Civilisation chinoise

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250px La civilisation chinoise (aussi appelée monde chinois ou tout simplement Chine (/ , Wade-Giles : Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu »)) recouvre un ensemble de pays et de cultures s’étant succédé en Asie orientale depuis 4 000 ans. Aujourd’hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de plusieurs civilisations. De même, il peut s’a
Civilisation chinoise

250px La civilisation chinoise (aussi appelée monde chinois ou tout simplement Chine (/ , Wade-Giles : Chung-kuo, EFEO : Tchong-kouo ; litt. « Pays du Milieu »)) recouvre un ensemble de pays et de cultures s’étant succédé en Asie orientale depuis 4 000 ans. Aujourd’hui, la Chine peut être considérée, selon les points de vue, comme une seule civilisation ou un ensemble de plusieurs civilisations. De même, il peut s’agir d’une nation ou de plusieurs nations réunies dans un même ensemble. La Chine est la plus vieille civilisation distincte de l’Extrême-Orient existant encore actuellement ; son histoire est caractérisée par une suite de divisions et de réunifications, de guerres et de paix, sur un territoire changeant. Pendant des siècles, la Chine a été l’une des civilisations les plus avancées dont l’influence se fait sentir encore aujourd’hui dans de nombreux pays d’Asie. C’est aujourd’hui le troisième pays du monde en superficie, et le premier par sa population : un humain sur cinq est chinois (pour la population résidente seulement). La dernière dynastie impériale chinoise Qing a connu une période de déclin durant la phase d’expansion coloniale des pays occidentaux, menant le pays de défaite en défaite à partir des guerres de l'opium. C’est seulement après la victoire contre l’armée japonaise en 1945 que la Chine a pu se constituer comme nation et retrouver toute son indépendance. Politiquement, deux États distincts prétendent détenir la souveraineté sur la Chine. Le premier est ce qu’il est d’usage d’appeler la Chine continentale, qui est en pratique la République populaire de Chine fondée par le leader communiste Mao Zedong en 1949 à Pékin. Le second est la République de Chine, dont le gouvernement longtemps mené par le leader nationaliste Tchang Kaï-chek est établi sur l’île de Taiwan depuis la victoire des communistes chinois. Elle a été fondée en 1912 à Nankin (qui reste toujours officiellement la capitale) par Sun Yat-sen sur les décombres de l’empire chinois de la dynastie des Qing. Aujourd’hui, la Chine, au sens restrictif (RPC) ou large du terme (le monde chinois), est l’objet d’une fascination pour le reste du monde ; son développement économique, engagé en 1978 par les réformes de Deng Xiaoping et ses successeurs, en fait aujourd’hui un des principaux acteurs économiques et géopolitiques mondiaux.

Présentation

Le pays est avant tout la très longue histoire d’un peuple, de sa très riche culture, de sa langue et de son écriture si particulière, de sa pensée qui continue aujourd’hui d’intriguer les occidentaux. Si ceux qui s’intéressent à tel ou tel aspect de la Chine, comme les arts martiaux, la calligraphie ou même la cuisine, sont de plus en plus nombreux, cet « Empire céleste » si lointain et différent reste souvent difficile à comprendre. La « réalité chinoise » échappe à de nombreux observateurs occidentaux, aujourd’hui comme à l’époque de sa découverte par les premiers missionnaires. Dans la seconde moitié du , les nombreuses querelles idéologiques autour du maoïsme et de la Révolution culturelle n’ont pas contribué à éclaircir les débats. Aujourd’hui la Chine est dans une période d’ouverture et de développement économique accéléré. Même si de nombreux problèmes restent à résoudre, il semble que les réformes en cours aient permis au peuple chinois de déployer son industrie et que sa puissance soit désormais comparable à celle des grands pays occidentaux. Elle est aujourd’hui souvent qualifiée d’« usine du monde » et des études ont montré que le caddie d’un ménage français, dans sa partie non alimentaire, contenait pour moitié des produits fabriqués en Chine. Géographiquement, la Chine a progressivement atteint depuis la dynastie fondatrice des Qin en 221 av. J.-C. les proportions d’un continent. Son histoire est rythmée par des mouvements d’unification suivis de désintégration, les longues périodes de stabilité correspondant aux grandes dynasties étant entrecoupées et reliées par des périodes de division et de chaos. C’est cependant la continuité de sa culture et sa relative unité politique qui font dire aujourd’hui que ce serait la plus vieille civilisation vivante du monde. Une de ses caractéristiques fondatrices est probablement le culte de la chose écrite, qu’on peut faire remonter aux pratiques oraculaires de la scapulomancie et au Livre des Mutations, et qui irrigue toute l’activité intellectuelle. Sur la pensée de Confucius (551 av. J-C. - 479 av. J-C.), Maître éducateur, et sur celle de ses disciples Mencius et Xunzi, le confucianisme a été fondé, puis utilisé comme doctrine d’État par la plupart des empereurs qui se sont succédé sur le trône. D’autres courants de pensée et d’autres personnages ont contribué à informer la culture chinoise, ainsi Lao-tseu et le taoïsme, le bouddhisme, le néo-confucianisme et jusqu’au marxisme plus récemment. Les importants apports extérieurs du bouddhisme ou du marxisme montrent que, contrairement à une idée reçue, la Chine ne s’est isolée du reste du monde que pendant une courte partie de son histoire. La culture chinoise est toutefois marquée par une profonde originalité qui la rend à la fois attirante et difficile d’accès. Souvent obscure et incomprise, difficile à interpréter et à analyser, elle fait encore trop souvent office de miroir des craintes ou des espoirs fantasmatiques des occidentaux. Pourtant, l’« expérience humaine » chinoise, qui s’est confrontée aux mêmes problèmes que les autres, est d’une ampleur et d’une richesse telles qu’on ne peut pas la tenir pour quantité négligeable. Pour paraphraser Simon Leys, cité en exergue, la Chine est une autre façon d’accomplir la même chose : l’humanité.

