Brigades internationales

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50px Affiche de propagande républicaine : « Les internationaux. Unis aux Espagnols, nous luttons contre l'envahisseur. » Les Brigades internationales désignent des volontaires civils enrégimentés, provenant de nations étrangères au lieu de belligérance. Au moment de certaines crises, des volontaires étrangers ont accouru en grand nombre pour venir en aide aux pays en difficulté, comme pendant la Guerre d'Espagne de 1936-1939 et la Guerre d'Indépendance d'Israël de 1
Brigades internationales

50px Affiche de propagande républicaine : « Les internationaux. Unis aux Espagnols, nous luttons contre l'envahisseur. » Les Brigades internationales désignent des volontaires civils enrégimentés, provenant de nations étrangères au lieu de belligérance. Au moment de certaines crises, des volontaires étrangers ont accouru en grand nombre pour venir en aide aux pays en difficulté, comme pendant la Guerre d'Espagne de 1936-1939 et la Guerre d'Indépendance d'Israël de 1948. On a appelé Brigades internationales les détachements de volontaires venus de plus de 50 pays différents qui luttèrent aux côtés des Républicains lors de la guerre d'Espagne.

Formation

Dès juillet 1936, des étrangers viennent en Espagne pour participer au combat contre le coup d'Etat franquiste (certains intègrent par exemple la Colonne Durruti). En septembre 1936, le chef de la propagande du Komintern, Willy Münzenberg, propose à Staline (après l'accord du NKVD), la création d'une organisation internationale de volontaires, communistes, anarchistes, socialistes, ou simples compagnons de route, afin d'aider la République espagnole. Staline étant favorable au Comité international pour la non-intervention afin de ne pas se brouiller avec ses « alliés objectifs » français et britanniques, la propagande trotskiste l'accuse de faire le jeu du fascisme. Le 17 octobre 1936, Staline apporte son soutien par lettre à José Díaz Ramos, secrétaire général du Parti communiste d'Espagne. Le ministère de la défense soviétique décide de fournir une aide matérielle, tandis que le Komintern supervise l'organisation. Par ces initiatives, Staline obtient de Juan Negrín la garde d'une partie de l'or de la banque d'Espagne. Le bureau de recrutement des Brigades était basé à Paris, sous l'égide du général soviétique polonais Karol Świerczewski (membre du PCUS qui avait combattu au côté des bolcheviks lors de la Révolution d'octobre). Le Komintern nomme un de ses membres, le communiste français André Marty, au poste d'inspecteur général des Brigades internationales. La France est d'ailleurs chargée de la fourniture des uniformes brigadistes. Tito est chargé du transport des volontaires jusqu'à Albacete, et des formalités administratives. Le recrutement commence le 18 septembre, par la formation de 23 bataillons composés chacun de 6 Brigades internationales. Des quotas de communistes avaient étés fixés par le Komintern et rapidement remplis par les PC français, allemand ou italien. En revanche, le nombre de volontaires des PC britannique et américain n'a pas été atteint, en partie à cause de la réticence de leur pays respectifs, ayant signé le Comité international pour la non-intervention, le 28 août 1936. Les volontaires étrangers étaient groupés en des formations par langues, comme le Bataillon Abraham Lincoln, des Canadiens et Américains avant que les Canadiens fussent assez nombreux pour constituer leur propre Bataillon Mac-Pac en l’honneur de la révolte de 1836-1839 des Patriots anglophones de William Lyon MacKenzie dans le Haut-Canada (maintenant Ontario) et des « Patriotes » francophones de Papineau du Bas-Canada (maintenant Québec). La commune de Paris était une formation francophone, les Allemands antinazis étaient dans le Bataillon Thälmann, Bataillon Edgar André, les Italiens anti-fascistes dans le Bataillon Gastone Sozzi ou Garibaldi, et les Polonais, Russes et Tchèques étaient éparpillés avec d’autres exilés. Le Bataillon Saklatava regroupait Britanniques, Irlandais et les ressortissants de divers pays du Commonwealth. Les Soviétiques, dont le nombre était certainement inférieur à 2 000 et ne dépassait jamais plus de 500 à la fois, occupaient des positions relativement importantes : par exemple, à l'état-major général ou comme instructeurs sur les aérodromes militaires. Manfred Stern, éminent officier de l'Armée rouge, prit à cette occasion le pseudonyme Emilio Kléber, et fut l'un des principaux leaders soviétiques. Bannière du Bataillon Dąbrowski À noter que le Bataillon Dąbrowski, composé majoritairement des communistes polonais, avait une sous-section, la Compagnie Naftali Botwin, réservée aux Juifs. En juin 1937, on estime que les Brigades internationales regroupaient environ 25 000 Français, 5 000 Polonais, 5 000 Anglo-Américains, 3 000 Belges, 2 000 « Balkaniques », 5 000 Germano-Italiens, soit près de 45 000 personnes. On comptait aussi la participation de deux Chinois. Les premiers volontaires passaient la frontière franco-espagnole clandestinement dès le mois d'octobre 1936. Après un entraînement rudimentaire à Albacete, les premières unités s'étaient engagées pour défendre Madrid assiégée le 8 novembre, à la Casa del Campo qui défendait Madrid. Ces volontaires étaient alors amalgamés aux défenseurs espagnols dans la proportion d'un homme pour quatre, dans le but de les soutenir moralement et de pouvoir transmettre leur expérience du service militaire aux civils. Malgré les déclarations de Moscou et du Parti communiste espagnol, il semble que pour beaucoup d'entre eux l'engagement en Espagne n'était pas uniquement motivé par leur antifascisme. Ce n'était pas la « démocratie bourgeoise » qu'ils défendaient, mais la révolution prolétarienne et pour beaucoup la mise en place d'un État ouvrier. Ainsi, les anarchistes et les trotskistes furent combattus par le NKVD au sein même des Brigades internationales. Drapeau des Brigades internationales

