Agriculture biologique

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L’agriculture biologique est un système de production agricole spécifique qui a pour objectif la recherche d'une production agricole de qualité dans le respect des écosystèmes naturels. Elle utilise le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique. Elle s'interdit l'usage de produits chimiques de synthèse. L'agriculture biologique est réglementée au niveau international et définie légalement par de nombreux pays. Ces réglementat
Agriculture biologique

L’agriculture biologique est un système de production agricole spécifique qui a pour objectif la recherche d'une production agricole de qualité dans le respect des écosystèmes naturels. Elle utilise le recyclage des matières organiques, la rotation des cultures et la lutte biologique. Elle s'interdit l'usage de produits chimiques de synthèse. L'agriculture biologique est réglementée au niveau international et définie légalement par de nombreux pays. Ces réglementations sont généralement basées sur les normes de la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (IFOAM), association internationale coordonnant les organisations actives dans le secteur bio. Dans le monde, environ 31 millions d'hectares sont consacrés à l'agriculture biologique .

Fondements

L'agriculture biologique est, au sens propre, un pléonasme (il n'existe pas d'agriculture non biologique). Le terme est apparu vers 1950, par opposition au système de production qualifié de chimique en raison de son usage d'intrants chimiques, c'est-à-dire des produits de synthèse : engrais, produits phytosanitaires (tels que herbicides, insecticides ou fongicides …). Ce système étant souvent considéré comme polluant et non durable. On parle maintenant d'agriculture conventionnelle face à l'agriculture biologique. L'agriculture biologique est en plein développement et comprend tout un éventail de techniques allant de l'agriculture biologique intensive à des pratiques agricoles basées sur une vision plus sensible de la nature comme par exemple l'agriculture biodynamique qui prend en compte le cycle des saisons, le cycle lunaire et des planètes de façon très précise afin d'augmenter le rendement des cultures et de permettre leur développement de manière naturelle et plus efficace, ces techniques pouvant toutefois être utilisé en Agriculture conventionnelle.

Situation en France

Dans les années 1970, un mouvement de société de retour à la nature favorise le développement de modes de productions biologiques. En 1981, les pouvoirs publics reconnaissent officiellement l’agriculture biologique. En 2007, la Surface Agricole Utile consacré à l'Agriculture Biologique est de 2%. Le nombre des agriculteurs bio a légèrement augmenté, passant de 10 000 producteurs en 1982 à 11 640 aujourd'hui. La consommation d'aliments issus de l'agriculture biologique a progressé de près de 10 % en moyenne par an depuis 1999, pour représenter 1, 56 milliard d'euros en 2005, tandis que la demande annuelle d'aliments conventionnels augmentait de seulement 3, 6 %, selon les derniers chiffres de l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique, un groupement d'intérêt public où sont représentés les professionnels du secteur. En 2005, le marché français des produits alimentaires biologiques s'élevait à 1, 6 milliard d'euros, le poste le plus important étant celui des fruits et légumes, qui totalise 264 millions d'euros. Mais l'ensemble des produits vendus aux rayons crémerie - produits laitiers (132 millions d'euros), lait (99 millions) et œufs (95 millions) - représentent eux-mêmes 21 % de la consommation des aliments bio, avec un total de 326 millions d'euros. La faiblesse de la recherche agronomique consacré à l'agriculture biologique ne favorise pas son développement. En effet, 20 chercheurs travaillent à plein temps sur ce domaine. Cette recherche permettrait notamment de sélectionner des variétés adaptées à ce mode de production

Législation

Au niveau européen, le premier règlement sur l'agriculture biologique est entré en vigueur en 1992 (Règlement n° 2092/91), suivi en août 1999, de règles relatives à la production, l'étiquetage et l'inspection en matière d'élevage (Règlement n° 1804/1999). Les règles de base sont l'interdiction d'utiliser des engrais chimiques et pesticides ou herbicides de synthèse. L'utilisation d'organismes génétiquement modifiés (OGM) est également interdite. Les produits de l'agriculture biologique bénéficient de marques et de logos protégés au niveau européen. Un plan d'action pour harmoniser le cahier des charges en matière de production biologique par la Commission européenne est paru le 12 juin 2007. Les acteurs concernés (agriculteurs, vendeurs, Fédération nationale des Agriculteurs Biologiques (FNAB) sont majoritairement contre pour les raisons suivantes :
- Pas de véritable consultation des opérateurs de l'agriculture biologique et des consommateurs, vote en catimini et en urgence qui empêchera toute expression citoyenne.
- Elle s’approprie les règles de l’agriculture biologique au détriment des États membres et du Parlement européen mais surtout des producteurs et des consommateurs.
- Texte flou et inachevé : pas de règles de production détaillée.
- Les principes et les objectifs définis comme étant ceux de l’agriculture biologiques sont contestés (ex. : utilisation de produits chimiques et contamination OGM acceptés, produits transformé étiquetés bio mais dans lesquels les produits bio sont minoritaires). Le terme agriculture biologique est maintenant légalement protégé en France depuis la loi d'orientation agricole du 4 juillet 1980 et le décret du 10 mars 1981, lesquels l'ont définie, et ont fixé les conditions d'homologation des cahiers des charges et précisé les substances pouvant être utilisées dans la production, la conservation et la transformation des produits agricoles dits biologiques.

