Serbe

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Le serbe (nom local cрпски / srpski) est une langue slave méridionale du groupe occidental de ces langues. Du point de vue de la sociolinguistique, c’est une langue ausbau faisant partie du diasystème slave du centre-sud, appelé officiellement serbo-croate dans l’ancienne Yougoslavie. Les autres langues slaves méridionales, le slovène, le bulgare et le macédonien ne sont pas complètement transparents sans apprentissage pour les Serbes. En
Serbe

Le serbe (nom local cрпски / srpski) est une langue slave méridionale du groupe occidental de ces langues. Du point de vue de la sociolinguistique, c’est une langue ausbau faisant partie du diasystème slave du centre-sud, appelé officiellement serbo-croate dans l’ancienne Yougoslavie. Les autres langues slaves méridionales, le slovène, le bulgare et le macédonien ne sont pas complètement transparents sans apprentissage pour les Serbes. En dehors de la Serbie, du Monténégro et de la Bosnie-Herzégovine où il est langue officielle, le serbe est parlé par les minorités serbes de Macédoine, Croatie, Roumanie et Hongrie, ainsi que par une émigration serbe importante en Europe de l'Ouest, aux États-Unis et en Australie.

Variantes régionales

Selon certains linguistes, le serbe comporte deux dialectes :
-Le chtokavien (štokavski) est parlé dans la majeure partie de la Serbie, par les Serbes de Bosnie-Herzégovine et au Monténégro. Le même dialecte est parlé par la plupart des Croates, par les Bosniaques et par les Monténégrins.
-Le torlakien (torlački) est parlé dans une région relativement restreinte du sud-est de la Serbie. Il n’est pas standardisé et sa reconnaissance en tant que dialecte du serbe ne fait pas l’unanimité. À cause de ses ressemblances avec le bulgare, il est considéré par les linguistes bulgares comme appartenant à celui-ci. Il existe aussi une division qui se superpose aux dialectes, et qui concerne également le croate, à partir de la façon dont a évolué le son ĕ du slave ancien transcrit par la lettre ѣ, appelée « yat ». Cette voyelle a donné e (prononcé « é »), je (prononcé « yé ») avec la variante ije (prononcé « iyé »), et i. « Lait », par exemple, se dit mleko, ml(i)jeko ou mliko. Deux de ces prononciations concernent le serbe, ce dont il résulte :
-les parlers ékaviens (ekavski), dans le centre, l’est et le sud de la Serbie
-les parlers (i)jékaviens ((i)jekavski), dans l’ouest de la Serbie et dans sa région de Sandžak, au Monténégro et en Bosnie-Herzégovine. La langue littéraire serbe est fondée sur le dialecte chtokavien, ses normes admettant les prononciations ékavienne et (i)yékavienne, ainsi que la transcription de celles-ci.

Phonétique

La correspondance graphie – prononciation

Le serbe s’écrit traditionnellement avec l’alphabet cyrillique adapté de façon que chaque lettre corresponde à un seul son. Cet alphabet est utilisé dans tous les documents officiels de Serbie et de la République serbe de Bosnie. On utilise également l’alphabet latin avec des diacritiques, qui rend certains sons par des groupes de deux lettres. Son emploi est majoritaire dans l'usage commercial en Serbie. Dans la graphie, le principe phonétique va jusqu’à transcrire les noms propres étrangers, non seulement en cyrillique, mais aussi en alphabet latin, tels qu’ils se prononcent en serbe. Par exemple, « Gérard Depardieu » devient Žerar Depardie. Remarque : r entre deux consonnes ou en début de mot est considéré comme une voyelle (prst = « doigt », rvanje = « combat »).

Changements phonétiques

A mobile

Ce son apparaît à certaines formes du nom et de l’adjectif et disparaît à d’autres formes : pas = « chien » / psa = « du chien », dobar = « bon » / dobra = « bonne ». Dans le cas des radicaux terminés en deux consonnes, ce a mobile apparaît au génitif pluriel entre les deux consonnes : radical sestr-, nominatif singulier sestra = « sœur », génitif pluriel sestara = « sœurs ».

