Marine soviétique

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La marine de guerre soviétique (Военно-морской флот СССР, Voyenno-morskoy flot SSSR, littéralement « Forces militaires navales de l'URSS ») fut, à son apogée, la deuxième puissance militaire maritime du globeAprès l'United States Navy qui se place au premier rang depuis la seconde guerre mondiale. et une des branches les plus fortes de l'Armée rouge. Insigne de la marine soviétique Drapeau de la marine soviétique
Marine soviétique

La marine de guerre soviétique (Военно-морской флот СССР, Voyenno-morskoy flot SSSR, littéralement « Forces militaires navales de l'URSS ») fut, à son apogée, la deuxième puissance militaire maritime du globeAprès l'United States Navy qui se place au premier rang depuis la seconde guerre mondiale. et une des branches les plus fortes de l'Armée rouge. Insigne de la marine soviétique Drapeau de la marine soviétique

Historique

le croiseur Aurora, l'un des symboles de la révolution de 1917 La l’insurrection des 27 000 marins et soldats de la base navale de Cronstadt située dans la baie de Saint-Pétersbourg/Leningrad en mars 1921 en conjonction avec les révoltes paysannes enflammant le pays (Nestor Makhno et la makhnovtchina en Ukraine) Voline, La révolution inconnue. Lénine révise sa politique économique pour ouvrir l’ère de la Nouvelle politique économique. Marins soviétiques et américains en Alaska célébrant la reddition du Japon en 1945 Après avoir été longtemps une flotte de défense côtière, elle a joué un rôle mineur dans la Grande guerre patriotique bien qu'en 1941, elle possédât la première force sous-marine du monde celle-ci ayant particulièrement souffert durant ce conflit, fournissant l'immense majorité des 137 navires perdus durant cette période . Ses attaques causèrent tout de même quelques-uns des plus meurtriers naufrages de l'histoire comme ceux du navire de croisière Wilhelm Gustloff et du General von Steuben début 1945. La guerre froide a vu considérablement développer la marine de guerre de l’Union Soviétique qui se retrouva dès 1958 au deuxième rang mondial et donna des réelles frayeurs aux stratèges de l’OTAN sous l’impulsion de l’amiral Gorchkov qui présida à sa destinée pendant plusieurs décennies. À la dissolution de l'URSS fin 1991, ce fut la marine russe qui reçut l'immense majorité des navires et aéronefs de la défunte marine soviétique.

Stratégie

Compte tenu de sa position géographique (cf. infra) et de celle de son principal ennemi, les États-Unis, pendant la guerre froide, l'Union soviétique a adopté une doctrine stratégique navale de puissance terrestre, très comparable à celle de l'Allemagne hitlérienne. Ainsi, l'accent est mis sur la destruction des moyens navals ennemis plutôt que sur l'action vers la terre. Tout cela explique l'accent mis sur les sous-marins et le peu de développements de moyens de débarquement ou de porte-avions.

Organisation

Déploiement

Croiseur de classe Kresta en 1970 Frégate de classe Kashin au Maroc en 1970 La marine soviétique est (comme encore actuellement la marine russe) divisée en 4 flottes :
- La flotte du Nord : la plus importante, stationnée dans la péninsule de Kola, au-delà du cercle polaire arctique, les bases de SNLE dans la région de Mourmansk faisaient de cette zone la plus nucléarisée de la planète Terre. La majorité des grands bâtiments de surface et la moitié des sous-marins étaient affectés à cette flotte.
- La flotte du Pacifique : basée dans l’Extrême-Orient russe, principale base à Vladivostok, l’autre partie des SNLE et une partie des SNA et des navires de surfaces était affectés à cette flotte.
- La flotte de la Baltique : basé à Leningrad et à Kaliningrad, comprend des unités légères.
- La flotte de la mer Noire : basée principalement en Crimée comprend des unités lourdes et légères. Outre-mer, la flotte soviétique maintenait des escadres en permanence :
- En Méditerranée, 35 à 40 navires en permanence, ports ouverts en Syrie, Libye et Malte.
- Dans l’océan Indien, 25 navires en permanence, base au Yémen et en Éthiopie.
- En mer de Chine, 15 navires en moyenne, base au Vietnam.
- En Afrique occidentale, 5 à 8 navires en moyenne, base en Angola.
- En mer des Antilles, 1 à 3 navires basé à Cuba.

