Les Shadoks

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Les Shadoks est une série télévisée d'animation française en 208 épisodes de 2 à 3 minutes, créée par Jacques Rouxel, produite par la société aaa (Animation Art-graphique Audiovisuel) et diffusée entre le et 1973 (trois premières saisons) et à partir de janvier 2000 (quatrième saison) sur Canal+ et rediffusée sur Cartoon Network.
Les Shadoks

Les Shadoks est une série télévisée d'animation française en 208 épisodes de 2 à 3 minutes, créée par Jacques Rouxel, produite par la société aaa (Animation Art-graphique Audiovisuel) et diffusée entre le et 1973 (trois premières saisons) et à partir de janvier 2000 (quatrième saison) sur Canal+ et rediffusée sur Cartoon Network.

Synopsis

Cette série raconte les histoires des Shadoks, sortes d'oiseaux rondouillards avec de longues pattes et de petites ailes ridicules, (d'ailleurs, certains shadoks vivent à l'envers) ainsi baptisés pour la consonance anglo-saxonne du nom et en clin d'œil au capitaine Haddock, selon leur dessinateur. Ils ont pour ennemis les Gibis, coiffés d'un chapeau melon leur permettant de réfléchir tous ensemble aux problèmes en se moquant des inventions des shadoks - et qui doivent leur nom à « la prononciation anglaise des initiales de la Grande-Bretagne ». Les Shadoks possèdent pour tout vocabulaire quatre mots monosyllabiques : « ga, bu, zo, meu ». Les Shadoks sont excessivement méchants, et idiots par définition. Ils réalisent des machines improbables qui ne fonctionnent pas; l'inventeur étant, presque systématiquement, le Professeur Shadoko : la liste est longue ! La cosmopompe, destinée à pomper le cosmogol 999 aux Gibis (série BU) ; la machine à pilules, qui faillit coûter la vie aux derniers rescapés shadoks (série ZO) ; etc.

Histoire

Les Shadoks furent au départ créés avec le fameux Animographe, avec lequel fut réalisé toute la série BU; l'unique prototype rendit l'âme à la fin de cette première série. Avant leur création, ces fameux oiseaux existaient déjà depuis un certain temps dans les tiroirs de Rouxel, mais pas encore sous le nom de Shadoks. Les épisodes étaient commentés - dès le début - par une voix, celle du comédien Claude Piéplu à qui on assimilera toute sa vie et jusqu'à son décès en mai 2006 "la voix des Shadoks". Très peu de temps après le lancement de la série fut lancée en parallèle "Les Français parlent aux Shadoks".

La France divisée

Les Shadoks constitueront l'un des premiers grands sujets polémiques de la télévision française. La France fut alors divisée en deux parties : shadokophiles et shadokophobes - tout comme La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède de Pierre Desproges divisera dans les années 1980 la France entre « les imbéciles qui aiment » et « les imbéciles qui n'aiment pas », selon l'expression de Desproges lui-même. Le pourcentage de shadokophiles était de 50%, tout comme celui des shadokophobes. La quantité phénoménale de courrier de téléspectateurs fit l'objet d'une émission présentée par Jean Yanne (et de temps à autres Daniel Prévost) dans laquelle celui-ci lisait les authentiques lettres : Les Français écrivent aux Shadoks.

Voix

-Claude Piéplu : le narrateur
-Jean Cohen-Sohal : voix shadoks

Épisodes

Première saison : BU « La préhistoire » (1968)

Elle comprend 52 épisodes; c'est ici que l'on trouve une grande partie des bases de la logique shadok.

Deuxième saison : ZO « Le grand déménagement de la terre » (1969)

Cette série comprend 52 épisodes. Il est important de préciser que cette série a été faite suite a de nombreuse plaintes de téléspectateurs; elle est donc bien plus variée que la 1ère (n°BU). En témoigne l'avant propos du premier épisode où le narrateur (Claude Piéplu) commence par: "Avant de commencer notre feuilleton, une mise au point s'impose !etc."

Troisième saison : MEU « Les Shadoks pompent toujours » (1972-1973)

Elle comporte 52 épisodes. D'un point de vue du scénario, l'histoire commence par la fin de la série ZO. Par la suite, cette série a un scénario qui lui est propre; avec nombre de nouveautés.