Changement de l en o

Les noms et les adjectifs terminés en -ao ou -eo (posao = « travail », veseo = « gai ») étaient à une époque de l’histoire de la langue terminés en l dur (posal, vesel) qui a évolué en o, mais seulement en fin de mot. Cet o redevient l s’il n’est plus en position finale, mais suivi d’une désinence (posla = « du travail », le génitif du nom ; vesela = « gaie », le féminin de l’adjectif).

Assimilation des consonnes

Lorsque deux consonnes, l’une sourde et l’autre sonore arrivent en contact par ajout d’une désinence ou d’un suffixe à un mot, la première consonne devient, du point de vue de la sonorité, pareille à la seconde (assimilation régressive). Ainsi, Par exemple, de rob = « esclave », on forme, en y ajoutant le suffixe -stvo, le nom ropstvo = « esclavage », ou b se transforme en p sous l’influence de la première consonne du suffixe, s, qui est sourde. La graphie du serbe étant phonétique, l’assimilation est rendue par l’écriture, sauf en fin de mot : Šef bi voleo da radimo. = « Le chef aimerait qu’on travaille. »

Palatalisation

Certaines consonnes terminant la forme du cas nominatif (voir Déclinaison des noms) d’un nom ou se trouvant à la fin du radical d’un verbe, peuvent changer de nature sous l’influence d’une voyelle commençant une désinence ou un suffixe. Les cas les plus fréquents :
-devant un e (au cas vocatif) :
-k > čradnik = « ouvrier » > radniče! = « (Eh !) l’ouvrier ! »
-g > žvrag = « diable » > vraže!
-h > šduh = « âme » > duše!
-devant un i (au nominatif des masculins pluriels):
-k > cvojnik = « soldat » > vojnici = « soldats »
-g > zpredlog = « proposition » > predlozi
-h > sorah = « noix » > orasi
-devant un j (prononcé comme « y » dans « yeux ») (Ce genre de palatalisation est appelé yodisation ou mouillure des consonnes dures.) :
-d > đ
-t > ć
-l > lj
-n > nj
-z > ž
-s > š Exemple : Le suffixe formant le comparatif des adjectifs est -ji. Lorsque celui-ci est ajouté à un adjectif terminé en consonne dure, celle-ci devient molle : tvrd = « dur » > tvrđi = « plus dur », brz = « rapide » > brži = « plus rapide ».

Accentuation

L’accent qui frappe l’une des voyelles d’un mot a un double caractère en serbe. C’est un accent d’intensité, c’est-à-dire la voyelle en cause est prononcée avec plus de force que les autres (comme en français), mais aussi tonique (ou musical), la voyelle accentuée étant prononcée un ton plus haut ou plus bas que les autres. En serbe, l’accent est mobile, avec une seule limitation. Dans le cas des mots ayant plus d’une syllabe, l’accent peut frapper n’importe quelle voyelle, sauf la dernière, règle qui s’applique aux mots étrangers également, ce qui fait, par exemple, prononcer tous les mots français avec l’accent sur l’avant-dernière syllabe au lieu de la dernière. Ainsi, dans Marseille (transcrit en serbe Marsej), l’accent est sur la première syllabe. Il y a quatre sortes d’accent, des combinaisons entre le caractère descendant ou ascendant et la durée de la voyelle (longue ou courte). L’accent n’est noté que dans les ouvrages de linguistique, les manuels de langue et les dictionnaires. Leurs signes conventionnels sont ceux des exemples ci-dessous.
-accent court descendant : vtar = « vent »
-accent long descendant : p
vo = « bière »
-accent court montant : òtac = « père »
-accent long montant : psati = « écrire » Les voyelles non accentuées peuvent également être longues ou brèves. Les longues sont notées (non pas dans les écrits ordinaires) par ¯ (žèna = « femme » / žénā = « des femmes », le génitif pluriel du nom). Comme on peut le voir dans cet exemple, le caractère de l’accent et la durée des voyelles ont une valeur fonctionnelle, par exemple, comme ici, ils marquent deux cas différents dans la déclinaison. La place de l’accent a également une valeur fonctionnelle (voir Déclinaison des adjectifs).

