Flamenco

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Une représentation de Flamenco, par le groupe La Primavera, à Eindhoven (Pays-Bas) en 2004 Le chant flamenco (cante flamenco) est un art créé par le peuple gitan et andalou, sur la base d'un folklore populaire issu des diverses cultures qui s'épanouissent au long des siècles. À l'origine, le flamenco consistait en un chant sans accompagnement (cante). Puis la guitare est apparue comme accompagnement (toque), suivie des mains (palmas) et de la danse (
Flamenco

Une représentation de Flamenco, par le groupe La Primavera, à Eindhoven (Pays-Bas) en 2004 Le chant flamenco (cante flamenco) est un art créé par le peuple gitan et andalou, sur la base d'un folklore populaire issu des diverses cultures qui s'épanouissent au long des siècles. À l'origine, le flamenco consistait en un chant sans accompagnement (cante). Puis la guitare est apparue comme accompagnement (toque), suivie des mains (palmas) et de la danse (baile). La guitare et la danse s'expriment désormais souvent seules, bien que le chant soit toujours considéré comme le cœur de la tradition. Plus récemment, des instruments comme le cajón (un instrument de percussion provenant du Pérou), les palillos (castagnettes), et la guitare basse, ont été introduits.

Histoire

Le flamenco trouve son origine dans trois cultures essentielles, qui furent violemment combattues et persécutées par l'Église catholique : musulmane, juive et andalouse. Exégètes, musicologues, chercheurs, s'accordent à penser aujourd'hui que Triana (quartier de Seville), est le berceau du flamenco. C'est en effet dans cette ville, que poètes et musiciens trouvèrent refuges vers le . D'autres sources, telle la bibliothèque de Séville, fait remonter la venue de troubadours « réfugiés » en raison de persécutions au . Il est souvent dit que le flamenco est né des Gitans. Ce qui, comme le souligne Michel Dieuzaide n'est pas tout à fait exact, et de nuancer : « Le Flamenco ne se confond pas avec les gitans, il s'en faut ; les payos (ou gadgés pour les Manouches), y jouent un rôle important, mais les gitans lui donnent son style » .Certains historiens considèrent que les gitans par nomadisme, ont fortement contribué à la dispersion et diffusion du flamenco. "Cantaores" absolument prodigieux, les gitans intègrent alors les diverses sonorités musulmanes, telles que nous pouvons encore les entendre de nos jours, avec l'immense el Hadj Abdelkrim Raïs 1, tout en en modifiant le rythme. Ils s'inspirent également des cantiques liturgiques chrétiens mozarabes, ou « rites mozarabes », dont la présence est attestée dès le début du . Ces liturgies seront remplacées (pour ne pas dire interdites) vers le début du par les papes qui se succéderont, ainsi que par les rois de Castille et d'Aragon. Elles seront de nouveau autorisées au par l'évêque Cisneros de la cathédrale de Tolède, qui voit là une bonne façon de ramener au bercail les « Infidèles ». Il est par ailleurs intéressant de noter, que le Mozarabe apparaît pleinement dans la poésie des troubadours appelée « muwachchaha », terme que l'on retrouve déformé dans la langue Rom sous la forme « muvaachaha ». Enfin, la profonde sensibilité musicale des gitans, puise également dans la douceur, l'exil et la tristesse des berceuses des mères juives. Il est très difficile de déterminer avant le , comment était représenté l'« ancêtre » du Flamenco. Des pièces de musique du XVIè (nées vers 930-960) et ayant circulées dans le sud de l'Europe, Corse, Andalousie, et dans les pays Catalans, tels les « Cant de la sibilla » - tout en étant d'ailleurs interdits par l'Église - peuvent nous donner une idée des sonorités arabo-andalouse, qui composaient les voix et le son des instruments de cette époque. À côté des instruments traditionnels utilisés, un seul d'entre eux semble ne pas avoir changé. Il s'agit du « rabab », ancienne vielle à deux cordes en boyau de mouton, dont on tire les sons avec un archet en crin de cheval. Le son mélodieux de cet instrument, peut, sans autres précisions, d'après le musicologue Garcia Matos, avoir été utilisé pour accompagner ceux que nous pouvons, nommer les « premiers » Cantaores. Il semblerait que la mandoline ait pu être utilisée, mais ce, sans autre forme de précision notable, si ce n'est quelques très vieilles photos datées des années 1900. À la fin du XVIIè début du XVIIIè, le Flamenco commence à être reconnu et revendiqué par les exclus, les déshérités.Le chant seul, comme dans la tonà servait à dissimuler des remarques et critiques d'ordre politique. Ce n'est qu'au milieu du XVIIIè et au , que ce dernier commencera à être reconnu, et à avoir un rôle social et culturel, qui s'exprimera d'abord dans les lieux de travail, entre amis, ou dans les réunions familiales. Et c'est à Triana, que s'ouvriront les premiers « tablaos », ancêtres de nos cafés-concerts. Mais le succès du Flamenco à aussi son revers. Il perdra dans les années 1920, jusqu’à environ 1950, voire 1960 - date de son renouveau - son âme. Mêlé à un pseudo folklore de « bas étage », il ne servira qu'à plaire à un public toujours plus nombreux, en recherche de trivialités. Il faudra attendre les années 1980, afin que soit entrepris un travail important pour faire découvrir aux amateurs, les plus belles et vibrantes pages du flamenco passé. On le doit notamment à Mario Bois, qui propose en 1985 à « Chant du Monde » de créer une