Place dans la politique agricole européenne du début du

Selon l'Agenda 2000, les agriculteurs sont tenus de respecter certaines normes environnementales de base, sans recevoir de compensation financière. Ils sont également soumis au respect du principe de pollueur-payeur. Cependant, les mesures agri-environnementales proposent de rémunérer les agriculteurs souscrivant à des engagements allant au-delà des bonnes pratiques agricoles. En particulier, la pratique de l'agriculture biologique permet de percevoir des primes. De plus, l'agriculteur biologique peut recevoir des aides aux investissements. Ces actions devraient tendre à favoriser l'adoption de pratiques d'agriculture biologique. Les aides européennes à la conversion divergent d'un pays à un autre. En Autriche, l'aide à la conversion est de 450 euros par hectare. En france l'aide est accordée sur une période de 5 ans :
-100 euros par hectare et par an pour une surface en prairie permanente
-200 euros par hectare et par an pour une surface en prairie temporaire, céréales et oléo-protagineux
-350 euros par hectare et par an pour une surface en culture légumière
-600 euros par hectare et par an en maraichage Ensuite, en France, les agriculteurs bio peuvent bénéficier d'une aide au maitien. Ils existent de plus de nombreux programmes locaux d'aides à l'agriculture biologique et un crédit d'impots réservés aux agriculteurs biologiques. Depuis l'adoption du réglement européen de 1992, de nombreuses exploitations se sont converties à ce nouveau type de production agricole. Un nouveau règlement européen sur le bio entrera en vigueur en 2009.

L'agriculture biologique dans le monde

La Conférence internationale ONU/FAO de mai 2007 sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire a conclu qu'à échelle mondiale, l’agriculture biologique, si elle est soutenue par une volonté politique, peut :
- contribuer à la sécurité alimentaire, dont des pays riches également menacés par la crise des énergies fossiles, les changements climatiques et certaines faiblesses de la chaîne alimentaire.
- atténuer les impacts de nouveaux problèmes (dont changements climatiques, grâce à une fixation améliorée du carbone du sol et une meilleure résilience).
- renforcer la sécurité hydrique (qualité de l’eau, moindres besoins en irrigation, restauration humique du sol, meilleurs rendements en cas de stress hydrique dû aux aléas climatique.
- protéger l’agrobiodiversité, et en garantir un usage durable.
- renforcer la suffisance nutritionnelle (diversification accrue des aliments biologiques plus riches en micronutriments).
- stimuler le développement rural (dans des zones où le seul choix est la main d’oeuvre, grâce aux ressources et savoirs locaux. Le Président de la Conférence a appelé la constitution d'un réseau international de recherche et de vulgarisation en faveur de l'agriculture biologique et des sciences agroécologiques, en estimant que plus d'argent et moyens publiques devrait y être consacrés. Il estime aussi que les mêmes règles devraient être appliquées à tous.

Production mondiale

Elle dépassait en 2007 les 31 millions d'hectares, avec de fortes variations régionales. Source : SOEL-Survey 2007 (en millions d'hectares)

