Vincent-Marie Viénot de Vaublanc

Infos
Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc (né le 2 mars 1756 à Fort Dauphin à Saint-Domingue, aujourd'hui Fort-Liberté, à Haïti, et mort le 21 août 1845 à Paris), est un homme politique, écrivain français, catholique et de tendance royaliste. Sa carrière politique l'amène à côtoyer successivement Louis XVI, Barras, Napoléon, le comte d'Artois, futur Charles X, et enfin Louis XVIII. Proscrit et recherché par quatre fois par les différents régimes politiques, jam
Vincent-Marie Viénot de Vaublanc

Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc (né le 2 mars 1756 à Fort Dauphin à Saint-Domingue, aujourd'hui Fort-Liberté, à Haïti, et mort le 21 août 1845 à Paris), est un homme politique, écrivain français, catholique et de tendance royaliste. Sa carrière politique l'amène à côtoyer successivement Louis XVI, Barras, Napoléon, le comte d'Artois, futur Charles X, et enfin Louis XVIII. Proscrit et recherché par quatre fois par les différents régimes politiques, jamais arrêté, il parvient à chaque fois à rentrer en grâce. Dans une carrière longue et mouvementée, il est successivement député monarchiste sous la Révolution et pendant le Directoire, proscrit sous la Terreur, préfet de Napoléon, ministre de l'Intérieur de Louis XVIII et pour finir sa vie politique, député ultra-royaliste. Il est notamment connu pour l'éloquence fougueuse de ses discours et sa réorganisation controversée de l'Académie française en 1816 en tant que ministre de l'Intérieur. Il fait partie de ces personnages secondaires qui traversent et marquent cette période de l'histoire de France. Homme d'ordre au caractère affirmé, partisan modéré des de 1789, il finit sa vie politique sous la Restauration dans une position d'extrémiste contre-révolutionnaire.

Formation classique militaire sous l'Ancien Régime

Blason de la famille Vaublanc.Originaire d'une famille noble de Bourgogne, il est le fils aîné du major Vivant-François Viénot de Vaublanc, commandant du Fort Saint-Louis à Fort-Dauphin. Il naît et grandit à Saint-Domingue où son père est cantonné. Il vient en France métropolitaine pour la première fois à l'âge de sept ans. Après des études militaires à l'École de cadets de La Flèche et à l'École militaire de Paris de 1770 à 1774, il est décoré de l’ordre de Saint-Lazare avant même sa sortie d'école par le comte de Provence, le futur Louis XVIII, grand maître de l'ordre. Il est sous-lieutenant au régiment de la Sarre, appartenant au duc de La Rochefoucault et dont son oncle Charles est lieutenant-colonel, de 1776 à 1782. Il tient successivement garnison à Metz, à Rouen et à Lille puis il obtient des lettres de service pour Saint-Domingue où l'appellent quelques affaires de familleMichaud, p. 170.. Il se marie là-bas avec mademoiselle de Fontenelle dont il a une fille et revient en France en 1782. Il achète l'office de lieutenant des maréchaux de France pour Dammarie-les-Lys près de Melun. Il achète dans le même temps une maison dans la région. La profession indiquée lors de sa prise de fonction est propriétaire-cultivateur. Cette charge qui consiste à concilier les gentilshommes en cas de litige lui permet de se faire connaître d'un certain nombre d'aristocrates de sa région. Elle lui donne aussi le temps de s'intéresser à l'agriculture, aux lettres et aux arts.

Entrée en politique sous la Révolution

Premières fonctions locales avec convocation des États généraux

Blason de la Seine-et-Marne créé en 1790 Séduit dans un premier temps par les idées nouvelles de la Révolution française, il se lance dans la carrière politique : il devient membre de la noblesse du bailliage de Melun en 1789. Il se fait élire secrétaire de cette assemblée, sous la présidence de Louis-Marthe de Gouy d'Arsy, grand bailli de Melun, et dont fait aussi partie le célèbre marin et explorateur Bougainville. Cette assemblée est chargée de rédiger un cahier de doléances au Roi et de nommer un député aux États généraux. Il appuie la candidature de Fréteau de Saint Just, élu député de la noblesse pour la bailliage de Melun et qui devient ensuite membre de l'Assemblée constituanteVaublanc, 1, p. 182.. En 1790, Vaublanc est appelé aux fonctions de membre puis de président du conseil départemental, aussi appelé conseil général, de Seine-et-Marne. Sa fonction lui donne le droit de présider le directoire administratif de ce départementVaublanc, 1, p. 256.

Bras de fer perdu contre les Jacobins sous l'Assemblée législative

Lors de la dissolution de l'Assemblée constituante, des collèges électoraux sont formés pour élire de nouveaux députés. Vaublanc se fait élire président de celui de Seine et Marne. Le 1 septembre 1791, il est élu huitième député (sur une liste de onze) de la Seine-et-Marne à l'Assemblée législative par 273 voix sur 345 votantsRobert, Bourloton, Cougny.. Il est l'un des rares ayant déjà une expertise politique notamment sur la question des colonies antillaises dans une assemblée composée essentiellement de novices en politique puisque, fidèles à leur serment, aucun membre de l'Assemblée constituante ne s'est représenté.

