Buffy contre les vampires

Infos
Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer, parfois abrégé BtVS) est une série télévisée américaine en 144 épisodes de 43 minutes, créée par Joss Whedon et diffusée du 10 mars 1997 au 20 mai 2003 sur le réseaux WB puis UPN. En France, la série a été diffusée du 3 avril 1998 au 17 octobre 2003 sur Série Club et à partir du 3 juillet 1998 sur M6 dans le cadre de la trilogie du samedi. Au Québec, la série a été diffusée s
Buffy contre les vampires

Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer, parfois abrégé BtVS) est une série télévisée américaine en 144 épisodes de 43 minutes, créée par Joss Whedon et diffusée du 10 mars 1997 au 20 mai 2003 sur le réseaux WB puis UPN. En France, la série a été diffusée du 3 avril 1998 au 17 octobre 2003 sur Série Club et à partir du 3 juillet 1998 sur M6 dans le cadre de la trilogie du samedi. Au Québec, la série a été diffusée sur VRAK.TV pour les 5 premières saisons, puis, pour cause de thème trop mûr, la série a été diffusée sur Z télé (avec 2 ou 3 saisons de retard, la série s'est terminée en 2005 au Québec).

Présentation

Buffy contre les vampires est une série créée par Joss Whedon, tirée de son film éponyme, Buffy, Tueuse de vampires, qui n'avait que très modérément rencontré le succès. N'étant pas satisfait du résultat et de la production du film, le scénariste a nourri le projet de le décliner en série afin d'obtenir le format propre à développer en toute indépendance son idée sur le scénario. Aujourd'hui, cette série compte de nombreux fans et elle est passée au stade de série culte . Mad Movies. 28 février 2006. Information donnée le 10 mars 2007..

Synopsis

La série se place dans la fin du d'un univers fantastique peuplé de vampires et de démons. Une jeune fille, seule élue à chaque génération, la Tueuse (the Slayer, en version originale), dotée de qualités athlétiques fantastiques, est chargée de combattre des vampires, pour que ses contemporains puissent vivre en paix. La série suit les aventures de la Tueuse en titre, Buffy Summers, dans la petite ville de Sunnydale en Californie, qui se trouve être un point de convergence des énergies maléfiques : Sunnydale se trouve sur la Bouche de l'Enfer (Inferni Os, en latin)! Entraînée par son Observateur, Rupert Giles, et aidée par ses amis (le scooby gang) particulièrement Willow et Alex (Xander en version originale), Buffy tente d'assumer sa mission de Tueuse, sa frivolité d'adolescente devant petit à petit évoluer vers une attitude plus responsable, tout en menant sa vie de lycéenne puis d'étudiante, et en faisant bonne figure en famille.

Développements

Au long de ses sept saisons, la série s'est employée à mêler habilement les genres : dans le cadre d'un récit fantastique de vampires, démons, et fantômes, dans le cadre d'une série suivant la vie d'une adolescente, l'un étant en général un miroir symbolique de l'autre, comique, mélodramatique, épique s’entrecroisent, souvent au sein d’un même épisode, servis par une esthétique mêlant comics, film d’horreur, arts martiaux et série sentimentale pour adolescents. Consacrant l'expérience de leur inépuisable auteur, ses dialogues, fins et drôles, ont beaucoup contribué à son succès dans le monde anglo-saxon ; ils sont malheureusement considérablement affadis dans la version française. Le nombre croissant de ses personnages a généré le côté populaire de cette nouvelle légende racontée au fil des épisodes. Série sur l'adolescence, le côté feuilletonnant de Buffy permet au spectateur de suivre leur évolution au cours de leur passage à l'âge adulte. Enfin, la série se démarque nettement des séries pour adolescents stricto sensu par une certaine audace, notamment sur le thème de la sexualité : elle a été classée en 2002 comme « la pire des séries télévisées » par la très conservatrice association « » . Information donnée le 10 mars 2007. Aujourd'hui, même après l'arrêt de la série, de nombreux fans continuent à la faire vivre, notamment grâce à Internet et au magazine officiel qui est aujourd'hui arrêté.