Lexique

Formation des mots

Dérivation

Comme en français, en ajoutant certains suffixes à un mot, on peut en obtenir d’autres, appartenant à la même famille lexicale. Parmi les nombreux suffixes lexicaux, un suffixe un peu à part : -ad qui forme un grand nombre de noms collectifs, par exemple pour désigner des groupes de jeunes animaux : pil'ad
= « poulets », jagnj'ad = « agneaux », tel'ad = « veaux ». Ces noms sont au singulier et se déclinent comme les autres noms masculins singuliers. Avec des préfixes provenant de prépositions, on obtient surtout des verbes à partir d’autres verbes : ići = « aller » > otići = « partir », izaći = « sortir », doći = « venir », naići = « arriver à l’improviste ». Ces préfixes changent non seulement le sens du verbe de base, mais aussi son aspect (voir Aspects des verbes.)

Composition

En serbe ce procédé est beaucoup plus productif qu’en français. On peut l’appliquer par :
-la simple juxtaposition de deux mots : dan = « jour » + gubiti = « perdre » > dangubiti = « perdre le temps, paresser »
-l’ajout du deuxième mot à l’aide d’une voyelle de liaison : crn = « noir » + o + kos (de kosa = « cheveux ») > crnokos = « aux cheveux noirs » Il y a aussi des mots dont le processus de composition n’est pas senti comme achevé. Ils s’écrivent avec un trait d’union : radio + stanica = « station » > radio-stanica = « station de radio ». La composition peut être combinée avec la dérivation : kratk- (de kratak = « court ») + o + vid- (de videti = « voir ») + -an > kratkovidan = « myope ».

Emprunts

Le serbe est peut-être la langue slave la plus perméable aux emprunts, beaucoup plus que le croate, par exemple, qui préfère les néologismes basés sur cette langue. Le serbe a pris des mots à un grand nombre de langues, dont beaucoup au français : bife < « buffet », biro < « bureau », butik < « boutique », ekspoze < « exposé ». Il y a non seulement des noms empruntés, mais aussi des verbes (telefonirati, analizirati), des adjectifs (flegmatičan, logičan) ou même des adverbes (eventualno = « éventuellement », apsolutno = « absolument »).

Grammaire

Le nom

Genre des noms

Les noms serbes peuvent être :
-masculins, d’habitude reconnaissables d’après leur terminaison en consonne au nominatif singulier : grad = « ville ». Il y a aussi des noms masculins terminés en -a : des prénoms masculins (Nikola), des noms de professions (sudija = « juge »), etc., qui se déclinent comme les féminins.
-féminins, généralement terminés en -a au nominatif singulier : ruka = « main ». Il y a également des noms féminins terminés en consonne : radost = « joie », stvar = « chose », qui constituent une classe de déclinaison à part.
-neutres, terminés en -o ou en -e au nominatif singulier : kolo = « cercle », polje = « champ », déclinés comme les masculins.

Déclinaison des noms

Le serbe, langue hautement flexionnelle, se caractérise par sept cas, les noms étant groupés en quatre classes de déclinaison, d’après leur désinence au nominatif singulier. Voici la déclinaison régulière de quatre noms de deux classes de déclinaison comportant le plus grand nombre de noms. Remarques :
-L’accusatif singulier des noms masculins animés est identique à leur génitif singulier, alors que l’accusatif singulier des noms masculins inanimés est pareil à leur nominatif singulier.
-La désinence du génitif pluriel est -a long. C’est ce qui différencie principalement le génitif pluriel du génitif singulier des noms masculins et neutres, et le génitif pluriel des féminins de leur nominatif singulier.
Fonctions des cas

L’adjectif

Catégories d’adjectifs

-qualificatifs : dobar = « bon », jutarnji = « du matin »
-de matière : drveni = « en bois »
-d’appartenance : čovekov = « de l’homme », babin = « de (la) grand-mère ». Ces adjectifs sont formés à partir de noms, par ajout du suffixe -ov ou -ev aux masculins, et -in aux féminins.

