Université de Paris

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L’Université de Paris est historiquement une corporation parisienne de maîtres et d'élèves ayant acquis une importante autonomie suite à l'octroi d'une charte d'affranchissement policier et judiciaire par Philippe-Auguste en 1200, et à la bulle papale de 1231 la constituant en corporation ecclésiastique. Aux et au , c'était l'une des premières universités d'Europe, avec Bologne, Oxford, Cambridge, Toulouse, Salamanque et Montpellier. L'Université de Paris ne tarde
Université de Paris

L’Université de Paris est historiquement une corporation parisienne de maîtres et d'élèves ayant acquis une importante autonomie suite à l'octroi d'une charte d'affranchissement policier et judiciaire par Philippe-Auguste en 1200, et à la bulle papale de 1231 la constituant en corporation ecclésiastique. Aux et au , c'était l'une des premières universités d'Europe, avec Bologne, Oxford, Cambridge, Toulouse, Salamanque et Montpellier. L'Université de Paris ne tarde pas à devenir une véritable autorité morale. Les docteurs de l'université se prononcent sur des controverses fameuses comme la taxation des bénéfices ecclésiastiques par le Saint-Siège, et jouent un grand rôle au moment du Grand Schisme d'Occident (1378-1417). C'est le chancelier de l'Université de Paris, Jean de Gerson, qui anime d'ailleurs le concile de Constance (1414-1418), qui met fin au schisme. Pendant la Guerre de Cent Ans, l'université soutient les Anglais et le parti bourguignon, et approuve l'exécution de Jeanne d'Arc (1431). Au , l'université est souvent en grève, notamment pendant trois mois en 1443, et pendant six mois de septembre 1444 à mars 1445, pour défendre son exemption fiscale. Jusqu'en 1446, les étudiants dépendent en matière pénale de l'université. Mais il arrive régulièrement que des écoliers soient arrêtés par le prévôt du roi. Dans ce cas-là, le recteur de l'université se rendait au Châtelet pour demander à ce que l'écolier soit jugé par l'official de l'université. Si le prévôt du roi refusait, l'université se mettait en grève. La fin du marque, pour l'Université de Paris, le début d'une période délicate. Charles VII la soumet, en 1446, à la juridiction du Parlement de Paris, ce qui suscite des émeutes étudiantes auxquelles participe, entre autres, le poète François Villon. En 1453, un écolier, Raymond de Mauregart, est tué par les sergents du Châtelet et l'université se met à nouveau en grève pendant plusieurs mois. L'Université de Paris s'oppose en vain au concordat de Bologne, signé en 1516 par François Ier, qui donne au pouvoir royal la possibilité de contrôler l'accès aux grands bénéfices. La fondation du Collège de France en 1530 et l'apparition de la Compagnie de Jésus au milieu du viennent concurrencer l'université, avant que les Guerres de Religion n'embrasent la France. En 1600, Henri IV démantèle les privilèges de l'université. Après des velléités d'indépendance sous la Fronde, l'université se soumet à Louis XIV. Elle condamne les idées de Descartes, puis celles des Philosophes du Siècle des Lumières. Après l'expulsion des Jésuites en 1762, elle annexe le collège Louis-le-Grand et un nouveau bâtiment est construit place du Panthéon pour la Faculté de droit.