Distribution

Acteurs de la série avec Joss Whedon
-Sarah Michelle Gellar (VF : Claire Guyot) : Buffy Anne Summers
-Nicholas Brendon (VF : Mark Lesser) : Alexander Lavelle Harris (Xander en VO)
-Alyson Hannigan (VF : Virginie Ledieu) : Willow Rosenberg
-Anthony Stewart Head (VF : Nicolas Marié) : Rupert Giles
-Charisma Carpenter (VF : Malvina Germain) : Cordelia Chase
-James Marsters (VF : Serge Faliu) : Spike/William Le Sanguinaire
-David Boreanaz (VF : Patrick Borg) : Angel/Angelus
-Emma Caulfield (VF : Marine Boiron) : Anya Jenkins/ Anyanka
-Seth Green (VF : Franck Capilley) : Daniel "Oz" Osbourne
-Michelle Trachtenberg (VF : Chantal Mace) : Dawn Summers
-Marc Blucas (VF : Bruno Raina) : Riley Finn
-Amber Benson (VF : Laurence Crouzet) : Tara Maclay

Personnages secondaires

-Eliza Dushku (VF : Séverine Morisot et Sophie Riffont) : Faith Lehane
-Kristine Sutherland (VF : Danièle Douet) : Joyce Summers
-Armin Shimerman (VF : Michel Paulin) : Principal Snyder
-Juliet Landau (VF : Dorothée Jemma) : Drusilla
-Robia LaMorte (VF : Sophie Arthuys) : Jennifer "Jenny" Calendar
-Alexis Denisof (VF : Eric Legrand) : Wesley Wyndam-Pryce
-Mercedes McNab (VF : Valérie Siclay) : Harmony Kendall
-Adam Busch (VF : Marc Saez) : Warren McSheel
-Tom Lenk (VF : Laurent Morteau) : Andrew Wells
-Danny Strong (VF : Sébastien Desjours) : Jonathan Levinson
-Elizabeth Anne Allen (VF : Laura Préjean) : Amy Madison
-Ethan Erickson : Percy West

Équipe d'écriture

L'écriture des scénarios est réalisée par Mutant Enemy, une société de production créée par Whedon en 1997. Les scénaristes figurant le plus souvent au générique sont: Steven S. DeKnight, Jane Espenson, David Fury, Drew Goddard, Drew Greenberg, Rebecca Rand Kirshner, Marti Noxon et Doug Petrie , , , , , , . Internet Movie Database (2006).. Howard Gordon, David Greenwalt et Joss Whedon sont toujours mentionnés.

Récompenses

-Emmy Award 1998 : Meilleurs maquillages pour l'épisode Innocence
-Emmy Award 1998 : Meilleure musique originale de Christophe Beck pour l'épisode Acathla - 1 partie

Épisodes

À la fin de la saison 3, une partie des personnages (Angel, Cordelia Chase, Wesley Windam-Pryce) quittent la série pour un spin-off : Angel. Les scénarios des deux séries interfèrent dans le cadre de plusieurs cross-overs, et des personnages font des apparitions hors de leur propre série, comme Buffy, Angel, Willow, Spike. Certains quittent l'univers de Buffy pour s'installer dans celui dAngel, comme Faith, Darla, Drusilla, Harmony, Andrew, et surtout Spike (après l'arrêt de la série Buffy).

Commentaires

La traduction française des titres des épisodes est souvent différente de l'originale, ce changement en affaiblit parfois la connotation culturelle (voir l'article sur les épisodes). La quatrième saison marque un changement de format de l'image, une qualité améliorée du cadrage et un plus grand nombre de tournages hors studio avec l'afflux des moyens. Chaque saison est pourvue d'un épisode expérimental dans son expression. L'impasse ne devra pas être faite sur le magistral et bouleversant épisode - À la dérive (normal again) - saison 6, qui nous pousse à nous demander si Joss Whedon, pour créer toute cette série, n'a pas plagié le journal intime d'une schizophrène... Notre héroïne y affronte une crise au sujet du principe de réalité.