Quatrième saison : BU-GA « Les Shadoks et le big blank » (2000)

Elle comporte 52 épisodes et il s'agit de la dernière série des Shadoks réalisée. On peut noter qu'elle comprend des graphismes plus colorés - et, pourquoi pas, un peu moins simple - que les séries précédentes.

L'univers Shadok

Principaux personnages shadoks

-Le chef Shadok
-Le Professeur Shadoko
-Le Devin Plombier
-Le Marin Shadok
-L'irrécupérable ou Shadok Population

Le monde des Shadoks

Une des caractéristiques du monde des Shadoks est sa représentation en deux dimensions. Si l'on introduit du relief, si l'on introduit une troisième dimension, ce n'est plus l'univers des Shadoks. "Je me souviens que quand on a fait des petites poupées Shadok, ça m'a fendu le cœur", a avoué Jacques Rouxel lors d'une émission. À la fin de la première série, le prototype de l'Animographe rend l'âme. Les Shadoks arboreront par la suite une autre forme de dessin mais qui reste toujours simple, avec les mêmes méthodes d'expression graphique.

La planète Shadok

"À gauche du ciel, il y avait la planète Shadok... Elle n'avait pas de forme spéciale, ou plutôt elle changeait de forme." Dans le monde des Shadoks, l'espace est représenté comme un plan, et comme tel il est plat. Il n'a donc pas de profondeur (comme tout l'univers Shadokéen), seulement le haut et le bas, la gauche et la droite. La planète Shadok change de forme. C'est un grand danger pour les Shadoks puisque cela les fait trébucher, et ils risquent de tomber dans le grand vide interstellaire. C'est cet aspect impratique qui les poussera au cours de la série à émigrer vers d'autres lieux - avec difficulté toutefois!

La planète Gibi

"À droite du ciel, il y avait la planète Gibi qui penchait, soit d'un côté, soit de l'autre." Les Gibis habitent donc à droite du ciel. Leur planète est plate et déséquilibrée. En conséquence, si les Gibis ne sont pas bien répartis, la planète se met à pencher d'un côté ou de l'autre et ils risquent de tomber. C'est cela qui les poussera également à émigrer vers d'autres lieux. Les Gibis, contrairement aux Shadoks, sont très gentils et intelligents. Ils sont les inventeurs de nombre de machines utilisant les dernières technologies, quand les Shadoks se contentent de "rassembler des trucs et des machins". Le secret de leur intelligence réside dans leur chapeau, qui leur permet de réfléchir tous ensemble à un problème. Lorsqu'un gibi perd son chapeau, il perd son intelligence et devient fou. Les Gibis évoquent les Anglais (GB) avec leurs chapeaux melon. Les Shadoks représenteraient alors le peuple français et son fameux "système D" dont on parle beaucoup dans les médias de l'époque.

La Terre

Au centre du ciel il y avait la Terre. À cette époque, elle ne comptait qu'un seul et unique habitant, un redoutable insecte nommé Gégène (il y avait bien également quelques dinosaures à la retraite, mais comme ils le disaient eux mêmes, ils étaient voués à disparaître) qui ne s'appellait pas vraiment Gégène puisqu'il n'y avait personne pour l'appeler. Cependant, on l'appela de cette façon pour plus de simplicité. Passons. Les Shadoks et les Gibis, qui en eurent assez de vivre sur "des planètes qui ne marchaient pas bien", décidèrent les uns et les autres d'aller vers la Terre qui avait l'air de mieux marcher, bouleversant ainsi la vie de Gégène, qui n'allait pas s'en laisser conter.

La culture Shadok

La langue shadok

La langue shadok, que certains shadokophiles appelèrent par la suite la langue Gabuzomeuse, se compose de 4 mots:
- GA
- BU
- ZO
- MEU En effet, leur cerveau, constitué de 4 cases ne peut en contenir plus! Ce qui pose des problèmes car ils ne peuvent pas connaitre plus de 4 choses : par exemple, un Shadok ayant appris à marcher la veille : si on lui apprend à faire du vélo, le shadok ne sait plus marcher ! Sans compter que leur faire apprendre des mots était très long et très pénible... Par exemple, ZoGa signifie pomper, ZoBuGa signifie pomper avec une petite pompe et ZoBuBuGa signifie pomper avec une grosse pompeL'encyclopédie SHADOK, Les Shadoks et le Désordinateur (J.Rouxel), Circonflexe.

