Maquis des Glières

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Monument de la Résistance sur le plateau des Glières, réalisé par le sculpteur Émile Gilioli et inauguré le 2 septembre 1973 par André Malraux Situé sur le plateau des Glières dans le massif des Bornes en Haute-Savoie, créé par l'Armée secrète le 31 janvier 1944, il est commandé par l'ex-officier d'active Tom Morel et encadré par des anciens du 27 B.C.A. d’Annecy. C'est le premier grand maquis à avoir affronté les AllemandsLouis Jourdan, Julien Helfgott, Pierre Golliet, Gli
Maquis des Glières

Monument de la Résistance sur le plateau des Glières, réalisé par le sculpteur Émile Gilioli et inauguré le 2 septembre 1973 par André Malraux Situé sur le plateau des Glières dans le massif des Bornes en Haute-Savoie, créé par l'Armée secrète le 31 janvier 1944, il est commandé par l'ex-officier d'active Tom Morel et encadré par des anciens du 27 B.C.A. d’Annecy. C'est le premier grand maquis à avoir affronté les AllemandsLouis Jourdan, Julien Helfgott, Pierre Golliet, Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance - 31 janvier - 26 mars 1944, Association des Glières, Annecy, 1946. Le dimanche 26 mars 1944, trois bataillons de chasseurs de montagne de la Wehrmacht, ainsi qu'un groupement formé de miliciensJacques Delperrié de Bayac, Histoire de la Milice, 1918 - 1945, Fayard, Paris, 1969, de GMR, de gardes mobiles français et de grenadiers allemands, se préparent à attaquer le plateau où se sont retranchés environ quatre cent cinquante maquisards armés par des parachutages anglais. Quasiment dépourvus d’armes lourdes, bombardés par la Luftwaffe, pilonnés par l'artillerie allemande, les défenseurs livrent un baroud d'honneur contre la Milice française (col de l'Enclave) et deux sections d'assaut allemandes qui lancent une reconnaissance offensive (Lavouillon et Monthiévret), puis ils évacuent le plateau dans la nuit du 26 au 27 marsAlain Cerri, La bataille des Glières, http://alain.cerri.free.fr/index4.html, Montréal, 1996, Annecy, 2007.... De nombreux maquisards sont capturés lors du repli et beaucoup sont torturés, fusillés ou déportés. L'événement connaît un grand retentissement dans le cadre de la guerre des ondes qui fait rage entre les Français de Vichy et ceux de LondresJean-Louis Crémieux-Brilhac, "La bataille des Glières et la guerre psychologique", Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 99, juillet 1975. Tandis que Radio Paris tait l'intervention allemande et glorifie la victoire des forces de l'ordre sur un "ramassis de lâches terroristes communistes et étrangers" qui se seraient rendus sans se battre, Maurice Schumann déclare, entre autres, à la BBC le 6 avril 1944 : Héros des Glières, quelle est votre plus belle victoire ?... Pour tout dire, d’avoir déjà ramené Bir-Hakeim en France. L'épopée des Glières est née...