Analyse

Une lecture à plusieurs niveaux

La série télévisée Buffy contre les vampires suscite des appréciations contrastées : profondément débile pour les uns, immorale pour les autres, chef-d'œuvre télévisuel pour les derniers. Joss Whedon, son créateur, metteur en scène et principal scénariste a fondé le thème de cette série sur une inversion du principe classique des films d'horreur. Au lieu de montrer une blonde pourchassée par des vampires, Buffy est une blonde qui tue des vampires ! Le résultat peut susciter un profond malentendu : il est possible d'apprécier BTVS par une lecture au premier degré, en regardant une jolie fille court-vêtue démolir grâce à ses pouvoirs les vampires et autres démons dans des scènes d'action efficaces. Mais l'originalité des scénarios est de permettre une lecture à d'autres niveaux, qui donnent aux péripéties de Buffy une dimension métaphorique inhabituelle pour une série supposée fournir un simple divertissement au grand public. Le journaliste du magazine spécialisé DvdRama déclare: Joseph de Monvallier, . DVDRAMA. Information donnée le 10 mars 2007.. Les nombreuses références croisées et superposées entre l'œuvre shakespearienne, les mythes, les contes pour enfants (revisités) et le folklore fantastique qui forment ce que l'on appellera le Buffyvers (Buffy/univers), offrent au téléspectateur un nouveau joyau de la pop culture. Cet univers original . Les dialogues, qualifiés de "whedonesques", d'une richesse proprement étonnante, fourniront aux fans des heures d'analyse, voire de psychanalyse. On rappellera à cet égard que le vocabulaire utilisé et les théories développées dans la série et son spin-off ont fait l'objet de "quelques" livres. La série même est une métaphore. Dans laquelle se superposent et se croisent d'autres métaphores.

