Tunis

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Tunis est la principale ville de la Tunisie. Capitale du pays sans interruption depuis le 20 septembre 1159 (5 ramadan 554 du calendrier musulman) sous l'impulsion des Almohades, confirmée dans son statut sous la dynastie des Hafsides en 1228, elle est également le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956. Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s’étend sur la plaine côtière et les
Tunis

Tunis est la principale ville de la Tunisie. Capitale du pays sans interruption depuis le 20 septembre 1159 (5 ramadan 554 du calendrier musulman) sous l'impulsion des Almohades, confirmée dans son statut sous la dynastie des Hafsides en 1228, elle est également le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956. Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s’étend sur la plaine côtière et les collines avoisinantes. Peuplée de habitants — appelés les Tunisois —, elle est englobée dans une agglomération très étendue (jusqu’à 30 kilomètres pour atteindre la banlieue nord de La Marsa) et peuplée ( pour l’ensemble de l’agglomération Elle est constituée de la population urbaine des 4 gouvernorats formant le Grand Tunis : Tunis, Ben Arous, l’Ariana et La Manouba ). Le saint patron de Tunis est Sidi Mahrez qui a donné son nom à une mosquée de la ville.

Étymologie

Tunis est la transcription française d’un nom qui se prononce en arabe tûnus, tûnas ou tûnis (û ayant la valeur du ou français). Les trois vocables sont indiqués par le géographe arabe Yaqout al-Rumi dans son ouvrage Mu'jam al-Bûldan (Le dictionnaire des pays). Le dernier est celui qui prédomine dans le nom de la ville de même que dans le gentilé tûnisi ou tûnusi (tunisien). Ce vocable, issu du terme verbal ens des dialectes berbères, se définit comme « être couché » ou « se coucher » et par extension « aller passer la nuit à », « arriver de manière à passer la nuit », « aller passer la nuit chez ». Parmi les très nombreux dérivés de ce terme, on trouve tinés (pluriel de ténésé) indiquant « le fait d’être couché » et par extension le « fait de passer la nuit » Paul Sebag, Tunis. Histoire d’une ville, éd. L’Harmattan, 1998, p. 54 . Compte tenu des variations vocaliques dans le temps et l’espace, le nom de Tunis a donc très probablement le sens de « campement de nuit », « bivouac » ou « halte ». Dans la toponymie antique de l’Afrique romaine, on note également les noms proches des localités de Tuniza (actuelle El Kala), Thunusuda (actuelle Sidi Meskine), Thinissut (actuelle Bir Bouregba), Thunisa (actuelle Ras Jebel) ou Cartennae (actuelle Ténès en Algérie). Toutes ces localités berbères se situaient sur des voies romaines et ont sans doute servi de relais ou de halte. Du nom de Tunis est dérivé en français le terme Tunisie qui désigne le pays dont cette ville est la capitale. Ce nom est lancé par des géographes et historiens français par analogie avec le mot Algérie forgé à partir d’Alger. Ce mot s’est depuis répandu dans toutes les langues européennes. Or, le terme arabe désignant à la fois la ville et le pays, il ne peut être clairement compris que lu dans son contexte : c’est donc le sens de la phrase qui permet de savoir si l’on parle de la Tunisie ou de Tunis.

Géographie

Site

Vue aérienne de Tunis La ville de Tunis est construite sur un ensemble de collines descendant en pente douce vers le lac de Tunis mais présentant un versant abrupt dans la direction opposée (au dessus de la sebkha Séjoumi). Ces collines, qui font suite aux coteaux de l’Ariana et correspondant aux lieux dits Notre-Dame de Tunis, Ras Tabia, La Rabta, La Kasbah, Montfleury et La Manoubia, ont des altitudes qui dépassent à peine 50 mètres Paul Sebag, op. cit., p. 18 . La ville naît, à une époque reculée, au carrefour de routes qui se constituent naturellement à travers l’étroite bande de terre resserrée entre les vastes cuvettes du lac de Tunis et du Séjoumi. L’isthme qui les sépare constitue ce que les géologues appellent le « dôme de Tunis », lequel comprend des collines de roches calcaires et de sédiments d’origine éolienne et lacustre. C’est une sorte de pont naturel par où passent, dès l’Antiquité, plusieurs routes importantes reliant la Berbérie à l’Égypte et dont le tronçon tunisien passe par Utique et Hadrumète. La deuxième route est celle de Béja qui longe la Medjerda et rejoint à Tunis la route d’Utique. La troisième est la route de Sicca qui met la Numidie en communication avec Hadrumète. Ces routes sont évidemment tributaires de Carthage quand celle-ci affirme sa primauté politique et économique en Afrique. Sur ces parcours routiers, les courants de trafic ont favorisé la naissance de relais et d’étapes parmi lesquelles Tunis. Sur une superficie de hectares, sont urbanisés, le restant se partageant entre des plans d’eau ( hectares de lagunes ou de sebkhas dont les plus importantes sont le lac de Tunis, la sebkha Ariana et la sebkha Sejoumi) et des espaces agricoles ou naturels ( hectares). Toutefois, la croissance urbaine, qui est évaluée à 500 hectares par an, se fait au détriment de cet espace. Elle est d'autant plus coûteuse qu'elle consomme les terres de plaines les plus intéressantes pour les cultures.

Climat

Le climat tunisois appartient au climat méditerranéen caractérisé par une saison fraîche et pluvieuse et une saison chaude et sèche. Il doit ses traits essentiels à la latitude de la ville, à l’influence modératrice de la Méditerranée et au relief du Tell septentrional Paul Sebag, op. cit., p. 28 . L’hiver est la saison la plus humide de l’année : il tombe ainsi plus du tiers des précipitations annuelles au cours de cette période, ce qui représente un jour de pluie tous les deux ou trois jours. L’ensoleillement entretient tout de même une certaine douceur : les températures évoluent en moyenne entre 7 °C le matin et 16 °C l’après-midi. Les gelées sont donc très rares voire inexistantes. Au printemps, il tombe moins de pluie : le cumul des précipitations diminue ainsi de moitié. L’ensoleillement devient prépondérant au fil des mois pour atteindre 10 heures en moyenne par jour au mois de mai. Les températures s’en ressentent, variant en mars entre 8 et 18 °C, en mai entre 13 et 24 °C. Cette saison peut également connaître des chaleurs caniculaires, Tunis ayant déjà enregistré des températures record de 40 °C en avril et mai. En été, la pluie se fait totalement absente et l’ensoleillement maximum. Les valeurs moyennes des températures sont très élevées. Les brises marines atténuent la chaleur mais le sirocco renverse parfois la tendance. En automne, il se remet à pleuvoir, souvent à l’occasion d’orages brefs, ce qui peut parfois favoriser de rapides crues voire des inondations dans certains quartiers de la ville . Le mois de novembre marque en général une coupure thermique avec des températures qui évoluent en moyenne entre 11 et 20 °C.

Géographie administrative

La métropole de Tunis, dont la superficie a beaucoup augmenté au cours de la seconde moitié du , s’étend maintenant sur plusieurs gouvernorats : le gouvernorat de Tunis accueille une minorité de la population de l’agglomération tandis que la banlieue s’étend sur les gouvernorats de Ben Arous, de l’Ariana et de La Manouba. Carte des arrondissements de Tunis La municipalité de Tunis est divisée en 15 arrondissements municipaux : Bab El Bhar, Bab Souika, Cité El Khadra, Djebel Jelloud, El Kabaria, El Menzah, El Ouardia, Ettahrir, Ezzouhour, Hraïria, Médina, El Omrane, El Omrane supérieur, Séjoumi, Sidi El Béchir et Sidi Hassine.