Figure du Club des Feuillants

Dès le premier jour de séance, il se fait remarquer en prononçant un discours dénonçant les mauvaises conditionsSuivant l'usage, un fauteuil en forme de trône, couvert d'or et de fleur de lys était réservé au roi, Couthon propose de lui donner un fauteuil semblable à celui du président, Grangeneuve demande que les titres de et de , . Une motion est alors votée et décide que le fauteuil du Roi serait descendu d'un degré. En représailles Louis XVI, menace de ne pas se rendre à l'Assemblée, un compromis est alors trouvé et le siège du roi est abaissé d'un degré (page 17) Feuillant et Girondins aout 1791 - 20 avril 1792 de Dom H Leclerc, Paris, 1940, librairie Letouzet et Ane 87 boulevard Raspail. dans lesquelles Louis XVI serait reçu par l'Assemblée le lendemainVaublanc, 1, p. 285.. En raison de ces déclarations, il est élu vice-président du 3 au 15 novembre 1791, par 104 voix (contre 92 pour Brissot l'un des chefs des Girondins) par une assemblée alors majoritairement royaliste. Il en devient ensuite président du 15 au 28 novembre 1791. L'ami des citoyens, journal fraternel par JL Tallien, numéro 13, publié le 16 novembre 1791, imprimerie Demonville .. Le 29 novembre, Vaublanc est chargé de rédiger un message demandant au roi de retirer le veto qu'il a émis contre le décret du 9 novembre de l'Assemblée, qui a pour but de faire cesser l'émigration massive (encouragée notamment par les prêtres et les nobles) en menaçant les princes allemands de représailles s'ils continuent de servir de refuge à l’armée des princes (le comte d'Artois et le prince de Condé). L'Assemblée est tellement satisfaite de son travail que par une dérogation formelle à ses usages, elle lui demande, à la tête d'une députation de 24 membres, d'aller lire lui-même son message au roi en personneAdolphe Thiers, Histoire de la révolution 1823 à 1827, tome2.. Louis XVI répond qu’il prendrait en très grande considération le message de l’Assemblée et, quelques jours plus tard, lui annonce en personne ses résolutions à cet égard. À cette occasion, Vaublanc se fait un nom en indiquant à l'Assemblée Michaud, p. 171.. L'anecdote est révélatrice du basculement du rapport de force constitutionnel : le pouvoir législatif, incarné par l'Assemblée législative, a clairement pris l'ascendant sur le pouvoir exécutif incarné par Louis XVI qui n'est plus que le . Vaublanc se range du côté du parti des monarchistes constitutionnels et s'inscrit au Club des Feuillants comme 263 autres de ses collègues (sur 745 députés). Il en devient l'un des chefs à l'Assemblée avec Jacques Claude Beugnot, Mathieu Dumas ou encore François Jaucourt car leur principaux dirigeants, comme Barnave ou Lameth, n'y siègent plus. Il s'oppose vivement aux gouvernements révolutionnaires en se faisant remarquer par son loyalisme au roi, son opposition aux mesures répressives concernant les prêtres réfractaires, aux lois votées confisquant les biens des émigrés et enfin en dénonçant les massacres d'Avignonhttp://andrepierrejocelyn.ifrance.com/revolution/d/index.htm.. Les discussions se radicalisent. La foule qui assiste aux débats lui crie souvent ainsi qu'à certains de ses collègues comme Charles de Lacretelle Charles de Lacretelle, Dix années d'épreuve pendant la Révolution (1842).. Nicolas de Condorcet, son collègue de l'Assemblée législative en 1791 qui ne l'apprécie guère, dit de lui : Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXeme siecle.. Brissot le surnomme quant à lui : le Vaublanc, 1, p. 338..

Inévitable la chute de la monarchie

En 1792, il est l'un de ceux qui défendent le comte de Rochambeau devant l’Assemblée et qui obtiennent son acquittementhttp://virtualology.com/apvincentmarievienotvaublanc/. Suivant la majorité de l'Assemblée qui cherche à abolir l'esclavage dans les Antilles, il met toutefois en garde dans un discours du 20 mars les abolitionnistes purs et durs tels que Brissot qui connaissent mal la vie dans les colonies des risques de guerre civile possible, étant donné la diversité des catégories ethniques et sociales de la population de Saint-Domingue. Il soutient par ailleurs la loi du 4 avril 1792 donnant la citoyenneté à tous http://virtualology.com/apvincentmarievienotvaublanc/. Lors de la séance du 10 avril, il se prononce en faveur de l'abolition progressive de la traite des Noirs dans les colonies, à l'exemple du Danemark et de la Grande-Bretagnehttp://perso.orange.fr/roger.leveque/depute.htm. Le 3 mai 1792, il appuie la proposition de Beugnot qui provoque un décret d'accusation de Marat et de l'abbé Royou et le 8 mai, à l'Assemblée, il s'adresse aux Jacobins en ces termes : . Dictionnaire des parlementaires français depuis le 1 mai 1789 jusqu'au 1 mai 1889 publié sous la direction de MM. Adolphe Robert, Edgar Bourloton et Gaston Cougny, Paris, Bourloton Editeur, 1889-1891, 5 vol. ; in-8.. Le 18 juin, il est élu membre de la Commission extraordinaire des Douze, créée sur proposition de Marant, chargée d'examiner l'état de la France et de proposer les moyens de sauver la Constitution, la liberté et l'Empire. Il donne sa démission le 30 juillet.
Défense de La Fayette
La Fayette Suite à la journée du 20 juin 1792, La Fayette se rend à Paris le 28 juin pour convaincre le Roi de quitter Paris et de se mettre à la tête de ses armées rassemblées dans le Nord. À la tête de la garde nationale, il tente de fermer les clubs mais sa tentative échoue en partie à cause du refus de la Cour de le suivre. Réagissant à cette tentative de coup de force, la gauche de l'Assemblée décide de proposer un décret de trahison à l'encontre de La Fayette. Le 8 août 1792, inquiet et choqué par les évènements, Vaublanc prononce un discours devant l'Assemblée où il défend vigoureusement et courageusement, malgré l'opposition très vive des Jacobins dominant l'Assemblée et la rue, le général de La Fayette menacé du décret l'accusant d'avoir violé la Constitution. Il parvient (avec l'aide de Quatremère de Quincy) à rallier (selon ses dires), 200 députés indécis du centre à sa cause. La Fayette est acquitté par 406 voix sur 630 votantsMémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 2, page 202), Chez G-A. Dentu, imprimeur-libraire, rue d'Erfurth, n 1 bis, Paris, 1833. En sortant de la séance, Vaublanc, avec une trentaine de députés, est menacé, insulté et bousculé par la foule hostile qui a assisté aux débats. Certains de ces députés doivent même se réfugier au corps de garde du Palais-Royal d'où ils s'échappent par les fenêtres. Selon Hippolyte Taine : Taine, Les origines de la France contemporaine L'ancien régime, La révolution, L'anarchie, la conquête jacobine, page 691, de l'édition de 1986, Bouquin chez Robert Lafont ISBN 2-221-05186-6 (tome 1). Le 9 août, Vaublanc demande en conséquence l'éloignement des et des . La demande est rejetée par une majorité de l'AssembléeMémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 2, livre III, chapitre IX ).
Journée du 10 août 1792
La Prise des Tuileries le 10 août 1792 par Jean Duplessis-Bertaux, Musée du chateau de Versailles Lors de la journée du 10 août 1792 qui marque le renversement du régime de l'Assemblée législative par la commune insurrectionnelle de Paris et la fin de la monarchie, il assiste de son fiacre au déboulonnement de la statue de Louis XIV de l’actuelle place Vendôme. Il enjoint l'Assemblée de quitter Paris pour Rouen (alors royaliste) pour échapper à la pression révolutionnaire ; il échappe à une tentative d'assassinat, sauvé de justesse d'un coup de sabre par un jeune officier du génie, le capitaine Louis Bertrand de Sivray, futur général d'Empire Bertrand. Il est l'un des témoins oculaires de l'arrivée de la famille royale venue se réfugier depuis les Tuileries assiégés pour se mettre sous la protection de l'Assemblée législative, ce qu'il décrit plus tard dans ses Mémoires(Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie, tome 2, livre 3, page 232).. (...) ..