Opérations militaires

-La Bataille de Madrid.
-La garde de la route Madrid-Valence.
-La Bataille de Jarama.
-La Bataille de Belchite.
-La Bataille de l'Èbre
-La Bataille de Guadalajara Les Brigades internationales représentent une force vitale pour la défense de Madrid. Au début de 1937, elles contribuaient à empêcher, en subissant des pertes énormes, l'encerclement de Madrid par les troupes nationalistes, notamment lors de la bataille de Jarama en février, où elles gardaient le contrôle de l'axe routier Madrid-Valence. Les pertes sont toujours importantes. En mars 1937, les Brigades sont aussi impliquées dans la bataille de Guadalajara. Elles jouent un rôle substantiel dans les offensives ultérieures, comme la prise de Belchite et de Teruel. Dans la phase défensive finale de la guerre, les Brigades jouaient un rôle stratégique dans l'attaque de diversion spectaculaire des républicains sur l'Ebre, afin de tenter de rétablir le contact avec la Catalogne. Cependant, malgré leurs premiers succès et après avoir subi trois mois de bombardements d'artillerie intenses sous une chaleur torride, les républicains doivent se retirer. Le rôle souvent décisif des Brigades internationales s'explique aussi par l'expérience acquise par certains brigadiers plus âgés lors de combats de la Première Guerre mondiale face à une armée espagnole restée neutre en 14-18. Malgré leur soutien, les républicains ont finalement perdu la guerre face aux nationalistes de Franco soutenus par les forces de l'Axe. Ils partirent d'Espagne après la Bataille de l'Èbre. Dolores Ibárruri (aussi appelée la Pasionaria), leur fit des adieux à Barcelone. Proportionnellement à sa population, le Canada avait plus de volontaires dans les Brigades internationales que tout autre pays, à l’exception de la France qui a une frontière commune avec l’Espagne. Le Canadien Norman Bethune, médecin pneumologue et chirurgien thoracique a créé l'Unité Mobile de transfusion Sanguine qui opérait sur la ligne de front avant d'aller rejoindre la 8 Armée de Marche de Mao Zedong pour créer les premières MASH (Military Advanced Surgical Hospital) ou Antennes Chirurgicales Militaires Avancées.

Conséquences directes

Il est à remarquer que de nombreux combattants des Brigades internationales seront par la suite des résistants au nazisme (Artur London, Willy Brandt, Pierre Georges alias le Colonel Fabien, Henri Rol-Tanguy responsable FFI de Paris en 1944, Marcel Lamant ancien brigadiste et commissaire politique de bataillon, dénoncé, torturé puis fusillé au Mont Valérien, Marcel Langer guillotiné à Toulouse en 1944). Après la guerre, dans les « démocraties populaires » staliniennes, les anciens des Brigades internationales furent souvent victimes de purges (par exemple Artur London). Ils étaient considérés comme « infectés » par l'internationalisme. Un reflet de ces purges peut être trouvé en France avec l'exclusion d'André Marty du PCF. L'escadrille España, constituée et dirigée par André Malraux avec le soutien implicite de Pierre Cot, alors Ministre de l'Air français, n'a jamais fait partie des Brigades internationales, composante exclusivement terrestre. La qualité d'anciens combattants est accordée en 1996, par Jacques Chirac, aux survivants français des Brigades internationales, à la demande des députés communistes dont deux fils de brigadistes Lefort et Asensi, demande jusque là refusée y compris sous la présidence de François Mitterrand.

Répercussions

Beaucoup d'anciens des Brigades internationales s'engageront dans la Résistance française comme Joseph Epstein ainsi que beaucoup de Républicains espagnols.