Histoire

L’existence de la localité est attestée dès le début du Paul Sebag, op. cit., p. 60 . Perchée sur sa colline, Tunis est un excellent observatoire d’où les Libyens peuvent suivre aisément les manifestations extérieures de la vie de Carthage (allées et venues des navires ou des caravanes vers l’intérieur du pays). Tunis est l’une des premières cités libyennes à passer sous la domination carthaginoise étant donné son voisinage avec la grande cité et sa position stratégique. Plus d’une fois, dans les siècles qui suivent, il est fait mention de Tunes dans l’histoire militaire de Carthage. Ainsi, durant l’expédition d’Agathoclès de Syracuse, qui débarque en 310 av. J.-C. au cap Bon, Tunis change de main à plusieurs reprises. Par ailleurs, son rôle durant la guerre des Mercenaires laisse penser qu’elle est alors « un des principaux centres de la race aborigène ». Selon toute vraisemblance, le gros de sa population est alors constitué de paysans, de pêcheurs et d’artisans. Toutefois, en regard de la Carthage punique, l’antique Tunes reste d’une taille très modeste. Détruite selon Strabon Paul Sebag, op. cit., p. 70 par les Romains pendant la Troisième Guerre punique, elle aurait été reconstruite avant Carthage. Elle ne fait toutefois l’objet que de rares témoignages dont la Table de Peutinger qui mentionne Thuni. Dans le système de voies de la province d’Afrique, Tunes n’a que le titre de mutatio (relais de poste). La ville latinisée est progressivement christianisée et devient le siège d’un évêché. Toutefois, Tunes reste sans doute une modeste bourgade tant que Carthage existe. La région est conquise par les troupes arabes menées par Hassan ibn Noôman au . En effet, la cité est pourvue d’une position privilégiée au fond du golfe et au carrefour des flux commerciaux avec l’Europe et son arrière-pays. Très tôt, Tunis joue le rôle militaire pour lesquelles les Arabes l’ont choisi car elle est désormais la seule cité importante dans les parages du détroit de Sicile. Dès les premières années du , le chef-lieu de district qu’est alors Tunis se voit renforcer dans son rôle militaire : devenue la base navale des Arabes en Méditerranée occidentale, elle prend une importance militaire considérable. Sous le règne des Aghlabides, Tunis profite de l’embellie économique et devient rapidement la deuxième cité du royaume. Devenue la capitale du pays à la fin du règne d’Ibrahim II (902), elle le demeure jusqu’en 909 Paul Sebag, op. cit., p. 87 , date à laquelle des Berbères chiites prennent l’Ifriqiya et fondent la dynastie des Fatimides, puis redevient chef-lieu de district. En septembre 945, des insurgés kharidjistes occupent Tunis et la livrent au pillage Paul Sebag, op. cit., p. 88 . Avec l’avènement de la dynastie des Zirides, Tunis gagne en importance mais la population sunnite supporte de plus en plus mal le règne chiite et perpétue des massacres contre cette communauté. C’est pourquoi, en 1048, le Ziride al-Muizz ibn Badis rejette l’obédience fatimide et rétablit dans toute l’Ifriqiya le rite sunnite. Cette décision provoque la colère du calife chiite Al-Mustansir Billah. Pour punir les Zirides, il lâche sur l’Ifriqiya des tribus arabes dont les Hilaliens. Une grande partie de l’Ifriqiya est mise à feu et à sang, la capitale ziride Kairouan est détruite en 1057 et seules quelques villes côtières dont Tunis et Mahdia échappent à la destruction. Néanmoins, exposée aux exactions des tribus hostiles qui campent aux environs de la ville, la population de Tunis, qui ne reconnaît plus l’autorité des Zirides repliés à Mahdia, prête allégeance au prince hammadide El Nacer ibn Alennas, basé à Bougie, en 1059. Le gouverneur nommé par ce dernier, ayant rétabli l’ordre dans le pays, ne tarde pas à s’affranchir des Hammadides et fonde la dynastie des Khourassanides avec Tunis pour capitale. Le petit royaume indépendant renoue alors avec le commerce extérieur et retrouve la paix et la prospérité. En 1159, l’Almohade Abd al-Mumin s’empare de Tunis, destitue le dernier souverain khourassanide et installe à sa place un gouvernement en charge de l’administration de toute l’Ifriqiya. La conquête almohade ouvre une nouvelle période dans l’histoire de Tunis. La ville, qui jouait jusque-là un rôle de second plan derrière Kairouan et Mahdia, se trouve promue au rang de capitale de province. En 1228, le gouverneur Abû Zakariyâ' Yahyâ s'empare du pouvoir et, un an plus tard, s’affranchit du pouvoir almohade, prend le titre d’émir et fonde la dynastie des Hafsides. Avec l’avènement de cette dynastie, la cité devient la capitale d’un royaume s’étendant progressivement vers Tripoli et Fès. À la ville primitive s’ajoutent au nord et au sud d’importants faubourgs enserrés par une deuxième enceinte entourant la médina, la kasbah et ces faubourgs. En 1270, Tunis se retrouve prise dans la huitième croisade : Louis IX de France, espérant convertir le souverain hafside au christianisme et le dresser contre le sultan d’Égypte, s’empare facilement de Carthage mais son armée est rapidement victime d’une épidémie de dysenterie. Louis IX lui-même en meurt le devant les remparts de la capitale. Dans le même temps, chassés par la reconquête espagnole, les premiers Andalous arrivent à Tunis et vont participer activement à la prospérité économique et à l’essor de la vie intellectuelle dans la capitale hafside. Représentation de Tunis en 1535 Au cours du , la Tunisie est l’un des principaux théâtres où s’affronte la monarchie espagnole et l’Empire ottoman. Les troupes ottomanes, sous la conduite de Khayr ad-Din Barberousse, se présentent devant Bab El Jazira le Mohamed Sadek Messikh, Tunis. La mémoire, éd. Du Layeur, 2000, p. 25 et livrent la ville au pillage. Charles Quint, appelé à la rescousse par les dirigeants européens menacés par l’avancée ottomane en Méditerranée, prend la ville le et rétablit le souverain hafside. Face aux difficultés rencontrées par ce dernier, l’Ottoman Uludj Ali, à la tête d’une armée de janissaires et de Kabyles reprend Tunis en 1569. Toutefois, suite à la bataille de Lépante en 1571, les Espagnols parviennent à reprendre la ville et rétablissent le souverain hafside. Après les derniers combats, la ville tombe finalement aux mains des Ottomans en août 1574. Devenu une province ottomane gouvernée par un pacha nommé par le sultan ottoman basé à Istanbul, le pays ne tarde pas de accéder à une certaine autonomie (1591). Sous le règne des deys puis des beys mouradites, la capitale prend un nouvel essor : sa population grossit grâce à de multiples apports ethniques, dont les Maures chassés d’Espagne, et les activités économiques se diversifient. Aux industries traditionnelles et aux échanges avec les pays lointains s’ajoute la course qui connaît alors son âge d’or. Les profits assurés par le rachat des esclaves chrétiens permettent également aux souverains d’élever des constructions fastueuses qui renouvellent la parure monumentale héritée du Moyen Âge. Plan de Tunis en 1881 Au début du , la Tunisie entre dans une nouvelle période de son histoire avec l’avènement de la dynastie des Husseinites. Dans ce cadre, de multiples initiatives émanant des princes se succédant au pouvoir ou de hauts dignitaires apportent de nombreuses retouches urbaines qui renouvellent et enrichissent la parure monumentale de la ville. Durant cette période, la ville prospère à nouveau comme centre de commerce mais aussi de piraterie jusqu’au , période durant laquelle sa population est évaluée, selon les différentes sources, sur une échelle allant de à habitants Paul Sebag, op. cit., p. 280 . Profitant des dissensions internes à la dynastie, les Algériens s’emparent de Tunis en 1756 et placent le pays sous tutelle. Au début du XIX siècle, Hammouda Bey doit faire face aux bombardements de la flotte vénitienne mais réussit à se défaire de la tutelle algérienne et dissout la milice des janissaires après une révolte en 1811 Mohamed Sadek Messikh, op. cit., p. 32 . Sous le règne de Hussein II Bey, les victoires navales des Anglais (1826) et des Français (1827) mettent fin à la course, privant le pays des revenus en découlant Mohamed Sadek Messikh, op. cit., p. 34 . Pendant le demi-siècle qui va de la conquête de l’Algérie au traité du Bardo, des colonies européennes, de plus en plus nombreuses chaque année, viennent grossir la population tunisoise. En conséquence, l’organisation spatiale de la ville est remise en cause par les premières démolitions des remparts, à partir de 1860, et l’ouverture des portes dès 1870. La cité s’étend dès lors hors de ses murs, entre la médina et les rives du lac, pour accueillir les nouvelles populations et reçoit les premiers équipements modernes en matière d’adduction d’eau (1860), d’éclairage au gaz (1872), de voirie, de l’enlèvement des ordures ménagères (1873) ainsi que de communications avec la proche banlieue et l’arrière-pays Paul Sebag, op. cit., p. 261 . En marge de l’artisanat et du commerce traditionnels qui déclinent, les nouveaux venus développent les échanges avec l’Europe, introduisent les premières industries modernes et acclimatent ainsi sur les marges de la cité arabe de nouvelles formes de vie urbaine. Évolution urbaine entre 1890 et 1914 L'année 1881, qui est celle de l’instauration du protectorat français, marque un tournant dans l’histoire de Tunis. La ville entre dans une ère de mutations rapides qui la transforment profondément en deux ou trois décennies. Restée pendant des siècles contenue derrière ses fortifications, la ville s’étend donc rapidement : elle se dédouble en une ville ancienne peuplée par la population arabe et une ville nouvelle peuplée par les nouveaux arrivants et différente de par sa structure avec la ville arabe. Tunis fait également l’objet d’importants travaux qui la dotent d’adductions d’eau, de gaz naturel et d’électricité, de transports publics et d’équipements sociaux. À l’économie traditionnelle s’ajoute une économie capitaliste de type colonial. La Première Guerre mondiale marque un temps d’arrêt dans l’histoire de Tunis. Après la guerre, la cité connaît de nouvelles transformations : la ville moderne gagne en importance et étend son réseau de rues quadrillées dans toutes les directions possibles. De plus, un ensemble de cités satellites font leur apparition et repoussent encore les limites de l’aire urbaine tunisoise. Au niveau économique, les activités se développent et se diversifient : les industries modernes voient leurs opérations commerciales prendre de l’ampleur alors que l’industrie traditionnelle poursuit son déclin Paul Sebag, op. cit., p. 397 . Au cours de la période qui s’ouvre avec la Seconde Guerre mondiale De novembre 1942 à mai 1943, sous administration vichyste, la ville est brièvement occupée par les forces de l’Axe. , Tunis connaît un ensemble de mutations qui lui donnent un nouveau visage. C’est dans ce contexte qu’apparaît une ceinture de « faubourgs spontanés » (appelés gourbivilles) qui entourent rapidement la capitale. Après la guerre, l’industrialisation de la capitale s’accélère mais ne permet pas de subvenir aux besoins d’une population en pleine croissance. Du même coup, les contrastes au sein de la ville s’accentuent. Lors de l’indépendance du pays en 1956, Tunis est confirmée dans son rôle de capitale, la constitution du disposant que la Chambre des députés et la présidence de la république doivent avoir leurs sièges à Tunis ou sa banlieue. Dans un laps de temps très court, les changements se succèdent et transforment la ville coloniale. Les Européens qui voient leurs conditions de vie bouleversées se résolvent progressivement au départ. Au fur et à mesure, les Tunisiens les remplacent et la population de l’agglomération continue de croître. L’opposition entre la ville arabe et la ville européenne s’atténue progressivement avec l’arabisation de la population. Sous la pression démographique, la ville s’étend encore avec la création de nouveaux quartiers qui englobent peu à peu les banlieues les plus proches. Les équipements hérités du protectorat sont progressivement renouvelés et modernisés et de nouvelles constructions enrichissent le paysage urbain. Dans le même temps, une politique active d’industrialisation développe l’économie municipale. Le , Tunis devient le siège de la Ligue arabe après la signature par l’Égypte des accords de Camp David avec Israël. Elle le restera jusqu’au .