Noms

中国/中國 Les Chinois ont utilisé plusieurs noms pour désigner leur pays. Le plus courant aujourd’hui est 中国 (Zhōngguó, prononcé /tʂuŋkwo/). 中 (Zhōng) désigne le centre, l’axe, le milieu, intermédiaire, et représente une ligne traversant un carré en son milieu. 国 (Guó) désigne le pays, la nation, et représente la pièce de Jade brisée (symbole de pouvoir délégué et de souveraineté, le sceau partagé entre le vassal et le suzerain) entouré de frontières (donc : les terres). Le caractère Guó en graphie traditionnelle 國 représente un territoire 口 défendu par un mur 一 et des armes 戈. Ce terme a eu à l’origine un nombre de sens plus restreints, et s’est élargi ultérieurement pour désigner l’ensemble du territoire chinois. Wang Er-min (王爾敏), historien de l’Academia sinica, a recensé les sens de l’expression dans les textes pré-impériaux ; il en a identifié cinq, les trois plus fréquents étant, par ordre décroissant : région occupée par les Hua ou les Xia (ou Huaxia), premier peuple chinois selon la tradition ; territoire délimité ; ville principale, cité. Les deux autres sont : pays situés au centre et pays égaux entre eux, désignant essentiellement les principaux pays de l’époque des Royaumes combattants. Néanmoins, Zhongguo n’entra jamais dans l’appellation officielle de l’entité politique gouvernant le territoire chinois. On employait autrefois le nom de la dynastie, celui des Qin (秦) ayant donné le mot Chine et le préfixe Sino- après être passé à travers de nombreuses langues le long de la route de la soie pour atteindre finalement l'Europe. Les fondateurs du royaume chinois de Liao, ainsi que Diego Barbosa (1516) et Garcia da Orta (1563) mentionnent le mot Chine. Lorsqu’ils envisagèrent l’établissement d’une république, Sun Yat-sen et ses compagnons ne voulurent pas reprendre le terme Zhongguo, pourtant courant, car il était employé par les puissances impérialistes occidentales ; il voulaient encore moins de Shina (支那), terme réducteur utilisé par les Japonais durant les guerres sino-japonaises, imprégné de colonialisme, qu’on retrouve dans la transcription chinoise de Indochine (印度支那). Ils choisirent de combiner zhong avec hua (華 chin.trad. 华 chin.simpl.). Le sinogramme hua, qui peut aussi se lire comme « magnifique », est un des éléments de Huaxia (華夏), terme qui désigne dans les écrits des Royaumes combattants les premiers Chinois, « les tribus de Huang di et de Yandi ». Qian Mu (錢穆), historien, considère qu’il s’agit du nom de leur territoire, Hua étant une montagne du Henan, Xia l’ancien nom de la rivière Han (漢水). D’autres historiens pensent que l’ethnie Xia, qui aurait donné son nom à la première dynastie de l’histoire chinoise, était qualifiée de hua, dont un des sens est « peint », du fait que ses membres se tatouaient. Le terme Zhonghua fut mentionné pour la première fois en 1894 par Sun Yat-sen à Hawaii dans un discours. Il est inclus dans les appellations de la République de Chine et de la République populaire de Chine. Dans les œuvres anciennes de la philosophie et de la littérature chinoise, on trouve souvent la métaphore 天下, tiānxià, qui veut dire sous le ciel et désigne aussi la Chine. Selon Marcel Granet, ce mot est chargé de la connotation suivante : le ciel étant rond et la terre carrée dans la cosmogonie chinoise, les quatre coins de la terre qui ne sont pas couverts par le ciel (ni donc circonscrits par les cycles du soleil et les pérégrinations de l’empereur) sont conçus comme des territoires incultes peuplés d’êtres non civilisés. 天下 désigne donc la partie civilisée de la terre. Zhongguo et Tianxia sont parfois traduits en Empire du Milieu et Céleste Empire dans les ouvrages littéraires occidentaux anciens. Marco Polo avait donné deux noms à la Chine : la Chine du Nord est appelée Cathay (nom qui vient de Kithan) alors que la Chine du Sud est désignée sous le nom de Manzi ou Manji. "Kithan" est à l'origine du nom en russe de la Chine : Китай. La Chine a également été identifiée à la "Sérica", lieu d'origine de la soie selon les Romains. Aujourd'hui, le mot "Chine" fait généralement référence à la Chine continentale (中國大陸, zhōngguó dàlù en mandarin), ou parfois à la République populaire de Chine, Hong-Kong et Macao inclus, plus rarement encore a la RPC et Taiwan, qui correspond alors à la zone économique de la "Grande Chine" (大中華地區). La traduction la plus courante de "Chinois" est Zhongguoren (中國人), "personne de Chine". Néanmoins, on lui préfère souvent Huaren (華人) pour les Chinois d'outre-mer, terme qui a remplacé Tangren (唐人), "personne de l'empire Tang", que s'étaient donné les immigrants chinois d'Asie et d'Amérique (pourtant arrivés sous les Ming), du fait du prestige de cette dynastie. Hanren (漢人), "personne de l'empire Han" distingue les Chinois proprement dit des autres nationalités de Chine.