Les thèmes de la série

Dans Buffy on découvre non seulement la vie d'une "Elue" désignée par Le Conseil Des Observateurs pour tuer les vampires et autres créatures du monde de l'enfer, ce qui rend la série intéressante pour certains et ridicule pour d'autres, mais on apprend aussi à vivre la vie d'une adolescente de 16 ans au début de la série, et on grandit avec elle, on affronte ses problèmes de jeune fille avec elle. C'est cela qui fait l'originalité de la série ; de plus, des personnages comme Alex et ses répliques très profondes ne font qu'accentuer le côté comique de Buffy. On peut donc donner comme principaux thèmes à cette série l'adolescence typique d'une jeune fille, toutefois différente à cause de / grâce à // cette malédiction jetée sur / ce don proféré à //cette Jeune Blonde élue pour libérer la Terre de ces pires créatures : Les vampires et les parfaits imbéciles ou les gens inquiétants que l'on peut croiser tous les jours quand on est au lycée. Cela ne s'améliorera pas, pour notre plus grand plaisir, à l’université !
Un parcours initiatique
Il y a plusieurs grands thèmes qui sous-tendent les différentes saisons de Buffy. En premier lieu, BTVS raconte un parcours initiatique, celui d'une jeune fille qui sort de l'adolescence pour devenir une jeune adulte. Chacune des peurs et des angoisses qu'elle doit affronter de saison en saison pour devenir adulte est emblématique d'un des membres de son cercle grandissant d’amis :
- peur de ne pas être capable de s'intégrer dans le jeu social, (saison 1, Cordélia)
- peur des relations avec le sexe opposé, avec les déceptions et la douleur qui s'ensuivent, (saison 2, Angel)
- peur de devoir s'arracher au confort de l'enfance pour assumer des responsabilités que l'on n'a pas choisies, et même que l'on rejette, (saison 3, Faith)
- peur de l'avenir ou de l'absence d'avenir professionnel, (saison 4, Giles)
- peur de devoir se sacrifier pour le bien collectif, au lieu de cultiver un égoïsme tranquille.(saison 5, Spike)
- Peur de partager ses problèmes avec ceux que l'on aime.(saison 6, Willow)
- Et enfin, peur d'assumer sa propre identité.(saison 7, Buffy elle-même) La spécificité de BTVS est de présenter ce parcours vers l'âge adulte sous la forme d'une épopée : Buffy mûrit à travers les épreuves qu'elle affronte en même temps que ses amis, selon un schéma tout à fait classique également repris dans Harry Potter, par exemple. On voit ainsi les thématiques se complexifier au cours de la série, devenant à la fois plus sombres, plus réalistes mais également plus profondes à mesure que Buffy quitte l'adolescence et son insouciance. La durée de la série va permettre à Joss Whedon et son équipe de donner toute la mesure de leur talents narratifs conjugués pour explorer à travers l'évolution de la psychologie des personnages les problématiques que nous avons tous eu en commun à ces périodes de nos vies. Les séries télévisées bénéficient sur ce plan d'une caractéristique hors de portée pour le cinéma qui sera rarement exploitée avec autant de verve avant Buffy. Nous offrant donc des saisons qui sont de vraies saisons !
Carpe diem
Nous retrouvons dans cette série une devise qui cherche à s’exprimer dés le début par l’opposition des deux orchestrations du thème générique. L'une à l'orgue, sur le hurlement d'un loup, représentant le passé et les vampires; l'autre par un groupe rock représentant le présent et le punch de la tueuse. Le message est simple : ce n’est pas parce qu’on risque de se faire engendrer (dans le meilleur des cas) par le premier vampire qui passe qu’il faut perdre de vue ce pourquoi nous sommes là : Vivre ! Une fois les trois coups sonnés par les guitares de fin, le rideau se lève et le spectacle peut commencer… On découvre au départ, autour de l'élue, sur cette scène de théâtre improvisée, l'archétype des anti héros. Eux-mêmes, pour ne plus laisser la moindre ambiguïté sur la modestie de leurs origines, s'appelleront le "scooby gang". Un boy-scout avec des problèmes familiaux, une nerd à la sensibilité à fleur de peau, un bibliothécaire "à l'ancienne" au pays de la documentation numérique, auxquels viendront s'ajouter peu à peu tous les personnages qui seront rejetés par ce qu'ils considèraient être leurs clans (le vampire animé, la victime de la mode, le loup garou philosophe, etc...) tout ceci dans un but évident: Même si la promotion d’une équipe de perdants dans une Amérique qui ne veut que des vainqueurs semble très osée pour l’époque, c'est désormais avec eux qu'il faudra compter. La première chose que répond Buffy à la timide Willow lorsqu’elle lui demande conseil sur la vie est : « Carpe diem ». Willow, qui au contact de Buffy, mélangera justice, vie et mort, génèrera une catastrophe sans précédent pour les Observateurs, interrompant le processus de transmission des pouvoirs vitaux de Tueuse en Tueuse. Alex, son meilleur ami, lui montrera à quel point le don de la vie, même lorsque celle-ci semble être celle d'un raté, peut être merveilleux. À la fin de la saison 6, interrogé