anthologie. Le succès aujourd'hui est considérable. Les archives discographiques des plus grands (es) interprètes couvrent à ce jour plus d'une trentaine de volumes. Pour ce dernier, le travail a été très difficile : « Comment trouver cette musique dans le labyrinthe de l'édition ? On peut dire que 80 % de ce que l'entend est médiocre, 15 % est de "bonne volonté", mais le reste, rarissime, est d'une force, d'une flamboyance fascinantes ». De nos jours, pour ce qui est de l'enseignement, des écoles prestigieuses, des académies - Jerez, Séville, Grenade entre autres - offrent à cette musique exceptionnelle, la place qui est enfin la sienne. Ce qui fait dire beaucoup de justesse et d'émotion à Sophie Galland, in Le Courrier N° 66, de janvier 1993 : « Il renferme aussi et surtout les trois mémoires de l'Andalousie, mêlées de façon inextricable : la Musulmane, savante et raffinée ; la Juive, pathétique et tendre ; la Gitane enfin, rythmique et populaire ». En ce qui concerne aujourd'hui le quartier populaire de Triana, les choses sont un peu moins belles. Depuis 2000-2001, le gouvernement espagnol a lancé une « grande réhabilitation » du quartier à de tristes fins touristiques, ce qui implique la destruction des logements populaires, et donc, le disparition progressive des musiciens. Certains attribuent la création de cette musique aux gitans, un peuple provenant d’Inde – jusqu’à récemment, on croyait qu’ils étaient égyptiens- et dispersé, en raison de sa condition de peuple errant, partout en Europe. Ils sont arrivés en Espagne, au début du , à la recherche de climats plus chauds que ceux qu’ils avaient connus jusqu’à lors sur le continent. Selon les avis les plus répandus, au début il n’y avait ni danse ni guitare, seulement le chant, de sorte qu’on est arrivé à la conclusion que le premier genre de l’histoire fut la toná, et que celle-ci s’est établie dans le triangle formé par Triana, Xérès et Cadix. Un autre aspect selon lequel cet art est un véritable mystère réside dans le fait de définir quelle est la provenance exacte du terme « flamenco ». Il existe de nombreuses théories concernant la genèse de ce vocable, même si la plus répandue est peut-être celle que défend Blas Infante dans son livre « Origines du flamenco ». Selon le père de l’autonomie andalouse, le mot « flamenco » dérive des termes arabes « Felah-Mengus », qui associés signifient « paysan errant ». De nombreux adeptes connaissent également la curieuse théorie affirmant que le flamenco était le nom d’un couteau ou d’un poignard. C’est la raison pour laquelle, dans la saynète « El Soldado Fanfarrón », écrite par González del Castillo au , on peut lire: « El melitar, que sacó para mi esposo, un flamenco »(Le militaire, qui sortit pour mon époux, un flamenco). Dans une autre copla (chanson) reprise par Rodríguez Marín, il dit : « Si me s’ajuma er pescao (Si le poisson brûle) / y desenvaino er flamenco (et si je sors mon flamenco)/ con cuarenta puñalás (avec 40 coups de poignard)/ se iba a rematar el cuento (allait se terminer l’histoire) ». Cependant, cette hypothèse ne s’est jamais fait une place, de même que l’hypothèse selon laquelle le nom avait été donné au genre pour l’oiseau appelé flamenco (flamand). L’autorité de ce précepte est également due à Rodríguez Marín, qui justifia sa position en argumentant que les chanteurs interprétaient le chant avec une veste courte, qu’ils étaient grands et brisés à la taille, et c’était la raison pour laquelle ils ressemblaient à l’échassiers du même nom. De même que les précédentes, la théorie dirigée par des experts tels que Hipólito Rossy ou Carlos Almendro dans laquelle on affirme que nous devons le mot flamenco à la musique polyphonique de l’Espagne au XVI siècle qui s’est accentuée avec les Pays Bas, c’est-à-dire, avec les anciennes Flandres, n’a toujours pas été vérifiée. Cette théorie fut également défendue, bien que nuancée, par le voyageur romantique George Borrow et par Hugo Schuchard, entre autres. Selon ces écrivains, anciennement on croyait que les gitans étaient d’origine germanique, ce qui explique qu’on aurait pu les appeler flamencos. Enfin, il existe deux hypothèses moins engagées, mais assez intéressantes. Antonio Machado et Álvarez, Demófilo, dit que "les gitans appellent les Andalous gachós et que ceux-ci appellent les gitans flamencos, sans que nous sachions la cause de cette dénomination". Et Manuel García Matos affirme : « Flamenco provient de l’argot employé à la fin du XVIII siècle et au début du XIXè pour cataloguer tout ce qui signifie ostentatoire, prétentieux ou fanfaron ou, comme nous pourrions le déterminer d’une façon très andalouse, "echao p’alante" (débrouillard) ». Pour ce même auteur, ce serait un mot germanique qui signifierait « flamboyant », « ardent ». Le flamenco fut popularisé à la fin du à Jerez-de-la-Frontera en Andalousie, par Tio Luis el de la Juliana. C'est en transportant de l'eau depuis la source des Albarizones jusqu’à Jerez que le troubadour créait ses chants. Un nom qui a créé de nombreux conflits entre les flamencologues d’antan, car sa biographie n’a jamais pu faire l’objet d’un consensus. Aujourd’hui, cette discussion n’a plus la même importance car il est toujours impossible de démontrer le fait même qu’il ait existé. 1 Un très bel article de Véronique Mortaigne, in Le Monde 28 mai 1993. voir également Bernard Leblond :« Flamenco » Cité de la musique/Actes sud