Architecture et urbanisme

Paysage urbain

La médina s’est bâtie sur une colline aux pentes douces descendant vers le lac de Tunis à l’est et la sebkha Séjoumi à l’ouest. La ville européenne s’est construite par la suite entre la médina et le lac. Depuis, la métropole s’étend vers les collines du nord et vers la plaine du sud en constituant divers quartiers : Quartier de Bab Souika (1963) Place de la Victoire
- Bab Souika
- Borgel : quartier abritant les cimetières juif et chrétien de Tunis
- Cité Ezzouhour (anciennement El Kharrouba en référence à un arbre du même nom) : quartier de l’ouest de Tunis, s’étendant sur plus de 3 kilomètres (divisé en 5 sections), parsemé de surfaces agricoles et maraîchères dont ne reste que de petites parcelles cultivées pour alimenter les souks de la région
- Cité Jardins
- Djebel Jelloud : quartier situé à la limite sud-est de Tunis et concentrant l’industrie lourde (cimenterie, usine de traitement des phosphates, etc.)
- El Menzah et El Manar : quartiers bâtis sur les collines dominant le nord de l’agglomération abritant une série de quartiers résidentiels et commerciaux branchés et composés de lotissements numérotés (El Menzah I à IX)
- El Omrane
- Halfaouine
- Le Belvédère : quartier du nord de la ville abritant le parc du Belvédère (le plus grand de la ville) et son zoo ainsi que l’Institut Pasteur
- Les Berges du Lac : quartier aménagé sur la rive nord du lac et accueillant en majorité les bureaux de nombreuses entreprises tunisiennes ou internationales, des ambassades et des boutiques de luxe
- La Cagna : banlieue populaire du sud de Tunis
- La Fayette : ancien quartier français abritant la Grande synagogue de Tunis
- La Petite Sicile : ancien quartier portuaire de Tunis faisant l’objet d’un projet de réaménagement
- Médina : ville historique bâtie sur la colline dominant la ville et abritant plusieurs palais, dont le Dar Ben Abdallah et le Dar Hussein, le mausolée royal de Tourbet El Bey et la mosquée Zitouna
- Montfleury
- Montplaisir
- Mutuelleville : abrite notamment le lycée français Pierre-Mendès-France et quelques ambassades.
- Ras Tabia : quartier abritant notamment une importante caserne de l’armée tunisienne
- Sidi Hassine : quartier populaire de l’ouest de Tunis, abritant des activités industrielles, qui est élevé au rang de 8 municipalité du gouvernorat de Tunis en 2006