Proscrit sous la Convention et la Terreur (1792-1795)

200px 350px Le soir du 10 août, il doit se réfugier chez Camus, l'archiviste de l'Assemblée. Quelques jours plus tard, il se réfugie à l'hôtel de Strasbourg, rue Neuve Saint Eustache. Le 3 septembre 1792, il entend des hurlements dans la cour de son hôtel et pense alors avoir été dénoncé, il s'agit en fait du passage de la foule brandissant la tête de la princesse de Lamballe fichée sur une pique ! Les Comités du salut public et de surveillance de la Convention, nouvellement mis en place, émettent un ordre dans lequel il est mis hors la loi, inscrit sur la liste des proscrits par la municipalité de Paris. Ce décret le contraint à quitter la ville et à se réfugier dans un premier temps en Normandie, où il y retrouve sa famille, puis dans sa maison de campagne de Bélombres près de Melun. Il y vit reclus pendant plusieurs mois. Il y apprend notamment que le journal Gorsas l'accuse comme d'autres d'avoir et qu'il . La loi des suspects est votée le 17 septembre 1793. Son nom y figure. Un détachement révolutionnaire vient fouiller sa maison ce qui l'amène à seul à pied, se dirigeant au hasard des circonstances. Il erre d'auberges en auberges, il décrit notamment son angoisse de ne pas être dénoncé lorsqu'il arrive dans une ville et qu'il doit faire viser son passeport par le comité de surveillance local. Lors du procès de la reine Marie-Antoinette, les 14 et 16 octobre 1793, son nom apparaît sur une pièce de l'accusation avec celui de François Jaucourt Marie-Antoinette, de André Castelot, Librairie Académique Perrin, Paris, 1962, (page 534) http://www.royet.org/nea1789-1794/archives/journal_tribunaux/tr_proces_marie-antoinette.htm. Choisissant de se diriger vers le Sud de la France et Bordeaux, il change de direction après avoir appris la répression féroce qu'y mène Tallien, le représentant de la Convention, et donc des risques encourus. Il passe notamment par Poitiers et La Rochelle où il demeure un mois. Voulant échapper au risque de se faire enrôler dans la garde nationale, où il aurait risqué d'être reconnu, il se fait passer pour malade et se fait prescrire une cure thermale à Castéra-Verduzan dans le Gers. Pour ne pas éveiller les soupçons sur sa prétendue maladie, il se pique régulièrement les gencives pour reproduire les symptômes d'un . C'est dans cette ville qu'il apprend la chute de Robespierre le 9 thermidor (27 juillet 1794). Il doit néanmoins attendre encore quatre mois pour retourner à Paris le temps que sa famille ait obtenu la levée de son arrêt de proscription.

Activiste contre-révolutionnaire pendant le Directoire (1795-1799)