Histoire

"合久必分, 分久必合" : "La Chine unie se divisera ; dispersée, se recomposera". (Histoire des Trois Royaumes) Temple du Ciel(天壇)de la Cité interdite Dès le néolithique existaient en Chine des sociétés organisées sédentaires qui pratiquaient l'agriculture et l'élevage. La culture du riz apparaît vers 5000 av. J.-C. La métallurgie apparaît vers 3000 av. J.-C. sous la dynastie peut-être mythique des Xia (-2207 à -1766), et l'âge du bronze se situe sous les Shang (-1766 à -1122) La Chine est un foyer majeur de civilisation. Elle est devenue dès la fondation de l'empire par la dynastie des Qin une vaste zone relativement unifiée politiquement et linguistiquement, avec une culture avancée, devançant le reste du monde dans de nombreux domaines tels que les arts, la médecine et les techniques. Durant deux millénaires, la Chine a subi l'influence alternée de forces centrifuges et centripètes. Lorsque le pouvoir central de l'empereur se délitait et que la cour était la proie des factions rivales et des intrigues, que l'administration ne pouvait plus remédier aux famines et aux catastrophes naturelles et qu'elle ne parvenait plus à contenir la pression des « barbares » qui opéraient de vastes razzias dans les régions frontalières, des mouvements de révolte de paysans affamés déchiraient le pays, des sectes millénaristes voyaient le jour, et les provinces lointaines se retrouvaient sous la coupe de chefs de guerre ne reconnaissant plus l'autorité de l'empereur. Enfin, ceux-ci se proclamaient eux-mêmes Fils du Ciel, divisant l'empire en royaumes rivaux se livrant à des guerres incessantes et montrant ainsi que l'empereur avait perdu le Mandat du Ciel. Quand un chef de guerre, parfois issu de la paysannerie comme Zhu Yuanzhang, le fondateur des Ming, se révélait plus habile que les autres et parvenait à reprendre le contrôle de l'intégralité du pays, on considérait qu'il avait reçu un nouveau Mandat du Ciel et qu'il pouvait fonder une nouvelle dynastie. En près de deux millénaires, plusieurs royaumes furent fondés sur le territoire chinois par des ethnies non-Han ou mixtes, et deux grandes dynasties sont d'origine étrangère : celle des Yuan, mongole, et celle des Qing, mandchoue. Sous les Han, les Tang, les Song, les Ming et les Qing (dynastie mandchoue) le pays connut de longues périodes de paix. À l'exception des Qing, ces dynasties correspondent à des périodes de prospérité pendant lesquelles on peut considérer que la Chine était le plus grand, le plus stable et le plus riche État du monde. Même pendant les périodes d'unité, la culture chinoise a toujours consisté en un tissu très composite, et la variété des cuisines, des dialectes, des habitudes et des modes de vie ne doit pas être éclipsée par l'étonnante unité culturelle, administrative et politique de ce pays à l'échelle d'un continent. Cette unité et continuité ne sont pas sans rapport avec l'emploi d'une écriture relativement détachée de la phonétique, qui permet de noter de la même façon des langues et des dialectes très différents.

L'essor de la Chine moderne

Sun Yat-sen, le père de la Chine moderne Lors de la Révolution industrielle initiée en Angleterre, la Chine des Qing se ferma aux influences étrangères : cela a sans doute contribué, dans un contexte d'internationalisation des échanges et de colonialisme, à son déclin économique et technologique. Suite aux guerres de l'opium ), les Traités inégaux forcèrent l'empire Qing à diviser son territoire en zones d'influence attribuées aux Huit armées étrangères alliées, ouvertes sans conditions au commerce étranger : l'Allemagne, par exemple, occupait le Shandong, la France le Yunnan. L'économie du pays, axée sur le commerce de l'opium, fut ruinée, son autonomie politique abolie de facto. En 1851 commença la rébellion des Taiping, alimentée par les croyances des sociétés secrètes de Chine méridionale, et prônant un mouvement de réformes radicales. Mal organisée, l'armée des Taiping fut défaite en 1864, avec l'appui des troupes franco-britanniques. Lors de la première guerre sino-japonaise ), le Japon vainquit les troupes impériales, et obtint l'île de Taiwan et les îles Penghu a travers le traité de Shimonoseki. En 1898, le Royaume-Uni obtint une concession de 99 ans sur les Nouveaux Territoires (y compris New Kowloon et Lantau). Le Royaume-Uni, la Russie, le Japon, la France, l'Allemagne et la Belgique tirèrent parti de l'état de déréliction croissante du pays pour élargir chacun sa sphère d'influence. Sous la pression d’intellectuels et hommes politiques progressistes, le choix d'un régime républicain est décidé en 1911 et la République est proclamée en 1912 par Sun Yat-sen ; le dernier empereur, Pu Yi, abdique. Yuan Shi-kai, devenu président, proclame le rétablissement de la monarchie en 1915. Sa mort, en 1916, contribue au chaos économique et politique du pays : la conférence de Paris, en 1919, attribue le Shandong, revendiqué par l’Allemagne récemment défaite, au Japon. Le mouvement du 4 mai 1919 éclate en signe de protestation. En 1921, le Parti communiste chinois est créé à Shanghai. Entre-temps, Sun Yat-sen a multiplié les contacts et demandes d’assistance auprès de la jeune Union soviétique. En 1923, il fonde à Canton l’académie de Huangpu, et forme son successeur, Tchang Kaï-chek. À la mort de Sun Yat-sen en 1925, celui-ci mène avec succès l’Expédition du Nord, reprenant aux seigneurs de guerre la moitié nord du pays. En avril 1927, il proclame l’établissement de la capitale à Nankin, instaurant la période dite de la République de Nankin. La capitale communiste, Wuhan, est reprise en 1928 par l'armée du Guomindang : le parti nationaliste a le contrôle nominal de l’ensemble du pays et obtient une reconnaissance internationale. Fin 1931, Mao Zedong proclame la République soviétique chinoise du Jiangxi. Fin 1934, il entame la Longue Marche (12 500 kilomètres), parvenant à rallier au fur et à mesure environ 100 000 hommes. Fin 1935, il se fixe avec eux à Yan'an. En 1932, le royaume fantoche de Manchukuo dont Pu Yi était le souverain nominal avait été établi par les Japonais en Mandchourie, réduisant considérablement le support industriel du Guomindang. À l'été 1937, l'invasion massive de la partie orientale de la Chine par le Japon déclencha la deuxième guerre sino-japonaise. Menacé par l’occupation japonaise et les mutineries de ses troupes, le parti nationaliste s’allia aux communistes contre l'envahisseur. Exacerbée par le massacre de Nankin en décembre 1937 et les multiples exactions contre les civils, la lutte antijaponaise fortifia cette alliance jusqu’en 1940, où des conflits entre communistes et nationalistes reprirent épisodiquement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis accordèrent une aide financière massive au Guomindang dans le cadre de l’effort de guerre antijaponais ; les traités inégaux furent abolis par les Américains et les Britanniques en 1943. En février 1945, la conférence de Yalta autorisa l’Union soviétique, avec l’accord tacite du Parti communiste chinois, à chasser l’armée japonaise de Mandchourie. En 1947, l’aide américaine, s’avérant inefficace, prit fin. En 1948, les troupes du Guomindang étaient démoralisées, épuisées par la guerre antijaponaise et la corruption du parti nationaliste. Après son installation à Yan’an, Mao Zedong avait entrepris d'appliquer les principes marxistes-léninistes à la gestion des territoires qu'il occupait, menant une guérilla paysanne et ralliant les masses rurales. En janvier 1949, son mouvement avait rallié la majorité du pays et Pékin fut prise sans combat par l’Armée populaire de libération ; elle redevint capitale de la Chine sous l'appellation internationale de Beijing. Entre avril et novembre, la plupart des autres villes tombèrent sans grande résistance aux mains des communistes. Le 1 octobre 1949, Mao Zedong proclamait la République populaire de Chine à Pékin. En décembre, Tchang Kaï-chek proclamait Taipei capitale provisoire de la République de Chine.