Dans l'Union européenne

3, 9% de la superficie agricole utilisée de l'UE25 en 2005 (6, 5 millions d'hectares) était consacrée à l'agriculture biologique, mais avec de fortes variations de surface selon les pays. Surface (en Bio) par pays : la plus grande était en 2005 en Italie (1, 1 million d'hectares, soit 17% du total de l'UE25), devant l'Allemagne et l'Espagne (0, 8 million d'hectares chacun, soit 13%)Eurostat "Statistiques en bref, Agriculture et pêche 69/2007"/ «L'agriculture biologique prend différentes formes dans l'UE25» (en PDF, sur ) Office statistique des Communautés européennes (juin 2007). Pourcentage de la surface agricole utilisée : l'Autriche était en 2005 en tête avec 11, 0%, suivie de l'Italie (8, 4%), la République tchèque et la Grèce (7, 2% chacun). Les taux les plus faibles étaient mesurés à Malte (0, 1%), Pologne (0, 6%) et Irlande (0, 8%). Pourcentage des exploitations en bio, dans l'UE25 : 1, 6% en 2005) Surface moyenne des exploitations bio dans l'UE25, en 2005 : Elle est supérieure à celle d'une exploitation moyenne conventionelle. 39 hectares (ha) par exploitation certifiée biologique, contre 16 ha par exploitation moyenne. Les fermes bio couvrant les plus grandes surface étaient en Slovaquie (463 ha par exploitation), en République tchèque (305 ha), au Portugal (148 ha) et au Royaume-Uni (142 ha). Evolution : pour l'UE15, la part des cultures cultivées en bio est passée de 1, 8% en 1998 à 4, 1% en 2005. La part de la surface en cours de conversion dans le total des surfaces cultivées en bio, varie fortement, de moins de 10% au Danemark (1%), aux Pays-Bas (4%), en Finlande (8%) et en Suède (9%) à plus de 80% à Malte (100%), Chypre (87%) ou en Lettonie (83%), pays ou le développement de la certification bio est plus récent. Logo européen de l'Agriculture biologique

En Allemagne

De nombreux labels existent avec des cahiers des charges très différents.

En Belgique, en 2005 (chiffres publiés par Eurostat en juin 2007, pour l'UE25)

La part belge de la superficie européenne cultivée en bio était de 1, 7%, cultivés sur 22 994 ha, soit 0, 4% de la superficie totale consacrée à l'agriculture biologique la taille moyenne des exploitations biologiques était de 31, 9 ha/exploitation, à comparer à une taille moyenne de 26, 9 ha/exploitation (bio et non-bio). La Part de la superficie en cours de conversion dans la superficie totale consacrée à l'agriculture biologique était de 14, 0%.

En France

Les Chiffres : L'agriculture biologique française représente 8, 81% de l'agriculuure biologique européenneEurostat (Office statistique des Communautés européennes, juin 2007)). Fin 2006, 11 640 exploitations étaient engagées en agriculture biologique, soit 552 824 hectares représentant 2 % de la SAU nationale. Sur ces 552 824, 53 235 hectares sont en conversion. Le label : Les pionniers de l'agriculture biologique en France ont mis plusieurs années à obtenir une reconnaissance officielle du label AB par les pouvoirs publics. Le label agriculture biologique (Logo AB) est aujourd'hui reconnu par le Ministère de l'Agriculture, un cahier des charges précis définit les règles permettant d'être certifié.logo de l'Agriculture biologique Plusieurs organismes certificateurs ont l'autorisation de délivrer la certification : Aclave, Agrocert, ECOCERT, Qualité France SA, Ulase, SGS ICS L'Image de l'agriculture biologique en France : Selon une enquête de l'institut CSA, réalisée fin 2005, pour l'Agence française pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique :
- 90% des français estiment que les produits AB contribuent à préserver l'environnement ;
- « Près d'un Français sur deux (47 %) consomme des produits biologiques au moins une fois par mois » et « plus d'un sur deux (56 %) se sent proche des valeurs bio ».
- ils achètent leurs produits AB, pour 72% en grandes et moyennes surfaces, 43% sur les marchés, 29% en magasins spécialisés, 22% auprès d'artisans-commerçants et 22% directement à la ferme ;
- la majorité des consommateurs de produits AB habitent dans les régions Île-de-France et celles du pourtour méditerranéen. La filière lait AB : Elle est passé, au niveau de la collecte, de 45 millions de litres de lait en 1998 à 145 millions de litres en 2001. Parallèlement, le nombre d'exploitations laitières à triplé pendant cette période (de 350 en 1998 à 1040 en 2001). Les Réseaux de distribution :
-Biocoop
-AMAP : Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne. (Pas exclusivement bio)

Au Québec

Quelques agriculteurs au Québec se sont tournés vers ce type de production. Deux organismes de certification agissent officiellement au Québec, l'organisme Québec Vrai et Garantie bio/Écocert

