Copte

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Croix copte gravée sur un mur du temple de Philae près d'Assouan (Égypte) Le terme copte qualifie à la fois une langue, un peuple (au moins en Égypte), un rite et une Église. Il vient du mot grec / Aigúptios qui signifie Égyptien, déformé (après syncope phonétique) par les Coptes en Kuptios puis, suite aux conquêtes arabes de 641, en قِبط Qibṭ, prononcé Hipt en Basse-Égypte et Gibt en Haute-Égypte et au Caire. C'est
Copte

Croix copte gravée sur un mur du temple de Philae près d'Assouan (Égypte) Le terme copte qualifie à la fois une langue, un peuple (au moins en Égypte), un rite et une Église. Il vient du mot grec / Aigúptios qui signifie Égyptien, déformé (après syncope phonétique) par les Coptes en Kuptios puis, suite aux conquêtes arabes de 641, en قِبط Qibṭ, prononcé Hipt en Basse-Égypte et Gibt en Haute-Égypte et au Caire. C'est cette dernière forme qui, empruntée par le français, donne l'ethnonyme Copte, lequel sert aussi à désigner la langue. Les historiens admettent que la conversion du temple d'Isis à Philaé (vers 550) marque la fin de la civilisation égyptienne et le début de l'histoire copte. Malgré l'étymologie du mot copte, les coptes ne vivent pas seulement en Égypte. En fait, la majorité des coptes vivent à l'étranger, c'est ce que l'on appelle la diaspora copte.

Langue

Les sources disponibles

La langue copte est la seule descendance de l'égyptien ancien. C'est donc une langue afro-asiatique, chamitique quoique cette théorie soit réfutée par certains linguistes comme Théophile Obenga. On compte plusieurs dialectes :
- bohaïrique ;
- sahidique ;
- fayoumique ;
- oxyrhynchite (ou moyen-égyptien);
- akhmimique ;
- lycopolitain (ou subakhmimique). Seul le bohaïrique est encore utilisé et uniquement dans la liturgie. Il a remplacé, en tant que langue liturgique, le sahidique au . C'est à partir de ce choix que l'émergence d'une identité copte contemporaine a probablement pu se faire. À noter que les documents de Nag-Hammadi sont en sahidique ancien. Par ailleurs, le mot sa'id vient d'un mot copte/égyptien désignant la fleur du désert égyptien fleurissant en quelques heures sous l'effet d'une pluie passagère, et se flétrissant aussi rapidement. Enfin, la valeur sémantique de certains hiéroglyphes s'appuie sur la connaissance qu'avaient les égyptiens de la natureil semble que les égyptiens avaient répertorié et catégorisé les animaux, et avaient cherché à décrire leurs comportements, inaugurant l'éthologie animale des siècles avant Konrad Lorentz, ce qui laisserait supposer que la linguistique diachronique devrait être multidisciplinaire. L'étude de la grammaire copte s'appuie sur deux démarches linguistiques, diachronique et synchronique, dont le choix reste sujet à controverse. Les deux démarches partent du principe que l'étude des dialectes permet de "remonter" à la grammaire copte originelle. À défaut de cette investigation, les chercheurs en sont réduits à ne se focaliser que sur le copte liturgique, qui serait une normalisation plus ou moins arbitraire de la langue copte antique. On retrouve ce cas de figure dans d'autres disciplines, comme par exemple :
- l'étude du sanskrit où la normalisation de la grammaire date de l'époque de Panini,
- l'étude de l'hébreu où la normalisation prend le nom de Massora,
- l'étude du latin normalisé au ,
- l'étude de l'arabe normalisé par la grammaire coranique. La première démarche est la linguistique synchronique : les dialectes sont d'abord repérés géographiquement, puis étudiés par rapport au contexte historique local. Ainsi parlera-t-on de copte "subakhmimique", de copte "mésokémite" ou "crypto-méso-kémite".

L'analyse diachronique du copteConférence de M. Gérard Roquet, (Ecole Pratique des Hautes Études, Paris).

La deuxième démarche est la linguistique diachronique. C'est celle qu'a utilisée Champollion"Je me livre entièrement au copte. Je veux savoir l'égyptien comme mon français parce que sur cette langue sera basé mon grand travail sur les papyrus égyptiens". voir l'article Champollion pour déchiffrer les hiéroglyphes. Elle consiste à étudier la généalogie des langues, en particulier de leurs structures grammaticales. Dans cette démarche, les recherches ont permis d'établir des invariants grammaticaux remarquables entre les textes hiéroglyphiques des pyramidesles coffin texts de James Peter Allen et les structures grammaticales des dialectes coptes. En l'occurrence, la liste de ces invariants est scindable en deux types :
- les invariants que l'on retrouve uniformément dans tous les dialectes du copte, appelés pandialectaux ;
- les invariants que l'on retrouve dans un dialecte plus qu'un autre : les invariants dialectaux. À ce titre, le bohaïrique renvoie le plus à des archaïsmes. Une liste non-exhaustive d'invariants :
- le participe conjonctif : la structure est similaire à "idaafa" en arabe, et se traduirait en français par des mots composés du type "porte-monnaie" ou "monte-charge". On y trouve une partie nominale et une partie verbale ;
- l'infinitif à valeur d'impératif (utilisé pour "baliser" le début des versets des textes des pyramides) ;
- l'ampliatif post-fixé ;
- l'effet "sandhi", ou modification lexicale des préfixes et suffixes avant agglutination. C'est un effet identifié à l'étude du sanskrit ;
- le genre toujours masculin de l'infinitif en copte, bien que le genre féminin existe.