Territoire

Aperçu historique

Les dynasties Shang et particulièrement Zhou, premières entités géopolitiques à l'origine du futur empire chinois fondé par Qin Shi Huangdi, étaient situées dans la région du Fleuve Jaune. Depuis, le territoire s'est étendu dans toutes les directions, avec des périodes de rétrécissement ou de divisions, atteignant son apogée durant les dynasties dynastie Han, dynastie Tang et Qing. La Chine des Qing incluait des territoires situés actuellement en Extrême-Orient russe, en Asie Centrale et en Mongolie. L'empereur de Chine se considérait en général comme le suzerain des régions environnantes. Beaucoup d'ethnies dites « barbares » étaient soumises au tribut. Les ambassades et cadeaux envoyés par les souverains étrangers étaient parfois également interprétés comme des signes d'allégeance. L'importance territoriale de la Grande muraille de Chine a été réduite avec l'accession au pouvoir de la dynastie Qing, qui inclut la Mandchourie, située au nord de la muraille, dans son territoire. En 1683, avec la reddition du bref Royaume de Tungning établi par Koxinga à Taiwan où l'implantation Han venait de débuter, l'île devint une partie de l'empire Qing, l'archipel des Pescadores inclus. Siège de une, puis deux préfectures provinciales, Taiwan fut cédé au Japon après la première guerre sino-japonaise en 1895. En 1945, à la fin de la seconde guerre sino-japonaise, le Japon abandonna ses prétentions sur l'île par le traité de Paix de San Francisco, et la République de Chine en prit le contrôle, avant de s'y installer en 1949 après la prise du pouvoir par le PCC. Depuis, la souveraineté du territoire est l'objet d'un conflit non résolu entre la RPC et la RC. La montée du mouvement indépendantiste taïwanais, qui ne conteste pas seulement l'autorité de la RPC, mais le principe même du rattachement de Taïwan à la Chine, rend le problème encore plus complexe.

Divisions politiques historiques

Le découpage administratif de la Chine a varié au gré des changements d'administrations. Le premier niveau de division était les provinces, puis les préfectures, sous-préfectures, départements, commanderies, districts et enfin cantons. Les divisions les plus récentes ont ajouté le statut de ville-préfecture, ville-canton, villes et zones urbaines. Historiquement, la plupart des dynasties chinoises ont pris leur essor dans le cœur de la Chine, à partir d'un des deux fleuves principaux, le fleuve Jaune et le Yangzi Jiang. Plusieurs dynasties ont eu des volontés expansionnistes, s'engageant dans des régions telles que la Mongolie intérieure, la Mandchourie, le Xinjiang, et le Tibet. La dynastie mandchoue des Qing et ses successeurs, la République de Chine et la République Populaire de Chine, ont cimenté les incorporations de ces territoires. Ces territoires étaient délimités par des limes plutôt que des frontières rigides, bien connues alors dans les pays industrialisés. Ce problème de délimitation a donné lieu à une série de critiques sur l'intégration de certains territoires en RPC, notamment celle du Tibet et du Xinjiang (qui signifie « nouvelles frontières en chinois »).