En Suisse

Le bio a connu un bel essor, en grande partie grâce aux grandes surfaces. Le label le plus connu est le "". Leurs productions sont contrôlées uniquement par Bio.inspecta (un organisme indépendant) depuis le 1 janvier 2007. Ce label est réputé pour être un des plus strict d'Europe. Les Suisses ont dépensé en moyenne 160.-CH en 2005www.agirinfo.com/brochures/files/mise_bio.pdf, ce qui fait d'eux les plus gros consommateurs mondiaux de produits biologiques. En 2006, environ 11% des exploitations agricoles sont certifiées "bio".http://www.presseportal.ch/fr/pm/100005319/100473126/bio_suisse Le marché biologique a commencé à stagner pour la première fois en 2005. On explique ce recul par un cahier des charges trop strict ou encore par les baisses de prix dans les grandes surfaces. Malgré cela, les responsables du Bourgeon sont restés optimistes lors des 25 ans de Bio Suisse le 18 août 2006 et pensent que la qualité est supérieure et en rapport avec leur prix. La Politique Agricole 2011 devra permettre à une exploitation de bénéficier d'un label bio, même si les parcelles ne sont pas toutes cultivées en bio. Bio Suisse qui détient le label Bourgeon conteste cet assouplissement.http://www.swissinfo.org/fre/a_la_une/detail/Politique_agricole_un_peu_de_bio_suffit_au_Parlement.html?siteSect=105&sid=7617738&cKey=1173817962000

Agriculture biologique et agriculture conventionnelle

L'opposition entre ces deux types d'agriculture n'est pas aussi radicale que cela peut apparaître à première vue. D'une part, le cahier des charges de l'agriculture biologique préconise un certain nombre de mesures de gestion qui peuvent s'appliquer en agriculture classique, par exemple la rotation des cultures, ou le délai minimum d'abattage des animaux, qui s'impose aussi pour certains labels de qualité. D'autre part, l'interdiction de produits chimiques (les cahiers des charges les définissent précisément) n'est pas totale en agriculture bio, elle est plus restrictive, les pyrèthres naturels et la roténone, deux insecticides naturels tirés de végétaux sont autorisés, ils ont une biodégradabilité rapide et, s'agissant des pyrèthres, sont moins nocif qu'un grand nombre d'insecticides issus de la chimie de synthèse. L'usage de la roténone est actuellement contesté, d'abord du fait de son très large spectre, et enfin suite à la découverte du fait que son exposition chronique provoque la maladie de Parkinson chez les rats , et que la banalisation de son emploi coïncide avec l'augmentation de cas de maladie de Parkinson. Les agriculteurs bio préfèrent maintenir les équilibres de la faune auxiliaire en favorisant la faune utile et les prédateurs naturels plutôt qu'éliminer indistinctement toute activité animale, même si l'usage autorisé de roténone n'est pas très sélectif. Un exemple qui n'est plus controversé est celui de la bouillie bordelaise (à base de sulfate de cuivre) utilisée entre autre en viticulture et arboriculture fruitière (pas seulement en agriculture biologique) est autorisée alors que la toxicité du cuivre pour les milieux aquatiques et les sols va conduire à une réduction drastique de son usage, y compris en agriculture classique, déjà les effet nocifs du cuivre avaient entraîné une diminution des doses de cuivre autorisées et le recours de plus en plus fréquent à d'autres méthodes. Cette évolution constitue une contrainte forte pour la production biologique de vin qui s'appuie quasi exclusivement sur le cuivre pour contrôler Plasmopara viticola, agent du mildiou de la vigne. L'agriculture bio élimine un certain nombre de risques sanitaires induits par l'usage, ou l'abus de certains intrants chimiques, mais elle introduit des facteurs de risque liés à certaines pratiques :
- l'interdiction de certains fongicides voire certains insecticides chimiques augmente le risque de présence de mycotoxines dans les aliments ;
- l'emploi de fertilisants organiques peut amener des germes pathogènes pour l'homme ; c'est vrai aussi en agriculture classique ;
- l'emploi de médicaments homéopathiques doit être subordonné à une vérification de leur efficacité réelle, c'est pourquoi l'usage ne fait pas consensus parmi les agriculteurs bio.
- l'interdiction d'emploi de désherbants entraîne l'augmentation des travaux culturaux d'où une augmentation de la dépense énergétique par unité produite (en contradiction parfois avec la notion de développement durable). L'agriculture biologique a aussi permis de maintenir ou de développer de nombreuses techniques et technologies innovantes dont la plupart se diffusent lentement dans l'agriculture productiviste et possèdent des avantages non négligeables :
- elle supprime la plupart des nuisances liées aux pesticides que ce soit pour les nappes phréatiques ou les eaux de surface, la faune et l'homme ;
- elle diminue les infrastructures d'extraction de matières premières, infrastructures extrêmement polluantes en général ;
- elle utilise beaucoup moins de matériaux issus de la pétrochimie et donc tendrait de ce point de vue à retarder le pic pétrolier ;
- selon une étude contestée de l’écologiste David Pimentel de la Cornell University de New York, elle consomme 30% d’énergie en moins, moins d'eau et pas de pesticides chimiques pour des rendements équivalents. Parmi les impacts écologiques et sociaux, avantageux ou non, selon le point de vue :
- en relocalisant les productions et en recourant moins aux intrants, elle revitalise le tissu socio-économique local, crée des emplois
- elle évite des flux de marchandises facteur d'effet de serre
- elle augmente le nombre d'actifs par unité de surface et permet de diminuer l'exode rural en améliorant la viabilité à long terme des exploitations et l'image des paysans ;
- elle est très favorable à la biodiversité ;
- son rôle en matière d'érosion est ambivalent, d'une part avec l'utilisation de cultures fixatrices d'azote qui occupent le sol, comme la luzerne, elle freine cette dernière, en revanche l'utilisation quasi obligatoire du labour pour lutter contre de nombreux bio-agresseurs dont les adventices, l'augmente. Néanmoins, elle se diffuse très lentement dans le milieu agricole professionnel et reste marginale, malgré les aides importantes à la reconversion. Elle trouve la plupart de ses adeptes et défenseurs parmi les néo-ruraux et les mouvements écologistes des villes. Nombreuses sont les collectivités territoriales à favoriser activement l'agriculture biologique, nottament en imposant l'utilisation de produits issus de l'agriculture biologique dans les cantines.