Médina

Médersa Slimania (1754) Avec une superficie de 270 hectares (plus 29 hectares pour le quartier de la kasbah) et plus de habitants, la médina représente le dixième de la population tunisoise et le sixième de la surface urbanisée de l’agglomération. L’urbanisme de la médina de Tunis a la particularité de ne pas obéir à des tracés géométriques ni à des compositions formelles (quadrillage, alignements, etc.). L’organisation complexe du tissu urbain a alimenté toute une littérature coloniale où la médina dangereuse, anarchique et chaotique semblait le territoire du guet-apens. Pourtant, des études entamées dans les années 1930 avec l’arrivée des premiers ethnologues a permis de démontrer que l’articulation des espaces de la médina n’est pas aléatoire : les maisons s’articulent de manière socioculturelle, codifiée selon les types complexes des rapports humains. Le domaine bâti est caractérisé en général par l’accolement de grandes parcelles ( environ) et la mitoyenneté. Architectures domestiques (palais et maisons bourgeoises), officielles et civiles (bibliothèques et administrations), religieuses (mosquées, tourbas et zaouïas) et de services (commerces et fondouks) présentent une grande porosité malgré un zonage clair entre les commerces et l’habitation. La notion d’espace public est donc ambiguë dans le cas de la médina où les rues sont considérées comme le prolongement des maisons et soumises aux balises sociales. La notion de propriété individuelle est faible et les étalages des souks débordent souvent sur la voie publique. Cette idée est renforcée par la superficie d’une boutique (environ 3 m²) et des chambres à coucher ( environ). Aujourd’hui, chaque quartier conserve sa culture et les rivalités peuvent être fortes. Ainsi, le faubourg nord supporte le club de football de l’Espérance sportive de Tunis alors que, à l’autre extrémité, c’est le quartier du grand club rival du Club africain. La médina connaît aussi une sectorisation sociale : le quartier du Tourbet El Bey et le quartier de la kasbah sont les deux quartiers aristocratiques, avec une population de juges et de politiciens, tandis que la rue du Pacha est celui des militaires et des bourgeois (commerçants et notables). Plan de la médina Fondée en 698 autour du noyau initial de la mosquée Zitouna, elle développe son tissu urbain tout au long du Moyen Âge Les monuments antiques sont rares au sein de la médina. On trouve malgré tous les vestiges d'un théâtre romain englobé dans les bâtiments du Dar El Bey. , vers le nord et vers le sud, se divisant ainsi en une médina principale et en deux faubourgs au nord (Bab Souika) et au sud (Bab El Jazira). Devenue capitale d’un puissant royaume à l’époque hafside, foyer religieux et intellectuel et grand centre économique ouvert sur le Proche-Orient, le Maghreb, l’Afrique et l’Europe, elle se dote de nombreux monuments où se mêlent les styles de l’Ifriqiya aux influences andalouses et orientales mais qui empruntent également certaines de leurs colonnes ou leurs chapiteaux aux monuments romains ou byzantins, l’architecture arabe n’étant caractérisé que par l’emploi de l’arc brisé et légèrement outrepassé. Ce patrimoine architectural est également omniprésent dans les maisons de particuliers et les petits palais des personnalités officielles aussi bien que dans le palais du souverain à la kasbah Ibn Khaldoun écrit d’ailleurs à propos du palais des souverains de Tunis (Henri Salain, Tunis et Kairouan, éd. Renaud, Paris, 1908, p. 50) : Le sultan Mostancer voulant procurer aux dames de son harem la facilité de se rendre du palais au jardin de Ras Tabia qui touchait à l’enceinte de la ville, sans être exposées aux regards du public, fit élever une double muraille depuis le palais jusqu’au jardin Ensuite, il fit élever dans la cour de son palais le pavillon appelé Coubba-Asarak. Cet édifice forme un portail large et élevé dont la façade tournée vers le couchant et percée d’une porte à deux vantaux en bois artistiquement travaillé et dont la grandeur est telle que la force de plusieurs hommes réunis est nécessaire pour les ouvrir et les fermer. Dans chacun des deux côtés qui touchent à celui de la façade s’ouvre une porte semblable à celle que nous venons de décrire. La porte principale est ainsi du côté de l’occident et donne sur un énorme escalier d’environ cinquante marches. Les deux portes s’ouvrent sur des allées qui se prolongent jusqu’aux murs d’enceinte et reviennent ensuite aboutir dans la cour même Ce bâtiment aussi remarquable par la beauté de son architecture que par ses vastes dimensions offre un témoignage frappant de la grandeur du prince et de la puissance de l’empire. . Toutefois, rares sont les palais et demeures qui remontent au Moyen Âge, contrairement aux , et s qui ont légué des maisons prestigieuses telles que le Dar Othman (début du ), le Dar Ben Abdallah , le Dar Hussein, le Dar Chérif ainsi que d’autres maisons plus ou moins vastes et richement décorées dont l’inventaire des années 1970 n’en compte pas moins d’une centaine . On dénombre également plusieurs palais élevés par les beys ou des membres de leur entourage dans la banlieue de Tunis et ce depuis le . Les principaux palais des beys sont ceux de La Marsa, du Bardo et de Ksar Saïd. Si l’on ajoute les mosquées et oratoires (environ 200), les médersas (El Bachia, Slimania, El Achouria, Bir El Ahjar, El Nakhla, etc.), les zaouïas (Sidi Mehrez, Sidi Ali Azouz, Sidi Abdel Kader, etc.), les kouttabs, les tourbas (Tourbet El Fellari, Tourbet Aziza Othmana et Tourbet El Bey) et les portes, le nombre des monuments de Tunis approche les 600 dont 98 ont été classés depuis 1912. Car, au contraire d’Alger, Palerme ou Naples, son cœur historique n’a en effet jamais souffert de grandes catastrophes naturelles ou d’interventions urbanistiques radicales. Les principaux outrages qu’a subit la médina remontent à l’époque suivant l’indépendance du pays avec la destruction de l’enceinte et la précarisation de l’habitat. C’est la raison pour laquelle la médina est inscrite en 1979 au patrimoine mondial de l’Unesco. Au début du , la médina est ainsi l’un des ensembles urbains traditionnels les mieux préservés du monde arabe . Par ailleurs, le long des boulevards crées sur l’emplacement des anciens remparts, l’apport architectural de la période 1850–1950 se fait sentir dans les bâtiments officiels, la médina accueillant neuf ministères et le siège de la municipalité de Tunis.

Souks

Allée des souks Les souks constituent un véritable réseau de ruelles couvertes et bordées de boutiques de commerçants et d’artisans groupées par spécialités . Les métiers « propres » sont situés près de la mosquée Zitouna car ils ne suscitent aucune nuisance par l’odeur, le bruit ou l’usage de l’eau. Les marchands d’étoffes, les parfumeurs, les marchands de fruits secs, les libraires et les marchands de laine sont concernés au contraire des tanneurs, poissonniers, potiers et forgerons qui sont relégués à la périphérie . Il existe ainsi une hiérarchie codifiée des métiers : le commerce des chéchias, celui des parfums, le tissage de la soie, la sellerie, la confection des vêtements, la fabrication des babouches, le tissage, la poterie et enfin les forgerons et les teinturiers. Souk du cuivre Au nord de la mosquée Zitouna, qu’il longe en partie, s’ouvre le souk El Attarine (parfums) construit au début du . Il surprend par ses échoppes regorgeant de fioles contenant une grande diversité d’essences et de parfums. À partir de ce souk, une rue mène vers le souk Ech-Chaouachya (chéchias) dont la corporation, celles des chaouachis, est l’une des plus anciennes du pays. Ce sont en général des descendants d’émigrés andalous chassés d’Espagne. Sur le souk El Attarine s’ouvrent deux autres souks : le premier, qui longe la façade occidentale de la mosquée Zitouna, est le souk El Kmach (étoffes) et le second, le souk El Birka, datant du , abrite les brodeurs mais surtout les bijoutiers. C’est pourquoi, il s’agit du seul souk dont les portes sont encore fermées et gardées pendant la nuit. En son milieu, on remarque une place carrée où se trouvait l’ancien marché aux esclaves jusqu'au milieu du . Le souk El Birka débouche sur le souk El Leffa, où l’on vend toutes sortes de tapis, de couvertures et autres tissages, et se prolonge par le souk Es Sarragine (selliers), édifié au début du , qui est spécialisé en maroquinerie. À la périphérie, on trouve les souks Et Trouk, El Blat, El Blaghgia, El Kébabgia, En Nhas (cuivre), Es Sabbaghine (teinturiers) et El Grana où l’on vend des vêtements et des couvertures et qui était occupé par les juifs livournais.

