Fétichisme sexuel

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Le fétichisme sexuel est la fixation du désir érotique sur une partie du corps (seins, fesses, jambes, pieds, etc. ), sur un objet (gants, bas, bottes, chaussures, etc.) ou sur une matière.
Fétichisme sexuel

Le fétichisme sexuel est la fixation du désir érotique sur une partie du corps (seins, fesses, jambes, pieds, etc. ), sur un objet (gants, bas, bottes, chaussures, etc.) ou sur une matière.

Historique

Le fétichisme désigne plus généralement l'adoration d'objets fétiches censés être dotés d'un pouvoir. C'est au tournant des XIX et XX siècles que le terme subit une évolution sémantique. Le substantif « fétichiste » devient l'adepte non plus d'une religion mais d'une perversion. C'est Alfred Binet qui est le premier à utiliser le terme dans un sens sexologique dans un artile de la Revue philosophique en 1887. Sa théorie s'appuye sur des remarques de Jean-Martin Charcot et de Valentin Magnan sur un cas de fétichiste du bonnet de nuit dont les premiers émois sexuels étaient liés à la vision de sa mère en bonnet de nuit à l'âge de 5 ans. Cette théorie détermine l'expérience infantile comme fixation du fétichisme. Théorie résumée par cette phrase de Binet : . Freud s'appuye sur le travail de Binet et désigne comme fétichisme la pratique sexuelle de recherche de l'orgasme par le biais d'objets ou de parties du corps, indépendamment du coït. Il y a donc fétichisme sexuel chaque fois qu'une partie du corps ou un objet vient prendre la place de l'organe sexuel du partenaire et se substitue entièrement à lui. La théorie de Freud va évoluer avec ses réflexions. D'abord centrée sur la notion de libido, le fétichisme est présenté comme une perversion.Trois essais sur la théorie sexuelle, Sigmund Freud Ensuite, Sigmund Freud propose une explication quant à l'origine du fétichisme sexuel, qui serait lié à un traumatisme durant l'enfance symbolisé par l'angoisse de la castration. Selon sa théorie, un garçon découvrant pour la première fois qu'une personne du sexe féminin (sa mère par exemple) ne possède pas de pénis, fait un transfert sur un objet inanimé qu'il verra au même moment. Le fétiche constitue ainsi un substitut du phallus manquant de la femme. Cet objet lui sera alors nécessaire dans le futur pour avoir une satisfaction sexuelle. Selon lui, le fétichiste aurait en fait recours à un clivage : une partie de la personnalité reconnait l'angoisse de castration via l'objet fétiche, l'autre non et la refoule, la particularité du clivage demeurant dans le manque de communication entre ces deux pôles. Cette théorie rencontre cependant ses limites dans les cas de fétichisme féminin où l'angoisse de castration ne s'exprime pas de la même façon, de fait Freud évoque essentiellement l'homme fétichiste et il limite la femme au fétichisme des vêtements qu'il juge . Les premières observations cliniques du fétichisme des vêtements ou passion des étoffes apparaissent en 1908 dans l'article Passion érotique des étoffes chez la femme de Gaëtan Gatian de Clérambault. Après Freud, la théorie du fétichisme subit d'autres influences. Dans les années 1930, Melanie Klein reprend le concept d'« objet partiel » de Karl Abraham et s'attarde plus à présenter le fétichisme du côté de l'objet maternel dans sa dimension d'attachement/séparation que dans sa dimension phallique. Dans les années 1950, c'est Donald Winnicott qui apporte sa contribution via sa théorie sur l'« objet transitionnel » qu'il différencie du fétichisme même si il reconnait un caractère précursseur au fétichisme dans cet démarche. Selon lui, l'« objet transitionnel » est une illusion du phallus maternel, appartenant au développement affectif « normal » de l'enfant ; à l'inverse, le fétichisme relève de l'hallucination lié à la relation maternelle (donc le « sein »). En 1954, Jacques Lacan choisit le fétichisme pour illustrer sa théorie de la trilogie « Imaginaire » - « Symbolique » - « Réel ». L'angoisse de castration est présentée comme l'enjeu de l'historique clinique