Missions

Elle s’est vue investie d’une double mission. Tout d’abord, protéger les territoires des pays du Pacte de Varsovie contre toute attaque éventuelle venue de la mer et ensuite, en cas d’offensive contre l’OTAN, neutraliser au plus vite les forces maritimes adverses et couper ses lignes de ravitaillement. Cette stratégie a conduit à la constitution d’une redoutable flotte de guerre. Pour assurer sa vocation défensive, la marine soviétique s’est doté de nombreuses petites unités, déployées uniquement sur les eaux territoriales du bloc de l’Est. L’autre composante est au contraire susceptible d’intervenir partout dans les mers du globe : en Méditerranée, dans l’océan Indien, en mer de Chine et dans l’Atlantique Sud.

Forces et faiblesses

Porte-hélicoptères classe Moskva Avec ses 460 000 hommes, ses plus de 1 600 navires de guerre de tout type soit environ 3 millions de tonnage, ses 1 400 aéronefs, la flotte soviétique était dans les années 1980 véritablement imposante. Cette course au tonnage aussi impressionnante soit-elle ne doit pas faire oublier les faiblesses de cette marine. Les jours passés en mer sont inférieurs en nombre à ceux des principales autres marines et l’entraînement et la formation des équipages laissent à désirer. La qualité des navires était en général inférieure à ceux de l’Ouest, ce qui avec un entraînement relativement faible conduisait (et conduit encore avec la marine russe) à de nombreux accidents. La géographie même de l’URSS était un désavantage, ses bases navales étaient soit bloquées par la glace la majeure partie l’année comme celles dans la région de Mourmansk, soit dans des mers dont les détroits étaient sous contrôle étranger comme la mer Noire pour les installations de Crimée, la mer Baltique pour Leningrad et Kaliningrad ou sous étroite surveillance comme la mer du Japon pour les bases de Vladivostok.

Aéronautique navale

Un des classe Kiev, actuellement transformé en navire-musée en République populaire de Chine Tu-95 Bear suivie par des F-14 de l'US Navy L’aéronautique navale était très développée mais l’immense majorité de cette flotte de 1 400 appareils dont 250 hélicoptères était basée à terre. L’aviation embarquée (des Yakovlev Yak-38 Forger) à bord des 4 porte-aéronefs de classe Kiev entré en service à partir de 1972 qui bien que déplaçant 37 000 t était inférieur en quantité et puissance de feu à celle d’un seul porte-avions américain. Un porte-avions de 59 000 t, le porte-avions Amiral Kouznetsov entra en service le 29 janvier 1991 peu de temps avant la chute de l’URSS. Il constitua un sérieux progrès par rapport au Kiev avec l’équivalent de la capacité du porte-avions Clemenceau. Deux autres navires de la même classe furent mis en chantier mais furent vendus par l'Ukraine à la Chine en 2000 (en l’état, achevé à 70 %) et à l’Inde en 2002 (livré après modernisation en 2007). Un porte-avions nucléaire, le Ul’yanovsk fut mit sur cale en décembre 1988, mais ne fut jamais terminé. La principale force de l’aéronavale était constitué par les centaines de bombardiers et d’avions de lutte anti-sous-marine à long rayon d’action pouvant traquer l’ennemi jusqu’au milieu de l’Atlantique, celle-ci était composé de Tupolev Tu-16 Badger, Tupolev Tu-95 Bear et surtout à partir des années 1970 des Tupolev Tu-22M Backfire qui sont toujours au début du considérés comme une mortelle menace pour toute flotte qui aurait à les affronter.