Géographie et climat

Carte générale de la Chine Répartition des précipitations en Chine La Chine comprend une immense variété de paysages, avec des plateaux et des montagnes à l'ouest, et des plaines à l'est. Ainsi, les fleuves principaux coulent d'ouest en est, dont le Yangzi Jiang (ou Chang Jiang, « long fleuve »), le fleuve Jaune (centre-est), l'Amour (nord-est) ; certains coulent vers le sud (rivière des Perles, Mékong, Brahmapoutre…). La plupart de ces fleuves se jettent dans la mer de Chine. La plupart des terres arables chinoises se situent autour des deux fleuves principaux, le Yangzi Jiang et le fleuve Jaune, qui sont aussi les foyers principaux des anciennes civilisations chinoises. À l'est, sur le littoral de la mer Jaune et de la partie orientale de la mer de Chine, se trouvent de vastes plaines alluviales toujours densément peuplées ; le littoral de la partie méridionale de la mer de Chine est plus montagneux. À l'ouest se trouvent de grandes plaines alluviales, avec de grands plateaux calcaires dans la région tibétaine, où se dresse le mont Everest. Au nord-ouest s'étendent les déserts du Takla-Makan et du Gobi, qui ont gagné en superficie, sans doute en raison de la sécheresse et de l'influence de l'agriculture. Pendant de nombreuses dynasties, la frontière sud-ouest de la Chine a été délimitée par les hautes montagnes et les profondes vallées du Yunnan, qui séparent la Chine moderne du Myanmar (ex-Birmanie), du Laos et du Viêt Nam. La Chine comporte de nombreux climats : au nord, un climat sec avec de sévères hivers ; au centre, un climat plus tempéré ; au sud, un climat sub-tropical. Les formations paléozoïques de Chine sont pour la plupart marines ; les dépôts du mésozoïque et du tertiaire proviennent d'estuaires et d'eaux douces, ou de terres. Des groupes volcaniques composent certaines parties des grandes plaines du nord. Dans les péninsules du Liaodong et du Shandong se trouvent des plateaux basaltiques. Les conséquences de l'industrialisation et de la déforestation sont considérées être à l'origine des tempêtes de sable en provenance du désert de Gobi qui frappent la capitale, et de l'augmentation des violents typhons qui frappent le sud du pays. Le pays a ainsi perdu 1, 6 milliard de tonnes de sol en 2004; 800 300 hectares de terre arable ont disparu, dont 145 000 hectares à cause de la construction immobilière et 63 700 à la suite de désastres naturels. De 1997 à 2004, la surface des sols arables a décru de 5, 7%, soit une perte nette de 7, 46 millions d'hectares sur cette période.

Économie

La Chine est en octobre 2005 la plus dynamique économie du monde, avec une croissance de 9% sur l'ensemble de l'année 2004 (cependant, ce chiffre est à prendre avec prudence, car de gros doutes subsistent sur la véracité des documents officiels, qui pourrait selon certains économistes, être minimisés). Pour l'année 2005, le produit intérieur brut (PIB) était d'environ 2 000 milliards de dollars (environ 2 600 milliards de dollars en 2006), ce qui fait de la Chine, et pour la première fois, la quatrième puissance économique mondiale après les États-Unis, le Japon et l'Allemagne, et devant la France et la Grande-Bretagne.

Aperçu historique

La Chine, première civilisation à utiliser le papier à monnaie, a une longue histoire de relations économiques internationales. On retiendra quelques points de repères utiles :Les cinq principaux processus de fabrication du papier des Chinois au deuxième siècle.
- La dynastie mongole des Yuan a organisé un système de routes et de poste efficaces, contribuant à la modernisation de l'économie chinoise
- Au début de l'ère Ming, les flottes de l'amiral Zheng He ont renforcé les liens existant déjà sur la route des épices, entre l'Inde, la côte africaine orientale, l'Indonésie et supposément l'Australie ainsi que les Amériques (avant les Européens, cf. cartes de l'Amiral de cette époque).
- Suite à une période de repli sous les Ming, la dynastie Qing a vu son déficit économique s'accroître avec l'arrivée des colonisateurs occidentaux. Au milieu du , l'économie chinoise a été dans sa plus grande partie asservie au commerce de l'opium pour les intérêts des colonisateurs, précipitant le pays dans un chaos économique et politique.
- Le règne de Mao Zedong a été synonyme d'une nouvelle période de quasi-autarcie économique, en-dehors de certains échanges avec les pays de la sphère communiste.
- Deng Xiaoping a entériné à partir de 1979 une ouverture économique progressive, qui correspond aujourd'hui à une « économie socialiste de marché », ou un paradigme chinois associe capitalisme sauvage et contrôle du parti communiste chinois.

L’atelier du monde

La Chine est surnommée depuis quelques années l'atelier du monde car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément leurs coûts. La plupart des usines ont à disposition une main d'œuvre disponible en grand nombre permise par le plus grand exode rural jamais observé dans l'histoire. Les conditions de travail sont souvent sujettes à de vives critiques de la part d'observateurs étrangers. L'industrialisation et le développement du pays se fait souvent aux dépens du monde agricole et rural : témoin, des milliers de révoltes paysannes, la plupart inconnues de médias, qui ont affecté le pays ces dernières années, notamment en raison d'expropriations immobilières. Toutefois, la Chine est en manque croissant de main-d’œuvre qualifiée et bon marché, avec pour conséquence directe la hausse des couts salariaux : le salaire minimum, par exemple, a été rehaussé à 850 RMB au mois d'avril dans la ville de Shenzhen. L'amélioration de la qualité des produits et la maîtrise de technologies de pointe semble aujourd'hui le seul choix pour la Chine pour maintenir sa position compétitive d'atelier du monde.