Devises

Devises shadoks
- « Dormir me fatigue. »
- « Au début, il n'y avait rien. Enfin, ni plus ni moins de rien qu'ailleurs. »
- « Ce n'est qu'en essayant continuellement que l'on finit par réussir. Autrement dit : plus ça rate, plus on a de chances que ça marche. »
- « Pour qu'il y ait le moins de mécontents possible, il faut toujours taper sur les mêmes. »
- « Il vaut mieux pomper d'arrache-pied même s'il ne se passe rien que risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas. »
- « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?! »
- « S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème. »
- « Je dis des choses tellement intelligentes que, le plus souvent, je comprends pas ce que je dis. »
- « Je pompe donc je suis. »
- « Il vaut mieux mobiliser son intelligence sur des conneries que mobiliser sa connerie sur des choses intelligentes. »
- « Si ça fait mal, c'est que ça fait du bien. »
- « C'est en forgeant que l'on devient musicien. »
- « Ce n'est qu'en pompant que vous arriverez à quelque chose et même si vous n'y arrivez pas... hé bien ça vous aura pas fait de mal ! »
- « Il faut pomper pour vivre et donc vivre pour pomper. »
- « On n'est jamais aussi bien battu que par soi même. »
- « Tout avantage a ses inconvénients et réciproquement. »
- « Quand on ne sait pas où on va, il faut y aller... et le plus vite possible ! »
- « Avec un escalier prévu pour la montée, on réussit souvent à monter plus bas qu'on serait descendu avec un escalier prévu pour la descente. »
- « Le plus long chemin d'un point à un autre est la ligne droite. »
Devises sur la marine
- « Dans la marine on ne fait pas grand chose, mais on le fait de bonne heure ! »
- « C'est encore dans la marine qu'il y a le plus de marins. »
- « Dans la marine, il faut saluer tout ce qui bouge et peindre le reste. »

Arithmétique - compter en Shadok

Malgré ses moyens intellectuels limités, le professeur Shadoko finira quand même par inventer une façon de compter en base 4 avec comme chiffres GA, BU, ZO et MEU. Le devin plombier décréta que les écoliers shadoks avaient un jour pour apprendre à compter et que si, au bout de ce délai ils s'en trouveraient incapables, on brûlerait le professeur Shadoko. Les écoliers shadoks, bien sûr, apprendre à compter, ça les intéressait beaucoup mais brûler le professeur, ça les intéressait aussi ! Finalement, le lendemain, tous les écoliers shadoks savaient compter, au-delà de 4. Voici donc cette fameuse méthode :
- « quand il y a plus que MEU on le met à la poubelle (GA); et l'on compte : BU poubelle = BU GA » (4 en décimal). L'analogie avec les quatre nucléotides de l'ADN, A, T, C et G, seuls utilisateurs du système quaternaire, est remarquable.

Reproduction

La reproduction, chez les Shadoks, a toujours été un grand problème. Les Shadoks pondent des œufs, dès qu'ils savent compter jusqu'à 4 Voir à la fin de la première série. Au début, ils pondaient des œufs ordinaires, mais ceux-ci se cassaient à chaque fois en raison des grandes pattes des Shadoks. Alors, ils ont commencé à pondre des œufs en fer. Mais il y avait encore un inconvénient, car comme le bébé Shadok à l'intérieur de l'œuf ne pouvait pas sortir, il fallait attendre que l'œuf rouille. Le « bébé » Shadok était alors déjà très vieux quand il en sortait... Selon un cours magistral du professeur Shadoko - sur la lune; série ZO -, l'œuf se composait de trois sous-ensembles : l'intérieur, l'extérieur, et les trous.

Logique

Sa plus notable manifestation est le cours magistral du professeur Shadoko sur les passoires, dans le cadre du grand programme d'éducation des Shadoks. La logique des Shadoks revêt, en les caricaturant Dichotomie poussée jusqu'à l'absurde en cherchant à réaliser des classements d'objets hétéroclites et peu nombreux, usage inconsidéré de la théorie des ensembles qui à cette époque faisait l'objet de controverses sur le bien fondé de son enseignement à de jeunes lycéens ou écoliers, utilisation ridiculisée des relations de cause à effet etc. , les caractéristiques propres à la logique de réalisation des programmes informatiques et des mathématiques. Cette forme d'humour provient en partie des concepteurs de l'Animographe et d'une amorce d'anti-bourbakisme. Par exemple:
- Il y a deux sortes de passoires : celles qui laissent passer l'eau et pas les nouilles, et celles qui laissent passer les nouilles et pas l'eau ;
- une passoire qui ne laisse passer ni l'eau ni les nouilles est une casserole;
- une casserole qui ne laisse rien passer, ni par en haut, ni par en bas, est un autobus.
- la notion de trou est indépendante de la notion de passoire !

