Cène

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Simon Ushakov, école de Moscou, La Cène (terme issu du latin cena : repas du soir) est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa crucifixion (appelée encore Passion par les chrétiens), et trois jours avant sa résurrection. Après y avoir mangé la Pâque avec eux, il institua l'Eucharistie en disant : « Ceci est m
Cène

Simon Ushakov, école de Moscou, La Cène (terme issu du latin cena : repas du soir) est le nom donné par les chrétiens au dernier repas que Jésus-Christ prit avec les douze apôtres le soir du Jeudi saint, avant la Pâque juive, peu de temps avant son arrestation, la veille de sa crucifixion (appelée encore Passion par les chrétiens), et trois jours avant sa résurrection. Après y avoir mangé la Pâque avec eux, il institua l'Eucharistie en disant : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».

Le repas pris par Jésus avec ses disciples

Avertissement : Cette description tente de reprendre la succession selon les évangiles (Traduction œcuménique de la Bible). Elle n'est pas validée sur le plan théologique. La chronologie des évangiles a été étudiée pour les évangiles synoptiques seulement (Problème synoptique), sans intégrer l'évangile selon saint Jean, qui est le seul à contenir le discours de la Cène. Selon Jean : Avant le repas proprement dit, Jésus lave les pieds de ses disciples. Selon Jean (13, 21-30) (la TOB indique ce passage dans Mt 26, 20-25, Mc 14, 17-21, Lc 22, 21-23) : Jésus annonce ensuite que l'un des disciples va le trahir : Judas. Celui-ci quitte la pièce. Selon Matthieu (26, 26-28) : « Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : "Prenez, mangez, ceci est mon corps". Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : "Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de l'Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés." » Selon Jean (13, 34) : Jésus donne un commandement nouveau : « Aimez-vous les uns les autres. Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres ». Selon Matthieu (26, 34) et Jean (13, 38) : Jésus dit à Pierre qu'il le reniera par trois fois avant que le coq ne chante. (Matthieu situe ces paroles après qu'ils sont sortis de la pièce) Selon Jean, dans ce que l'on appelle le Discours de la Cène (Jn, chapitres 14 à 17) : Jésus transmet une sorte de testament sur les commandements à garder par les disciples qu'il considère, non plus comme ses serviteurs, mais comme ses amis. C'est cette partie de la Cène qui est la seule relatée par Jean dans son évangile. Jean indique que Jésus répète le commandement : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jn, 15, 12).