Démographie

Vieilles dames Naxi à Lijiang (Yunnan)|thumb La Chine est un vaste pays, et qui est peuplé de Chinois C'est souvent la proportion colossale de la démographie chinoise qui nourrit le plus les craintes et les fantasmes des occidentaux. Aujourd'hui les entreprises se battent pour obtenir un accès à son marché jugé potentiellement immense, alors qu'hier avec le « péril jaune » on craignait le déferlement asiatique en occident. Pays à l'agriculture traditionnellement prospère, la Chine a très tôt pu développer une population rurale dense et des agglomérations importantes. Sous les Song, des villes comme Guangzhou (Canton) connaissaient une densité de population ainsi qu'une organisation administrative sans égales à l'époque. Plus d'une centaine d'ethnies ont existé en Chine, l'ethnie Han restant toujours majoritaire. Cette ethnie, composée d'une nébuleuse de peuples assimilés, ne résiste toutefois pas au concept d'une ethnie Han homogène, et pourrait être elle-même divisée en sous-catégories partageant les mêmes traits culturels. Beaucoup de Han ont maintenu leurs traditions, en particulier leur langue, en continuant de s'identifier à l'ethnie Han. Le terme Zhonghua minzu(/) est utilisé comme une notion de « sinité » transcendant les divisions ethniques au sein de la Chine. Le gouvernement de la RPC reconnaît actuellement 56 minorités ethniques officielles, plus l'ethnie Han. Sa population est la plus grande du monde, dépassant les 1, 3 milliard d'individus, soit 20% environ des 6, 4 milliards d'individus vivant actuellement d'après les estimations de l'OMS. La baisse rapide de la mortalité et le retard du contrôle des naissances sous Mao Zedong, encourageant au contraire un temps les chinois à procréer une armée de « petits soldats », ont contribué à une forte croissance démographique. À la fin des années 1970, la politique de l'enfant unique, appliquée dans les villes, a été la réponse à cette explosion, freinant le développement démographique du pays. La nouvelle structure par âge de la population a accru considérablement le taux d'emploi qui est aujourd'hui un des plus élevés du monde, ce qui contribue à expliquer les forts taux d'investissement, d'épargne et de croissance économique observés depuis 1980. Mais cette politique de l'enfant unique n'est pas sans poser des problèmes sociologiques et des problèmes futurs avec un vieillissement accéléré de population prévu dès 2030. Le 28 février 2006, le Bureau d'État des statistiques (BES) chinois a annoncé que la population chinoise avait augmenté de 7, 68 millions de personnes en 2005, soit une croissance naturelle de 5, 89 pour mille, contre 5, 87 pour mille en 2004. Au 31 décembre 2005, la population chinoise a atteint personnes, dont 562 millions de personnes vivant en ville et 745 millions de personnes dans les régions rurales. Sur ce chiffre total, on compte 674 millions d'hommes (soit 51, 5%) et 634 millions de femmes (soit 48, 5%). En 2005, la Chine a enregistré plus de 16 millions de naissances et environ 8, 49 millions de décès.

Médecine

La médecine traditionnelle chinoise, constitue un des aspects les plus fascinants de la civilisation chinoise. Les approches différentes sur le traitement des pathologies (diagnostic à partir du pouls, de la complexion du visage), comprennent notamment une participation active du patient, qui est appelé à changer son alimentation si besoin est. Cinq éléments de médecine chinoise(五行生剋) Les décoctions de médecine traditionnelle, prescrites à la fin d'une consultation, sont destinées à « rééquilibrer les principes vitaux », contrebalancer les mouvements de chaud et de froid, à l'instar des médecines présocratiques en Occident. Un autre mode d'intervention du médecin chinois est l'acupuncture : suivant les méridiens ou lignes de flux vital parcourant le corps, des aiguilles sont plantées à travers la peau pour rétablir une circulation optimale du souffle vital ou qi. En Chine, elle est souvent combinée avec l'utilisation des médicaments traditionnels. On peut considérer la médecine chinoise traditionnelle comme essentiellement indirecte dans ses moyens et préventive dans ses fins. Contrairement à l'habitude occidentale qui veut que l'on oublie son corps quand tout va bien et que l'on ne s'en préoccupe qu'en cas de trouble, les Chinois tendent à être constamment attentifs à leur état, à l'affut de signes de déséquilibre qu'ils chercheront à corriger par l'alimentation ou l'usage de remèdes traditionnels ou "alternatifs". Cela explique l'énorme demande en produits naturels ou diététiques, visible particulièrement dans le domaine des produits censés améliorer les performances sexuelles, qui ne constituent en fait que la partie visible de l'iceberg. Des lotions, onguents, potions et remèdes divers sont souvent ramenés comme souvenirs de voyage par les Chinois.

Religions, philosophies, rites

La Chine a été un centre unique de rayonnement religieux : la plupart des grandes religions du monde l'ont traversé ou y ont pris naissance : la notion même de religion y a été interrogée à plusieurs reprises, notamment à l'égard du confucianisme ; toutefois, il ne fait aujourd'hui nul doute que l'étymologie du mot (religion comme « lien ») y soit plus que vérifiée à travers l'interprétation, la transfiguration ou l'acclimatation que la Chine lui a proposée au cours de plusieurs millénaires.

