || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1878-1880 || Victor Dubois || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1880-1882 || Pierre Fortin || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1882-1882 || Louis Hermann || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1882-1884 || Victor Dubois || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1884-1886 || Charles Bonnet || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1886-1888 || Victor Dubois || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1888-1895 || Louis Terrier || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1895-1899 || Charles Bonnet || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1899-1899 || Ferdinand Lefebvre || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1899-1908 || Alphonse Barre || ? ||align="center"| || |- | align=right| 1908-1941 || Maurice Viollette || PRS ||align="center"| || |- | align=right| 1941-1941 || André Trubert || Délégation spéciale|Délégation spéciale ||align="center"| || |- | align=right| 1942-1943 || Moreau || Délégation spéciale|Délégation spéciale ||align="center"| || |- | align=right| 1944-1944 || Alphonse Barre || Délégation spéciale|Délégation spéciale ||align="center"| || |- | align=right| 1944-1959 || Maurice Viollette || UDSR ||align="center"| || |- | align=right| 1959-1965 || Georges Rastel || UDSR ||align="center"| || |- | align=right| 1965-1977 || Jean Cauchon || CD ||align="center"| || |- | align=right| 1977-1983 || Françoise Gaspard || PS ||align="center"| || |- | align=right| 1983 (mars à juin) || Marcel Piquet || PS ||align="center"| || |- | align=right| 1983-1989 || Jean Hieaux || RPR allié avec le FN ||align="center"| || |- | align=right| 1989-1995 || Jean Hieaux || RPR ||align="center"| || |- | align=right| 1995-2001 || Gérard Hamel || RPR ||align="center"| || |- | align=right| mars 2001- || Gérard Hamel || UMP ||align="center"| || Après l'annulation de l'élection municipale de mars 1983, l'élection partielle qui suit, le 11 septembre 1983, voit le retour à droite de la ville avec l'alliance inédite du RPR et du front National. Une des figures du FN, Jean-Pierre Stirbois, devient maire-adjoint. L'alliance ne sera pas reconduite lors des élections suivantes.Le Monde, 27 juillet 2007, page 16

Démographie

Economie

La ville dispose d'une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie d'Eure-et-Loir.

Personnalités liées à la commune

- Robert Ier était le quatrième fils du roi Louis VI le Gros. Comte de Dreux, il fut marié trois fois et mourut en 1188. Il eut deux enfants et c'est Robert II qui hérita du comté de Dreux
- Les Métézeau : grande famille drouaise, famille d'architectes qui a contribué à développer la richesse architecturale de la ville. On distingue :
- Clément Ier (1479-1555)
- Jean (1528-1600)
- Thibault (1533-1596)
- Clément II (1581-1652)
- Louis (1562-1616)
- Jean Rotrou : il descend d'une ancienne famille bourgeoise de la ville. Il est né à Dreux le 21 août 1609. En 1639, après la mort de Richelieu, il achète la charge de lieutenant particulier civil et criminel au baillage de Dreux. En 1650, il meurt lors d'une épidémie de fièvre pourpre pour n'avoir pas voulu quitter la ville et se mettre à l'abri de l'épidémie. Il décède le 27 juin 1650 à l'âge de 41 ans. Il fut inhumé dans le cimetière de l'église paroissiale Saint Pierre.
- Antoine Godeau, mort le 21 avril 1672, jour de Pâques, d'une attaque d'apoplexie.
- François-André Danican-Philidor (né le 7 septembre 1726 à Dreux – mort le 31 août 1795 à Londres) compositeur et joueur d'échecs français. Issu d'une dynastie de musiciens célèbres des et siècles, qui portèrent tous le surnom de Philidor. Le plus ancien d'entre-eux, Michel Danican, hautboïste virtuose, avait enthousiasmé Louis XIII, lui rappelant le talent de l'italien Filidori. Elève de Campra, ses nombreux opéras-comiques montrent son inventivité. Aujourd'hui, son nom reste plus associé au jeu d'échecs car il fut le meilleur joueur au monde et publia l'Analyse du jeu des échecs en 1749, à l'âge de 22 ans. Vivant des pensions du roi, il mourut à Londres, ne pouvant rentrer en France, considéré à tort comme émigré.
- Louis-Philippe Ier et certains de ses ascendants et descendants reposent dans la chapelle royale.
- Françoise Gaspard, sociologue, écrivain, féministe et femme politique française.
- Patrick Vieira, Footballeur champion du monde en 1998, champion d'europe en 2000, capitaine de l'équipe de France de football. A été licencié du FC (football club) Drouais.

Jumelages

- (voir page italienne)
- (voir page allemande)
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- (voir page anglaise)
- (voir page allemande)
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Cadre de vie

- Ville fleurie : 3 fleurs Image:Ville fleurie.svgImage:Ville fleurie.svgImage:Ville fleurie.svg attribuées par le Conseil National des de France au Concours des villes et villages fleuris.

Voir aussi

Bibliographie

-Éric Lenud, Découverte de Dreux à travers les siècles par le bailli Dorat (1696-1771), éditions SAMABD, 2007, 495 pages ===
Sujets connexes
Afrique sub-saharienne   Agnès de Braine   Alliances électorales du Front national   Antoine Godeau   Arrondissement de Dreux   Avre   Aérodrome   Bataille de Dreux   Blaise (affluent de l'Eure)   Canton de Dreux-Est   Canton de Dreux-Ouest   Canton de Dreux-Sud   Catherine de Médicis   Catholicisme   Centre démocrate   Chambre de commerce et d'industrie d'Eure-et-Loir   Chapelle royale de Dreux   Chaperon   Chef-lieu   Clément   Communauté d'agglomération du Drouais   Commune française   Comté de Dreux   Concours des villes et villages fleuris   Dreux à la feuille   Duché de Normandie   Eure-et-Loir   Eure (rivière)   France   François-André Danican   Françoise Gaspard   Fromage   Front national (parti français)   Gare de Dreux   Gentilé   Georges Rastel   Granville   Guerres de religion (France)   Gérard Hamel   Harki   Henri IV de France   Homosexualité   Héraldique   Jacques Chirac   Jean-Pierre Stirbois   Libération (journal)   Liste des comtes de Dreux   Londres   Louis-Philippe Ier   Louis Terrier   Louis VI de France   Louis XIII de France   Maghreb   Maison capétienne de Dreux   Marie-France Stirbois   Mars (mois)   Maurice Viollette   Michel I Danican Philidor   Moreau   Nice   Parti républicain-socialiste   Parti socialiste (France)   Patrick Vieira   Pierre Fortin   Pierre Leroux   Portugal   Protestantisme   Rassemblement pour la République   Robert II de Dreux   Robert Ier de Dreux   Route nationale 12   Tablighi Jamaat   Trente Glorieuses   Une petite ville en France   Union pour un mouvement populaire  
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