Formes du flamenco

Le cante flamenco consiste en un certain nombre de formes traditionnelles (et d'autres plus modernes), ayant des structures rythmiques et harmoniques différentes. Le rythme (compas) est sans doute la caractéristique la plus importante pour distinguer les différentes formes du flamenco. Les pièces sont composées de plusieurs « phrases » ou falsetas dont la sensation intense, rythmique est définie par la forme principale du morceau. Certaines formes sont chantées sans accompagnement, alors que d'autres utilisent une guitare, voire un autre accompagnement. Certaines formes ne s'expriment que par la danse. En outre certaines danses ou chants sont traditionnellement le privilège des hommes, et d'autres sont réservés aux femmes. Cependant de nombreux aspects traditionnels perdent de leur rigidité. La farruca par exemple, traditionnellement une danse masculine, est aujourd'hui également pratiquée par les femmes.

Classification du Cante

La classification des formes du flamenco fait l'objet de débats, mais une approche classique et pratique est de les séparer en trois groupes. Les formes les plus profondes et les plus « sérieuses » sont connues sous le nom de cante jondo (ou cante grande), alors que les formes relativement plus légères et frivoles sont nommées cante chico. Les formes intermédiaires sont appelées cante intermedio (par exemple, la rumba est une forme de fandango). De nombreux artistes de flamenco, gherbas y compris ceux considérés comme les plus grands, se sont spécialisés dans une forme unique. Aujourd'hui, cette classification n'a plus la même signification. Le caractère jondo ou chico est moins fonction du style de compas (solea, buleria, tientos…) que de l'interprétation qu'en fait le chanteur. Par exemple, de nombreux chanteurs interprètent les fandangos libres, ou les bulerias, comme des cantes jondos. Par ailleurs, on peut ajouter à cette liste d'autres styles plus folkloriques, plus modernes, ou certains styles hybrides :
-Styles hybrides: :solea por buleria :jaleos :zambra :liviana :serrana
-Cantes del Levante: :taranta :tarantos :minera :cartagenera
-Styles folkloriques: :colombiana :garrotin :farruca
-cantinas: :cantina :romera :alegria Auxquels ils faut encore ajouter les sous-catégories propres à certains styles. Il existe ainsi plusieurs variantes traditionnelles de soleares, bulerias, tangos, cantinas, fandangos (qui est le style le plus riche en termes de sous-catégories : il existe quasiment un fandango par village, et par interprète spécialiste des fandangos). Ajoutons, pour être presque exhaustifs, que la tona, proche du martinete, et qui s'interprête également sans guitare constitue quasiment un style en soi, et que les saetas sont également très flamencas dans le sud de l'Espagne.

Artistes

Chant

Guitare

Danse

Voir aussi

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