Forme brève et forme longue

Les adjectifs peuvent avoir deux formes, brève et longue. La forme brève se caractérise par une terminaison en consonne au nominatif masculin singulier, et la forme longue – par la terminaison -i au même cas :
-bratov = « du frère » – adjectif à forme brève
-beogradski = « belgradois » – adjectif à forme longue Presque tous les adjectifs qualificatifs ont les deux formes, la forme longue étant obtenue en ajoutant -i à la forme brève : bogat > bogat'i = « riche ». Dans leur cas, la forme brève est aussi appelée indéterminée (ou indéfinie), et la forme longue – déterminée (ou définie). Celle-ci correspond en français à l’adjectif utilisé en tant que nom. Exemple : Bili su dva čoveka; jedan je bio siromašan, a drugi – bogat; siromašni je ćutao, dok je bogati mnogo pričao. = « Il y avait deux hommes ; l’un était riche, l’autre – pauvre. Le pauvre se taisait, alors que le riche parlait beaucoup. » Les adjectifs d’appartenance n’ont qu’une forme brève, tandis que ceux terminés en -ski, -nji et -ji, ainsi que les adjectifs au comparatif et au superlatif relatif (voir ci-dessous) – une forme longue. Par conséquent, ces adjectifs peuvent être aussi bien définis qu’indéfinis.

Comparaison des adjectifs

Le comparatif de supériorité est formé avec des suffixes :
-
-ji, -ja, -je, qui provoque la yodisation (la mouillure) de la consonne finale de l’adjectif :
-pour les adjectifs monosyllabiques à voyelle longue : mlad = « jeune » > mlađi = « plus jeune »
-pour les adjectifs bisyllabiques terminés au masculin singulier en -ak, -ek ou -ok : kratak = « court » > kraći
-
-iji, -ija, - ije :
-pour les adjectifs monosyllabiques à voyelle brève : star = « vieux » > stariji
-pour les adjectifs polysyllabiques : hrabar = « courageux » > hrabriji La comparaison se construit avec la préposition od régissant le génitif : Nikola je mlađi od Dušana. = « Nikola est plus jeune que Dušan. » Le superlatif relatif de supériorité s’obtient du comparatif avec le préfixe naj- : hrabriji = « plus courageux » >
najhrabriji = « le plus courageux ».

Déclinaison des adjectifs

Forme longue
Forme brève
À noter qu’au pluriel la forme brève ne diffère de la forme longue que par la place de l’accent : sur la première à la forme longue, sur la deuxième à la forme brève.

Les pronoms

Les pronoms personnels

Remarques:
- Aux cas génitif, datif et accusatif, les pronoms personnels ont une forme brève et une forme longue. Les formes brèves sont les plus fréquentes et elles sont atones (elles se prononcent liées au mot suivant, comme s’il en résultait un seul mot). Les formes longues sont accentuées, étant utilisées après les prépositions et les conjonctions, ainsi que pour insister sur la personne.
- Le pronom de politesse est Vi (écrit avec majuscule).
- Le génitif est utilisé seulement avec des prépositions qui régissent ce cas : On je došao posle mene. = « Il est arrivé après moi. »
- Le pronom sebe est réfléchi. Il n’a qu’une seule personne et se réfère toujours au sujet de la phrase, de quelque personne qu’il soit : Ona govori za sebe i ja govorim za sebe. Zašto ti ne govoriš za sebe? = « Elle, elle parle pour soi et moi, je parle pour moi. Toi, pourquoi tu ne parles pas pour toi ? » Il a une forme brève uniquement à l’accusatif. C’est cette forme qu’on utilise avec les verbes pronominaux : On ide da se šeta. Ja idem da se šetam s njim. Hoćes li da se šetaš sa nama? = « Il va se promener. Je vais me promener avec lui. Tu veux te promener avec nous? »