sur le devenir du personnage de Willow, Whedon avouera à demi-mots qu'il s'agissait bien d'une prise de position contre la peine de mort ("ça ne sera pas sans conséquences graves..." annonce-t'il). Ceci poussera d'emblée, dans la septième saison, notre "Diane des cimetières" à une remise en question sur son humanité: Que transmettra-t-elle réellement aux élues qui vont suivre ? Le pouvoir de tuer ou la puissance de vivre ?...Un autre sujet très osé aux Etats-Unis. Le sang et la vie sont entremêlés dans la légende que nous raconte Joss Whedon; ils font le lien entre la raison et les sentiments. Il est évident que la métaphore du vampire qui mord entre la tête et le cœur pour s’emparer au passage de tout ce qui alimente notre désir de vivre y devienne un problème récurrent, pour ne pas dire omniprésent. Et notre poinçonneuse blonde acharnée, aidée de ses amis ratés, exclus des rangs de notre société, va se frayer à coup de lattes et de pieu un chemin vers la vie. Chacune des peurs qui nous empêche de vivre notre vie commencera à apparaitre par la petite porte au début de chaque saison, sous forme de plaisanterie, d'évènement anodin, commencera à s'amplifier lorsque les personnages vont en vivre chacun une déclinaison. Puis elle finira par éclater au grand jour, autour de l'apocalypse, pour voir nos exclus l'affronter avec courage ! Même lorsqu’Anne cherche à s’enterrer dans une mort sans histoire, Buffy, face à un monde esclavagiste qui remplace la vie par des tâches répétitives ne tarde pas à refaire surface. Tel est le rapport de Buffy à la vie, à la mort, et à l’amour : Vivre les problèmes, y survivre, et encore vivre !
Une série féministe
Joss Whedon a raconté a plusieurs reprise que l'idée de Buffy lui était venue car il en avait assez de voir, dans les films d'horreur, la jolie blonde se faire systématiquement attaquer par le monstre, et qu'il avait ainsi voulu renverser ce schéma. La toute première minute de l'épisode pilote en sera édifiante : C'est un garçon plein d'assurance qui en fera les frais ! La dimension féministe de Buffy est en effet évidente : dans la série, ce sont les filles qui ont le pouvoir. Buffy, bien sûr, dont tout le parcours peut être lu comme un long processus d’
empowerment (prise de conscience de son pouvoir, de son autonomie) face aux hommes et aux structures familiales ; mais également Willow qui devient une sorcière très puissante, Anya, l'ex-démone qui a plus de 1000 ans, et Dawn, sœur de Buffy, issue d'une boule d'énergie capable d'ouvrir les frontières entre les univers. La sorcellerie devient le symbole du pouvoir des femmes - ce qui renoue avec les origines des pratiques de sorcières. Le thème de l'homosexualité féminine est abordé de façon très ouverte lorsque Willow, la meilleure amie de Buffy, tombe amoureuse d'une autre fille, Tara, qui se joint à la chasse aux vampires et pratique la magie avec sa compagne. Il faut noter que cette relation est présentée comme normale, dépourvue de toutes les discussions et états d'âme malheureux que la représentation de l'homosexualité suscite dans des séries pour adolescent(e)s - le prototype étant le personnage de Jack dans la série Dawson. Willow et Tara sont heureuses, elles le chantent dans l'épisode musical de la saison 6 "Once more with feelings" où est même représentée, quasi-explicitement, une scène de cunnilingus : une première dans une série pour adolescents. À côté, les seuls hommes ayant des pouvoirs sont des vampires, ou pour le moins des ennemis, et sont systématiquement vaincus. La septième et dernière saison est à cet égard exemplaire : le thème principal, annoncé dès le premier épisode, est le pouvoir ; et la saison met en scène une petite armée de jeunes filles, « tueuses potentielles » attendant d'être « appelées », aux prises avec le Mal absolu dont le bras droit est un ex-prêtre à la misogynie stupéfiante. Pour le vaincre, Buffy a l'idée de partager son pouvoir non seulement avec les potentielles mais avec toutes les jeunes filles de par le monde : « Êtes-vous prêtes à être fortes ? » demande-t-elle. Le message est clair : après avoir passé toutes ces années à regarder Buffy se battre, c'est à chacune de reprendre le flambeau. Le pouvoir ne vaut que partagé. Cependant BTVS n'est pas une série « anti-hommes » : Angel, Spike, Giles et Alex jouent un rôle prépondérant à la fois dans la vie personnelle de la Tueuse et dans la lutte contre les forces du Mal. Spike et Alex ont même sauvé le monde plusieurs fois ! En effet, le féminisme de la série consiste moins à dénoncer le machisme et/ou le sexisme qu'à présenter un modèle, jusque là inédit, d'héroïne forte et non subordonnée à un homme (à l'inverse des Drôles de dames, par exemple). Ce sera même le contraire pour Giles, le réservoir de mémoire du groupe, la figure compréhensive d'un père prodigue, qui, pour contenir la fougue d'une Willow en proie à une peine abyssale, devra être capable "d'emprunter" les pouvoirs conjugués d'un réseau féminin. À cet égard Buffy a ouvert la voie à tout un courant de séries et de films, parmi lesquels on peut ranger Alias et Kill Bill ou même Charmed, et c'est d'ailleurs l'un des grands mérites de la série que d'avoir changé radicalement l'image des héroïnes à la télévision comme au cinéma.