Organisation de l'Université

L'ancienne Université de Paris était formée de 4 facultés: une faculté généraliste, la Faculté des Arts; et trois facultés spécialisées: Faculté de décret, la Faculté de médecine et la Faculté de théologie. Au sein de la Faculté des Arts existaient quatre groupements appelés "Nations": la Nation de Normandie, la Nation de Picardie, la Nation d'Angleterre, puis d’Allemagne, et la Nation de France. Ces nations étaient composées, exceptée la nation de Normandie, d'un certain nombre de provinces, elle même subdivisées en diocèses. La nation de Picardie comprenait deux parties comprenant chacune cinq diocèses: La nation d'Angleterre était d'abord divisée en deux provinces, la province composée du seul royaume d'Angleterre, et la province composée de onze royaumes non anglais. Les anglais étant devenu plus tard très minoritaire, la nation abolit cette distinction en 1331 et se subdivisa vers la fin du XIVe siècle en trois provinces, Haute-Allemagne, Basse-Allemagne et Écosse. Après la guerre de cent ans, la nation d'Angleterre devint la nation d'Allemagne. Chaque compagnie (faculté ou nation) élisait deux officiers subalternes appelés bedeaux, qui étaient chargés de proclamer les congés, les heres et les jours de leçons, de publier les décisions de la compagnie et d'en assurer l'exécution matérielle, enfin de précéder avec des masses d'argent, le recteur, le doyen, ou le procureur dans les grandes cérémonies. L'Université réglementait les industries du livre (librairie, parcheminerie, reliure, enluminure). Elle gérait également le service des messagers. Les finances étaient administrées par chaque compagnies. Celles-ci étaient confiés à un officier élu, un receveur pour les Nations, le grand bedeau pour la Faculté de théologie, un trésorier pour la Faculté de décret, et le doyen pour la Faculté de médecine. Il fallait être maître ès arts pour être membre de la Faculté des arts; il fallait être docteur pour participer aux délibérations des autres facultés. Les bacheliers des facultés supérieures, qui étaient maîtres ès arts, faisaient partie de la Faculté des arts tant qu'ils n'étaient pas docteurs. Le doctorat les excluait du droit de participer aux élections et aux délibérations de la Faculté des arts. Les religieux de la Faculté de théologie, et la plupart des bachelier de la Faculté de décret, ne faisaient pas partie de la Faculté des arts. Le poste le plus éminent de l'Université était celui de recteur. Au XVIIIe siècle, celui-ci était élu tous les trois mois, mais le même était généralement reconduit durant une année. Chaque élection donnait lieu à la Procession du recteur, où défilait l'ensemble des dignitaires de l'Université en partant du siège de l'Université (le collège Louis-le-Grand au XVIIIe siècle). L'ensemble des ordres religieux était ainsi convié (Augustins, Cordeliers, Carmes, Jacobins, Billettes, Blancs-Manteaux, ordre de Sainte-Croix, ordre du Val-des-Écoliers, Trinitaires, Prémontrés, ordre de Citeaux, ordre de Saint-Benoît, ordre de Cluny). Chaque gradués et officiers des différentes facultés possédait un costume déterminé: Le recteur était choisi parmi les membres de la faculté des arts. Le recteur présidait le tribunal académique qui se tenait au chef-lieu de l'Université le premier samedi de chaque mois. Il était formé par les doyens des facultés de théologie, de droit, de médecine, et les quatre procureurs des quatre Nations qui composaient la faculté des arts. Le procureur-syndic, le greffier et le receveur assistaient aux séances. Le tribunal jugeait tous les différents entre les membres de l'Université. Les plaignants pouvaient faire appel devant l'assemblée générale des Facultés. Les enseignements avaient généralement lieu au sein d'établissements tenus par des fondations pieuses appelés "collège", comme le Collège de Sorbonne ou le Collège de Navarre pour la théologie (ou, pour les jeunes artiens, le Collège de Montaigu, par exemple). L'Université de Paris ne possédait pas de bâtiment en propre. L'Université avait droit à la nomination de quatorze bénéfices: les trois cures de Saint-André-des-Arts, de Saint-Côme, de Saint-Germain-le-Vieux, et onze chapellenies. Les armes de l'université représentaient une main, tenant un livre, entouré de trois fleurs de lis d'or à fond d'azur.

Collèges de l'ancienne université de Paris

Réunion des petits collèges

Cour d'honneur de l'actuel lycée Louis-le-Grand, ancien siège de l'Université de Paris En 1763, 28 de ces collèges (notés par une
-) sont réunis au collège Louis-le-Grand devenu le chef lieu de l'université. Il ne reste plus alors à la Faculté des Arts de Paris, en plus du collège Louis-le-Grand, que neuf collèges dits de plein exercice dispensant encore un enseignement : collège du Cardinal Lemoine, collège des Grassins, collège d'Harcourt, collège de la Marche, collège de Lisieux, collège de Montaigu, collège de Navarre, collège du Plessis et collège des Quatre-Nations. En 1766 est créé un concours d'agrégation pour les classes de philosophie, belles lettres et grammaire. Lors des vacances d'emploi, les nouveaux professeurs sont choisis parmi les agrégés.