« Attaque de la Convention nationale. Journée mémorable du 13 vendémaire. An 4 de la République française. »Eau-forte de Pierre Gabriel Berthault d'après Abraham Girardet (1795). De retour à Paris au printemps 1795, il fait paraître anonymement ses Réflexions sur les bases d'une constitution par le citoyen
-
-
, sous le pseudonyme de Louis-Philippe de Ségur présenté par son ami Jean-Baptiste-Marie-François Bresson, alors député de la Convention nationale, qui ordonne de faire imprimer le texte. Dans cet ouvrage, il préconise la création de deux chambres parlementaires au lieu d'une seule comme c'était le cas sous la Convention. Le régime monocaméral de la Convention, dont il critique la Constitution (celle de 1793), étant selon lui une des causes de la Terreur. Il préconise aussi l'installation d'une seule personne à la tête de l'exécutif, dans une optique de meilleure efficacité. Il s'oppose donc sur le plan constitutionnel au régime du Directoire et ses cinq dirigeantshttp://colbud.hu/mult_ant/Thyssen-Materials/Avlami.pdf. Suite à la parution de ce livre, la commission composée de Daunou et de François-Antoine de Boissy d'Anglas et chargée d'élaborer la future Constitution de l'An III (celle du Directoire) l'invite à venir exprimer ses idées, ce que Vaublanc refuse. Ses conseils sont partiellement suivis puisque pour la première fois en France deux chambres voient le jour sous les noms de Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents pour représenter le pouvoir législatif. Opposé au décret des deux tiers, il remplit un rôle actif avec Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy lors de l'insurrection du 13 Vendemaire de l'an IV (5 octobre 1795)http://les.guillotines.free.fr/Gallica.htm. À cette occasion, il découvre le génie tactique du général Bonaparte surnommé le général Vendémiaire. Il est membre du comité central royaliste qui doit remplacer la Convention. Le 17 octobre, en tant que chef de la section royaliste du Faubourg Poissonnière, il est condamné à mort par contumace par une commission militaire présidée par le général Lostange, siégeant au Théâtre-Français. Cette nouvelle condamnation l'oblige une seconde fois à vivre caché. Il se réfugie notamment chez Sophie Cottin amie de la femme de Jean-Baptiste-Marie-François Bresson. Il met à profit cet isolement contraint pour se consacrer de nouveau à l'une de ses passions : le dessin. Quelques jours auparavant, la Convention contrainte à de nouvelles élections a convoqué les collèges électoraux. Cette élection amène alors une majorité de royalistes au Sénat et au Conseil des Cinq-Cents. Le collège de Melun élit le 15 octobre 1795 Vaublanc député de Seine-et-Marne au Conseil des Cinq-Cents. Il doit cependant attendre pour siéger l'abrogation de sa condamnation pour inconstitutionnalité par ses amis du conseil Desfourneaux et Pastoret, ce que la peur engendrée au sein de l'Assemblée par la Conjuration des Égaux à la fin août 1796 facilite. Il prononce le 2 septembre 1796 le fameux serment . Pour l'anecdote, l'un des assistants montagnards, lui aurait crié : , Vaublanc sans se déconcerter lui aurait répondu : L'élection de l'an V (mai 1797), qui renouvelle le tiers des chambres, renverse la donne en faveur des royalistes qui deviennent majoritaires dans les deux conseils. Ainsi, le 20 mai 1797 (20 prairial an V), Pichegru est élu président du Conseil des Cinq-Cents et Barbé-Marbois au Conseil des Anciens. Vaublanc quant à lui est nommé membre du bureau du Conseil des Cinq-Centshttp://www2.cddc.vt.edu/gutenberg/1/2/2/5/12258/12258-8.txt. Le même jour, le corps législatif procède au remplacement du directeur républicain Le Tourneur qui a été tiré au sort par le royaliste modéré François de Barthélemy, alors ambassadeur de la France en Suisse. Vaublanc vote contre cette nomination lui préférant le général de de Beurnonville connu pour sa poigne. La nouvelle majorité soutient la liberté de la presse qui permet d'attaquer librement le Directoire. Le club de Clichy dont Vaublanc est l'un des membres éminents contrôle dès lors les deux conseils et menace directement le Directoire. Il est nommé à la commission des inspecteurs du club des clichiens dont le rôle est de faire la police et maintenir la sécurité au sein des conseils. Il a de ce fait le pouvoir de donner des ordres aux brigadiers des conseilshttp://bibliotheq.net/adolphe-thiers/histoire-de-la-revolution-francaise-9/page-84.html. Barras, l'homme fort du régime, dans ses Mémoires, dit de lui qu'ils ont les mêmes opinions à propos de la colonie de Saint-Domingue Le Directoire acculé, contre-attaque en approchant de Paris l'armée de Sambre-et-Meuse forte de hommes commandés par Hoche. Dans le même temps, Vaublanc plaide et obtient du Conseil la dissolution des clubs, dont celui des JacobinsBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 173). Le 16 juillet 1797, sous la pression des conseils, les trois directeurs républicains Barras, Reubell et La Reveillière-Lépeaux, décident un remaniement ministériel, en défaveur des royalistes. Le 3 septembre, Vaublanc, avec son collègue l'amiral Louis Thomas Villaret de Joyeuse et d'autres clichiens, est à deux doigts de réussir un coup d'État contre le triumvirat des directeurs républicains. Le plan des clichiens qui a convaincu le directeur Lazare Nicolas Marguerite Carnot est simple. Vaublanc est chargé de prononcer un discours le 4 septembre devant le Conseil des Cinq-Cents exigeant la mise en accusation des trois directeurs républicains. Pendant ce temps, le général Pichegru, convaincu par Carnot de rentrer dans la conspiration et à la tête de la garde du Corps législatif, aurait pour rôle de venir arrêter les directeursHistoire et dictionnaire de la révolution française 1789-1799, J Tulard, J-F Fayard et A Fierro, page 222, édition Robert Laffont, Paris, 1987, ISBN 2-221-04588-2Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 2, livre IV, chapitre IV). Malheureusement pour lui, le général Bonaparte, alors chef de l'armée d'Italie, intercepte entre temps un agent royaliste, Louis-Alexandre de Launay, comte d'Antraigues, en possession de documents concernant cette conspiration et de la trahison de Pichegru. Il envoie alors le général Augereau et son armée à Paris où celui-ci fait placarder la trahison de Pichegru dans les rues: c'est le coup d'État du 18 fructidor an V (4 septembre 1797). Les principaux conspirateurs sont soit arrêtés et déportés en Guyane comme Pichegru et Barthélémy, soit en fuite tels que Carnot ou Vaublanc. Ce dernier réussit à quitter les limites de Paris, alors en état de siège, en se cachant dans un fiacre avec la complicité de Rochambeau. Il s'exile en Italie, déguisé sous divers accoutrements, en passant par la Suisse avec son ami PastoretMémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 2, livre IV, chapitre IV).

Ralliement à Napoléon Bonaparte

Le Coup d'État du 18 brumaire de l'an VIII (10 novembre 1799) et l'avènement du Consulat qui émet un décret permettant le retour des proscrits lui permettent de revenir en France où il est présenté à Bonaparte.