La rédemption
Buffy est aux prises avec les Forces du Mal ; ses ennemis, vampires et démons sont présentés comme intrinsèquement mauvais : dépourvus d'âme. Pourtant, la série détourne constamment cette règle, en montrant bien des personnages faire des allers-retours entre le camp des gentils et celui des méchants. Il est ainsi possible de voir toutes les combinaisons de comportement : le vampire Angel deviendra définitivement héros dans sa propre série ; le vampire Spike devra cohabiter à son corps défendant avec les humains pendant plusieurs saisons ; le démon Anya s'adaptera plus volontiers ; tandis que des humains endosseront à leur tour le rôle de méchant : Faith, qui choisira de suivre le Maire dans la saison 3 ; le Maire lui-même, ainsi que les militaires de l'Initiative au cours de la saison 4, par volonté de pouvoir ; le trio (Warren, Jonathan, Andrew) grotesque de la saison 6, d'abord surtout par bêtise, ensuite de façon plus inquiétante ; Willow à la fin de cette saison, après une lente dérive, et un fort traumatisme ; le prêtre Caleb dans la saison 7, incarnation du fondamentalisme. Si certains personnages ne s'amendent pas (le Maire, l'Initiative, Warren, Caleb), pour d'autres au contraire, il y a un chemin vers la rédemption ; celle-ci passe parfois par un travail entrepris de bonne grâce (Willow), parfois est précédée d'un déni (Andrew), peu à peu surmonté ; ou, plus classiquement, par la prison pour Faith. Le dernier épisode de la série, qui voit la disparition des deux personnages, d'ex-démons Spike et Anya, laisse toutefois dubitatif sur la volonté des scénaristes de présenter une rédemption comme possible. Cependant, la réapparition de Spike dans la dernière saison d
Angel permet de relancer le thème de la rédemption, encore plus présente dans ce spin-off.
Buffy contre l'imaginaire du Mal
Deux lignes traversent l'univers de Buffy : d'une part une séparation entre Bien et Mal, d'autre part celle entre Réel et Imaginaire. La première, on l'a déjà dit, est extrêmement poreuse et les personnages ne cessent de la franchir dans un sens où l'autre. Très vite d'ailleurs le statut de protectrice du Bien de Buffy sera mis en cause par sa relation amoureuse avec le vampire Angel qu'elle est censée combattre. La seconde est vraiment celle qui fait de Buffy une oeuvre à part dans le domaine des superhéros et du merveilleux. En effet, si la série se plaît à mêler dans sa narration l'épopée chevaleresque de l'héroïne et son quotidien le plus banal, elle cultive entre ces deux sphères une limite extrêmement forte. C'est dans le cadre de la mort que cette limite est particulièrement visible : si la Tueuse ne cesse de massacrer toutes sortes de monstres et de démons, il lui est strictement interdit de tuer des humains, pour aussi nuisibles que soient ces derniers. Par ailleurs, les personnages qui meurent dans le cadre de la magie et de l'épopée peuvent ressuciter, pas ceux qui meurent comme des humains "normaux". Le jeu entre ces deux lignes va constituer le coeur de la série, les humains basculant du côté maléfique comme Faith ou Warren lorsqu'ils oublient de distinguer l'imaginaire de la vie réelle, et qu'ils se laissent entraîner par leurs désirs et leurs fantasmes. Buffy elle-même menace plusieurs fois de franchir cette ligne, notamment lorsque dans la saison 2 elle s'emporte contre l'amant de sa mère. Aussi la série parle sans doute moins du Mal que de son Imaginaire : la Buffy des débuts, jolie blonde avec sa petite croix, protégeant les jeunes gens innocents de ces monstrueux prédateurs sexuels que sont les vampires, est la parfaite incarnation des valeurs puritaines (sur un ton évidemment très parodique). Elle se détache progressivement de ce cadre rigide, notamment dans la saison 4 où elle doit protéger cet univers démoniaque face à une organisation gouvernementale qui menace de l'anéantir, jusqu'à devenir dans la saison 6, elle-même une sorte de démon. L'entrée de Buffy dans l'âge adulte, consistera essentiellement à accepter le Mal comme partie intégrante de la vie et non plus seulement comme un absolu clairement identifiable qu'on peut rejetter. La série apparaît ainsi comme la critique à la fois d'un certain imaginaire, celui de la religion qui a contaminé le genre fantastique, mais également de la tendance qu'a l'Amérique à confondre l'imaginaire et le réel. D'où le combat dans la saison 7, contre le prêtre Caleb, image d'une société réactionnaire étroitement accrochée à ses valeurs religieuses dépassées. Diffusée en pleine lutte contre l'Axe du Mal (la "mort" de Buffy à la fin de la saison 5 précède étrangement les attentats du 11 Septembre, la saison 6, la plus sombre, correspondant ainsi au deuil des événements) Buffy trouve donc une résonnance bien plus politique qu'il n'y paraît.