Historique

Le plateau des Glières ayant été homologué comme zone de parachutage d'armes par une mission franco-britannique composée d'un officier anglais et d'un officier français (le capitaine Rosenthal dit Cantinier), ce dernier, représentant de la France libre, convaincAlban Vistel, La nuit sans ombre - Histoire des Mouvements unis de résistance, leur rôle dans la libération du Sud-Est, Fayard, Paris, 1970, début février 1944, les chefs départementaux de l'A.S. (capitaines Clair et Anjot) d'y établir une base d'opérations en vue de harceler les Allemands lors du débarquement attendu des Alliés et de montrer à ceux-ci que la Résistance française, sous la direction du général de Gaulle, est capable d'actions de grande envergurePierre Montagnon, Les maquis de la Libération, 1942 - 1944, Pygmalion - Gérard Watelet, Paris, 2000. Pourchassés par les forces de l'ordre du gouvernement de Vichy qui a mis la Haute-Savoie en état de siège fin janvier 1944, de nombreux combattants de l'A.S. se rassemblent sur le plateau des Glières sous le commandement d'anciens cadres du 27 bataillon de chasseurs alpins d'Annecy. Ils sont bientôt rejoints par deux groupes de F.T.P. (environ quatre-vingts Francs-tireurs et partisans, d'obédience communiste), qui veulent aussi des armes, et par une cinquantaine de républicains espagnols réfugiésMichel Germain, Glières, mars 1944 - "Vivre libre ou mourir !" - L'épopée héroïque et sublime, La Fontaine de Siloé, Les Marches (Savoie), 1994. Assiégés, à partir de la mi-février 1944, par des centaines de gardes mobiles, de policiers et de miliciens français, les quatre cent cinquante maquisards des Glières réceptionnent trois parachutages d'armes légères d'infanterie, dont le plus important le 10 mars 1944Jean-Louis Crémieux-Brilhac, "La bataille des Glières et la guerre psychologique", Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 99, juillet 1975. Malheureusement, la nuit précédente, le prestigieux chef des Glières, le lieutenant Tom Morel, remarquable entraîneur d'hommes, est tué au cours d'une attaque du maquis contre un village tenu par un G.M.R. (Groupe mobile de réserve de la police de Vichy). Deux jours plus tard, l'aviation allemande commence à bombarder les chalets et la Milice française lance quelques assauts, mais sans succès. La Wehrmacht déclenche alors l'opération Hoch-Savoyen ("Haute-Savoie") : principalement, trois bataillons de chasseurs de montagne et deux batteries d'artillerie de la 157 division de réserve prennent position au pied du plateau le 24 mars 1944Pierre Mouthon, Haute-Savoie, 1940 - 1945 - Résistance, Occupation, Collaboration, Le Sapin d'Or, Epinal, 1993. Pour le capitaine Anjot, qui a remplacé Tom Morel, la raison commanderait de se replier pendant qu'il est encore temps. Cependant, à l’initiative de Cantinier qui, au nom de la France libre, veut un combat exemplaire, un duel sur les ondes oppose Radio Londres à Radio Paris au sujet du maquis des GlièresJean-Louis Crémieux-Brilhac, "La bataille des Glières et la guerre psychologique", Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 99, juillet 1975. Celui-ci acquiert une renommée internationale et devient un élément important de la guerre psychologique menée pour conquérir l'opinion. C'est pourquoi Anjot décide de se battre afin de sauvegarder l'honneur, mais en tentant d'épargner le plus possible la vie de ses hommes. Dès lors, le maquis des Glières est en passe de livrer la première bataille "rangée" de la Résistance contre l'ennemi vichyste et allemand, avant le Vercors... et bien d'autres réduits. Le 26 mars 1944, tandis que l'aviation incendie une dizaine de chalets et que la Milice française échoue de nouveau dans ses tentatives, le commandement allemand envoie deux sections à l'attaque afin de tâter le dispositif de défense adverse : la première est aisément repoussée depuis les rochers (Lavouillon), mais la seconde, dans un secteur moins facile à surveiller (Monthiévret), parvient à tourner un avant-poste et à obliger les maquisards à se replier à la faveur de la nuitAlain Cerri, La bataille des Glières, http://alain.cerri.free.fr/index4.html, Montréal, 1996, Annecy, 2007.... Deux maquisards sont tués et plusieurs sont blessés, dont un grièvement. Apprenant que les Allemands ont ouvert une brèche, le capitaine Anjot, qui estime l'honneur sauf, ordonne l'exfiltration du bataillon des Glières. Le lendemain, les Allemands, qui ont capturé quelques hommes, s'en aperçoivent et donnent l'assaut général initialement prévu pour le 28 mars, mais n'obtiennent pas le résultat escompté, le plateau ayant été promptement évacuéAlain Cerri, La bataille des Glières, http://alain.cerri.free.fr/index4.html, Montréal, 1996, Annecy, 2007.... Néanmoins, traqués et souvent dénoncés par les collaborateurs français, les maquisards subissent de lourdes pertes : les deux tiers sont faits prisonniers ; environ cent trente (et vingt sédentaires) mourront (tués au combat, sous la torture, fusillés ou déportés comme francs-tireurs et terroristes). Pratiquement toutes les armes et les munitions parachutées sont détruites ou tombées aux mains de l'ennemi... De leur côté, les Allemands n'ont que quelques blessés et un tué accidentellementHenri Amouroux, La grande histoire des Français sous l'Occupation - Un printemps de mort et d'espoir, tome 7, Robert Laffont, Paris, 1985. Pourtant, l'événement connaît un grand retentissement dans le cadre de la guerre des ondes. Défaite des armes, mais victoire des âmes (Henri Romans-Petit), l'épopée des Glières prend vite naissance et persuade les Alliés que la Résistance française est capable de combattre à visage découvert. Ainsi reçoit-elle une aide accrue : en particulier, le grand parachutage anglo-américain du 1 août 1944 sur le plateau des Glières permet aux résistants d'empêcher la plus grande partie des Allemands (policiers, douaniers et soldats, la plupart hospitalisés), contraints au repli par l'avance alliée, de quitter le départementAlain Cerri, La bataille des Glières, http://alain.cerri.free.fr/index4.html, Montréal, 1996, Annecy, 2007.... Selon l'historien Jean-Louis Crémieux-BrilhacJean-Louis Crémieux-Brilhac, "La bataille des Glières et la guerre psychologique", Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 99, juillet 1975 : " Une défaite des armes peut être une victoire d'opinion. les combattants de Haute-Savoie ont défini et comme projeté vers l'extérieur l'image qu'ils souhaitaient donner d'eux-mêmes ; ils ont pu, à l'écoute de la BBC, suivre l'édification de leur propre légende. Cette légende, qui sait s'ils l'auraient vécue de la même façon et jusqu'au bout, comme ils l'ont fait, s'ils n'avaient su - ou cru - que la France entière les regardait ? "