Remparts et portes

Remparts et portes de la ville en 1888 Dès les premiers temps de sa fondation, Tunis est considérée comme une importante base militaire. Le géographe El Yacoubi affirme qu’au début du « Tunis était entourée d’un mur de briques et d'argile sauf du côté de la mer où il était de pierre Mohamed Sadek Messikh, op. cit., p. 41 . » Souvent endommagée voire totalement détruite au cours du Moyen Âge, l’enceinte conserva toujours son tracé d’origine. Elle était parsemée de différentes portes. Bab El Jazira, sans doute la plus ancienne porte de la muraille méridionale Mohamed Sadek Messikh, op. cit., p. 42 , ouvrait sur les routes du sud et de Kairouan. Bab Carthagena donnait accès à Carthage d’où étaient ramenés les matériaux de construction nécessaires à la ville. Bab Souika (d’abord appelée Bab El Saqqayin) avait le rôle stratégique de garder les routes vers Bizerte, Béja et Le Kef. Bab Menara (d’abord appelée Bab El Artha) ouvrait la médina vers le faubourg d’El Haoua. Quant à Bab El Bhar, elle permettait l’accès aux quelques fondouks où vivaient les marchands chrétiens de Tunis. Au début du règne des Hafsides, deux nouvelles portes sont percées au : Bab Bnet et Bab Jedid. Avec le développement de la capitale, deux faubourgs émergent à l’extérieur des remparts : Bab El Jazira (au sud) et Bab Souika (au nord). C’est pourquoi, le souverain hafside Abû Darba Muhammad al-Mustansir al-Lihyânî ordonne, au début du , la construction d'une seconde enceinte englobant la médina et ses deux faubourgs extérieurs Mohamed Sadek Messikh, op. cit., p. 46 . Elle est dotée de six portes : Bab El Khadra, Bab Saadoun, Bab El Allouj (d’abord appelée Bab Er-Rehiba), Bab Khalid ou Bab Sidi Abdallah Chérif, Bab El Fellah et Bab Alioua. À l’époque ottomane, quatre nouvelles portes sont ouvertes : Bab Laassal, Bab Sidi Abdesselam, Bab El Gorjani et Bab Sidi Kacem. La ville de Tunis conserve trois portes, Bab Saadoun, Bab El Khadra et Bab El Bhar, qui ouvraient l’ancien mur qui a disparu en grande partie.

Édifices religieux

Mosquée Zitouna Comme dans le reste de la Tunisie, une très large majorité de la population tunisoise (aux environs de 98 %) est de confession musulmane sunnite. La capitale abrite donc un très grand nombre de mosquées de différents styles architecturaux, signes de leurs époques de construction respectives. La principale et la plus ancienne d’entre elles, la mosquée Zitouna, bâtie en 732 au cœur de la médina puis entièrement rebâtie en 864 , est un prestigieux lieu de culte et, pendant longtemps, un important lieu de culture et de savoir en abritant les locaux de l’Université Zitouna jusqu’à l’indépendance de la Tunisie. Il accueille encore les cérémonies marquant les principales dates du calendrier musulman auxquelles assiste régulièrement le président de la République. La médina regroupe la plupart des grandes mosquées de la capitale qui sont toutes construites avant l’avènement du protectorat français :
- La mosquée de la kasbah, fondée en 1230 et pratiquant le rite hanéfite depuis 1584, se distingue surtout par la coupole en stalactites précédant le mihrab ainsi que par son minaret qui rappelle celui de la Koutoubia de Marrakech et qui est le plus haut de la ville.
- La mosquée El Ksar, également de rite hanéfite, située en face du Dar Hussein (Bab Menara), aurait été édifiée au .
- La mosquée Hammouda-Pacha, construite en 1655, est la deuxième mosquée de rite hanéfite construite à Tunis.
- La mosquée Youssef Dey fonctionne d’abord comme oratoire avant de devenir une véritable mosquée en 1631. Un décret beylical de 1926 fait de cette mosquée une annexe de l’Université Zitouna où l’enseignement est dispensé jusqu’à son transfert dans de nouveaux locaux à l’aube de l’indépendance.
- La mosquée Sidi Mahrez est la plus grande mosquée hanéfite du pays. Construite en 1692, elle est d’inspiration ottomane et rappelle la mosquée Süleymaniye.
- La mosquée Saheb Ettabaâ, bâtie entre 1808 et 1814 est la dernière mosquée construite à Tunis par les Husseinites avant l’occupation française. Église Sainte-Jeanne-d’Arc La présence d’églises à Tunis témoigne de la présence française pendant un demi-siècle mais aussi des échanges de Tunis avec le reste du bassin méditerranéen. Tunis est par ailleurs le siège du diocèse de Tunis dont l’évêque siège dans la cathédrale Saint-Vincent-de-Paul, édifiée en 1897 sur l'emplacement de l’ancien cimetière chrétien de Saint-Antoine. À celle-ci s’ajoutent un réseau d’édifices catholiques, dont l’église Sainte-Jeanne-d’Arc, mais aussi protestants avec l’église réformée et l’église anglicane Saint-Georges Cette dernière est construite sur ordre du souverain Romdhane Bey en 1696 pour y inhumer la dépouille de sa mère d’origine italienne et de culte protestant. Elle est gérée par l’ambassade du Royaume-Uni à Tunis. . La petite communauté orthodoxe est quant à elle regroupée autour de l’église grecque orthodoxe (1862), gérée par l’ambassade de Grèce, et de l’église russe orthodoxe (1957) qui témoigne de la présence en Tunisie d’une petite colonie de réfugiés russes blancs. Le judaïsme bénéficie quant à lui d’une très longue tradition de présence dans la ville malgré l’émigration d’une grande partie de la communauté après l’indépendance. Parmi les lieux de culte juifs subsistent encore la synagogue Beit Yaacouv et surtout la Grande synagogue de Tunis édifiée à la fin de la première moitié du en remplacement de l’ancienne Grande synagogue démolie dans le cadre des travaux de réaménagement du quartier juif de la Hara.

Espaces verts

Entrée du parc du Belvédère Tunis compte quelques grands parcs dont les premiers sont aménagés à la fin du par les autorités du protectorat français. Le plus grand d’entre eux, le parc du Belvédère, constitué dès 1892 sur un site choisi à l’époque pour sa position excentrée par rapport à la ville et sa vue sur Tunis et son lac, est le plus ancien parc public du pays . Il est réalisé dans le style paysager qui se pratique alors en métropole, constituant un très vaste espace de plus d’une centaine d’hectares traversé de routes que l’on peut parcourir à pied ou en voiture. Il abrite par ailleurs le zoo de Tunis, qui présente la faune africaine, et le Musée d’art moderne. Le jardin Habib Thameur, jardin français situé dans le quartier du Passage, se caractérise par un tracé régulier et comprend une pièce d’eau centrale ainsi que des parterres et des massifs floraux. Le jardin du Gorjani, jardin anglais situé au sud-ouest de la ville, présente un tracé irrégulier très probablement lié la topographie escarpée du terrain. Il comprend un bassin central et des allées courbes. Tous deux sont réalisés dans l’année qui suit l’indépendance en lieu et place d’anciens cimetières désaffectés , notamment le cimetière israélite de Tunis qui est déplacé au Borgel.

Banlieue

Site de l’agglomération du Grand Tunis Banlieue de Tunis Depuis la Seconde Guerre mondiale, une progression rapide mais inégale de la banlieue s’effectue selon les secteurs géographiques concernés. La banlieue prend ainsi une part de plus en plus importante dans la population de l’agglomération tunisoise. Représentant 27 % du total des habitants en 1956, elle passe à 37 % en 1975 puis à près de 50 % de ce total en 2006 : Au nord-ouest, dans le prolongement du Bardo, centre politique du pays après l’indépendance et quartier des ministères et de l’Assemblée nationale, le bâti progresse par des occupations puis des constructions illégales ou par la construction d’habitats collectifs bon marché (Ksar Saïd, Den Den, La Manouba, etc.) . Au nord, le Belvédère, El Menzah et l'Ariana se structurent par des lotissements pavillonnaires de part et d’autre des nouvelles voies de communication reliant le centre-ville à l’aéroport. Ici vivent les classes moyennes et se sont implantées de nombreux équipements universitaires et organismes de recherche étatiques. Le sud de l’agglomération souffre encore de ses activités industrielles, minières et portuaires. À Ben Arous se multiplient toutefois les lotissements résidentiels ou les occupations illégales de terrains le long des axes routiers. Cet espace urbain dilué génère toute une série de problèmes qui acquièrent dans le contexte tunisois une gravité particulière : exiguïté des terres agricoles, autosuffisance alimentaire non assurée, aridité et pénurie d’eau à terme, pauvreté et précarité des couches urbaines populaires potentiellement sensibles aux discours protestataires, etc.