Objets du fétichisme

Les objets, matières ou attitudes faisant l'objet de fétichisme sexuel sont divers. La passion des étoffes ou fétichisme lié à certaines matières il concerne notamment le cuir (fétichisme du cuir), le latex (fétichisme du latex), le vinyle ou l'élasthanne (lycra), etc. Le fétichisme des vêtements, ce type de fétichisme érotisé s'est affirmé au cours des cinquante dernières années dans une branche de l'art, notamment en matière de photographie. On y trouve notamment des vêtements, des vêtements moulants (sous-pull à col roulé, body, top, catsuit, des sous-vêtements (fétichisme des sous-vêtements), etc. Selon Freud, il est parfois dérivé d'un fétichisme du pied quand il concerne des chaussures (bottes, cuissardes, bottines et talons aiguilles principalement), des chaussettes, etc. Et peut concerner des odeurs ou des stimuli visuels. Le fétichisme peut aussi être relatif aux parties du corps.Ainsi dans son sens populaire d'adoration des parties du corps, . Viennent ensuite les autres fétichismes comme par exemple le fétichisme des jambes, le fétichisme des pieds, le fétichisme des épaules, etc. D'autres sont trés particuliers. Ce peut-être le cas du timbre de voix, de la teinte des cheveux, d'un type de coiffure (chignon, tresses, frange, etc.) ou du port de lunettes. Certains fétichistes sont attirés par les femmes enceintes (maïeusophilie). D'autres, par des unijambistes ou des personnes atteintes d'un handicap spécifique. Il est en outre difficile d'exclure de ce champ les fétichistes amateurs de femmes mûres, parfois franchement âgées (gérontophilie), ou de femmes obèses (Fat Admirer). Sans parler de ceux qui apprécient les partenaires négligées, voire malpropres. Dans la mesure où de tels signes sont investis d'un pouvoir érotique, il s'agit bien d'un fétichisme, justification préalable de comportements souvent vus comme relevant ensuite d'une simple déviance. Il y a là, en effet, le besoin d'identifier sur le partenaire la présence d'un objet ou d'une condition objectale qui devient le centre du désir sexuel. Certaines formes de fétichisme sexuel se rapportent à des attitudes et à des comportements qui provoquent le trouble ou l'émotion nécessaires à une excitation se transformant en plaisir ou rendant le plaisir accessible. Une femme pourrait apprécier, par exemple, de se sentir sans défense face à un désir masculin qui se manifeste, plus ou moins symboliquement, de manière contraignante ou violente. Un homme, de son côté, pourrait rechercher des attitudes féminines particulièrement élégantes ou hautaines, une désinvolture ou une indécence exagérées, une liberté de ton et de propos inhabituelle. De tels éléments, parce qu'ils peuvent relever du jeu de rôle de la même manière qu'une guêpière en latex relève du travestissement, mobilisent des émotions et activent un processus directement inscrits dans le périmètre des pratiques sexuelles fétichistes. Qu'ils soient stéréotypés n'est pas un obstacle à la naissance du désir, au contraire : ils contribuent ainsi à instrumentaliser le ou la partenaire en tant qu'objet conforme à des attentes secrètes, c’est-à-dire en tant qu'objet de désir.

