Amalthée (lune)

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Amalthée est un satellite naturel de Jupiter.
Amalthée (lune)

Amalthée est un satellite naturel de Jupiter.

Dénomination

Amalthée porte le nom d'Amalthée, personnage de la mythologie grecque ; Amalthée était une chèvre (ou une nymphe) qui allaita Zeus (équivalent grec de Jupiter) alors enfant. Cette dénomination fut suggérée par Camille Flammarion. Ce nom ne fut adopté formellement par l'Union astronomique internationale que le 7 octobre 1975, même s'il fut utilisé de façon informelle pendant des décennies. Avant 1975, Amalthée était communément désigné par Jupiter V.

Caractéristiques physiques

Dimensions

Galileo'' mettant en évidence sa forme irrégulière. Amalthée est un corps de forme irrégulière, dont la meilleure approximation ellipsoïdale est . Comme toute les lunes internes de Jupiter, elle est en rotation synchrone, son plus long axe pointé vers Jupiter. En dehors des quatre lunes galiléennes, Amalthée est le plus grand satellite de Jupiter.

Surface

La surface d'Amalthée est très rouge (c'est à dire que sa réflectivité augmente avec la longueur d'onde depuis le vert vers l'infrarouge). Cette couleur pourrait être causée par du soufre originaire d'Io ou d'un autre matériau non-glacé. Des zones vertes brillantes sont visibles sur les principales pentes d'Amalthée, mais leur nature n'est pas connue. La surface d'Amalthée est légèrement plus brillantes que celle des autres membres du groupe d'Amalthée. Elle présente également un asymétrie substantielle entre l'hémisphère situé dans le sens de sa révolution et celui situé dans le sens opposé : le premier est fois plus brillant que le second. Cette asymétrie est probablement causée par une vitesse et une fréquence d'impact plus élevées dans le sens de la révolution, qui excavent du matériau brillant (vraisemblablement de la glace) de l'intérieur du satellite. Sa surface est fortement cratérisée, certains des cratères étant très grand pour la taille du satellite : Pan, le plus grand cratère, mesure de diamètre et est profond d'au moins . Un autre cratère, Gaea, mesure et est probablement deux fois plus profond que Pan. Amalthée possède deux montagnes proéminentes, Mons Lyctas et Mons Ida, dont le relief local atteint

Composition interne

Par le passé, la forme irrégulière d'Amalthée et sa grande taille avait amené à la conclusion qu'il s'agissait d'un corps très rigide, dans la mesure où l'on estimait qu'un objet composé de glaces ou d'autres matériaux peu solides prendrait une forme plus sphérique sous l'effet de sa propre gravité. Le 5 novembre 2002, la sonde Galileo réalisa un survol d'Amalthée à d'altitude et la déviation de sa trajectoire fut utilisée pour calculer la masse du satellite (son volume avait été calculé auparavant, à 10% près, à partir des images prises par la sonde). Au bout du compte, la masse volumique d'Amalthée fut estimée à , indiquant qu'Amalthée est constitué de glaces, un amoncellement de débris très poreux ou une combinaison des deux. Des observations réalisée par le télescope Subaru suggère que le satellite est effectivement glacé. Une telle composition indique qu'Amalthée n'a pas pu se former à sa position actuelle, car le Jupiter primordial et chaud l'aurait fait fondre. Il est probable qu'il se soit formé plus loin, ou qu'il s'agit d'un corps captuté.

Rayonnement

Amalthée rayonne légèrement plus de chaleur qu'il n'en reçoit du Soleil, ce qui est probblement dû à l'influence du flux de chaleur jovien, à la réflexion de la lumière du Soleil sur Jupiter et à un bombardement de particules chargées. Ce trait est partagé par Io, mais pour des raisons très différentes.

Orbite

Amalthée orbite Jupiter à la distance de ( rayons joviens). Son orbite est faiblement excentrique et inclinée (° par rapport à l'équateur de Jupiter). Ces valeurs, quoique faibles, ne sont pas nulles, ce qui est inhabituel pour un satellite interne et peut être expliqué par l'influence de la lune galiléenne la plus proche, Io : par le passé, Amalthée serait entré plusieurs fois en résonance orbitale avec Io, ce qui aurait excité son inclinaison et son excentricité.

Anneaux de Jupiter

L'orbite d'Amalthée est très proche du bord externe de l'anneau Gossamer, qui est composé de poussière éjectée du satellite. Du fait de sa faible densité et de sa forme irrégulière, la vitesse de libération aux points les plus proches et éloignés de Jupiter ne dépasse pas et de la poussière peut facilement s'en échapper, par exemple à la suite d'impacts micrométéoriques. Pendant son survol d'Amalthée, le scanner d'étoile de Galileo détecta neuf flashes qui sembleraient être de petites lunes proches de l'orbite d'Amalthée. Comme elles ne furent observées qu'en un seul endroit, leur distance ne pu pas être mesurée ; leur taille pourrait être comprise entre celle du gravier et du stade. Leur origine est inconnue, mais elles pourraient avoir été capturées sur leur orbite actuele ou être des ejecta d'un impact sur Amalthée. Pendant sa toute dernière orbite, Galileo détecta d'autres petites lunes. Cependant, Amalthée se trouvait alors de l'autre côté de la planète ; il est probable que ces particules forment un anneau autour de Jupiter à proximité de l'orbite du satellite.

Toponymie

Comme pour les autres objets du système solaire, la toponymie de la surface de Ganymède obéit à une nomenclature stricte de la part de l'Union astronomique internationale ; les noms qui lui sont attribués doivent être ceux de personnages ou de lieux associés au mythe d'Amalthée. En 2007, seuls deux types de terrains d'Amalthée portaient des noms : deux cratères (Gaea et Pan) et deux faculae (Mons Ida et Mons Lyctos).

Historique

Découverte

Amalthée fut découverte le 9 septembre 1892 par l'astronome américain Edward Emerson Barnard à l'aide du télescope de de l'observatoire Lick. Ce fut le dernier satellite naturel à être découvert par observation visuelle directe (les suivants, à partir de Phœbé en 1889, seront découverts par analyse de plaques photographiques). C'était également le premier satellite de Jupiter à être découvert depuis les lunes galiléennes en 1610.

Exploration

En 1979 et 1980, les sondes Voyager prirent les premières photographies d'Amalthée permettant de résoudre sa surface. Elle mesurèrent également son spectre visible et infrarouge, ainsi que sa température de surface. La sonde Galileo compléta les photographies de la surface d'Amalthée et réalisa un survol proche permettant de mieux définir sa masse et sa structure interne.

Voir aussi

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Sujets connexes
Amalthée (mythologie)   Anneau planétaire   Camille Flammarion   Cratère d'impact   Edward Emerson Barnard   Ellipsoïde   Excentricité orbitale   Galileo (sonde spatiale)   Hémisphère   Inclinaison   Io (lune)   Jupiter (mythologie)   Jupiter (planète)   Lune galiléenne   Mythologie grecque   Nymphe   Observatoire Lick   Phœbé (lune)   Programme Voyager   Rotation synchrone   Résonance orbitale   Satellite naturel   Satellites naturels de Jupiter   Soufre   Subaru (télescope)   Toponymie   Télescope   Union astronomique internationale   Vitesse de libération   Zeus  
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