Démographie

Dans les années qui suivent l’indépendance, la population de l’agglomération continue de s'accroître : l’accroissement est de 21, 1 % de 1956 à 1966 puis de 28, 5 % de 1966 à 1975 (55, 6 % entre 1956 et 1975) Paul Sebag, op. cit., p. 608 . Cette croissance régulière des effectifs s’accompagne de mutations qui modifient d’une façon radicale le peuplement de la capitale. La décolonisation s’est traduite par l’exode de toutes les minorités confessionnelles dont les effectifs s’amenuisent d'année en année. Mais les vides créés par leur départ sont surabondamment comblés par des Tunisiens qui affluent de l’arrière-pays. Au début du , la métropole de Tunis dépasse les d’habitants. La multiplication par quatorze de la population depuis le début du est d’abord le résultat de migrations extérieures. À partir de 1975, la croissance de la population se fait de façon endogène ou par transferts des villes moyennes — la croissance démographique se ralentissant progressivement tout comme l’exode rural — en raison du développement économique et de l’attractivité de la capitale. C’est dans les années suivant la Seconde Guerre mondiale que le taux de croissance de la population de Tunis connaît son paroxysme. Après l’indépendance, le gouvernement tunisien met en œuvre, pour faire face à la croissance de la population du pays, un système de planning familial, ce qui permet de faire descendre le taux de croissance démographique. Entre 1994 et 2004, la population du gouvernorat de Tunis ne s’accroît plus que de 1, 03 % par an. Elle représente, lors du recensement 2004, 9, 9 % de l’ensemble de la population tunisienne . Comme dans le reste de la Tunisie, l’alphabétisation de la région de Tunis a connu une évolution rapide au cours de la deuxième moitié du XX siècle et atteint même un niveau légèrement supérieur par rapport à la moyenne nationale : le gouvernorat de Tunis connaît le niveau d'instruction supérieure le plus élevé du pays (14, 8 % des plus de 10 ans ) et se trouve même dépassé par le gouvernorat voisin de l’Ariana (15, 3 %) qui accueille de nombreuses institutions d’études dans les NTIC. Celui de Ben Arous fait un peu moins bien (12, 3 %) alors que celui de La Manouba (7, 3 %) est en dessous de la moyenne nationale. Ces différences témoignent ainsi des disparités sociales au sein de la grande banlieue tunisoise.

Culture

Musées

Musée national du Bardo Logé dans un ancien palais beylical depuis la fin du , le Musée national du Bardo est le plus important des musées archéologiques du Maghreb et l'un des plus riches du monde en mosaïques romaines. Ses collections se sont rapidement développées grâce aux nombreuses découvertes archéologiques faites à travers le territoire. Le Dar Ben Abdallah, palais datant probablement du , devient en 1964 le siège du Musée des arts et traditions populaires de la capitale. Il renferme dans ses salles d’exposition de nombreux éléments traditionnels, témoins de la vie quotidienne d’une famille de la médina. Le Musée du mouvement national se situe dans le Dar Maâkal Az-Zaïm, demeure du nationaliste Habib Bourguiba tout au long de la période de la lutte pour l’indépendance. Après l’avènement de cette dernière, un musée y est aménagé afin de relater les péripéties de la lutte nationale entre 1938 et 1952. Le Musée militaire national, ouvert dans la banlieue ouest de la ville le , possède une collection de pièces dont armes datant du , une partie ayant été utilisée par les troupes tunisiennes lors de la guerre de Crimée.

Musique

Tunis abrite des institutions musicales parmi les plus prestigieuses du pays. La troupe de La Rachidia y est fondée en 1934 pour sauvegarder la musique arabe originale et valoriser particulièrement la musique tunisienne à travers de nouvelles créations inspirées des règles de la musique ifriquienne. Elle se compose de 22 membres (joueurs d'instruments et chorale) . La Troupe musicale de la ville de Tunis est créée en 1954 par Salah El Mahdi. Il charge en 1955 son disciple Mohamed Saâda de diriger cette troupe qui rassemble à cette époque les meilleurs artistes de la place qui intègrent par la suite la troupe de la radio nationale . Elle contribue à la promotion de plusieurs noms de la chanson tunisienne dont Oulaya. L’Association de l’orchestre arabe de la ville de Tunis débute ses activités à la fin du mois d’ en tant qu’atelier lié au centre culturel municipal. Il s’attache à la promotion de la musique arabe, à la formation musicale ainsi qu’à la coopération avec divers partenaires en Tunisie et à l’étranger. L’Orchestre symphonique tunisien, créé en 1969 par le ministère de la culture, produit par ailleurs des concerts mensuels au Théâtre municipal ou dans l’un des espaces culturels de la capitale.

Arts du spectacle

Théâtre municipal en rénovation (2001) La ville de Tunis constitue un pôle majeur de la vie culturelle tunisienne. Le Théâtre municipal de Tunis, dès son inauguration le , ouvre la voie à la diffusion de la création artistique dans la cité : opéra, ballet, concerts symphoniques, art dramatique, etc. Sur la scène de ce théâtre, de nombreuses représentations sont régulièrement données par de nombreux comédiens tunisiens, arabes et internationaux . Dans ce contexte, le théâtre joue un rôle d’importance. Le Théâtre national tunisien, entreprise publique à caractère culturel , est installée depuis 1988 au Palais Khaznadar (datant du milieu du et situé à Halfaouine) rebaptisé « Palais du Théâtre ». En 1993, il prend également possession de l’ancienne salle de cinéma Le Paris, d’une capacité de 350 places, rebaptisée « Salle Le Quatrième Art ». Elle abrite chaque saison culturelle (du au 30 juin) plus de 80 représentations théâtrales. Le théâtre El Hamra est un espace culturel situé à la rue El Jazira. Deuxième salle de cinéma ouverte à Tunis, Al Hambra (comme elle est appelée alors) est l’une des salles les plus célèbres de la capitale pendant les années 1930 et 1940 . Après quinze ans de fermeture, elle est transformée en théâtre de poche en 1986 et abrite le premier centre arabo-africain de formation et de recherches théâtrales depuis . On peut citer également l’existence des troupes d’El Teatro et de l’Étoile du Nord. D’autres arts sont également représentés dans la capitale. Le Centre national des arts de la marionnette est créé le . Sa création vient couronner les efforts de la Troupe de théâtre de la marionnette de Tunis fondée en 1976. L’École nationale des arts du cirque est fondée le au sein du Théâtre national suite à une rencontre entre le directeur de ce dernier et le directeur général du Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne (France) en 1998. L’École nationale des arts du cirque de Rosny-sous-Bois et l’Institut français de coopération concourt également à l’élaboration des programmes de l’école. Par ailleurs, des maisons de la culture sont disséminées à travers la ville et permettent diverses représentations artistiques. La ville de Tunis offre par ses décors un paysage très tôt convoité par les producteurs de cinéma. En effet, le premier tournage de vues animées dans ses rues est réalisé par les opérateurs des frères Lumière en 1896 . Les premières projections sont organisées l’année suivante et la première salle de cinéma, l’Omnia-Pathé, ouverte en octobre 1908. Le premier ciné-club de Tunis est ouvert en 1946 et la première salle d’art et essai, Le Globe, en 1965. En 1990, Férid Boughedir tourne dans le quartier d’Halfaouine son premier long métrage : Halfaouine, l’enfant des terrasses. Le Patient anglais (1996) et Les Derniers Jours de Pompéi (2003) sont eux tournés dans des studios tunisois.

Festivals et événements

L’agglomération organise plusieurs festivals chaque année dont le plus important est le Festival international de Carthage qui a lieu en juillet et août avec un retentissement international. Fondé en 1964, il en est à sa 42 édition. Il permet de proposer au public, dans le cadre de l’amphithéâtre de Carthage (avec une contenance de places assises en gradins), les prestations de chanteurs, musiciens, acteurs, danseurs ainsi que la projection de films sur écran en plein air. Parmi les festivals les plus réputés, nous pouvons également citer les Journées cinématographiques de Carthage organisées tous les deux ans ainsi que les Journées théâtrales de Carthage. De nombreuses manifestations culturelles et foires sont également organisées au sein de l’agglomération tunisoise chaque année.