Épisodes phares

Certains épisodes, dits parfois « de luxe », se distinguent par leur originalité et leur qualité esthétique. Les plus connus sont :
-Un silence de mort (Hush), épisode 10 de la saison 4. La plus grande partie de l’épisode se déroule sans aucun dialogue. Considéré comme un hommage au cinéma muet, il a été nommé aux « Emmy Awards » en 2000 dans la catégorie « meilleur scénario ».
-Orphelines (The Body), épisode 16 de la saison 5, relate la mort de la mère de Buffy avec un réalisme rarement atteint dans une série télévisée.
-Que le spectacle commence (Once more with feelings), l'épisode 7 de la saison 6. Un épisode musical, légèrement plus long qu’un épisode traditionnel. Il est paru individuellement en DVD ; sa bande originale, composée par Joss Whedon, le créateur de la série, et Christophe Beck, est également sortie en CD.
-Restless, intitulé "Cauchemar" en français. Épisode 22 de la saison 4. On plonge dans l'inconscient des 4 personnages principaux. Joss Whedon s'est livré à la poésie pour cet épisode.

Chronologie

Le fandom de Buffy

La richesse du monde de Buffy a suscité un vaste mouvement de fans autour de cette série, amplifié par Internet. Ironique revanche de l'écrit sur l'audiovisuel, BTVS est la série qui a suscité le plus grand nombre de fanfics, y compris en France. Le public s'est ainsi réapproprié un mythe dans un monde où la culture populaire est devenue la propriété privée des entreprises du spectacle. En conclusion, même si Buffy contre les vampires reste un produit de l'industrie de divertissement américaine, son succès est lié à la force de ses scénarios, qui abordent des thèmes d'une gravité et d'une ampleur insoupçonnables pour une série destinée aux jeunes.

Produits dérivés

Dans les produits dérivés on peut trouver toutes sortes de figurines, des CDs et des livres (voir ci dessous), le pendentif (une croix en argent) offert à Buffy par Angel dans le premier épisode de la première saison, des vêtements, etc. Les bagues portées par Angel et Buffy dans la saison 2 sont des bagues de Claddagh. Ce ne sont pas des produits dérivés, mais des bagues de fiançailles de la tradition irlandaise (elles proviennent de la ville du même nom).