Études, examens et grades

Le grade le plus ancien est la licence. Celui-ci n'est en fait pas un grade d'origine universitaire puisqu'il était conférée par le chancelier de Notre-Dame ou de Saint-Geneviève et donnait le droit d'enseigner dans toutes les universités. L'Université créa ensuite d'autres grades: le baccalauréat, le bachelier obtenant le droit d'assister le professeur avant d'obtenir la licence, la maîtrise, grade terminal des études artiennes marquant l'intronisation dans la corporation, et le doctorat qui reconnaissaient le titulaire comme un maître de sa discipline (droit, médecine, théologie). Voici quelques détails portant sur le baccalauréat dans les différentes facultés supérieures présentés dans l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert:

Faculté de décret

D'après les statuts de 1600, le baccalauréat en droit canonique peut être obtenu après deux années d'études. Le candidat passe un examen sur la décrétale devant deux docteurs, puis prête serement et reçoivent la bénédiction du doyen.

Faculté de médecine

Pour être bachelier en Medecine, il faut, après avoir été quatre ans maitre ès Arts dans l'université, faire deux ans d'étude en Medecine & subir un examen, après quoi on est revêtu de la fourrure pour entrer en licence. D'après les statuts de 1600, on ne reçoit les bacheliers en médecine que de deux ans en deux ans. Cette reception se fait vers la mi-carême. Les aspirants doivent justifier qu'ils sont maître ès arts de l'université de Paris depuis quatre ans ou 8 pour une autre université. Le candidat passe un examen puis prête serment. La close de célibat a été retiré depuis 1600. Les bacheliers en médecine peuvent exercer, mais sous la condition que si c'est dans la ville ou les fauxbourgs de Paris, ils seront assistés d'un docteur. D'après un édit de 1707, pour les autres facultés de France, il faut être licencié pour exercer la médecine.

La fermeture de l'Université de Paris

L'ancienne Université de Paris disparait avec la suppression des corporations durant la Révolution française. Au mois de 1791, René Binet est chargé des fonctions de recteur par la municipalité de Paris. Au mois de février 1792, la faculté de théologie et le tribunal académique furent supprimés, sur le rapport du représentant Gaudin. Le 19 avril 1792, l'assemblée ordonna que tous les instituteurs ecclésiastiques seraient obligés de prêter serment à la constitution civile du clergé. Puis la Convention nationale supprima par décret du 15 septembre 1793 les collèges de plein exercice et les facultés sur l'ensemble du territoire de la République. La Convention nationale décide de remplacer l'enseignement des anciennes universités par un ensemble d'écoles centrales et d'écoles spéciales, précédées par les écoles primaires. En 1794 une école de médecine fut crée, qui reprit les fonctions de la faculté de médecine. Elle fut rejointe en 1804 par une école de droit.

L'Académie de Paris de l'Université de France

La loi de 1806 crée une académie de Paris, qui reprend les fonctions de l'ancienne université de Paris, avec une faculté des lettres, une faculté de sciences, une faculté de théologie catholique, une faculté de droit et une faculté de médecine. Chaque faculté est dirigée par un doyen nommé par le grand-maître de l'Université de France. Celui-ci est également recteur de l'Académie de Paris.

La nouvelle université de Paris

La Sorbonne, siège de l'Université de Paris Suite au décret du 25 juillet 1885 donnant aux facultés la personnalité civile, le décret du 28 décembre 1885 instituant un conseil général des facultés dans une même académie, la loi du 28 avril 1893 donnant la personnalité civile aux corps formés par la réunion de plusieurs facultés d'une académie et celle du 10 juillet 1896 donnant le nom d'université aux corps de facultés, la nouvelle Université de Paris fut créée en 1896 comme groupement de la Faculté des sciences, de la Faculté des lettres, de la Faculté de droit, de la Faculté de médecine, de la Faculté de théologie protestante (transformée en faculté libre en 1905), et de l'École supérieure de pharmacie. Elle fut inaugurée le jeudi 19 novembre 1896 par le président de la République. L'École normale supérieure fut réunie à l'université par le décret du 10 novembre 1903. En 1914, l'université de Paris compte 17308 étudiants, elle en compte 64151 en 1956.