Art

Le fétichisme dans son sens sexologique est exploité par la littérature, bien avant sa reconnaissance sexologique. Reconnaissance qui s'appuye d'ailleurs sur des éléments littéraires pour ses études. Ainsi la littérature courtoise énumère les féminin devient un véritable genre jusqu'au et au les descriptions deviennent presque cliniques, au , la dandysme s'inspire du fétichisme vestimentaire. En photographie, design, cinéma et illustration), ce mouvement s'exprime au cours de l'entre-deux-guerre aux États-Unis et dont l'un des pères est John Willie, auteur de comics (Adventures of Sweet Gwendoline notamment) aux côtés de Stanton, Eneg et Jim. On parle aussi, plus couramment de « Fetish ». Sa forme classique a pour effet de substituer l'érotisme du corps, qui devient un élément secondaire de la mise en scène, par celui des objets, et principalement des vêtements ou des chaussures. Les matières jouent un rôle important, avec notamment le cuir (fétichisme du cuir), le latex (fétichisme du latex) et les matières vinyles ainsi que les talons aiguilles. Aux États-Unis, le mouvement a été principalement porté par Bettie Page dans les années 1950 puis par Helmut Newton à partir des années 1970-1980 et Richard Kern, au milieu des années 1980. En Europe, le mouvement plus récent s'est divisé en trois écoles : le Fetish art, de Robert Chouraqui, Ludovic Goubet, où le corps joue un rôle de mise en lumière et de mise en évidence des tenues ; le Fashion Fetish, de Christophe Mourthé, Peter Czernich ou Julien Reynaud (Anticmos) où l'imagerie fetish tente de gagner ; et le Fetish-SM art de Ludovic Goubet, Manuel Urquizar, Nath-Sakura et Eric Martin où les imageries fetish et sadomasochistes se rejoignent. Suite à la création en Grande-Bretagne (Rubber Ball et Torture Garden), aux Pays-Bas (EuroPerve et Wasteland), en Belgique (Fetish Project) et en France (Bal des Supplices, Nuit Elastique, Nuit Dèmonia, Nuit FetishInParis, Alien Nation, Revolution Fetish, les soirées de LaLawrence et Zinella, etc.) de soirées spécifiquement fétichistes, nous avons assisté à l'apparition au milieu des années 1980 de modèles spécialisées dans ce domaine, les fetish models. On peut citer notamment parmi elles les plus célèbres : Dita von Teese (qui a épousé le chanteur Marilyn Manson au cours de l'année 2005), l'anglaise Polly, Emily Marylin, Mina, GothMarilyne, Eve-Adeline, Alyz, Laïka de N., Louva, Bianca Beauchamp et LouLady. Le mouvement fetish a pris aussi, au cours des années 1990-2000 de l'essor dans le milieu de la haute couture, avec notamment la collection automne-hiver 2003 de la maison Dior qui a fait appel à House of Harlot, couturier fetish anglais, pour intégrer des éléments en latex dans le défilé.

Œuvres relatives au fétichisme

- Mes jambes, si vous saviez, quelle fumée... (adaptation d'entretiens de Pierre Molinier avec Pierre Chaveau en 1972), mise en scène de Bruno Geslin, avec Pierre Maillet (dans le rôle de Pierre Molinier), Jean-François Auguste et Elise Vigier. Théâtre de la Bastille, Paris, 2005 ; théâtre Romain Rolland, Villejuif (France), 2006.
- Le Cri de la soie, film français d'Yvon Marciano de 1996, avec Marie Trintignant, Sergio Castellitto et Anémone, inspiré de la vie et du travail du psychiatre Gaëtan Gatian de Clérambault.

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
Adventures of Sweet Gwendoline   Alfred Binet   Angoisse de castration   Années 1930   Années 1950   Années 1970   Années 1980   Années 1990   Années 2000   Anémone (actrice)   Art   Bal des Supplices   Bettie Page   Body (lingerie)   Catsuit   Chaussette   Chaussure   Chignon   Christophe Mourthé   Cinéma   Clivage   Col roulé   Collants   Comic   Cuir   Design   Dior   Dita von Teese   Donald Winnicott   Désir   Déviance   Escarpin   Europe   Facesitting   Fat Admirer   Fetish-SM art   Fétichisme   Fétichisme des ballons   Fétichisme des sous-vêtements   Fétichisme du caoutchouc   Fétichisme du cuir   Fétichisme du pied   Fétichisme gay de l'uniforme   Gaëtan Gatian de Clérambault   Grossesse   Guêpière   Gérontophilie   Hallucination   Haute couture   Helmut Newton   Illusion   Illustration   Jacques Lacan   Jean-Martin Charcot   Jeu de rôle   Karl Abraham   Kigurumi   LaLawrence   Latex (matériau)   Laïka de N.   Le Cri de la soie   Littérature   LouLady   Marie Trintignant   Marilyn Manson   Maïeusophilie   Melanie Klein   Nath-Sakura   Objet partiel   Objet transitionnel   Odeur   Orgasme   Paul-Laurent Assoun   Peter Czernich   Photographie   Pierre Molinier   Polly   Richard Kern   Robert Chouraqui   Sado-masochisme   Sergio Castellitto   Sigmund Freud   Sous-vêtement   Stimulus   Travestissement   Tresse   Valentin Magnan   Vinyle   Vêtement   Wasteland   Yvon Marciano  
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