Modalité (linguistique)

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La modalité modifie un fait énoncé par une proposition en le présentant comme nécessaire, possible ou vrai de fait. « Il est nécessaire que Paul vienne » est par exemple la proposition « Paul vient » modifiée par le concept de nécessité. La catégorie de modalité joue un rôle en logique et ce tout particulièrement dans le cadre des logiques modales. Mais elle est aussi fondamentale en linguistique moderne. Le mot permettant la modalité se nomme un Modalisateur
Modalité (linguistique)

La modalité modifie un fait énoncé par une proposition en le présentant comme nécessaire, possible ou vrai de fait. « Il est nécessaire que Paul vienne » est par exemple la proposition « Paul vient » modifiée par le concept de nécessité. La catégorie de modalité joue un rôle en logique et ce tout particulièrement dans le cadre des logiques modales. Mais elle est aussi fondamentale en linguistique moderne. Le mot permettant la modalité se nomme un Modalisateur.

La modalité en logique

La logique formelle développée par Frege et Russell ne prenait en compte que les énoncés qui sont des propositions privées de toute indication de mode. Clarence Irving Lewis et C.H. Langford, formalisant des concepts élaborés par Leibniz, se distinguent de leurs prédécesseurs immédiats, en fondant en 1932 dans Symbolic logic une logique enrichie des foncteurs de nécessité et de possibilité. Cette logique est donc capable de formaliser des énoncés comme : « Il est possible que Marie vienne » ou comme « Paul doit venir ». Mais ce n’est qu’avec Kripke qu’on commença à développer une sémantique formelle pour ces nouveaux systèmes fondée sur le concept de monde possible. Les développements de la logique modale sont à l’origine de la logique déontique, de la logique de l’action ainsi que de la logique temporelle, de la logique épistémique, de la logique de la connaissance commune et de la logique dynamique.

La modalité en linguistique

La linguistique s’intéresse au problème de la modalité à deux niveaux. D’abord elle analyse le concept de modalité de manière générale et cherche à préciser ce que ce terme recouvre. Elle étudie en outre les phénomènes et les marqueurs de modalisation dans les différents langages particuliers. Elle rejoint ainsi dans une certaine mesure la grammaire traditionnelle qui distingue par exemple en français le mode indicatif (mode de la réalité) du conditionnel (mode de l’irréel) ou encore qui mentionne, outre les adverbes de temps, de lieu, de manière, etc., une catégorie d'adverbes d'« opinion » (comme « certainement » ou « peut-être »). Si la notion de modalité en linguistique, définie comme « l'expression de l'attitude du locuteur par rapport au contenu propositionnel de son énoncé » Nicole Le Querler, Typologie des modalités, Presses Universitaires de Caen, 1996, semble s'opposer assez clairement à celles de temporalité et d'aspect, ses frontières restent controversées. Outre les modalités aléthiques, déontiques, épistémiques et appréciatives, certains suggèrent des modalités intersubjectives (ordre, conseil, reproche...), bouliques (volonté), implicatives (condition, conséquence...) ou même temporelles; ou encore incluent la négation dans cette catégorie. Ces recherches sont inséparables de la pragmatique linguistique car la modalité est définie par le locuteur et donc par le contexte d’énonciation.

Différents types de modalité

- valeur épistémique: l'énonciateur considère les chances de réalisation de la relation prédicative. En anglais par exemple:
- It must be late. = < it > + < be late > : probable
- He may arrive today. = < He > + < arrive today > : possible
- valeur déontique: l'énonciateur apprécie la relation prédicative, positivement ou négativement, en fonction de règles pré-établies, d'un code déontologique:
- You can't park your car here.
- If you want to pass your exam you must prepare for it.
- valeur radicale ou intersubjective: cette valeur porte sur les relations entre sujets. L'énonciateur ordonne, autorise etc.
- You may leave now. (permission)
- You must be here before 8 am. (obligation)

Portée de la modalité

On distingue dans certains cas Monneret et Rioul, Questions de syntaxe française, PUF, 1999 les adverbes dits « de commentaire » portant sur l'énonciation de ceux portant sur l'énoncé :
- Heureusement, il est bien rentré (jugement du locuteur sur le prédicat d'énoncé « il est bien rentré », qu'on peut gloser en : « il est bien rentré et j'en suis heureux »)
- Franchement, ce n'est pas une réussite (commentaire du locuteur sur l'ensemble du prédicat d'énonciation, à gloser en : « je vais vous dire franchement ce que je pense : ce n'est pas une réussite »).

Notes et références

Voir aussi

- Négation (linguistique) ==
Sujets connexes
Aspect   Bertrand Russell   Friedrich Ludwig Gottlob Frege   Linguistique   Logique   Logique de l'action   Logique de la connaissance commune   Logique déontique   Logique modale   Logique temporelle   Logique épistémique   Modalisateur   Négation (linguistique)   Pragmatique   Relation prédicative   Saul Aaron Kripke   Sémantique axiomatique  
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