Val de Loire

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Le Val de Loire, tel qu'il a été inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, désigne la partie de la vallée de la Loire située entre Sully-sur-Loire (dans le Loiret) et Chalonnes-sur-Loire (en Maine-et-Loire). Il constitue un site exceptionnel pour sa diversité biologique ainsi que pour sa richesse historique et culturelle (parcs, châteaux et villes).
Val de Loire

Le Val de Loire, tel qu'il a été inscrit en 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, désigne la partie de la vallée de la Loire située entre Sully-sur-Loire (dans le Loiret) et Chalonnes-sur-Loire (en Maine-et-Loire). Il constitue un site exceptionnel pour sa diversité biologique ainsi que pour sa richesse historique et culturelle (parcs, châteaux et villes).

Survol rapide

Cette partie du fleuve traverse deux régions, le Centre et les Pays de la Loire, et quatre départements, le Loiret, le Loir-et-Cher, l’Indre-et-Loire et le Maine-et-Loire. Le fleuve, orienté après Sully-sur-Loire dans la direction ouest-nord-ouest, s’incurve à Orléans pour se diriger ensuite en direction ouest-sud-ouest. Dans le Val de Loire, le fleuve reçoit de nombreux affluents, principalement du sud, les trois plus importants étant le Cher, l’Indre et la Vienne. Entre Orléans et Angers, la vallée est souvent bordée de petites falaises de tuffeau et de calcaire. De nombreux îlots et bancs de sable ou de gravier parsèment le cours du fleuve, dont la profondeur et la largeur varient considérablement d’une saison à l’autre et d’une année à l’autre. Les crues de la Loire ont généralement lieu en hiver et, grâce à la présence de digues (levées) sur la plus grande partie de son cours, sont le plus souvent sans conséquences graves. La vallée a cependant connu dans son histoire des inondations importantes, parfois catastrophiques, en toutes saisonsLes crues les plus importantes mesurées ont eu lieu en septembre 1866, juin 1856 et octobre 1846 (voir la ).. Leur trace est conservée de place en place grâce à des indications de hauteur et d’année sur les digues ou les bâtiments. En descendant le cours du fleuve, on rencontre les villes d’Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur et Angers (un peu à l’écart du fleuve, sur la Maine), mais également de nombreux bourgs et villages, ainsi que certains des châteaux de la Loire, notamment ceux de Sully-sur-Loire, Blois, Chaumont-sur-Loire, Amboise, Saumur, d’autres étant situés à l’écart du fleuve, souvent près d’un de ses affluents, comme Chambord près du Cosson, Chenonceau sur le Cher, ou Chinon dans la vallée de la Vienne.