Écriture et prononciation

La langue copte s'écrit au moyen de l'alphabet copte, semblable au grec et complété par sept caractères démotiques qui servent à noter des phonèmes que l'alphabet grec ne pouvait rendre. Naturellement, il est logique d'étudier la prononciation de l'alphabet par étude du démotique. Toutefois, cette démarche est contestée. Pour plus d'informations, consulter les différents ouvrages de grammaire copte.

Église

La cathédrale copte d'Assouan (Égypte) Actuellement, le terme copte désigne les Églises autochtones d'Égypte (tant orthodoxe largement majoritaire, que catholique uniate, de rite Copte mais rattachée à Rome) et la langue liturgique associée ; mais aussi les communautés tant catholique et protestante (héritières des missions), que melkite, toutes trois de taille beaucoup plus limitées ( personnes en tout). La langue copte n'est utilisée que dans la liturgie orthodoxe. La tradition fait remonter l'enseignement copte à Saint Marc, l'un des quatre évangélistes. Enfin, d'un point de vue doctrinal, l'Église copte est précalcédonienne ou miaphysite. La rupture entre Rome et Byzance d'un côté et l'Église copte de l'autre côté intervient après le concile de Chalcédoine en 451, sans avoir pourtant eu de raisons doctrinales, mais plutôt politiques. L'Église copte comme toute les églises orientales est dirigée par un patriarche aussi appelé pape car il trône sur l'un des sièges papaux de l'église universelle. Il porte le titre de pape et patriarche d'Alexandrie, ville où le patriarcat fut longtemps localisé, celui-ci est au Caire dans le quartier de Abbaseya. Le patriarche actuel est Chenouda . Les chrétiens d'Éthiopie sont aussi des chrétiens coptes, mais avec des spécificités dans le rituel. Jusqu'en 1959, ils ont été officiellement rattachés, encore que de façon assez lointaine, au patriarche ou pape copte d'Égypte.

Population

En Égypte

En Égypte, les chrétiens coptes sont une minorité. Leur nombre exact est sujet à polémique. Si les sources coptes avancent des chiffres allant de sept à quinze millions (10% à 20% de la population), les chiffres du dernier recensement officiel (1996) dénombrait 3, 5 millions de chrétiens soit un peu moins de 6% de la populationE. Denis, Cent ans de localisation de la population chrétienne égyptienne, Astrolabe (2), 2000.. Même ce chiffre moins élevé fait des coptes la plus importante population chrétienne du Moyen-Orient, malgré les brimades et persécutions perpétuelles dont les coptes ont été victimes dans leurs pays tout au cours de leur histoire et jusqu'à aujourd'hui à un degré moindre. La capitation par exemple n'a été officiellement supprimée qu'à la dernière révolution.

En Éthiopie

Les coptes sont la confession chrétienne largement dominante en Éthiopie. Ils sont autocéphales (indépendants), depuis 1959. Ils comptent 35 à 40%Source : . des presque 80 millions d'éthiopiens recensés en 2006. Ils sont donc le groupe copte le plus nombreux au monde regroupés dans un même pays. Les coptes d'Égypte plus la diaspora répartis à travers le monde excèdent certainement ce chiffre bien que cela soit difficile à vérifier.

Dans le reste du monde

L'émigration copte égyptienne, commencée vers 1965 et orientée principalement vers les États-Unis, le Canada et l'Australie, joue un rôle assez important dans le renouvellement de cette Église assez traditionnelle. On parle à cet égard d'une véritable diaspora copte. En France, l'Église copte compte deux diocèses égyptiens : un pour les Coptes arabophones, l'autre pour les francophones.

Notes

Références bibliographiques

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Voir aussi

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Sujets connexes
Alphabet copte   Alphabet grec   Assouan   Australie   Basse-Égypte   Calendrier copte   Canada   Capitation   Chenouda III d'Alexandrie   Chenouté   Christianisme   Concile   Concile de Chalcédoine   Démotique   France   Grec ancien   Haute-Égypte   Isis   James Peter Allen   Jean-François Champollion   Le Caire   Marc (évangéliste)   Miaphysisme   Pape   Philaé   Phonème   Syncope (linguistique)   Théophile Obenga  
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