Le Yi Jing

De nombreux traits religieux spécifiquement chinois ont été canonisés à travers le Yi Jing, ou Classique des Mutations chinois. Issu de la scapulomancie ou interprétation de signes d'origine naturelle, cet ouvrage a engendré des générations de traditions interprétatives. Le règne des éléments complémentaires, yin et Yáng, y sont déclinés à travers ses chapitres, de nature hermétique. Intrinsèquement lié aux rituels divinatoires, c'est un manuel d'interprétation chamanique, où les vertus métaphysiques des caractères chinois trouvent leur naissance académique.

Le taoïsme

Lao Zi, Mythes et Légendes de Chine, 1922 par E. T. C. Werner Le taoïsme, ou plutôt les courants taoïstes, sont apparus à partir du , inspirés par les courants du Yin-Yang et des Cinq éléments, ainsi que par les écrits du philosophe Lǎo Zi (ou Lao-tseu) (老子), dont le fameux Livre de la Voie et de la Vertu, (Dàodé Jīng), est, avec le Livre des Mutations (Yì Jīng), aux sources de l'ésotérisme chinois. Ces courants se sont constamment enrichis de nouvelles influences et ont fourni à l'ensemble de la religion chinoise beaucoup de ses concepts et pratiques ainsi qu'un certain nombre de divinités. Les maîtres taoïstes prennent en charge beaucoup de rites spécialisés. Il y aurait aujourd'hui plus de 1 500 temples taoïstes en Chine.

Le confucianisme

Fondé sur l'enseignement de la vie de Confucius, notamment à travers ses Entretiens et les ouvrages de ses disciples tels que Mencius, le confucianisme a été érigé en doctrine d'État, trouvant son paroxysme sous la dynastie Song. Naturellement voué aux interprétations des dynasties régnantes, la doctrine originelle de Confucius n'est toutefois pas nécessairement synonyme de soumission aux institutions, comme certains contemporains l'observent. Historiquement, le confucianisme a toutefois contribué à imposer l'idéologie des "cinq relations" entre sujets, destinée à affermir l'ordre social et le lien cosmique entre position hiérarchique et vertu céleste.

Le bouddhisme

Apparu dès le premier siècle après Jésus-Christ, le bouddhisme a profondément marqué les croyances religieuses en Chine, engendrant parfois de violentes vagues de répression anti-bouddhiques. La Chine a constitué un des centres majeurs de civilisation bouddhique au monde, par son œuvre de traduction et d'expansion de la religion à travers de nombreuses régions d'Asie. Le Japon et la Corée en particulier ont largement bénéficié de la richesse de transmission des traditions bouddhiques en Chine. Le bouddhisme chinois appartient en majorité au courant mahâyâna. L'une de ses formes, le bouddhisme tibétain (ou lamaïsme), répandu surtout au Tibet et en Mongolie intérieure, recrute de plus en plus d'adeptes parmi les Hans depuis quelques décennies. Le bouddhisme du Petit Véhicule est également présent, mais nettement minoritaire. On estime qu'il y a environ 13 000 temples bouddhistes en Chine.

Le chan

Le chan (禅) résulte de la synthèse entre le taoïsme et le bouddhisme. Le fondateur de cette doctrine est Bodhidharma le 28 patriarche du bouddhisme indien qui, venu de l'Inde, s'est rendu entre 520 et 526 à Shaolin en Chine pour y créer le monastère du même nom. C'est là qu'il met au point les bases d'un art martial chinois : le Shaolin quan , art martial reposant sur une fine connaissance des règles initiatiques issues de la rencontre du taoïsme et du bouddhisme. La leçon conceptuelle du Chan est communiquée par les kōan, courts aphorismes qui ont l'apparence de poèmes anodins mais qui synthétisent au maximum les archétypes et la codification de la leçon transmise par les moines de ce monastère. Le périple de Bodhidharma est le sujet de nombreuses publications. Du chan est issue le zen, au Japon.

la religion populaire

La pratique religieuse de la majorité de la population (avant 1949 pour la Chine continentale) consiste en fait en un mélange de taoïsme, confucianisme, bouddhisme et traditions locales, souvent appelé religion populaire.

L'islam

À partir , l'islam a constitué un autre vecteur d'échanges culturel particulièrement riche en Chine, notamment au travers de la route de la soie, où des cultures pluri-culturelles ont émergé par exemple dans la région du Tarim, encore vivantes aujourd'hui. Le Yunnan a également été un de ces points d'échanges sino-islamiques : le célèbre navigateur Zheng He était un musulman originaire du Yunnan. Les membres de l'ethnie Hui, en tout point semblables culturellement aux Han actuels en-dehors de leur religion, sont issus de Hans convertis ayant absorbé des musulmans non-chinois. L'islam a connu sa plus forte expansion sous la dynastie des Yuan (元) (1271-1368). On compte aujourd'hui près de 30 000 mosquées dans le pays.

Le christianisme

Les premières traces de la culture chrétienne en Chine remontent à des stèles nestoriennes du . Puis vinrent au des Franciscains, dont l'activité missionnaire fut interrompue un siècle plus tard sur ordre de l'empereur. C'est à partir des missionnaires jésuites, tout d'abord portugais, que des contacts réguliers ont été entretenus entre les mondes chinois et occidental, la Chine restant relativement imperméable aux velléités expansionnistes chrétiennes. En 1601 Matteo Ricci et ses compagnons furent admis à Pékin, mais les missions furent closes en 1773 sur ordre papal. Le protestantisme a été introduit à partir des guerres de l'opium à travers des missionnaires britanniques. Il y a à présent plus de 4 600 églises et sites de réunion catholiques et 12 000 temples et plus de 25 000 lieux de culte protestants. Il existe une église catholique officielle, non reconnue par le Vatican et une église catholique romaine essentiellement clandestine. L'Église orthodoxe est présente pour répondre aux besoins des Chinois d'origine russe, installés dans les confins Nord et Ouest du pays, mais reste très marginale.