Le tout-biologique

L'agriculture biologique étant globalement 30 à 50 % moins productive que l'agriculture conventionnelle, pourrait-elle remplacer celle-ci et nourrir la population mondiale ? En partant sur la quantité de nourriture nécessaire à un repas moyen français et en se basant sur les chiffres du Ministère de l'agriculture et de l'INSEE, la surface agricole française pourrait nourrir 48 millions de personnes en biologique. Mais ce chiffre n'est pas extrapolable au monde entier, notamment du fait de l'intensivité de l'agriculture française. Il semble par ailleurs que, loin de protéger l'environnement, le fait d'exiger davantage d'hectares, est un facteur d'accroissement de l'empreinte écologique. À noter, de plus, que le développement des biocarburants, souvent prôné également par les mouvements écologistes, entre en conflit avec l'agriculture alimentaire, et avec le maintien de la forêt, pour le partage des surfaces cultivables. Le tout-bio serait peut-être envisageable en supprimant le gaspillage et par un changement de régime alimentaire, moins riche en viandes (l'alimentation du bétail requiert une surface agricole très importante, laquelle pourrait être utilisée en partie pour l'alimentation humaine si la demande en viande diminuait, mais en partie seulement car la surface consacrée à l'alimentation animale, notamment la surface en herbe, n'est pas utilisable pour la production d'alimentation humaine). Un tel bouleversement agricole serait, du point de vue de ses supporters, avantageux économiquement (dépense énergétique nettement moindre, secteur plus rentable, moins de dépenses liées aux traitements des pollutions, moins de dépenses pour la santé), créatrice d'emplois, saine et écologique. Cela supposerait des méthodes dérivées du maraîchage (micro-agriculture biointensive par exemple).

Notes et références

Voir aussi

Livres

- La bio, de la terre à l'assiette, de Pascale SOLANA, Sang de la Terre, 1999
- Bio, raisonnée, OGM, Quelle agriculture dans notre assiette ?, de Claude Aubert et Blaise Leclerc, Terre Vivante, 2003
- Agriculture et santé, l'impact des pratiques agricoles sur la qualité de vos aliments, de Guillaume Mauricourt, éditions Dangles, 2005
- Le naufrage paysan. Ou comment voir l'avenir en vert, de Jacques Maet avec préface de Dominique Voynet et Guy Hascoët et avant-propos de Philippe Desbrosses, éditions Dilecta, 2006

Revues

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- Le Canard Enchaîné - 25/07/2007 ; 01/08/2007 : 08/08/2007, enquête sur l'agriculture biologique en France. ===
Sujets connexes
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