Punition - Le Goulp

Le Goulp est une sorte de trou dans la planète Shadok. On y entasse tous les Shadoks ne donnant pas entière satisfaction. Il est également appelé Enfer, puisque ceux qui sont jetés dedans sont enfermés. Seul le Chef Shadok a le pouvoir d'envoyer au Goulp. Le professeur Shadoko, parce que sa Cosmopompe produira des résultats médiocres, en fera d'ailleurs l'expérience.

Commentaires

Adaptations

En collaboration avec Jean-Paul Couturier une bande dessinée quotidienne des Shadoks est publiée en 1970 dans France-Soir, et en 1993 dans le magazine Globe. À partir de 1973 une version anglaise de la série est diffusée sur Thames Television, avec Kenneth Robinson à la narration.

Produits dérivés

Livres

À partir de 1994, Jacques Rouxel publie des livres illustrés des Shadoks, aux éditions Circonflexe :
- GA BU ZO MEU (1994)
- La Vengeance du marin (1996)
- La Course à la lune (2000)
- Les Shadoks et le désordinateur (2000)

Vidéos

DVD

Jacques rouxel, les Shadoks... autrement Triple DVD consacré à l’œuvre de Jacques Rouxel, proposant l’ensemble de ses films éducatifs, environ 10 heures de programme accompagné de nombreux bonus. http://www.aaaproduction.fr/aaa_dvd.php
- Les Shadoks : Édition intégrale 5 DVD (9 novembre 2006), Archives Ina - TF1 Vidéo ; voir ou sur http://www.aaaproduction.fr
- Les Shadoks - N° BU-GA (volume 4) « Les Shadoks et le Big Blank » (18 avril 2000), Ina - Universal
- Les Shadoks - N° BU (volume 1) « La Préhistoire » (1 juillet 2000), Ina - Universal :Ces deux DVD, qui datent de 1999-2000 ne sont actuellement plus édités. On peut encore en trouver dans les bibliothèques, sur les sites d'enchères ou en cherchant dans la rubrique « » du forum des Shadoks. Ils sont, bien entendu, compris dans l'édition 5 DVD Ina, sortie il y a très peu de temps.

VHS

- Les Shadoks, N° ZO « Le grand déménagement de la terre », Polygram Vidéo - Ina
- Les Shadoks, N° MEU « Les Shadoks Pompent Toujours ! », Polygram Vidéo - Ina
- Les Shadoks, N° BU « La Préhistoire », Polygram Vidéo - Ina :Ces trois Vidéocassettes ne sont plus éditées mais on peut les retrouver de la même façon que les deux DVD ci-dessus, et leur contenu intégral est dans la nouvelle édition 5 DVD Ina.

Jeu vidéo

Un jeu vidéo, Les Shadoks, Le Jeu, La Promenade, a été réaliséhttp://shadok.le.jeu.biss.fr/ et est sorti en 1997. Le but était d'emmener les Shadoks d'une planète en planète, en résolvant divers problèmes. Par exemple, pour que Gégène cesse de massacrer les Shadols, il fallait jouer sa musique préférée pour l'amadouer.

Notes et références

Voir aussi

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Sujets connexes
Animation   Animation Art graphique Audiovisuel   Animographe   Arithmétique   Autobus   BU   Bande dessinée   Base (arithmétique)   Bourbakisme   Canal+   Capitaine Haddock   Cartoon Network (France)   Chapeau melon   Chiffre   Claude Piéplu   Devin plombier   Dichotomie   France   GA   Globe (magazine)   Grande-Bretagne   Jacques Rouxel   Janvier   Jean Yanne   La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède   Logique   MEU   Marin Shadok   Musique concrète   Nouille   Nucléotide   Passoire   Pierre Desproges   Pierre Schaeffer   Professeur Shadoko   René Borg   Reproduction (biologie)   Robert Cohen-Solal   Système quaternaire   Série télévisée   Théorie des ensembles   ZO  
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