Président du conseil de l'université de Paris

-Octave Gréard (1885-1902) (président du conseil général des facultés de Paris jusqu'en 1896)
-Louis Liard (1902-1917)
-Lucien Poincaré (1917-1920)
-Paul Appell (1920-1925)
-Paul Lapie (1925-1927)
-Sébastien Charléty (1927-1937)
-Gustave Roussy (1937-1941)
-Gilbert Gidel (1941-1944)
-Jean Cabannes
-Jean Sarrailh (1947-1961)
-Jean Roche (1961-1969)

Les universités de Paris après 1968

Après les événements de mai 1968 et la promulgation de la loi Faure, l’Université de Paris fut divisée (annonce du ministre Guichard le 20 mars 1970) en 13 universités créées le 1 janvier 1971:
- Université Paris I - Panthéon-Sorbonne
- Université Paris II - Panthéon-Assas
- Université Paris III - Sorbonne Nouvelle
- Université Paris IV - Paris-Sorbonne
- Université Paris Descartes
- Université Paris VI - Pierre et Marie Curie
- Université Paris VII - Denis Diderot
- Université Paris VIII - Vincennes-Saint-Denis
- Université Paris IX devenu Université de technologie en sciences des organisations et de la décision de Paris-Dauphine ou Université Paris-Dauphine
- Université Paris X - Nanterre
- Université Paris XI - Paris Sud
- Université Paris XII - Paris-Val-De-Marne
- Université Paris XIII - Paris Nord L'ensemble totalise actuellement étudiants.

Voir aussi

- Enseignement supérieur en Île de France
- La Sorbonne
- Le campus de Jussieu
- Institut catholique de Paris
- Cesar Egasse du Boulay
- Histoire de l'Université de Paris
- Histoire des universités françaises ==
Sujets connexes
Amiens   Arras   Augustins   Baccalauréat (France)   Beauvais   Billettes   Cambrai   Campus de Jussieu   Carmes   Chanoines réguliers de la Sainte-Croix   Charles VII de France   Collège Mignon   Collège Sainte-Barbe   Collège d'Arras   Collège d'Autun   Collège d'Harcourt   Collège de Bayeux   Collège de Beauvais   Collège de Boissy   Collège de Boncourt   Collège de Bourgogne   Collège de Calvy   Collège de Cambrai   Collège de Chanac Pompadour   Collège de Cluny   Collège de Coqueret   Collège de Cornouailles   Collège de Dainville   Collège de Danemark   Collège de Fortet   Collège de France   Collège de Hubant   Collège de Justice   Collège de Laon   Collège de Linköping   Collège de Lisieux   Collège de Montaigu   Collège de Narbonne   Collège de Navarre   Collège de Presles   Collège de Prémontré   Collège de Sorbonne   Collège de Tournai   Collège de Tréguier   Collège de la Marche   Collège de la Merci   Collège des Allemands   Collège des Bernardins   Collège des Bons-Enfants   Collège des Bons-Enfants-Saint-Victor   Collège des Cholets   Collège des Dix-Huit   Collège des Grassins   Collège des Lombards   Collège des Quatre-Nations   Collège du Mans   Collège du Plessis   Collège du trésorier   Compagnie de Jésus   Concile de Constance   Concordat de Bologne   Constitution civile du clergé   Convention nationale   Cordeliers   Denis Diderot   Diocèse   Doctorat (France)   Europe   Faculté de droit de Paris   Faculté de médecine de Paris   Faculté de théologie catholique de Paris   Faculté de théologie protestante de Paris   Faculté des sciences de Paris   France   François Ier de France   François Villon   Grand Schisme d'Occident   Grève   Guerre de Cent Ans   Guerres de religion (France)   Gustave Roussy   Henri IV de France   Histoire de l'Université de Paris   Histoire des universités françaises   Institut catholique de Paris   Jean Cabannes   Jean Sarrailh   Jean de Gerson   Jeanne d'Arc   Laon   Les Blancs Manteaux   Licence (France)   Liège   Loi Le Chapelier   Louis Liard   Louis XIV de France   Lucien Poincaré   Lycée Louis-le-Grand   Marie Curie   Maîtrise (France)   Nanterre   Nation de France de l'Université de Paris   Noyon   Octave Gréard   Ordre cistercien   Ordre de Cluny   Ordre des Prêcheurs   Paris   Parlement de Paris   Paul Appell   Pierre Curie   Place du Panthéon   Prémontrés   Recteur   René Binet   René Descartes   Saint-Siège   Siècle des Lumières   Sorbonne   Thérouanne   Tournai   Université   Université Paris Descartes   Université Paris II   Université Paris VIII   Université Paris XI   Université Paris XII   Université Paris XIII   Université d'Oxford   Université de Bologne   Université de Cambridge   Université de France   Université de Montpellier   Université de Salamanque   Université de Toulouse   Utrecht   XIIe siècle  
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