Enseignement

Collège Sadiki Tunis et sa banlieue concentrent les principales universités tunisiennes : l’Université Zitouna, l’Université de Tunis, l’Université de Tunis - El Manar, l’Université du 7 Novembre à Carthage et l’Université de la Manouba. C’est pourquoi, on y compte la concentration la plus forte en nombre d’étudiants en Tunisie — —, ce chiffre regroupant les étudiants des universités Zitouna, de Tunis et de Tunis - El Manar. On y trouve aussi plusieurs établissements d’enseignement supérieur tels que l’École nationale d'ingénieurs de Tunis, l’École nationale des sciences de l’informatique, l’École supérieure des communications de Tunis, l’Institut national agronomique de Tunisie, l’Institut supérieur des études technologiques en communications de Tunis ou l’Institut préparatoire aux études d’ingénieurs de Tunis. Par ailleurs, le nombre des universités et autres instituts de formation privés augmentent à l’image des créations de l’Université libre de Tunis, de l’Université centrale privée d’administration des affaires et de technologie ou de l’Institut maghrébin des sciences économiques et de technologie. Parmi les lycées de la capitale les plus connus figurent le Lycée de la rue du Pacha (fondé en 1900), le Lycée Bab El Khadhra, le Lycée de la rue de Russie, le Lycée Habib Bourguiba (ancien Lycée Carnot de Tunis), le Lycée Alaoui ou encore le Lycée pilote de l’Ariana. Jusqu’à l’indépendance, le Collège Sadiki (fondé en 1875) et la Khaldounia (fondée en 1896) figuraient également parmi les établissements les plus reconnus. Enfin, héritage de la présence française dans le pays, la ville conserve plusieurs établissements scolaires français dont le plus important est le Lycée Pierre-Mendès-France situé à Mutuelleville.

Bibliothèques

Tunis regroupe quelques unes des plus importantes bibliothèques de Tunisie dont la Bibliothèque nationale qui est d’abord installée en 1924 dans un bâtiment de la médina construit en 1810 par Hammouda Bey pour servir de casernement aux troupes des janissaires puis de prison . Devenu trop exigu, la bibliothèque est transférée, le , dans son nouveau siège de situé au boulevard 9 avril 1938. Le nouvel édifice comporte une salle de lecture, une salle de conférences, des laboratoires, une galerie d’exposition, un bloc de services techniques et administratifs, un relais ouvert aux visiteurs, un restaurant, un parking et un espace vert couvrant . Abritée dans une ancienne demeure d'un savant de l’époque hafside, la bibliothèque de la Khaldounia est fondée en 1896 dans le cadre de la création de cette institution éducative. Après l’indépendance et suite à l’unification des programmes de l’éducation nationale, l’association cesse ses activités et la bibliothèque est rattachée à la Bibliothèque nationale qui assure depuis sa gestion . Bâtie au , le Dar Ben Achour abrite la Bibliothèque de la ville de Tunis. Acquis à la fin des années 1970 par la mairie de Tunis, la demeure est restaurée avant d’abriter dès 1983 la bibliothèque municipale.

Politique

Capitale

Place de la kasbah Tunis est la capitale de la Tunisie depuis 1159. En vertu des articles 43 et 24 de la constitution de 1959 , « Tunis et sa banlieue » accueille toutes les institutions nationales :
- la présidence de la République qui siège au palais présidentiel de Carthage
- la Chambre des députés et la Chambre des conseillers, composant le parlement, qui siègent dans l’ancien palais beylical du Bardo aux côtés du Musée national du Bardo
- les ministères et les organismes publics
- le Conseil constitutionnel ainsi que les principales institutions judiciaires

Municipalité

Institutions

Siège de la municipalité de Tunis Le Conseil municipal se compose de 60 membres dont 20 assistants élus par le conseil après sa prise de fonctions . Durant la législature 2005-2010, la répartition des sièges se fait de la façon suivante : 48 pour le Rassemblement constitutionnel démocratique (parti au pouvoir au niveau national), 4 pour le Mouvement des démocrates socialistes, 4 pour le Parti de l’unité populaire, 3 pour l’Union démocratique unioniste et 1 pour le Parti social-libéral. Le Conseil municipal se réunit 4 fois par an mais peut se réunir en session extraordinaire à la demande du maire. Parmi ses compétences figurent l’étude et le vote du budget municipal, du programme d’équipement municipal et des actions à entreprendre dans le cadre du plan national de développement. Il donne également son avis sur tous les projets devant être réalisés par l’État, le gouvernorat ou un organisme public. Contrairement aux autres maires de Tunisie, celui de Tunis est désigné par décret du président de la République parmi les membres du Conseil municipal . Abbès Mohsen, 30 maire de Tunis, est en poste depuis 2000 où il succède à Mohamed Ali Bouleymane. Il est réélu et confirmé à son poste après les élections municipales de 2005 . En complément des institutions municipales, chacun des 15 arrondissements municipaux dispose d’un conseil se réunissant chaque mois en présence des élus et des représentants des administrations concernées par les questions à l’ordre du jour.

Budget

Le budget 2006 adopté par le Conseil municipal s’articule de la façon suivante : 65 millions de dinars pour le fonctionnement et 38, 7 millions de dinars pour les investissements . Les recettes sont le produit des taxes sur les immeubles bâtis et non bâtis, des redevances de location des propriétés municipales, des revenus de l’exploitation de la voie publique, de la publicité, de la vente du domaine municipal et des actions que la municipalité détient dans le capital de certaines entreprises. Côté dépenses, des crédits sont prévus pour le remboursement de la dette municipale évaluée à 500 millions de dinars, la maintenance de l’infrastructure (voirie, éclairage public et espaces verts), les interventions en matière d’hygiène et de protection de l’environnement et les secteurs social, culturel, sportif et de la jeunesse.

Économie

Tableau général

De par la concentration des activités de commandement politique (siège des institutions du pouvoir central, présidence, parlement, ministères et administrations centrales) et culturel (importants festivals et grands médias), Tunis est la seule métropole de rang national. Son poids économique est donc très important : la ville constitue le 1 pôle économique et industriel du pays, abrite le tiers des entreprises tunisiennes — dont la quasi totalité des sièges sociaux des entreprises de plus de 50 salariés à l’exception de la Compagnie des phosphates de Gafsa qui a fait l’objet d’une mesure de décentralisation de son siège social à Gafsa — et produit le tiers du produit intérieur brut national . Les grandes faiblesses de l’économie tunisoise sont son attractivité insuffisante pour les investissements étrangers (33 % des entreprises, 26 % des investissements et 27 % des emplois), l’exclusion de plusieurs zones de la dynamique économique en raison des déséquilibres urbains, le taux de chômage des diplômés du supérieur qui est en progression de même que le taux d’analphabétisme qui demeure élevé au sein de la population la plus âgée (27 % des femmes et 12 % des hommes). Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, en régression à l’échelle nationale, reste plus élevé en milieu urbain. Par ailleurs, le chômage persiste : un jeune de 18 à 24 ans sur 3 est au chômage contre 1 actif sur 6 à l’échelle nationale. Dans le Grand Tunis, la proportion de jeunes au chômage est ainsi de 35 %.