Conclusion

Ce n'est qu'aux moments extrêmes de guerres ou de crises et pour de grands idéaux qu'affluent des volontaires étrangers de l'endroit où ont lieu ces guerres et ces crises, comme pour l'existence de la République espagnole en 1936 et l'État d'Israël en 1948 avec le Machal des volontaires étrangers en Israël avec le Colonel David (Mickey) Marcus et les autres. Il faut noter que le mouvement de solidarité international qui a accompagné la lutte pour la sauvegarde du squat Undgdomshuset de Copenhague, au Danemark a donné lieu à la participation aux émeutes contre la police (du 1 au 4 mars 2007) de nombreux (peut-être un millier) étrangers d'une vingtaine de nationalités différentes qui ont été nommé à plusieurs reprises « Brigades internationales » dans les milieux anarchistes et autonomes.

Brigadistes célèbres

-George Orwell, écrivain britannique
-Simone Weil, philosophe française
-Gaston Carré dit JEAN-PIERRE, résistant français
-Artur London vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie de 1949 à 1951
-Joseph Epstein dit Colonel Gilles, résistant français
-Carlo Rosselli antifasciste italien, il est l'un des fondateur du mouvement Giustizia e Libertà
-Camillo Berneri membre de la "Section Italienne de la Colonne Ascaso"
-Mario Angeloni membre de la "Section Italienne de la Colonne Ascaso"
-Antonio Cieri membre de la "Section Italienne de la Colonne Ascaso"
-Guido Picelli membre du bataillon Garibaldi
-Asim Vokshi
-Ludwig Renn écrivain allemand
-Josef Pavlov futur ministre dans le gouvernement d’ Alexander Dubček au cours du Printemps de Prague en 1968
-André Marty dirigeant du parti communiste français exclu en 1952
-Julien Hapiot résistant français
-Marcel Lamant résistant français
-Jean-Louis Primas résistant français
-Jean Primet résistant et homme politique français
- Ned Urvoas dit lieutenant Utrillo , résistant français
- Marcel Bertone résistant français
- Théo Rol officier des Brigades Internationales
- Henri Rol-Tanguy résistant français
-Juan Miguel De Mora écrivain espagnol
-Jean Chaintron résistant et homme politique français
-Pietro Nenni homme politique italien
-Laurie Lee poète, romancier, et scénariste anglais
-Cecil Day-Lewis poète britannique
-Boris Guimpel résistant français
-Achille Chavée aphoriste et poète belge
-Georges Vallet résistant français
-Pierre Georges dit Colonel Fabien dit Frédo résistant français
-Apolonio de Carvalho homme politique brésilien et résistant en France
-Raymond Guyot homme politique français, dirigeant du parti communiste français
-Norman Bethune médecin canadien On peut citer aussi les personnes ci-dessous qui sans participer au combat ont suivi activement le Brigades Internationales :
-Gerda Pohorylles, dite Gerda Taro photographe allemande
-Robert Capa photographe

Composition des brigades internationales


-XI Brigade Internationale
- 1o Bataillon Edgar André (allemand)
- 2o Bataillon Commune de Paris (franco-belge)
- 3o Bataillon Dombrowski (polonais, tchèque et hongrois)
-Bataillon Hans-Beimler (allemand)
-Bataillon 12 febbraio (autrichien)
-XII Brigade Internationale
-1o Bataillon Thaelmann (allemand)
-2o Bataillon Garibaldi (italien)
-3o Brigade André Marty (franco-belge)
-XIII Brigade Internationale
-1o Bataillons Louise Michel (franco-belge)
-2o Bataillon Tchapaiev (balcan)
-3o Bataillon Henri Vuillemin (français)
-4o Bataillon Miskiewicz Palafox (polonais e slave)
-XIV Brigade Internazionale
-1o Bataillon Nueve Naciones
-2o Bataillon Domingo Germinal (espagnol)
-3o Bataillon Henri Barbusse (français)
-4o Bataillon Pierre Brachet (franco-belge)
-XV Brigade Internationale
-1o Bataillon Dimitrov (balcan, polonais et tchèque)
-2o Bataillon Britannico (britanique)
-3o Battaglione Abraham Lincoln (américain)
-4o Bataillon Sei febbraio (franco-belge)
-Bataillon Mackenzie-Papineau (canadien)
-Bataillon Spagnolo (sud americain)
-Bataillon George-Washington (américain)
-129a Brigade Internationale
-1o Bataillon Magaryk (tchécoslovaque)
-2o Bataillon Dayachovitch (bulgare)
-150a Brigade Internationale
-1o Bataillon Rakosi (hongrois)

Monuments dédiés aux brigadistes

Image:Perelachaise-BrigadesInternationales-p1000377.jpg|À Paris Image:DSCN1464.JPG|À Seattle Image:Internationa brigade memorial.03.JPG|À Londres Image:LaMano1maj2007.jpg|À Stockholm ===
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