Les pronoms-adjectifs démonstratifs

Ils s’emploient en tant qu’adjectifs et également en tant que pronoms, sans changer de forme. Ils expriment trois degrés d’éloignement, à peu près comme « ici », « là » et « là-bas » en français :
-
Ovaj = « celui-ci », ova = « celle-ci », ovo (neutre singulier), ovi = « ceux-ci », ove = « celles-ci », ova (neutre pluriel) – se réfèrent à ce qui est près du locuteur.
-
Onaj = « celui-là », ona = « celle-là », ono (neutre singulier), oni = « ceux-là », one = « celles-là », ona (neutre pluriel) – se réfèrent à ce qui est éloigné du locuteur, par exemple près d’un tiers (pas l’interlocuteur).
-
Taj, ta, to, ti, te, ta expriment l’éloignement moyen, par exemple se référant à ce qui se trouve près de l’interlocuteur.

Les pronoms-adjectifs possessifs

Comme les démonstratifs, ils s’utilisent en tant que pronoms et en tant qu’adjectifs, sans changer de forme.
-
moj = « mien », moja = « mienne », moje (neutre singulier), moji = « miens », moje = « miennes », moja (neutre pluriel)
-
tvoj = « tien », tvoja = « tienne », tvoje (neutre singulier), tvoji = « tiens », tvoje = « tiennes », tvoja (neutre pluriel)
-
njegov = « sien, à lui », njegova = « sienne, à lui », njegovo (neutre singulier), njegovi = « siens, à lui », njegove = « siennes, à lui », njegova (neutre pluriel)
-
nje(zi)n = « sien, à elle », nje(zi)na = « sienne, à elle », nje(zi)no (neutre singulier), nje(zi)ni = « siens, à elle », nje(zi)ne = « siennes, à elle », nje(zi)na (neutre pluriel)
-
naš = « nôtre » masc., naša = « nôtre » fém., naše (neutre singulier), naši = « nôtres » masc., naše = « nôtres » fém., naša (neutre pluriel)
-
vaš = « vôtre » masc., vaša = « vôtre » fém., vaše (neutre singulier), vaši = « vôtres » masc., vaše = « vôtres » fém., vaša (neutre pluriel)
-
njihov = « leur » masc., njihova = « leur », fém. njihovo – neutre singulier, njihovi = « leurs » masc., njihove = « leurs » fém., njihova (neutre pluriel)
-
svoj, svoja, svoje (neutre singulier), svoji, svoje, svoja (neutre pluriel) – déterminent (en tant qu’adjectifs) ou représentent (en tant que pronoms) l’objet (les objets) possédé(s) par le sujet de la phrase, de quelque personne qu’il soit. Exemples : Ja jedem svoj hleb, a ti jedeš svoj. = « Moi, je mange mon pain et toi, tu manges le tien. » Les autres possessifs déterminent/représentent en règle générale l’objet (les objets) possédé(s) par un autre que le sujet de la phrase.

Pronoms interrogatifs

Pronoms-adjectifs interrogatifs-relatifs

-
kakav, kakva, kakvo, kakvi, kakve, kakva : Kakvu košulju hoćeš? = « Quelle chemise veux-tu ? (de quel genre) », Kakvu hoćeš? = « De quel genre en veux-tu ? »
-
koji, koja, koje, koji, koje, koja : Koju košulju hoćeš? = « Quelle chemise veux-tu ? (parmi plusieurs) », Koju hoćeš? = « Laquelle veux-tu ? », Imam muža koji me voli. = « J’ai un mari qui m’aime. »
-
čiji, -a, -e, -i, -e, -a : Čije su ove naočale? = « À qui sont ces lunettes ? », Bio je tamo sto, čije su noge bile zabijene u zemlju. = « Il y avait là une table dont les pieds étaient enfoncés dans le sol. »