Le judaïsme

Comme les chrétiens, les juifs ont dû parvenir en Chine pour la première fois au en suivant la route de la soie. Quatre communautés juives existent en Chine, à Harbin, Shanghai, Canton et Kaifeng ; cette dernière, découverte par Matteo Ricci au , remonterait à la dynastie Song. Une communauté plus récente existe à Hong-Kong.

Autres religions

Le zoroastrisme et le manichéisme ont également pénétré en Chine et influencé la religion populaire, en particulier le second. Au début du , plusieurs mouvements syncrétistes (confucianisme-taoïsme-bouddhisme, voire christianisme ou islam) sont apparus, mais ont vite été éliminés du fait des choix politiques de leurs dirigeants. Plus récemment, malgré la méfiance du PCC vis-à-vis des organisations ou mouvements civils de grande envergure, une nouvelle religion - ou secte - syncrétiste, Falun gong, a émergé en 1992. D'après le ministère de la Sécurité publique (1998), elle compterait 80 millions de sympathisants. Le chamanisme est pratiqué principalement par les minorités chinoises ; le Dongba est une sorte de paganisme lamaïsé, survivance d'une ancienne religion pratiquée par les Naxi, une des nombreuses minorités ethniques de Chine, d'origine tibétaine, vivant dans le Yunnan.

Culture

En tant qu'entité linguistique et culturelle relativement homogène et continue, dont la longévité surprend (et bouleverse les théories du déclin nécessaire des civilisations), la Chine a développé une culture originale et immense, qui a exploré presque tous les modes d'expressions connus : littérature, calligraphie, peinture, musique, etc. Elle a de plus inventé la calligraphie, art considéré comme le plus noble et le plus raffiné. Son économie de moyens (un pinceau, de l'encre noire, une feuille de papier absorbant) et son cadre très contraignant (l'ordre et la disposition des traits sont déterminés) en font, paradoxalement, un art dans lequel l'expressivité est à son comble : le pinceau y tient lieu de « sismographe de l'âme ».

Littérature

Une infime partie de la production écrite de la civilisation chinoise est accessible en langues occidentales et bien peu d'œuvres sont connues du grand public. Étant donné le contexte particulier de ce pays, sa littérature au sens large a connu des évolutions différentes de celle des autres régions du monde. L'épopée, par exemple, y est singulièrement absente. En revanche, les anecdotes, contes, faits divers, courtes biographies, ainsi que les essais, les commentaires des classiques, les traités, les compilations sont des genres foisonnants. Parmi les livres et les auteurs chinois qui ont été traduits et lus en Occident, on peut noter : Le Voyage en Occident (Pérégrinations vers l'Ouest), Au bord de l'eau, Le Rêve au Pavillon rouge, la poésie de Du Fu et de Li Bai, ainsi que l'auteur moderne majeur qu'est Lu Xun.

Voir aussi

- Culture chinoise
- Arts de la Chine
- Chinois célèbres
- Mandarin
- Caractères chinois
- Théâtre chinois

Jours fériés et fêtes traditionnelles

Sciences

Inventions

;Poudre à canon : La première mention de la formule de la poudre à canon (charbon, salpêtre et soufre) apparaît dans le Wǔjīng zǒngyào 武經總要 de 1044, et il faudra attendre l'année 1285 pour trouver la même mention dans un texte européen. La découverte semble avoir pour origine des recherches faites dans les milieux taoïstes de l'époque des Táng, mais fut bientôt suivie par une application militaire dans les années 904-906. Il s'agissait alors de projectiles incendiaires nommés "feux volants" (fēihuǒ 飛火). ;Imprimerie : Avant d'être une invention de Johannes Gensfleisch (connu sous le nom de Gutenberg), l'imprimerie est une invention coréenne. Mais la Chine avait déjà connu l'imprimerie à caractères mobiles (au ) bien longtemps avant que la Corée et l'occident ne découvrent cette dernière (au ). Cependant cette technique a été abandonnée par les chinois à l'époque car ce système n'était pas adapté à l'écriture chinoise (les idéogrammes) alors qu'en occident cette technique était adaptée à l'alphabet. ;Bonsaï : Les japonais ont sans doute inventé le mot bonsaï mais l'invention de ce petit arbuste est bien d'origine chinoise. ;Cerf-volant : C'était la première invention a exploiter le vent et l'espace aérien. ;Boussole : Il permettait de situer la direction: nord, sud, est et ouest. C'était un instrument essentiel pour l'orientation et les voyages. ;Allumette : Cet objet simple a dû nécessiter pour sa fabrication des connaissances en chimie, en mécanique, en bois etc. Une invention totalement écologique, qui constitue sans doute l'avant-garde de ce qu'on désigne actuellement par le terme de biodégradable. ;Fonctionnaire : Ce système de sélection par concours est bien une invention chinoise qui permettait de choisir les meilleurs lettrés du pays… ;La Porcelaine : les Chinois sont le premiers peuple au monde à connaître les techniques de la fabrication de la porcelaine vers la dynastie Tang (-Xe siècle). L'Europe maîtrisera à son tour la technique au . ;Pâtes : encore une invention méconnue ou mal connue du public qui ne prend pas ses origines en Italie. ;Gouvernail d'étambot : Les chinois ont mis au point cet instrument facilitant la navigation dont va se servir Christophe Colomb pour découvrir l'Amérique.

Voir aussi

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Sujets connexes
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