Histoire

Le Château de Saumur, façade sud. Enluminure de Septembre dans Les Très Riches Heures du duc de Berry (1413-1416) Dès le paléolithique, les hommes se sont installés sur les berges de la Loire et des nombreuses rivières de la région. À partir de 10000 jusque vers 4000 av. J.-C., les populations originelles de chasseurs-cueilleurs se transformèrent progressivement en populations totalement sédentaires d’agriculteurs-éleveurs. Cette transformation fut la conséquence, à la fois de l'abandon du nomadisme par les populations localesLe déplacement des troupeaux de rennes vers le nord en raison du réchauffement climatique en est une des raisons probables., puis de l'arrivée de populations d'agriculteurs venues du Proche-Orient. Les communautés se regroupèrent ensuite en sociétés structurées, pour aboutir à l'organisation territoriale des peuples gaulois autour de leurs cités. Au , le pays des Carnutes, à l’emplacement de l’Orléanais actuel, était considéré comme le centre de la Gaule. C’est là que se tenait l’assemblée annuelle des druidesSelon les versions, cette assemblée se tenait, soit dans la mythique « forêt carnute », soit dans l'une des deux cités de Cenabum (Orléans) ou Autricum (Chartres).. Bien avant la conquête romaine, les sites de toutes les villes importantes actuelles existaient déjà. À l’exception des tentatives de soulèvement des Carnutes et des Andécaves, Jules César ne rencontra que peu de résistance dans la région lors de sa conquête. Les Gaulois adoptèrent rapidement le mode de vie romain, surtout dans les villes déjà existantes (Orléans, Tours, Angers), autour du forum, du théâtre et des thermes. La période gallo-romaine vit un développement important de la production et du commerce. Le christianisme se développa à partir du sous l’impulsion des évêques de Tours, Orléans et Angers. Martin de Tours, un des pères de l’Église, évêque de 371 jusqu’à sa mort en 397, fut l’un des artisans les plus actifs de l’évangélisation. Des monastères furent fondés, comme ceux de Fleury (le futur Saint-Benoît) et de Marmoutier. Sous la dynastie carolingienne, deux proches de Charlemagne, Alcuin et Théodulphe, créèrent dans la région des écoles monastiques qui eurent une grande influence culturelle. Les invasions « barbares » n’épargnérent pas le Val de Loire : bien que les Sarrasins, repoussés au par Charles Martel, n’aient pu franchir la Loire, les Vikings, dès le milieu du , remontèrent le fleuve avec leurs drakkars et pillèrent les villes et les abbayes de la vallée. Au Moyen Âge, le Val de Loire fut le théâtre de luttes quasiment continuelles du au . Elles concernèrent d’abord la succession à la couronne d'Angleterre, puis la lutte entre Capétiens et Plantagenêts pour la possession du Royaume de France. Le dernier chapitre de ces luttes, la guerre de Cent Ans (1340-1453), fut marqué par les faits d’armes de Jeanne d’Arc, qui délivra notamment Orléans le 8 mai 1429, libération dont la ville commémore chaque anniversaire depuis l’an 1430, lors de ses Fêtes johanniques. La Renaissance vit l’apogée du rôle du Val de Loire au sein du Royaume de France. De Louis XI, qui fit de Tours sa capitale en 1461, jusqu’à Henri IV qui la ramena à Paris en 1594, le centre du pouvoir demeura dans la région. Les Valois, qui avaient découvert en Italie une nouvelle esthétique et un nouvel art de vivre, n’ont eu de cesse de les transposer dans le Val de Loire, en y faisant venir de nombreux artistes et artisans italiens, dont le plus célèbre d’entre eux, Léonard de Vinci. Ainsi naquit ce qui fut appelé plus tard la première Renaissance française, au cours de laquelle furent rénovés les châteaux royaux d’Amboise et de Blois, puis construits des « châteaux de cour » destinés au plaisir, le plus remarquable étant celui de Chambord. Aux et siècles, la région vit s’accroître son rôle d’axe de communication grâce à la création de canaux (de Briare et d’Orléans), ce qui constitua une période faste pour la marine de Loire. La Révolution n’entraîna pas de graves troubles dans la région et fut globalement bien acceptée, à l’exception notable de la rébellion des paysans des Mauges au sud de l’Anjou. Au , l’apparition du chemin de fer introduisit des changements radicaux dans le paysage ligérien, en faisant disparaître la navigation sur le fleuve, ainsi que l’activité des ports de Loire.