Institution de l'Eucharistie

La Cène est avant tout l'événement fondateur du christianisme, car c'est l'institution de l'Eucharistie. « Ce que les Actes des Apôtres appellent la fraction du pain représente, dès le début de l’Église, l’élément central de sa vie liturgique. Emprunté à l’usage domestique juif, le rite, essentiellement communautaire, symbolise et cimente l’union fraternelle des participants. Jésus semble l’avoir pratiqué avec prédilection au milieu de ses disciples. Lors du dernier repas pris avec eux, il l’avait, de façon mystérieuse, mis en rapport avec sa mort imminente, faisant du pain rompu le symbole de son corps qui allait être livré et meurtri — c’est aussi, entre autres occasions, lors de repas en commun que le Ressuscité se manifeste à ses fidèles. Par la suite, chaque fois qu’ils répètent le geste familier, les chrétiens ressentent de façon particulièrement intense la présence invisible de leur Maître. Ainsi s’explique l’atmosphère de fervente allégresse qui entoure ce rite, rite d’action de grâces, Eucharistie. Car en même temps qu’un mémorial de la dernière Cène, c’est un rappel de tous les repas pris avec Jésus, mais aussi, et peut-être surtout, une anticipation du repas messianique auquel les disciples participeront avec lui dans la joie du Royaume, et qu’ils appellent de leurs vœux fervents. Dans la perspective paulinienne, l’eucharistie offre par rapport à ce que nous pouvons saisir de la Cène primitive plusieurs traits originaux. Elle doit avant tout commémorer le dernier repas pris par Jésus avec ses disciples. Jésus l’a explicitement instituée à cette occasion, en donnant aux siens l’ordre de répéter le rite « en mémoire de moi ». Comme le geste alors accompli par le Maître l’est en rapport avec sa mort imminente, comme une sorte d’anticipation de son sacrifice rédempteur, c’est sa mort qui est ainsi figurée, de même qu’elle était annoncée par le sacrifice de l’agneau pascal, où la tradition chrétienne a vu l’image tout à la fois de la Cène et du Calvaire : « Le Christ, notre Pâque, a été immolé (…) Chaque fois que vous mangerez ce pain et que vous boirez la coupe, vous annoncerez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne. » Mais il y a ici plus que mémorial et symbole, l’eucharistie est aussi non seulement le signe, mais l’instrument d’une communion mystique des fidèles entre eux et avec le Christ. Tout comme le baptême, mais de façon plus frappante encore, puisqu’il s’agit d’un rite collectif auquel participe toute l’assemblée, elle intègre les croyants à l’Église, corps du Christ : « Parce qu’il n’y a qu’un seul pain, à nous tous nous ne formons qu’un seul corps, car tous nous avons part à ce pain unique. » Et encore : « La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons n’est-il pas communion au corps du Christ ? » Ainsi, en consommant les espèces eucharistiques, le fidèle ne cimente pas seulement son union avec ses frères dans le « corps mystique » du Christ, qui est l’Église ; il s’assimile la substance spirituelle du Christ glorifie : « Quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. (…) Celui qui mange et boit, mange et boit sa propre condamnation s’il n’y discerne le Corps. » Paul n’hésite pas à imputer à ces communions sacrilèges les cas de maladie et de mort qui se produisent dans l’Église. Les règles qu’il formule touchant les repas communautaires reflètent la préoccupation d’éviter de regrettables excès : « Dès qu’on est à table en effet, chacun, sans attendre, prend son repas, et l’un a faim, tandis que l’autre est ivre. » Mais elles traduisent surtout la conviction que « le repas du Seigneur » se distingue fondamentalement même des agapes cultuelles sur lesquelles il se greffe ; et Paul est tenté de prescrire qu’il en soit dissocié : « Vous n’avez donc pas de maisons pour manger et boire ? (…) Si quelqu’un a faim qu’il mange chez lui, afin de ne pas vous réunir pour votre condamnation. » (I Cor. X-XI) » >>> Marcel Simon, La Civilisation de l’Antiquité et le christianisme, coll. « Grandes civilisations », Arthaud, 1972.

Commémoration de la Cène par l'Eucharistie

les catholiques cèlèbrent aussi le Jeudi saint le rite du Lavement des pieds, en souvenir du geste attribué à Jésus envers les disciples. Les chrétiens de toutes tendances confondues (catholiques, orthodoxes, protestants, anglicans, mormons), considèrent que ce dernier repas pris par Jésus avec ses disciples institue le sacrement de l'Eucharistie (eucharistein, Lc 22, 19), eulogein (Mt 26, 26). Par ce sacrement, les chrétiens font mémoire de la mort et de la Résurrection du Christ : : « Prenez, et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang, le sang de l'alliance nouvelle et éternelle qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. Vous ferez cela, en mémoire de moi. » En rapport avec la Cène et l'Eucharistie, on trouve d'autres appellations :
- Communion, parce que c'est par ce sacrement que les chrétiens s'unissent au Christ pour les rendre participants de son Corps et de son Sang pour former un seul corps,
- Sainte-Cène,
- Repas du Seigneur,
- Fraction du pain,
- Assemblée eucharistique (synaxis),
- Mémorial de la Passion et de la Résurrection du Seigneur,
- Saint Sacrifice,
- Sainte et divine liturgie,
- Sainte Messe (envoi des fidèles : missio). Dans l'Église catholique, la Cène est célébrée à nouveau par les fidèles chaque dimanche au cours de la messe, plus particulièrement lors de la communion, dans la deuxième partie de la messe. L'Église célèbre une Cène perpétuelle dans laquelle le Christ est réellement présent dans le Saint-Sacrifice. Le Christ se présente à chaque consécration en médicament pour la vie éternelle. De plus, dans l'Église catholique, une célébration particulière a le jour dit du Jeudi saint, la veille du Vendredi saint, qui commémore la Passion). Le Jeudi saint a lieu le rite du Lavement des pieds, en célébration du geste de Jésus envers les disciples. Chez les protestants et les mormons, l'appellation sainte cène souligne l'importance symbolique du repas pascal. Cette interprétation remonte à Jean Calvin dans son Institution de la religion chrétienne. Le cénacle est le nom que l'on a donné à la pièce qu'occupaient les disciples au cours du repas pascal.