Député au Corps législatif

En 1800, Vaublanc est élu par le Sénat conservateur, député du Calvados, parmi les 300 membres du Corps législatif où il exerce les fonctions de questeur, pour un mandat de cinq ansBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 173). Il est, entre autres, chargé de rédiger un rapport sur le Consulat à vie. Son admiration et la reconnaissance qu'il voue à Napoléon Bonaparte pour avoir rétabli , peut se voir dans quelques-uns de ses discours de l'époque dont celui prononcé le 24 floréal de l'an X aux consuls, en tant que député du Corps législatifhttp://www.napoleonica.org/proclamation/pro038.html, discours élogieux pour le 1 consul, ou encore celui du 13 janvier 1805 (24 nivôse an 13), cette fois devant Napoléon 1, devenu entre temps empereur des Français, avec Jean-Pierre Louis de Fontanes, président du Corps législatif en exercice, lors de l'inauguration d'une statue en marbre de l'Empereur dans le hall du Corps législatif, pour honorer le père du code civilhttp://snowy.arsc.alaska.edu/gutenberg/3/5/8/3580/3580-h/3580-h.htm. Il est président du Corps législatif du 21 avril au 7 mai 1803http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/presidents/corps_legisl_rest_cent_jours.asp. Le 4 novembre 1804, le pape Pie VII, faisant étape dans son voyage vers Paris à l'occasion du couronnement de l’Empereur, passe la nuit dans sa maison de Montargis, au 28 de la rue de LoingEclaireur du Gâtinais numéro 2807, du 19 août 1999 et .

Préfet de la Moselle 1805-1814

À la fin de son mandat de député en 1805, le collège électoral de Seine-et-Marne le porte candidat au Sénat mais il n'est pas retenu. S'intéressant à la nouvelle organisation administrative et territoriale nouvellement mise en place, il sollicite et obtient une préfecture. Il est nommé le 1 février 1805 préfet de la Moselle, à Metz, jusqu'en 1814. Il s'y fait remarquer par son activisme. Selon Odette Voillard, « il entretient les meilleurs relations avec les notables du pays. Élégant gentilhomme qui parcourt à cheval son département, il a tendance à réinstaller aux postes dirigeants les principales familles de l'ancienne société. » Grands Notables du premiers empire, Editions du CNRS, 15 quai Anatole-France 75700 Paris, 1984, tome 10. Il contribue de plus à imposer l'usage du français dans l'instruction publique d'un département peuplait pour partie de populations de langue allemande. Napoléon ne manque pas pendant cette période de le remercier pour son zèle en le couvrant d'honneursMémoires du Comte Miot, (tome 2, page 221). Il est fait commandant de la Légion d'honneurhttp://www.napoleon-series.org/research/almanac/chapter5/c_chapter5a.html, chevalier le 28 novembre 1809 puis baron d'Empire par lettres patentes du 19 décembre 1809 (titre héréditaire régulier), gratifié en prime le 17 juillet 1810 d'un majorat en HanovreE. Ducoudray inDictionnaire de la Révolution française d'Albert Soboul page 1089 . Enfin, en 1813, il aurait été fait comte d'Empire. Pourtant ce dernier titre n'a pas été octroyé par lettres patentes, et n'est donc pas héréditaire. Ceci ne l'empêche pas de se faire appeler comte de Vaublanc et d'obtenir la réversion de ce titre au bénéfice de son petit-fils Adolphe de Segond. En juin 1812, il a une entrevue avec l'empereur de passage à Metz. Il lui fait part de ses objections à propos de la future campagne de Russie mais celui-ci ne l'écoute pas(Mémoires tome 3). Lors de la campagne de France en 1813 et du repli de l'armée de Mayence vaincue à Leipzig, un grand nombre de soldats blessés s'est réfugié dans Metz, propageant une épidémie de Typhus ; Vaublanc en fut atteint et manque d'en périr. En 1814, il ouvre les portes de Metz et accueille avec enthousiasme les coalisés.

Ralliement à Louis XVIII

Avec la première Restauration et malgré les Cent-Jours

Maintenu préfet de la Moselle lors de la première Restauration, il est promu officier de la Légion d'honneur le 23 août 1814. Lors du retour de Napoléon, il reste préfet dans l'espoir de conserver Metz à Louis XVIII où il essaie avec le maréchal Oudinot, gouverneur militaire de la ville de Metz, d'empêcher les ralliements bonapartistes. Un ordre d'arrestation publié par le maréchal Davout dans Le Moniteur Universel le contraint à s'enfuir en direction du Luxembourg pour rejoindre Louis XVIII à Gand où ce dernier s'est réfugié. La petite histoire lui fait dire à l'officier embarrassé de devoir l'arrêter à Metz : et Vaublanc le reconduit par une sortie annexe avant de s'enfuir à chevalMémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie. À son arrivée à Gand, il côtoie Chateaubriand qui le cite dans ses Mémoires d'outre-tombe : Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand, (troisième partie, livre sixième, chapitre 6). Il remet au Roi, par l'intermédiaire du comte d'Artois, plusieurs mémoires sur l'état du pays et lui prédit qu'il Mémoires. Sous la Seconde Restauration, pour le remercier de son ralliement lors des Cent-jours, Louis XVIII le nomme sur le champ conseiller d'État et le fait, le 27 décembre 1815, grand officier de la Légion d'honneur. Le 12 juillet 1815E. Ducoudray inDictionnaire de la Révolution française d'Albert Soboul page 1 089, Louis XVIII le nomme préfet des Bouches-du-Rhône avec pour mission de faire libérer 500 à 600 prisonniers bonapartistes enfermés à Marseille, tâche dont il s'acquitte correctement étant donné le contexte de l'époque (Marseille s'est donnée aux Anglais et connaît des émeutes sanglantes anti-bonapartistes).