Forces terrestres d'attaque du plateau des Glières le 26 mars 1944Alain Cerri, La bataille des Glières, http://alain.cerri.free.fr/index4.html, Montréal, 1996, Annecy, 2007...

1. Un groupement tactique de la 157. Reserve-Division de la Wehrmacht :
- Trois bataillons de chasseurs de montagne de réserve du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1 : Btl. I./98 (Stöckel), Btl. II./98 (Geier) et Btl. 99 (Schneider), moins les forces assurant la sécurité immédiate des cols frontaliers ;
- Une compagnie (deux sections et armes lourdes) du bataillon de grenadiers de réserve 199 ou 179 du Reserve-Grenadier-Regiment 157 ;
- Deux batteries du groupe d'artillerie de montagne de réserve Res.Geb.Art.Abt. 79 du Reserve-Artillerie-Regiment 7. 2. Les forces auxiliaires françaises de première ligne suivantes :
- Une cohorte (trois centaines) de francs-gardes permanents de la Milice (avec une section de mitrailleuses et une de mortiers) ;
- Une section de mitrailleuses de la Garde mobile ;
- Deux sections de GMR.

Notes et références

Bibliographie

- Le drame héroïque des Glières - La vie secrète du maquis, Pierre Cluzel, collection "Révélations", Petite Encyclopédie de la Résistance, Nathan, Paris, 1945.
- Glières - Haute-Savoie - Première bataille de la Résistance - 31 janvier - 26 mars 1944, Louis Jourdan, Julien Helfgott, Pierre Golliet, Association des Glières (B.P. 142, 74004 Annecy), 1946.
- Histoire de la Milice, 1918 - 1945, Jacques Delperrié de Bayac, Fayard, Paris, 1969.
- "La bataille des Glières et la guerre psychologique", Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Revue d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, n° 99, juillet 1975.
- La grande histoire des Français sous l'Occupation - Un printemps de mort et d'espoir, tome 7, Henri Amouroux, Robert Laffont, Paris, 1985.
- Le maquis des Glières, Alain Dalotel, Plon, Paris, 1992.
- Glières, mars 1944 - "Vivre libre ou mourir !" - L'épopée héroïque et sublime, Michel Germain, La Fontaine de Siloé, Les Marches (Savoie), 1994.
- Le bataillon des Glières, Claude Antoine, Cabédita, Yens-sur-Morges (Canton de Vaud, Suisse), 1998.
- Les maquis de la Libération, 1942 - 1944, Pierre Montagnon, Pygmalion - Gérard Watelet, Paris, 2000.
- Glières 1944 - Histoire des combats de février et mars 1944, Yves Barde, Historic'One, Annecy-le-Vieux, 2004.

Voir aussi

- Discours d’André Malraux lors de l’inauguration du Monument de la Résistance aux Glières en 1973 ==
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