Représentation de la Cène dans l'art

La représentation de la Cène a d'abord une valeur pédagogique. Utilisée au Moyen Âge central comme instrument de lutte contre les hérésies qui rejettent l'Eucharistie, elle ne devient un thème iconographique majeur qu'à la Renaissance. Ni l'essor des représentations de la table au , ni le renforcement de la doctrine et de la doctrineeucharistique de l'Église à partir du concile de Latran IV ne réussirent à imposer la Cène comme une des grandes images chrétiennes : elle demeure loin derrière le Lavement des pieds, qui la jouxte dans les programmes où elle est présente. C'est le , puis la Contre-Réforme qui donnent au Dernier Repas une place de choix dans l'art occidental : il suffit de penser à la production quasi industrielle de représentations de la Cène par le Tintoret à Venise. Les représentations de la Cène montrent le Christ et les Apôtres à des moments différents de la Cène selon les artistes :
- Fra Angelico : La Cène 1452 (image ci-dessous)
- Domenico Ghirlandaio : l'Ultima Cena (la dernière Cène) au réfectoire du couvent des Ognissanti (ca 1482),
- Léonard de Vinci : il Cenacolo, la Cène (1495 - 1497) au couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie à Milan ; Jésus dit que Judas va le trahir. (image ci-dessous)
- Le Tintoret : ultima Cena, à l'église San Giorgio Maggiore (Venise).
- Paul Véronèse une Cène, peinte en 1571, puis renommée le repas chez Levi à cause des interdits religieux de cette époque (Inquisition).
- Dirk Bouts : la bénédiction du pain.
- Peinture anonyme datant de la 2 moitié du .
- François Verdier
- Juan de Juanes (plusieurs versions, l'une représentée ci-dessous)
- Salvador Dalí : La Cène 1955, huile sur toile, 168, 3x270, national Gallery of Art, Washington DC Selon les représentations dans l'art, l'apôtre Jean (« celui que Jésus aimait ») se trouvait assis à côté de Jésus lors de ce repas (à gauche ou à droite selon les représentations). Généralement, les douze Apôtres sont représentés. Dans l'Histoire, le pape, les rois, les princes, les prélats et autres dignitaires religieux commémoraient la Cène le Jeudi saint, en servant à manger à treize pauvres, après leur avoir lavé les pieds. Image:Leonardo da Vinci (1452-1519) - The Last Supper (1495-1498).jpg|La Cène de Léonard de Vinci (1495-1498) Image:Juan de Juanes 003.jpg|La Cène par Juan de Juanes Image:Nicolas Poussin 077.jpg|La Cène par Nicolas Poussin Image:Cenacolo di Andrea del Sarto, San Salvi.JPG|La Cène par Andrea del Sarto Image:Tintosoup.jpg|La Cène par Le Tintoret Image:Cenacolo di Fuligno di Pietro Perugino.JPG|La Cène (Cenacolo) par Le Pérugin

Voir aussi

- Cénacle de Jérusalem
- Saint Calice : La Coupe utilisée lors de la Cène (une des facettes du graal, appelé Saint-Graal dans ce cas.)
- Jean (apôtre)
- Eucharistie
- Esprit Saint ! Paraclet
- Communion
- Messe
- Catéchisme
- Œcuménisme
- Fraction du pain

Bibliographie

- Le Nouveau Testament commenté et illustré. Texte biblique intégral du Nouveau Testament en français courant (édition révisée). Société biblique française. 1996. édition révisée. Ouvrage conçu et réalisé par Claude Bernard Costecalde. Docteur en Sciences des Religions.
- Traduction œcuménique de la Bible (TOB), texte intégral, livre de poche.
- Catéchisme de l'Église catholique (sur l'Eucharistie et le Banquet Pascal), traduction française, 1992 Edition du Club France Loisirs, Paris, réalisée avec l'autorisation de Mame - Librairie Éditrice vaticane ISBN 2-7242-7409-1 (il existe une version abrégée). ==
Sujets connexes
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