Ministre de l'Intérieur ultra-royaliste (26 septembre 1815 - 7 mai 1816)

Voulant faire oublier son passé bonapartiste, il est connu pour être l'un des plus fervents animateurs du parti des Ultras : Victor Hugo dans Les Misérables le raille d'avoir été, une fois ministre de l'Intérieur, jusqu'à faire enlever les N des ponts de Paris comme celui d'Iéna.Les Misérables de Victor Hugo, tome 3, livre 3, chapitre 1 Un ancien salon.. Le 26 septembre 1815, grâce à l'appui décisif du comte d'Artois dont il est un intime, il est nommé par le Roi ministre de l'Intérieur. Le nouveau président du conseil, le duc de Richelieu qui a été contraint de le nommer aurait fait surseoir à statuer sa nomination mais Vaublanc, déjà au courant de la nouvelle, accourt occuper son ministèreBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 175). Cette nomination sur sa proposition montre l'influence qu'entend exercer le comte d'Artois dans les gouvernements successifs de son frère. Il tient une cour rivale au pavillon Marsan et cherche à restaurer la monarchie absolue en abrogeant l'essentiel des apports de la Révolution française. Rudolf von Thadden, historien allemand contemporain qui s'appuie sur le discours de Martignac du 2 avril 1829, estime que sa nomination est plus due à son passé qu'à son talentLa centralisation contestée de Rudolph von Thadden, Acte Sud, 1989, (pages 112 à 122), ISBN 2-86869-323-7. Les historiens Emmmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert vont encore plus loin en lui reconnaissant une (Histoire de la Restauration 1814-1830 Naissance de la France moderne, édition Perrin d'Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert, Paris, 1991 ISBN 2-262-00912-0). Vaublanc déploie une activité contre-révolutionnaire et ultra-royaliste passionnée à la tête de son ministère, si bien que le roi lui-même qualifie son activisme . Lors des débats portant sur la présentation par le garde des Sceaux d'une loi portant sur le rétablissement des cours prévôtales devant la Chambre introuvable, Vaublanc prend la parole et s'écrie : . Dans une grande acclamation, les députés de la Chambre et les personnes présentes dans les tribunes se lèvent en répétant : Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 3, page 282). Dès le 2 octobre 1815, il envoie une circulaire à tous les préfets leur rappelant les priorités de leur fonction dans cette période troublée par la terreur blanche : Mémoires, tome 3, page 270. Il en profite pour verrouiller le corps préfectoral au profit des royalistes en déplaçant ou limogeant 22 préfetsBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 176) de sorte qu'il n'est plus de préfet ayant eu une quelconque activité sous les Cent-Jours à la fin de son ministèreLa centralisation contestée de Rudolph Von Thadden, Actes Sud, 1989, pages 112 à 122, ISBN 2-86869-323-7. Le 18 novembre, il signe une ordonnance visant à remplacer l'état-major de la garde nationale par un comité de trois inspecteurs généraux qui constituent le conseil du colonel-général qui n'est autre que le comte d'Artois. Cette ordonnance enlève le droit de regard des autres ministres sur les nominations de ces derniers. Ceci permet aux Ultras de s'infiltrer dans cette institutionHistoire de la Restauration 1814-1830 Naissance de la France moderne, édition Perrin d'Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert, Paris, page 180 1991 ISBN 2-262-00912-0. Par une ordonnance du 13 janvier 1816, il accélère le renouvellement des maires et des adjoints de deux ans. Vaublanc explique cette mesure au préfet : La centralisation contestée de Rudolph Von Thadden, Acte Sud, 1989, pages 112 à 122, ISBN 2-86869-323-7. En contresignant l'ordonnance du 21 mars 1816, il participe à la réorganisation controversée de l'Institut de France suite à une lettre de Jean Baptiste Antoine Suardhttp://remydegourmont.org/de-rg/autres-ecrits/divers/uneepurationalacademie.htm-20k, secrétaire perpétuel de l'Académie française, dans laquelle il est écrit : , ce qui lui permet de nommer directement neuf académiciens sur onze. L'Institut de France où siège l'Académie française Ce bouleversement académique qualifié de fut diversement apprécié. Le parti libéral lui reproche notamment d'avoir remplacé le poète Arnault par le duc de Richelieu, Roederer par le duc de Lévis et Charles-Guillaume Étienne par le comte Choiseul-Gouffier, académiciens considérés comme d'une valeur littéraire peu significativehttp://www.remydegourmont.org/de_rg/autres_ecrits/divers/uneepurationalacademie.htm, http://www.fh-augsburg.de/~harsch/gallica/Chronologie/19siecle/Hugo/hug_1301.html. Il gagne dans cette affaire le surnom de « Maupeou de la littérature »Grand dictionnaire universel du XIXeme siècle de Pierre Larousse. Toujours dans cette veine de purification, il propose de créer un ministère des Beaux-Arts pour Châteaubriand, proposition refusée par le duc de Richelieu. Le 6 avril 1816, il est élu membre libre de l'Académie des Beaux-Arts d'où il a évincé le peintre David. En tant que ministre de l'Intérieur, il doit présenter une nouvelle loi électorale. Vaublanc propose sans conviction, en s'appuyant sur l'article 37 de la Charte de 1814, le renouvellement de la Chambre par cinquième tous les ans, les modalités d'élection à la Chambre reposent sur un système à deux degrés qui a de nouveau pour but de verrouiller l'accès à la Chambre en faveur des royalistesCe projet de loi établit deux degrés d'élection : les collèges cantonaux composés de fonctionnaires publics et des soixante plus imposés, nomment les candidats, parmi lesquels on choisit définitivement le collège du département, également formé des principaux fonctionnaires publics, des soixante-dix plus forts contribuables et d'un supplément d'électeurs désignés par les collèges de cantons parmi les citoyens payant trois cents francs et plus de contribution directe. Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 176). Ce projet est rejeté à 89 contre 57 par la Chambre des députés des départements le 3 avril 1816. Celle-ci, est en effet désireuse de rester au pouvoir le plus longtemps possible, elle fait alors une contre proposition consistant en un renouvellement général tous les cinq ans, proposition rejetée par le gouvernement. La France reste donc sans loi électoraleHistoire de la Restauration 1814-1830 Naissance de la France moderne, édition Perrin d'Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert, Paris, page 186, 1991 ISBN 2-262-00912-0. Le 10 avril 1816, en plein conseil des ministres, Decazes, le ministre de la police, l'interpelle par cette phrase : . Vaublanc répond cinglant : Louis XVIII, d'Evelyne Lever, page 449, édition Fayard, 1988, ISBN 2-213-7801-01. Le 13 avril 1816, il participe au limogeage des élèves de l'école polytechnique, auteurs de , en fait majoritairement bonapartisteshttp://polytechnique.fr/institution/historique_3.php, depuis la Seconde RestaurationBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 175). Les alliés qui occupent toujours la France s'inquiètent des dissensions surgissant au sein du gouvernement français. L'ambassadeur russe à Paris, le corse Pozzo di Borgo, va même jusqu'à mettre nommément en cause Vaublanc : La centralisation contestée de Rudolph von Thadden, Acte Sud, 1989, Rudolph, pages 112 à 122, ISBN 2-86869-323-7 (d'après Clérel comte de Tocqueville, De la Charte provinciale, Paris, 1829 pages 47). Les rivalités de personnes entre le ministre de l'Intérieur Vaublanc et le couple Richelieu-Decazes, les liens très étroits entre le premier et Monsieur (futur Charles X) ajoutés à l’éclat du 10 avril et enfin au mémoire remis au Roi dans lequel Vaublanc insiste sur entraînent sa chute. Le ministre Richelieu contraint le Roi à le renvoyer en mettant sa démission dans la balance. Le roi finit par céder et lorsqu'il lui réclame l'ordonnance pour la contresigner comme le raconte Louis-Mathieu Molé, l'épisode vire au vaudevilleMolé raconte que . Histoire de la Restauration 1814-1830 Naissance de la France moderne'', édition Perrin d'Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert, Paris, page 189, 1991 ISBN 2-262-00912-0). Il quitte le ministère le 8 mai 1816 (en même temps que Barbé-Marbois, ministre de la Justice, limogé en contrepartie sur demande du comte d'Artois). Remplacé par Lainé, il reçoit du Roi en compensation les titres honorifiques de ministre d'État et de membre du conseil privé.

