Huguenot

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Le terme Huguenot est l'ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français d'obédience calviniste pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les Huguenots seront appelés Religionnaires, car les actes royaux employaient le terme de Religion prétendue réformée pour désigner le protestantismeVoir la discussion de Jean-Louis Guez de Balzac dans le Socrate Chrestien, 10 discours (1623) sur la meilleure façon de nom
Huguenot

Le terme Huguenot est l'ancienne appellation donnée par leurs ennemis aux protestants français d'obédience calviniste pendant les guerres de religion. À partir du XVIIe siècle, les Huguenots seront appelés Religionnaires, car les actes royaux employaient le terme de Religion prétendue réformée pour désigner le protestantismeVoir la discussion de Jean-Louis Guez de Balzac dans le Socrate Chrestien, 10 discours (1623) sur la meilleure façon de nommer les protestants..

Étymologie

Son étymologie est disputée. Le mot vient peut-être de l'allemand Eidgenossen, utilisé d'abord en Suisse et signifiant confédérés ou conjurés, mais l'orthographe peut avoir été influencée par le patronyme de Bezanson Hughes, un des premiers chefs protestants suisses. L'encyclopédie catholique propose également l'étymologie Hugon, en référence au lieu de rassemblement des réformés de Tours qui portait le nom d'un comte de sinistre mémoire.

Histoire

La croix huguenote Le plus célèbre des Huguenots est certainement Henri de Navarre, fils de Jeanne d'Albret et futur Henri IV. Il fut forcé d'abjurer pour sauver sa vie lors du massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572), puis prétendre à la couronne de France en 1593 (« Paris vaut bien une messe ! »). Pendant son règne, il restaura la paix civile en France en signant l'édit de Nantes (13 avril 1598) et en donnant certaines places fortes aux protestants. En 1685, à l'occasion de la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV un très grand nombre de Huguenots fuirent pour les Provinces unies des Pays-Bas (d'où un assez grand nombre alla s'installer en Afrique du Sud), sur l'île de Manhattan en Nouvel Amsterdam, en Suisse ou en Prussie ou en Allemagne à Berlin. Dans L'Encyclopédie, à l'article « Réfugié », on trouve cette citation : « Louis XIV, en persécutant les protestants, a privé son royaume de près d'un million d'hommes industrieux » (article qu'on suppose de Voltaire mais écrit par Dumarsais). Ceux qui restèrent en France furent persécutés jusqu'au milieu du par les "dragons". C'est ainsi que l'on appelait ceux qui étaient chargé de persécuter les Protestants. Certaines grottes du sud de la France portent le nom des huguenots (notamment les prédicants de passage) qui s'y cachèrent pour ne pas être arrêtés. Les catholiques galiciens et les réformistes, comme Jacques Lefèvre d'Étaples, furent parmi les prédécesseurs des Huguenots. Ceux-ci suivirent le mouvement initié par Martin Luther en Saxe, puis organisé par Jean Calvin à partir de Genève. Ils formèrent les Églises réformées en France, appelées dédaigneusement « religion prétendue réformée » dans les textes officiels. L'étymologie la plus communément acceptée pour huguenot renvoie au suisse alémanique Eidgenossen, soit confédérés, expression désignant les villes et cantons helvétiques partisans de la Réforme à la suite d'Ulrich Zwingli. On doit noter qu'au sein du Petit-Conseil de Genève ce fut le nom donné aux partisans des Cantons suisses, les partisans du duc de Savoie étant les "Mamelouks". Théodore de Bèze, proche collaborateur et continuateur de Jean Calvin, mentionne une étymologie populaire évoquant un légendaire et hérétique roi « Hugonet », mais cette origine n'est pas retenue.