Les nombres

Particularités de la construction nombre cardinal + nom ou adjectif

-
Jedan = « un », jedna = « une », jedno (neutre) se construisent avec le nom / l’adjectif au nominatif singulier : jedan grad = « une ville ».
-
Dva = « deux », dve (féminin), tri = « trois » et četiri = « quatre » sont suivis du nom / de l’adjectif au génitif singulier, quelle que soit la fonction syntaxique du syntagme : dva grada = « deux villes ».
-Avec pet = « cinq » et les nombres suivants, le nom / l’adjectif se met au génitif pluriel : pet gradova = « cinq villes ».

Les noms des chiffres

Chaque chiffre a un nom du genre féminin : jedinica, dvojka, trojka, četvorka, petica, etc. Exemples : Dobio sam dvojku iz matematike. = « J’ai eu deux en maths. » ; Idem osmicom. = « Je prends le (bus ligne) 8. ».

Les nombres collectifs

Ce sont dvoje = « deux », troje = « trois », četvoro = « quatre », petoro = « cinq ». Les suivants se forment de la même façon que petoro, avec le suffixe -oro. Ces nombres s’utilisent :
-avec les noms collectifs :
troje prasadi = « trois cochonnets »
-pour désigner des groupes de personnes de sexes différents : nas dvoje = « nous deux » (un homme et une femme),
osmoro učenika = « huit élèves » (filles et garçons)
-les noms d’objets utilisés par paires :
dvoje rukavice = « deux gants (formant une paire) », en opposition avec dve rukavice = « deux gants (dépareillés) ». Avec tous ces nombres, le nom / l’adjectif se met au génitif singulier.

Les substantifs numéraux

Ces substantifs se forment avec le suffixe -ica et ne s’emploient qu’avec des noms d’êtres de sexe masculin : nas dvojica = « nous deux » (hommes), à la différence de nas dvoje = « nous deux » (un homme et une femme).

Les nombres ordinaux

Ceux-ci ont les désinences spécifiques aux adjectifs à forme longue : prvi = « premier », prva = « première », prvo – neutre, drugi = « deuxième », treći = « troisième », četvrti = « quatrième », peti = « cinquième », etc.

Le verbe

Aspects des verbes

Comme les autres langues slaves, le serbe connaît la catégorie grammaticale de l’aspect, qui exprime la durée d’une action ou le degré de son accomplissement.
-Un verbe imperfectif (appelé aussi duratif) exprime le fait que l’action était, est, sera ou qu’on veut qu’elle soit en train de se dérouler, ou bien qu’elle est effectuée de façon répétée.
Vršim svoj posao. = « Je fais mon travail. » (je suis en train de le faire, on ne sait pas depuis quand et jusqu’à quand) ; Pio sam kavu i gledao prema moru. = « Je prenais mon café et je regardais vers la mer. »
-Un verbe perfectif (appelé aussi momentané) exprime le fait que l’action a eu lieu ou qu’on veut qu’elle ait lieu en un seul moment, ou bien qu’elle commence et finit à des moments donnés, ayant lieu une seule fois : Ići ćeš da se šetaš samo ako završiš svoj posao. = « Tu iras te promener si seulement tu finis ton travail. »;
Popio sam kavu. Možemo ići. = « J’ai bu mon café. On peut y aller. » Le présent proprement-dit n’est exprimé que par les verbes imperfectifs, dans des propositions indépendantes ou principales. Le présent des verbes perfectifs est utilisé seulement dans des propositions subordonnées. La plupart des verbes forment des couples perfectif – imperfectif, les deux aspects pouvant être différenciés par quelques procédés formels :
-Préfixe provenant d’une préposition devant le verbe imperfectif, comme za- et po- dans les exemples ci-dessus, qui changent seulement l’aspect du verbe. D’autres préfixes en changent plus ou moins le sens aussi : ići = « aller » >
otići = « partir », doći = « venir ».
-Certains verbes sont perfectifs sans suffixe et imperfectifs avec le suffixe -va- placé devant le suffixe de l’infinitif -ti : prodati (perfectif) > proda'va
ti (imperfectif) = „vendre”
-D’autres verbes sont perfectifs avec un certain suffixe et imperfectifs avec un autre. Par exemple, le suffixe -i- est spécifique au perfectif, et -a- à l’imperfectif : sprem'itisprem'ati = « préparer ».