Député de la chambre de 1820 à 1827

Il est élu le 13 novembre 1820 (puis réélu le 10 octobre 1821 et le 6 mars 1824 mais pas en 1827) par le collège départemental du Calvados lors d'un renouvellement de la Chambre par cinquième. Il y siège du côté des Ultra-royalistes. Lors de la session de 1822, il est même élu l'un des vice-présidents de la Chambre. Il est dans le même temps choisi par la Guadeloupe, où il est copropriétaire d'une sucrerie dans la paroisse de Basse-Terre, comme député auprès du gouvernement du Roi de 1820 à 1830. Il préconise alors plusieurs changements dans l'ordre judiciaire et l'administration des colonies tel que la création d'un entrepôt. Avec ces collègues de la Chambre, François Régis de La Bourdonnais, comte de la Breteche et le baron de Vitrolles, il contrôle une partie de la presse ultra-royaliste à commencer par La Quotidienne et Le Drapeau BlancHistoire de la Restauration 1814-1830 Naissance de la France moderne, édition Perrin d'Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert, Paris, page 336, 1991 ISBN 2-262-00912-0. En janvier 1823, il se prononce en faveur de l'Expédition d'Espagne et est nommé membre de la commission d'enquête demandée par le Roi et présidée par le maréchal Macdonald pour examiner les exactions commisesMémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (tome 4, livre VII, chapitre X, page 244-245), Chez G-A. Dentu, imprimeur-libraire, rue d'Erfurth, n 1 bis, Paris, 1833.Louis XVIII, d'Evelyne Lever, page 548, édition Fayard, 1988, ISBN 2-213-7801-01. Il est à nouveau nommé au Conseil d'État le 25 juillet 1830E. Ducoudray inDictionnaire de la Révolution française d'Albert Soboul page 1089 avec la promesse écrite d'être nommé à la pairie quand seraient publiées les ordonnances de juillet 1830 qu'il n'a pas souhaitées. C'est alors qu'intervient la chute de Charles X. Il se retire de la vie publique après l'accession au trône de Louis-Philippe en 1830. Il occupe alors son temps à écrire ses Mémoires. Il meurt le 21 août 1845 dans sa 90 année, quasiment aveugle, rue du Bac à ParisBiographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 180).

Annexes

Oeuvres

- 1792 Rapport sur les honneurs et récompenses militaires, le 28 janvier 1792, fait à l'Assemblée nationale, au nom du Comité d'instruction publique. Texte en ligne :
- 1795 Réflexions sur les bases d'une constitution par le citoyen
-
- (sous le pseudonyme de Louis-Philippe de Segur). Paris Imprimerie nationale, Prairial an III (70 pages)
- 1804 Rivalité de la France et de l'Angleterre: depuis la conquête de l'Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, jusqu'à la rupture du Traité d'Amiens par l'Angleterre, Paris, chez Bernard, (378 pages)
- 1818 Tables synchroniques de l'histoire de France
- 1819 Le dernier des Césars ou la chute de l'Empire romain d'Orient (poème en douze chants)
- 1822 Du commerce de la France en 1820 et 1821, Paris, chez J-C Trouvé et chez Goujon
- 1828 Des administrations provinciales et municipales. Texte en ligne :
- 1833 Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (4 volumes). Texte en ligne : , et
- 1833 Essai sur l'instruction et l'éducation d'un prince au XIXeme siècle, destiné au duc de Bordeaux.Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 179)
- 1838 Fastes mémorables de la France
- 1839 Souvenirs (en 2 volumes), Paris, chez Ponce Lebas et Cie
- 1839 Soliman II, Attila, Aristomène.(recueil de tragédies, tirés à 200 exemplaires).Biographie universelle ancienne et moderne de Michaud (supplément page 170)
- 1843 De la navigation des colonies
- Un an sur la grand'route chez Montsouris
- Le courage des françaises