La culture du Val de Loire

Rive de Loire à Châteauneuf-sur-Loire Scene on the Loire (aquarelle de Joseph Mallord William Turner) Les paysages du Val de Loire, caractérisés par la combinaison harmonieuse des eaux du fleuve et de la végétation de la forêt, ont depuis longtemps inspiré les artistes. Parmi leurs premières représentations littéraires, les poésies de Charles d’Orléans et les œuvres de François Rabelais sont les plus célèbres. À l’époque de la Renaissance, ces paysages firent l’objet de représentations littéraires, picturales et jardinières qui les érigèrent en modèles esthétiques. Grâce à la rencontre dans le Val de Loire des cultures italienne, flamande et française, un modèle paysager jardiné vit le jour autour de la Loire. L’extension du jardin et de ses techniques de culture au territoire entre fleuve et forêt a trouvé son expression la plus forte en Touraine. Cette région, très tôt célébrée comme le « Jardin de la France », a souvent servi de modèle à l’ensemble du territoire national, dont l’aspect jardiné est considéré par beaucoup comme caractéristique de la France. Les poètes de la Renaissance, comme Pierre de Ronsard ou Joachim du Bellay célèbrèrent les beautés des paysages, qu’ils jugeaient aussi remarquables, sinon plus, que ceux de la région de Rome, où séjourna Du Bellay. Après la Renaissance, les paysages ligériens continuèrent à être célébrés par de nombreux écrivains, comme Jean de la Fontaine ou la marquise de Sévigné au , et, au , par Alfred de Vigny, Gustave Flaubert, Honoré de Balzac, Charles Baudelaire ou même Victor Hugo, dont la sensibilité romantique s’harmonisait au romantisme des paysages de Loire. Les représentations picturales n’apparurent que plus tardivement. La Loire ne se laisse en effet pas représenter aisément. Selon René Bazin, cette difficulté provient des trop vastes dimensions de sa vallée, et de sa lumière « fine, voilée, que ne relève aucune ombre forte, aucun contraste ». Plutôt que de la montrer dans toute son ampleur, les peintres et graveurs ont largement représenté ses ponts, ses quais et les « fronts de Loire » de ses villages et de ses villes. L’une des plus remarquables séries de tableaux sur le Val de Loire est sans conteste celle réalisée par le peintre anglais Joseph Mallord William Turner lors de son voyage entre Nantes et Orléans en 1826, qui a su inventer des points de vue originaux et utiliser les transparences de l’aquarelle pour suggérer la finesse de la lumière.

La vigne et le vin

Le vinà consommer avec modération !, élément fondamental du « bien vivre » à la française La vigne et le vin, déjà présents dans la région à l’époque gallo-romaine, représentent un véritable modèle historique et culturel, et sont partie intégrante de la culture du « bien vivre » qui s’est développée dans le Val de Loire. Comme pratiquement tous les vignobles du monde, les vignobles de la Loire eurent à souffrir de la crise du phylloxéra, qui les détruisit en grande partie à la fin du . Depuis, tous les pieds de vigne sont des pieds américains, résistants au phylloxéra et sur lesquels ont été greffés les anciens cépages. On trouve dans le Val de Loire divers terroirs qui, par la nature des sols, des reliefs et des orientations, produisent des vins qui, bien qu’issus des mêmes cépages, sont d’une grande variété, mais ont cependant en commun une personnalité marquée par la fraîcheur, la vivacité et l’élégance. Ils sont connus sous leur « Appellation d’origine contrôlée » (AOC), qui les distingue par l’association unique d’un territoire, d’un ou de plusieurs cépages et d’un savoir-faire. Les vignobles les plus importants de la région sont ceux d’Anjou, de Saumur, de l'Orléanais et de Touraine. Parmi les cépages dont sont issus les vins du Val de Loire, les plus fréquemment cultivés sont le Chenin, le Cabernet et le Gamay en Anjou, Saumur et Touraine, ainsi que le Sauvignon et le Pinot noir en Touraine. Les vins d’Anjou, de Saumur, de l'Orléanais et de Touraine regroupent 51 appellations, de vins blancs, rosés et rouges, pour certains (rosés et surtout blancs) effervescents.

La flore et la faune

La grande variété des biotopes du fleuve et de ses rives : berges et bancs sableux, îlots de gravier recouverts de végétation, berges boisées inondables, digues de protection, terrasses du lit majeur, forêts, accueillent une grande variété d’habitats naturels, dont profitent une flore et une faune riches et abondantes.