Conjugaison

Les verbes serbes sont répartis en huit classes de conjugaison, d’après la terminaison du radical du verbe et la désinence de la 3 personne du singulier. Exemple de verbe régulier de la 1 conjugaison, aux modes et aux temps les plus utilisés : Remarques :
- Les verbes irréguliers sont nombreux, ainsi que les changements phonétiques provoqués par les suffixes et les désinences.
- Les grammaires serbes ne font pas mention d’un mode indicatif.
- Le verbe français « être » a deux correspondants en serbe : jesam et biti.
- L’auxiliaire du passé composé est toujours jesam, qui a aussi des formes brèves, celles qui apparaissent dans le tableau ci-dessus.
- Aux temps composés, l’adjectif verbal actif s’accorde en genre et en nombre avec le sujet.
- Aux temps composés, le verbe auxiliaire est placé après le verbe conjugé s’il est utilisé sans pronom personnel, ce qui est fréquent, puisque les désinences suffisent à exprimer la personne. Si la personne est mise en évidence, on l’exprime également par le pronom personnel et, dans ce cas, le verbe auxiliaire se met devant le verbe conjugué : Govorio je. = « Il a parlé. », mais On je govorio. = « Lui, il a parlé. » Si le verbe est nié, le verbe auxiliaire se place également devant le verbe conjugué.
- À la forme négative des verbes auxiliaires, la négation est soudée au verbe. Avec le verbe jesam, la négtion devient ni-.
- Le conditionnel avait autrefois un passé, mais il n’en a plus. Le passé se distingue du présent par le contexte.
- Le futur se forme généralement à partir du radical du verbe, auquel on ajoute la forme brève du verbe hteti = « vouloir » au présent : Peva'ćeš. = « Tu chanteras. » Mais en présence du pronom personnel sujet et à la forme négative, l’auxiliaire est détaché du verbe, qui prend dans cette situation la forme de l’infinitif : Ti ćeš pevati. = « Toi, tu chanteras. », Nećeš pevati. = « Tu ne chanteras pas. »
- L’impératif négatif se forme à l’aide d’un auxiliaire spécial (
nemoj) + la conjonction da + le présent du verbe conjugué.
- Le subjonctif français a pour correspondant le présent précédé de la conjonction da : Hoću da pevaš. = « Je veux que tu chantes. ». Mais cette construction est utilisée également lorsque le sujet du verbe subordonné est le même que celui du verbe régent : Hoću da pevam. = « Je veux chanter. » Le serbe préfère cette construction à la structure verbe régent + infinitif ayant le même sujet utilisée par la plupart des langues slaves, y compris le croate. Formes moins utilisées :
-le futur antérieur, formé du présent du verbe biti + l’adjectif verbal actif : budem tresao = « j’aurai secoué »
-le passé simple : tresoh = « je secouai ». Seul le passé simple de biti est fréquent, mais seulement pour former le conditionnel.
-l’
imparfait : tresiah = « Je secouais. » Il est employé seulement dans la langue littéraire et dans certains énoncés figés, tel Gde to beše? = « Où était-ce ? ». À la place de l’imparfait on utilise le passé composé des verbes imperfectifs.
-le plus-que-parfait, formé de l’imparfait du verbe biti + l’adjectif verbal actif : bejah/beh pisao, ou du passé composé de biti + l’adjectif verbal actif : bio sam pisao = « j’avais écrit ».