Bandes originales

-Buffy The Vampire Slayer : The Album (1999)
-1. Nerf Herder - Buffy The Vampire Slayer Theme
-2. Guided by Voices - Teenage FBI
-3. Garbage - Temptations Waits
-4. Velvet Chain - Strong
-5. Hepburn - I Quit
-6. Furslide - Over My Head
-7. Bif Naked - Lucky
-8. Black Lab - Keep Myself Awake
-9. K's Choice - Virgin State of Mind
-10. Superfine - Already Met You
-11. Face to Face - The Devil You know (God is a man)
-12. Kim Ferron - Nothing But You
-13. Alison Krauss & Union Station - It doesn't Matter
-14. The Sundays - Wild Horses
-15. Four Star Mary - Pain (Slayer Mix)
-16. Splendid - Charge
-17. Rasputina - Transylvanian Concubine
-18. Christopher Beck - Close Your Eyes (Buffy/Angel Theme)
- Buffy The Vampire Slayer : Once More, With Feeling (2002) : cet album regroupe les chansons de la version originale de l'épisode musical "Once more with feelings 44(6x07), dont les chansons écrites par Joss Whedon chantées par les acteurs, en plus de thèmes importants présents dans la série (saisons 4-5-6).
-1. Overture/Going Through the Motions
-2. I've Got A Theory/Bunnies/If we're together
-3. The Mustard
-4. Under Your Spell
-5. I'll never tell
-6. The Parking Ticket
-7. Rest In Peace
-8. Dawn's Lament
-9. Dawn's Ballet
-10. What You feel
-11. Standing
-12. Under Your spell/Standing -reprise'
-13.
Walk Through the Fire
-14. Something to sing about
-15. What you feel - reprise
-16. Where do we go from here ?
-17. Coda
-18. End Credits (Broom Dance/Grr Arrgh)
-19. Main title
-20. SUITE FROM "Restless" : Willow's Nightmare/First Rage/Chain Of Ancients
-21. SUITE FROM "Hush" : Silent Night/First Kiss/Enter the Gentlemen/Schism
-22. Sacrifice (FROM "The Gift")
-23. Something to sing about (Demo)
- Radio Sunnydale

Romans

Films

-1992 : Buffy, tueuse de vampires de Fran Rubel Kuzui avec Kristy Swanson, Donald Sutherland, Luke Perry, Rutger Hauer.

Spin-off

-1999-2004 : Angel de Joss Whedon et David Greenwalt. En 110 épisodes de 42 minutes, créées par Joss Whedon et David Greenwalt.

Bande dessinée

Jeux vidéo

Jeu de rôle

-
Buffy the Vampire Slayer (2002). Par Eden Studio Inc., uniquement en anglais.

Livre-jeu (livre dont vous êtes le héros)

-
La nuit je suis Buffy Summers, par Chloé Delaume, publié aux éditions è®e (2007)

Jeux de cartes à collectionner

-
Buffy contre les vampires (Jeu de cartes à collectionner), (2001). 2 joueurs, partie de 20 minutes ; créé par Chaz Elliott et David Eckhard, édité par Score Entertainment

Voir aussi

Bibliographie

- Christopher Golden et Nancy Holder, Buffy contre les vampires - Le guide officiel, Éditions Fleuve noir, 1999, ISBN 2-265-06877-2.
- Keith Topping, Tueuse de vampires - Le guide non officiel de Buffy, Éditions Hors Collection, 2000, ISBN 2-258-05445-1.
- Christopher Golden, Steve Bissette et Thomas E. Sniegoski, Buffy contre les vampires - Le guide des monstres, Éditions Fleuve noir, 2001, ISBN 2-265-07159-5.
- Nikki Stafford, Sarah Michelle Gellar : Buffy, la Tueuse de vampires, Éditions 84, 1999, ISBN 2-277-25048-1. En dehors des romans inspirés par l'univers de Buffy et des « companion books » (guides des épisodes, etc.), cette série a suscité un nombre inhabituel d'essais « sérieux », parfois universitaires.
- Michael Adams et Jane Espenson, Slayer Slang: A Buffy the Vampire Slayer Lexicon, Oxford University Press, 2004 : cet ouvrage traite de la créativité extrême de l'équipe de Buffy dans le registre de la création de mots ou de locutions.
- James B. South, Buffy the Vampire Slayer and Philosophy: Fear and Trembling in Sunnydale, Open Court Publishing, 2003
- Glenn Yeffeth, Seven Seasons of Buffy: Science Fiction and Fantasy Writers Discuss Their Favorite Television Show, BenBella Books, 2003
- Barbara Maio, Buffy the Vampire Slayer, Cinematografia, Rome, 2004
- Candace Havens, Joss Whedon: The Genius Behind Buffy, BenBella Books, 2003
- Rhonda V. Wilcox & David Lavery ed.
Fighting the Forces: What's at Stake in Buffy the Vampire Slayer'' / Foreword by Camille Bacon-Smith. 2 tirage. Boston : Rowman & Littletield publishers Inc., 2005. Premier tirage 2002 ===
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