Flore

Dame d'onze heures ou ornithogale en ombelle (Ornithogalum umbellatum) Dans la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin, située à 4 km en aval d’Orléans, on a recensé 558 espèces de plantes supérieures dont 3 protégées au niveau national (pulicaire vulgaire, gagée des prés, tulipe sauvage) et 5 au niveau régional (limoselle aquatique, pigamon jaune, corydale à bulbe plein, laîche de Loire, scille d'automne). On compte également 37 espèces de bryophytes et 325 espèces de champignons. Dans les zones à faible courant proches des rives, on peut observer diverses plantes flottantes ou immergées, comme les renoncules aquatiques, les potamots ou les jussies, plantes exotiques envahissantes. Dans les zones d’eaux stagnantes, on retrouve le même type de végétation que dans les étangs, notamment les lentilles d’eau. Après les hautes eaux d’hiver et de printemps, les étiages d’été laissent apparaître de larges étendues de sable et de vase que colonisent des plantes annuelles, d’abord les minuscules souchets, la véronique voyageuse ou la renoncule scélérate, puis la corrigiole des rives, les bidens ou la pulicaire vulgaire. Sur les terrasses alluviales plus élevées, moins fréquemment recouvertes par les eaux du fleuve, se développe une végétation très variée qui dépend de la nature des alluvions. Selon les cas, on peut trouver une végétation rase formée de petites plantes grasses (sedums), de graminées pionnières comme les corynéphores, ou bien, sur les sols les plus riches, des prairies dominées par des graminées comme la folle avoine ou le pâturin des prés, et d’espèces qui vont se succéder au fil des saisons, dame d'onze heures au printemps, puis sauge des prés, et campanule en été. Si l’homme ou les crues ne les empêchent pas de se développer, ce sont les arbres et les arbustes qui s’installent ensuite : saules arbustifs dans les zones les plus basses (saule à trois étamines, saule pourpre, saule des vanniers), peuplier noir et grands saules (saule blanc et saule fragile) dans les zones plus élevées, moins soumises aux crues, puis enfin la forêt de frênes, de chênes et d’ormes.

Faune

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) Dans la réserve naturelle nationale de Saint-Mesmin, on a recensé 294 espèces de vertébrés et 535 d’invertébrés. Parmi les vertébrés, on dénombre 29 poissons (chabot, bouvière, saumon atlantique, grande alose, alose feinte, anguille, loche franche, épinochette...), 4 amphibiens (comme la grenouille agile), 7 reptiles (lézard des murailles, lézard des souches...), 226 oiseaux parmi lesquels 65 nicheurs (petit gravelot, rousserolle effarvatte, phragmite des joncs, martin-pêcheur d’Europe, bouscarle de Cetti...), 190 de passage (chevalier guignette, bruant des roseaux, balbuzard pêcheur...) et 103 hivernants (comme le grand cormoran), 29 espèces de mammifères dont le castor d’Europe et 13 espèces de chauves-souris. Les îles et les berges sableuses, pauvres en végétation, sont le lieu d’élection des sternes (sterne naine et estorlet), du petit gravelot et du chevalier guignette. Quant aux îles végétalisées, elles sont souvent colonisées par les espèces grégaires comme la mouette rieuse, la mouette mélanocéphale ou le goéland leucophée. L’île aux mouettes à Bou, en amont d’Orléans, en est un exemple spectaculaire. L’abondance des poissons attire quelques espèces strictement piscivores, la plus emblématique étant le balbuzard pêcheur, qui ne nichait plus en France continentale depuis le début du . À partir de 1985, année où un premier couple a installé son nid sur un pin sylvestre dans la forêt d’Orléans, la population a progressé pour atteindre 21 couples en 2004. L’autre espèce piscivore importante, le grand cormoran, fréquente surtout la Loire en saison hivernale. Espèce rare sur la Loire avant 1975, sa population est en augmentation constante depuis, atteignant désormais plusieurs milliers d’individus. Les mammifères semi-aquatiques sont aussi présents sur la Loire. Certaines espèces ont été introduites par l’homme, comme le ragondin, originaire d’Amérique du Sud, ou le rat musqué, d’Amérique du Nord. Les espèces autochtones sont le castor et la loutre d’Europe ; toutes deux, rares et vulnérables, sont protégées par la loi. Les populations de loutres commencent cependant à se reconstituer progressivement, à partir des cours supérieurs de la Loire et de l’Allier.

Notes et références

Sources

- Histoire : (1) Le Val de Loire, Larousse, 1995, pp. 10-13 ; (2) Atlas des civilisations occidentales, Larousse, 1994, pp. 12-13
- La culture du Val de Loire :
- La vigne et le vin : (1) Le Val de Loire, Larousse, 1995, pp. 80-81 ; (2)
- La flore et la faune : (1) ; (2)

Voir aussi

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Sujets connexes
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