Les Huguenots à travers le monde

Suite à la révocation de l'édit de Nantes, et déjà avant à cause des pressions faites par le pouvoir royal, de nombreux Huguenots trouvèrent refuges dans différents états protestants d'Europe : principautés allemandes (Cassel, Brandebourg(-Prusse), ...), Provinces Unies (et de là la colonie du Cap), Angleterre, Suisse ... De là, certains ont choisi d'émigrer et l'on retrouve aujourd'hui des communautés descendant des Huguenots en Afrique du Sud et aux États-Unis.

Les Huguenots en Brandebourg

Durant les dix ans qui suivirent la guerre de Trente Ans, prés d'un million de Français quittent la France dont plus de 50.000 émigrent en Brandebourg. Parmi ces gens, il y a près de 200.000 Huguenots, fuyant leur pays où ils n'ont plus la liberté de culte et où ils risquent leur vie s'ils ne se convertissent pas. C'est le cas de l'émigration messine à Berlin suite à la révocation de l'Édit de Nantes. Les Prussiens accueillirent volontiers ces Français car leur économie était au plus bas suite à la guerre de Trente Ans et à cinq épidémies de peste qui firent, à elles seules, 140 000 victimes. Les Princes électeurs de Hesse et du Brandebourg voyant l'opportunité d'accueillir cette population huguenote souvent bien formée et d'un bon niveau intellectuel, prennent des mesures d'accueil à peine dix jours après la révocation de l'édit de Nantes (soit le 28 Octobre 1685). Des lopins de terres leurs sont réservés, ainsi que la possibilité de mettre en place une administration parallèle judiciaire et pénale. Les persécutés se transforment en colons. Les nombreux privilèges accordés aux Huguenots, particulièrement ceux liés à la propriété terrienne, attisèrent la jalousie. Malgré cela, l'intégration des Français se passa relativement bien et apporta des "plus" : la venue de nouveaux métiers tels les métiers de l'horlogerie, par exemple, et de nouveaux fruits et légumes, tels les oranges, les citrons, les choux-fleurs, les petits pois, les artichauts etc. L'influence des Huguenots français est aujourd'hui remarquable dans les grandes villes d'immigration telles que Berlin ou Francfort-sur-le-Main. Berlin à elle seule, ayant accueilli plus de 35.000 huguenots français, a construit son économie pré-industrielle ainsi que son centre économique autour du capital et du savoir faire des artisans et commerçants huguenots. Certains quartiers de Berlin ressentent toujours cet héritage. C'est le cas notamment du quartier de la Friedrichstadt, premier foyer d'installation des Huguenots à Berlin. Osterbrunnen à Marktleuthen Parler le français était prestigieux, ce qui fit que la plupart des riches Allemands voulurent des professeurs français pour leurs enfants. Tous les domaines de la culture allemande furent influencés par les colons huguenots. Aujourd'hui, cette influence est attestée par de nombreux signes, tels, par exemple, sur la place du Gendarmenmarkt à Berlin où beaucoup de pancartes ont des noms français. De nombreux termes allemands (devenat cependant entre temps de plus en plus désuets) viennent du français : comme "etepetete" ("être-peut-être" - servant à qualifier une femme prétentieuse) ou "Muckefuck" (de faux-mocca ) pour un café un peu trop clair. (voir l'article sur l'article sur la langue allemande). Osterbrunnen à Weissenstadt Après la fin de l'occupation française pendant les guerres napoléoniennes une réaction nationaliste fait disparaître cette tendance. Des îlots de peuplement virent aussi le jour dans le sud: la ville de Erlangen en Franconie (Bavière), près de Nuremberg) fut fondée par des Huguenots. Près de la frontière tchèque, dans la région du Fichtelgebirge, (nord de l'actuelle Bavière), une tradition perpétue le peuplement protestant : la décoration des fontaines pour Pâques en forme de fleur de lys (Osterbrunnen, photo).

Voir aussi

-Église wallonne
-Croix huguenote
-Protestantisme
-Église réformée de France
-Jean Calvin
-Henri IV
-Édit de Nantes
-Huguenots d'Afrique du Sud ==
Sujets connexes
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