Sources

- Evelyne Lever : Louis XVIII, Fayard, 1988.
- Emmanuel de Waresquiel et Benoit Yvert: Histoire de la Restauration. 1814-1830. Naissance de la France moderne., Perrin, 1991.
- Biographie universelle ancienne et moderne: histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes (Michaud) (supplément)
- . Projet:Bouillet/OCR/V/VA:
- Adolphe Robert, Edgar Bourloton, Gaston Cougny (s.d.) : Dictionnaire des parlementaires français depuis le 1 mai 1789 jusqu'au 1 mai 1889, Paris : Bourloton Editeur, 1889-1891, 5 vol.
- Mémoires de Vincent-Marie Viénot, comte de Vaublanc: Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie (4 volumes), Chez G-A. Dentu, imprimeur-libraire, rue d'Erfurth, n 1 bis, Paris, 1833. Texte en ligne sur la Base BNF Gallica. , et
- Biographie de Vincent-Marie Viénot de Vaublanc par Emile Decoudray à la page 1049 de l'ouvrage Dictionnaire historique de la Révolution française, sous la direction de Albert Soboul, M. Suratteau et François Gendron, Presses Universitaire de France, 1989 ISBN 2-13-042522-4.
- Archives parlementaires de 1787 à 1860 : recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises. Première série, 1787 à 1789. Tomes LI, XLII et XLIII.

Pour aller plus loin

Généalogie

- Famille Vaublanc

Sujets connexes
Académie française   Adolphe Thiers   Albert Soboul   André-François Miot de Mélito   André Castelot   Antilles   Antoine Barnave   Antoine Chrysostome Quatremère de Quincy   Armand-Gaston Camus   Armand Emmanuel du Plessis de Richelieu   Armée de Mayence   Armée des émigrés   Arnault   Assemblée constituante de 1789   Bailliage et sénéchaussée   Bernard Germain de Lacépède   Bicamérisme   Bonaparte   Bordeaux   Bouches-du-Rhône   Calvados   Capelle   Carlo Andrea Pozzo di Borgo   Carnot   Castéra-Verduzan   Cent-Jours   Chambre des députés des départements   Chambre introuvable   Charles-Guillaume Étienne   Charles X de France   Charles de Lacretelle   Charte de 1814   Claude-Emmanuel de Pastoret   Clichiens   Club des Feuillants   Commune de Paris (1792)   Conjuration des Égaux   Conseil des Anciens   Conseil des Cinq-Cents   Conseil général (France)   Conseiller d'État (France)   Consulat (histoire de France)   Contumace   Corps législatif (Consulat et Premier Empire)   Coup d'État du 18 brumaire   Danemark   Directoire   Duc   Duc de Richelieu   Décret des deux tiers   Député   Eau-forte   Emmanuel Marie Michel Philippe Fréteau de Saint Just   Esclavage   Eugène François Auguste d'Arnaud   Faubourg Poissonnière   Fort-Liberté   France   François-Antoine de Boissy d'Anglas   François-René de Chateaubriand   François Alexandre Frédéric de La Rochefoucauld-Liancourt   François Barbé-Marbois   François Jaucourt   François Lagrange   François Régis de La Bourdonnais   Gand   Garde nationale (1789)   Gouvernement Armand du Plessis de Richelieu (1)   Grande-Bretagne   Guadeloupe   Guyane   Hanovre   Haïti   Hippolyte Taine   Institut de France   Insurrection royaliste du 13 vendémiaire an IV   Italie   Jacques Claude Beugnot   Jean-Baptiste-Marie-François Bresson   Jean-Lambert Tallien   Jean-Pierre Louis de Fontanes   Jean Baptiste Antoine Suard   Joseph Henri Joachim Lainé   Journée du 10 août 1792   Journée du 20 juin 1792   La Fayette   La Flèche   La Rochelle   Lazare Nicolas Marguerite Carnot   Leipzig   Les Misérables   Lieutenant-colonel   Lieutenant (grade militaire)   Lille   Liste des grands officiers de la Légion d'honneur   Liste des ministres français de l'Intérieur   Liste des présidents et vice-présidents de l'Assemblée législative   Loi des suspects   Louis-Marthe de Gouy d'Arsy   Louis-Mathieu Molé   Louis-Philippe Ier   Louis Antoine de Bougainville   Louis Bertrand de Sivray   Louis Dupaty   Louis Nicolas Davout   Louis Thomas Villaret de Joyeuse   Luxembourg (pays)   Légion d'honneur   Majorat   Marie-Antoinette d'Autriche   Marie-Félix Faulcon   Marie-Gabriel-Florent-Auguste de Choiseul-Gouffier   Marie-Louise de Savoie-Carignan   Marsan   Martignac   Massacres de la Glacière   Mathieu Dumas   Maximilien de Robespierre   Metz   Ministre d'État   Ministère de l'Intérieur (France)   Montargis   Morainville   Mémoires d'outre-tombe   Mémoires sur la Révolution de France et recherches sur les causes qui ont amené la Révolution de 1789 et celles qui l'ont suivie   Napoléon Ier   New York   Nicolas Charles Oudinot   Nicolas de Condorcet   Noblesse d'Empire   Normandie   Ordonnance du 21 mars 1816   Ordre de Saint-Lazare   Pairie   Palais-Royal   Pape   Paris   Paul Barras   Pie VII   Pierre-Marc-Gaston de Lévis   Pierre Larousse   Pierre Riel de Beurnonville   Place Vendôme   Poitiers   Pont d'Iéna   Printemps   Prytanée national militaire   Préfet   Restauration française   Rouen   Rudolf von Thadden   Révolution   Révolution française   Saint-Domingue (histoire)   Sambre-et-Meuse   Seconde Restauration   Seine-et-Marne   Sophie Cottin   Sous-lieutenant   Suisse   Sénat   Tendance   Terreur (Révolution française)   Thomas-Marie Royou   Théâtre-Français   Tribunal des maréchaux de France   Tuileries   Typhus   Ultra-royaliste   Vaublanc   Veto   Victor Hugo   Vivant-François Viénot de Vaublanc  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^