Secteurs

La structure économique de Tunis, tout comme celle du pays, se tertiarise — la ville est la plus grande place financière du pays en abritant le siège de 65 % des entreprises financières — alors que les secteurs industriels perdent de leur importance (saturation des zones industrielles mais spécialisation des activités industrielles à haute valeur ajoutée). L’industrie y reste tout de même très représentée : Tunis accueille 85 % des établissements industriels répartis dans les 4 gouvernorats constituant son agglomération avec une évolution vers l’étalement des zones industrielles en périphérie, le long des axes de communication. L’agriculture, quant à elle, est active dans les espaces les plus éloignés du centre sous forme de ceintures maraîchères ou d’espaces agricoles spécialisés (notamment dans la viticulture très présente autour de la ville). En effet, grâce à un relief en général plat et à l’encadrement de l’agglomération par les deux principaux fleuves de Tunisie, la Medjerda au nord et l’oued Miliane au sud, fertilisant grâce à leur forte charge alluviale Paul Sebag, op. cit., p. 13 , Tunis bénéficie de plusieurs grandes plaines fertiles encore très productives : les plaines de l’Ariana et de La Soukra (nord), la plaine de La Manouba (ouest) et la plaine de Mornag (sud). De plus, une vaste nappe phréatique facilement accessible par le forage de puits peu profonds apporte l’eau nécessaire aux différentes cultures. Les sols sont lourds et calcaires au nord mais légers et argilo-sablonneux au sud Paul Sebag, op. cit., p. 40 . Les productions agricoles sont diversifiées, notamment en raison d’un régime de pluies réparties au cours de l’année : blé dur (La Manouba), olivier (Ariana et Mornag), vigne (Mornag), arboriculture fruitière, maraîchage et cultures légumineuses (toutes régions) Paul Sebag, op. cit, pp. 41-42 .

Transports

Transports publics

Métro léger et bus de la STT La ville dispose au début du d’un réseau de transport en commun relativement développé et placé sous la gestion de la Société des transports de Tunis (STT) :
- La ville possède un réseau complexe de lignes de bus (214 au total).
- La première ligne du métro léger ouvre en 1985. Le réseau s’étend progressivement depuis pour atteindre les quartiers périphériques.
- La capitale est reliée à sa banlieue nord par la ligne ferroviaire du TGM qui traverse la digue divisant le lac en deux. Par ailleurs, un nouveau projet de transport de masse est projeté pour la région du Grand Tunis à l’horizon 2009. Il s’agit du RFR (Réseau ferroviaire rapide) qui est l’équivalent du RER parisien et qui transportera des dizaines de milliers voyageurs depuis les lointaines banlieues de Tunis vers le centre en utilisant des voies ferrées existantes ou à construire Chokri Gharbi, « La métamorphose d’une capitale au cœur de la Méditerranée », La Presse de Tunisie, . Il sera décomposé en lignes dont la priorité sera fonction de certains critères comme la densité de la population ou le déficit de la desserte d’une zone donnée. Parmi les priorités se trouvent les lignes suivantes :
- Tunis-Borj Cédria (23 kilomètres) dont la modernisation et l’électrification sont déjà prévues
- Tunis-Mohamedia-Fouchana (19, 4 kilomètres)
- Tunis-La Manouba-Mnihla (19, 2 kilomètres)
- Tunis-Ezzouhour-Sidi Hassine Séjoumi (13, 9 kilomètres) Par ailleurs, le TGM sera intégré dans le réseau du métro léger et une nouvelle ligne construite vers Aïn Zaghouan et Bhar Lazrag (8, 4 kilomètres). Une telle opération nécessitera la mise à niveau des quais de gares du TGM afin qu’ils soient adaptés aux rames du métro léger. Parmi les autres projets prévus se trouvent la ligne vers la cité Ennasr (8, 4 kilomètres) ainsi que l’extension de la ligne Tunis-Ettadhamen pour atteindre Mnihla (1, 7 kilomètre). De son côté, la ligne vers El Mourouj sera étendue à El Mourouj 6 sur deux kilomètres. La longueur totale du réseau sera alors de l’ordre de 84 kilomètres.

Infrastructures

Tunis est desservie par l’aéroport international de Tunis-Carthage, situé à 8 kilomètres au nord-est du centre-ville, qui est mis en exploitation en 1940 sous le nom de Tunis-El Aouina. L’aérogare actuelle est dotée d’une capacité d’accueil de 4, 4 millions de voyageurs par an (soit 35, 98 % du trafic total des aéroports du pays). Elle sera portée à 6 millions de voyageurs en 2007 car le trafic enregistre déjà une évolution de 10, 6 % durant la période 2000-2005. Après l’indépendance, l’Office national des ports maritimes, qui prend en charge l’ensemble des ports du pays, modernise les infrastructures du port de Tunis durant les années 1960 Paul Sebag, op. cit., p. 659 . Toutefois, le développement très important des installations portuaires de La Goulette et Radès, bénéficiant de sites plus favorables, et le transfert progressif des activités et du trafic permettent d’envisager au début du le réaménagement du port de Tunis et sa transformation en port de plaisance dans le cadre du réaménagement du quartier de La Petite Sicile. Tunis connaît également une densité de circulation importante en raison de la croissance du parc automobile qui évolue au rythme de 7, 5 % par an , Webmanagercenter, . D’ailleurs, la capitale concentre à elle seule au moins 40 % du parc national avec la circulation de quelques voitures par jour. C’est dans ce contexte que d’importants travaux d’infrastructure routière (viaducs, échangeurs, voies express, etc.) sont mis en route dès la fin des années 1990 afin de désengorger les principaux axes de la capitale , La Presse de Tunisie, . Tunis est par ailleurs le noyau d’où rayonnent les principales routes ainsi que toutes les autoroutes qui desservent les diverses régions du pays :
- Autoroute A1 : Tunis-M’saken
- Autoroute A3 : Tunis-Oued Zarga
- Autoroute A4 : Tunis-Bizerte

Sport

C’est le qu’est créée la première société de football en Tunisie : le Football club de Tunis. La dénomination du club est modifiée 6 jours plus tard pour devenir le Racing club de Tunis. Faute d’adversaire, le Racing organise des rencontres au Belvédère (à l’emplacement actuel du Stade Chedly-Zouiten) entre les équipes des établissements scolaires. La première rencontre de football se déroule ainsi le entre l’équipe du collège Alaoui et celle du lycée Carnot (1-1). Avec la création d’un deuxième club de football, en octobre 1907, qui reprend l’ancienne dénomination du Racing, se déroule enfin un match entre le Racing et le Football Club. Le stade Chedly-Zouiten, situé dans le quartier du Belvédère, a longtemps été le stade principal de la capitale avant d’être supplanté par le stade olympique d’El Menzah en 1967 puis par le stade du 7 novembre, situé à Radès, en 2001. L’Espérance sportive de Tunis (EST), le Club africain (CA) et le Stade tunisien sont les grandes équipes de football de la ville. Les matchs entre les deux clubs des faubourgs tunisois, l’EST et le CA, charrieraient symboliquement une opposition de classe sociale entre un club riche et bourgeois (EST) et un club pauvre et soutenu par les masses populaires (CA). Toutefois, en se penchant sur la composition des premiers bureaux directeurs ou sur la constitution des équipes, il est étonnant de constater combien la bourgeoisie et les notables sont présents dans les deux clubs Franck Moroy, Football et politique. Le derby tunisois Espérance sportive de Tunis - Club Africain, éd. Institut d’études politiques, Aix-en-Provence, 1997 .

Annexes

Notes et références

Bibliographie

- Jellal Abdelkafi, La médina de Tunis, éd. Presses du CNRS, Paris, 1989
- Alia Baccar-Bournaz (sous la dir. de), Tunis, cité de la mer (acte d'un colloque de 1997), éd. L'Or du temps, Tunis, 1999
- Philippe Di Folco, Le goût de Tunis, éd. Mercure de France, Paris, 2007
- Abdelwahab Meddeb, Talismano, éd. Christian Bourgois, Paris, 1979
- Mohamed Sadek Messikh, Tunis. La mémoire, éd. Du Layeur, Paris, 2000
- Louis Piesse, Algérie et Tunisie, éd. Hachette, Paris, 1888
- Élisée Reclus, Géographie universelle, tome 11, éd. Hachette, Paris, 1886
- Paul Sebag, Tunis. Histoire d'une ville, éd. L'Harmattan, Paris, 2000
- Paul Sebag, Tunis au XVII siècle. Une cité barbaresque au temps de la course, éd. L'Harmattan, Paris, 2000 ==
Sujets connexes
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