Prépositions

La plupart des prépositions sont utilisées avec un seul cas :
-avec le génitif : blizu = « à proximité de », do = « jusqu’à », duž = « le long de », ispod = « au-dessous de », ispred = « devant », iz = « de », iza = « au-delà de, derrière », između = « entre », iznad = « au-dessus de », kod = « près de, auprès de », pored = « à côté de », posle = « après », pre = « avant », protiv = « contre », radi = « dans le but de », umesto = « à la place de », usred = « au milieu de », zbog = « à cause de »
-avec le datif : k(a) = « vers »
-avec l’
accusatif : kroz = « à travers, par-dessus », niz(a) = « vers le bas de », uz(a) = « près de, à côté de, avec, aux côtés de, etc. » avec le locatif : pri = « près le/la/les » Certaines prépositions régissent deux cas, voire trois, en fonction de leur sens ou de la nature du verbe régent. Remarque : Certaines prépositions ont un -a mobile utilisé pour rendre la prononciation plus facile lorsque le mot suivant commence par la même consonne que la dernière consonne de la préposition, par une consonne du même type, ou par un groupe de consonnes : s majkom = « avec la mère », mais sa sestrom = « avec la sœur » ; pred tobom = « devant toi », mais preda mnom = « devant moi ».

Particules

La particule est considérée comme une partie du discours à part dans les grammaires du serbe. C’est un mot invariable, mais cela peut aussi être un énoncé figé, indiquant une attitude du locuteur : le doute, la certitude, le souci, le souhait, etc. Beaucoup de ces mots ont pour équivalents français des adverbes.
-particules interrogatives : Dolaziš li sutra? = « Tu viens demain ? » ;
Zar ne možeš doći na vreme? = « Tu ne peux pas venir à l’heure ? »
-particules exclamatives :
Ala smo se lepo proveli! = « Qu’est-ce qu’on s’est bien amusé! »
-particules impératives : Prestani već s tim plakanjem! = « Arrête une bonne fois de pleurer! »
-particules affirmatives :
Da. = « Oui. », Kako da ne!, Nego šta!, Nego kako! = « Mais comment donc! »
-particules négatives :
Ne. = « Non. », Ni ja tu ništa ne mogu učiniti. = « Moi non plus je ne peux rien y faire. »
-particules de précision :
Baš meni se to moralo desiti! = « Ça ne pouvait m’arriver qu’à moi! »
-particules modales :
Možda nije došao. = « Il n’est peut-être pas venu. »
-particules démonstratives : evo, eto, eno = « voici, voilà ». Elles expriment trois degrés d’éloignement, comme les pronoms-adjectifs démonstratifs.

Ordre des mots

En serbe l’ordre des mots est assez libre, mais le plus souvent c’est sujet + verbe (+ complément) : Žene idu na pijacu. = « Les femmes vont au marché. », Beograd je lep grad. = « Belgrade est une belle ville. » Les mots atones suivent toujours un mot tonique. C’est dire que la phrase ne peut pas commencer par un mot atone. Exemples :
-les formes brèves des verbes auxiliaires : Radi'ću
. = « Je travaillerai. », Ja ću raditi. = « Moi, je travaillerai. »
-les formes atones des pronoms personnels : Dajem ti nešto. = « Je te donne quelque chose. », Ja ti dajem nešto. = « Moi, je te donne quelque chose. »
-la particule interrogative li: Radiš li? = « Tu travailles ? », Da li radiš? = « Est-ce que tu travailles ? » Généralement, l’épithète précède le nom qu’il qualifie.

Bibliographie

-JOLIĆ, Borjanka, LUDWIG, Roger, Le serbo-croate sans peine, Chennevières, Assimil, 1972
-MOLDOVAN, Valentin, RADAN, Milja N., Gramatika srpskog jezika (Morfologija), Timişoara, Sedona, 1996 (en roumain) ==
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