Forces sous-marine

K-219, un SNLE classe Yankee, 3 jours après son accident Les sous-marins de tous types ont représenté une part majeure de la flotte avec plus de 55 % du tonnage globale dans les années 1980 -376 sous marins en 1983- (US Navy à la même époque : 26 % du tonnage, 130 sous-marins). Ils étaient chargés, en cas de nouvelle bataille de l’Atlantique, d’interrompre le trafic maritime entre l’Amérique du Nord et l’Europe, conditionnant l’arrivée sur le théâtre d’opérations des renforts américains, d’interdire l’approche de l’URSS aux groupes aéronavals de l’US Navy, protéger la composante sous-marine des forces nucléaires stratégiques (67 SNLE et 15 sous-marins classiques porteurs de missiles balistique) et traquer les SNLE de l’OTAN. La rapidité des constructions des sous-marins nucléaires (12 à 18 mois pour la 1 et la 2 génération) s'est faite au détriment de la qualité. De 1967 à 1990, les Soviétiques ont compté 340 fuites sur les circuits primaires et « perdu » 7 sous-marins nucléaires. La première génération de SNLE était ainsi surnommée « le faiseur de veuves ». En 1992, les autorités ont confirmé la perte d'au moins 20 sous-marins de tous types en temps de paix. Jusqu'aux années 1970, les sous-marins soviétiques étaient plus bruyants que leurs homologues de l'ouest et moins fiables, les dernières classes produites dans les années 1980 corrigent ces défauts.

Forces de surface

Projet 58'' en 1990 À partir des années 1960, on vit apparaître un nombre croissant de grands navires de surface avec notamment le premier des 2 croiseurs porte-hélicoptères de classe Moskva en 1962, dans les années 1980, près de 400 étaient en service. On compta plusieurs dizaines de croiseurs en service comme les Projet 58 et pouvant aller pour les 4 classe Kirov à propulsion nucléaire jusqu'à 25 000 t (ce qui incita à la remise en service dans l’US Navy des cuirassés de classe Iowa datant de la Seconde Guerre mondiale). Les porte-aéronefs étaient surtout destinés à la lutte anti-sous-marine et à la défense aérienne. Ce type de navires est également très utile dans la gestion d’une crise locale. Plus d’une centaine de destroyers, une centaine de frégates complétaient le dispositif et permettaient aux escadres soviétiques de montrer le drapeau rouge loin de la mère patrie. Plus de 150 corvettes et de 400 patrouilleurs s’occupaient de la surveillance des eaux territoriales.

Infanterie de marine

Char léger PT-76 de l'infanterie de marine soviétique L’infanterie de marine fut dissoute en 1947, après un passé historique rempli de gloire sur le front de l'Est. Ce n’est qu’en 1963 qu’elle fut reconstituée, certainement influencé par les actions spectaculaires des Royal Marines, des US Marines et des forces françaises au Proche-Orient. Au terme des années 1960, l’infanterie de marine compte 8 000 hommes. Dans les années 1980, on compta de 12 000 à 15 000 hommes répartis en cinq régiments amphibies. Ils sont déployés dans les 4 flottes soviétiques. 80 bâtiments de débarquement et de grands aéroglisseurs permettent le transport de ces troupes d’élite.

Commandants en chef des forces navales soviétique

- Vasili Mikhailovich Altfater (octobre 1918 — avril 1919)
- Yevgeny Andreyevich Berens (mai 1919 — février 1920)
- Aleksandr Vasiliyevich Nemits (février 1920 — décembre 1921)
- Eduard Samoilovich Pantserzhansky (décembre 1921 — décembre 1924)
- Vyacheslav Ivanovich Zof (décembre 1924 — août 1926)
- Romuald Adamovich Muklevich (août 1926 — juillet 1931)
- Vladimir Mitrofanovich Orlov (juillet 1931 — juillet 1937)
- Mikhail Vladimirovich Viktorov (août 1937 — janvier 1938)
- Pyotr Andreyevich Smirnov (janvier — août 1938)
- Mikhail Petrovich Frinovsky (septembre 1938 — avril 1939)
- Nikolai Gerasimovich Kuznetsov (avril 1939 — janvier 1947)
- Ivan Stepanovich Yumashev (janvier 1947 — juillet 1951)
- Nikolai Gerasimovich Kuznetsov - (juillet 1951 — janvier 1956), second commandement
- Sergey Georgyevich Gorshkov - (janvier 1956 - décembre 1985). Considéré comme l'officier qui a le plus réformé la marine soviétique
- Vladimir Nikolayevich Chernavin - (1985 - 1992)

Ordre de bataille de la flotte soviétique en 1983Collectif, sour la direction de Xavier Palson, La guerre de demain, Est/Ouest, les forces en présence, Tallandier, 1984, ISBN 2235016006 , p. 186

Effectif : 460 000 hommes dont 345 000 appelés Flotte de combat :
- 67 SNLE (classe Delta, classe Yankee, classe Hotel, classe Typhoon)
- 15 sous-marins à propulsion conventionnelle lanceurs d’engins (classe Golf)
- 48 SSGN (classe Oscar, classe Papa, classe Charlie, classe Echo)
- 17 sous-marins à propulsion conventionnelle dotée de missiles de croisières (SSG)
- 70 sous-marins nucléaire d’attaque
- 159 sous-marins classique
- 3 porte-aéronefs (classe Kiev)
- 2 croiseur porte-hélicoptères (classe Moskva)
- 2 croiseurs à propulsion nucléaires (classe Kirov)
- 30 croiseurs lanceurs lance-missile
- 11 croiseurs légers et de commandement
- 105 destroyers de tous types (dont les classe Udaloy et Sovremennyy)
- 99 frégates (dont 37 anti-sous-marines de classe Riga)
- 61 bâtiments légers
- 131 corvettes anti-sous-marines
- 27 corvettes lance-missiles (classe Wanushka)
- 100 patrouilleurs lance-missiles
- 62 hydroptères
- 194 patrouilleurs rapides ou de surveillance côtière
- 355 mouilleurs de mines et chasseur de mines Flotte amphibies :
- 30 grands navires de débarquement
- 1 LST
- 50 bâtiments de débarquements moyens Aéronautique navale : 1 400 appareils dont :
-avion de patrouille maritime : 87 Tupolev Tu-16 Badger, 45 Tu-95 Bear, 6 Tupolev Tu-22 Blinder
-bombardiers : 85 Tupolev Tu-22M, 270 Tupolev Tu-16 Badger, 40 Blinder
-avions d’attaque : 55 Yakovlev Yak-38 Forger, 40 Soukhoï Su-17
-lutte anti-sous-marine : 50 Bear, 90 Mail, 50 May
-hélicoptères de lutte anti-sous-marine : 250 Hormone, Kamov Ka-27 Haze et Helix

Un héritage encombrant, les navires à propulsion nucléaire devant être recyclés

L’Union soviétique avait détenu le leadership mondial pour le nombre de navires à propulsion nucléaire construits, à savoir quelque 250 sous-marins, cinq bâtiments de surface, dont plusieurs croiseurs lance-missiles et huit brise-glaces. Seulement aucune infrastructure n’avait été mise en place pour le désossage de ces navires ayant passé le seuil limite de leur durée d’exploitation ni même de sites de stockage et de recyclage du combustible nucléaire usé et d’autres déchets radioactifs tant liquides que solides. C’est ainsi que la Russie s’est retrouvée face à cet énorme problème qu’est celui du nettoyage de ses eaux territoriales et de son sol de cette "richesse radioactive invendable" que l’on désigne aussi sous le nom de "tchernobyls flottants". Le poids total des matériaux radioactifs devant être retraités dépasse les 150 000 tonnes. Les submersibles nucléaires en attente de désossage représentent une masse de métal d’un million et demi de tonnes. Quatre milliards de dollars seront nécessaires pour ces travaux auxquels il faudra ajouter les opérations de réhabilitation des territoires contaminés. Les autorités russes dépensent 70 millions de dollars et la communauté internationale débourse un peu plus de cette somme annuellement pour ces travaux. D'ici 2012, on estime qu'il n'y aura pratiquement plus de sous-marins nucléaires à démanteler, il faudra encore régler le problème du retrait du combustible nucléaire consumé des bases côtières, celui de la réhabilitation des territoires contaminés, etc. Ce qui nécessitera beaucoup de temps encore.

Références

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