Polyclète

Infos
Le Diadumène, Musée national archéologique d'Athènes (inv. 1826) Polyclète (en grec ancien / Polýkleitos) est un sculpteur grec du premier classicisme , l'un des plus connus du monde antique.
Polyclète

Le Diadumène, Musée national archéologique d'Athènes (inv. 1826) Polyclète (en grec ancien / Polýkleitos) est un sculpteur grec du premier classicisme , l'un des plus connus du monde antique.

Biographie

Bien que Polyclète soit l'un des artistes antiques les plus souvent mentionnés par les textes anciensRolley, p. 26., sa vie est très mal connue. Sur la base des œuvres qui sont attribuées, sa période d'activité s'étendrait de 460 à 420 av. J.-C.Borbein, p. 69.. Pline l'Ancien mentionne son floruit (apogée) lors de la 90 olympiade, c'est-à-dire en 420-417 av. J.-C., date qui correspond vraisemblablement à la statue de culte chryséléphantine d'Héra à ArgosBorbein, p. 70.. Pline indique qu'il est originaire de Sicyone (XXXIV, 53)., dans le Péloponnèse, mais toutes les autres sourcesPar exemple Platon, Protagoras (311c), suivi par Jean Tzétzès, Chiliades (VIII, 319 sq.)., notamment des inscriptionsPar exemple L. Moretti, Inscriptiones græcæ Urbis Romæ, 1968-1990, 1580 = Muller-Dufeu, 1149., le mentionnent comme argien. Selon la tradition, il est l'élève d'Agéladas, tout comme ses contemporains MyronHistoire naturelle (XXXIV, 57). et PhidiasScholie des Grenouilles d'Aristophane, 504 = Muller-Dufeu, 675 ; suivi par Tzétzès, Chiliades (VII, 325) et la Souda (s.v. Geladas).. Il fonde ensuite à Argos un atelier. Parmi ses disciples, Pline cite Asopodoros d'Argos, Alexis, Aristéidès, Phrynon, Athénodoros et Déméas de CleitorHistoire naturelle (XXXIV, 50).. Des membres de sa famille auraient également été sculpteurs : son frère (?) NaucydèsD'après (II, 22, 7), mais certains manuscrits portent « Périclytos » au lieu de « Polycleitos », le passage étant probablement corrompu. Muller-Dufeu, p. 407 et Rolley, p. 44. et le frère de ce dernier, Daidalos. Pausanias cite également un second Polyclète, précisant que ce n'est « pas l'homme qui a fait la statue d'Héra, mais un élève de NaucydèsDescription de la Grèce (VI, 6, 2).. » Auteur de statues d'athlètes, ce dernier a surtout connu une carrière d'architecte, achevant ainsi le théâtre d'Épidaure. Polyclète a peut-être travaillé à Athènes. Parmi les indices figurent la réalisation d'un portrait de l'ingénieur ArtémonHistoire naturelle (XXXIV, 56)., l'influence du Doryphore sur une figure de la frise du Parthénon et le fait que Socrate le cite à deux reprises dans ses proposPlaton, Protagoras (311c) et Xénophon, Mémorables (I, 4, 3)..

Œuvres

Liste des œuvres

Tête d'Amazone blessée, Glyptothèque de Munich Les textes anciens citent de lui :
- des effigies de dieux et de héros :
- la statue d'Héra chryséléphantine de l'Héraion d'ArgosDescription de la Grèce (II, 17). ;
- un Hermès à Lysimachéia ;
- une statue d'Héraclès prenant ses armesHistoire naturelle (XXXIV, 56) ; Cicéron, L'Orateur (II, 16, 70).
- une Amazone présentée au concours d'Éphèse, auquel participent également Phidias et Crésilas ;
- des statues d'athlètes vainqueurs à Olympie : CyniscosBase inscrite, Wilhelm Dittenberger et Karl Purgold, Olympia: Die Ergebnisse der… Ausgrabung, vol. 5, Die Inschriften von Olympia, 1966, 149 = Muller-Dufeu, 1146 ; Description de la Grèce (VI, 4, 1)., PythoclèsBase inscrite : Inschriften von Olympia, 162 et 163 = Muller-Dufeu, 1148 ; Description de la Grèce (VI, 7, 10). et XénoclèsBase inscrite : Inschriften von Olympia, 164 = Muller-Dufeu, 1152 ; Description de la Grèce (VI, 9, 2). ;
- des scènes de genre :
- le DiadumèneHistoire naturelle (XXXIV, 55). (athlète se ceignant du bandeau de la victoire) ;
- le DoryphoreNotamment Cicéron, Brutus (86, 296) ; Quintilien, Institution oratoire (V, 12, 21) ou Galien, Des Semences (II, 1, §606). (porteur de lance) ;
- un Apoxyomène (athlète se raclant la peau avec un strigile), sujet identique à celui de la célèbre statue de Lysippe ;
- des joueurs d'osselets ;
- des canéphoresCicéron, Contre Verrès (IV, 3, 5). (porteuses de panier) ;
- un portrait de l'ingénieur Artémon. À l'exception de la statue chryséléphantine d'Héra, toutes les œuvres de Polyclète sont en bronze. Aucun original ne nous est parvenu, mais il existe de nombreuses copies en marbre, dont certaines probablement très fidèles, généralement romaines, et d'époque impériale.

Le canon

L’éphèbe Westmacott (athlète se couronnant), copie d'un type généralement attribué à Polyclète, British Museum Polyclète a été le premier sculpteur grec à rédiger un traité sur son art, le Canon ( / Kanốn, littéralement la « règle »), dont deux courts passages seulement ont été préservés – l'un chez PlutarqueMoralia (86a et 636c). Andrew Stewart, « The Canon of Polykleitos », Journal of Hellenic Studies, vol. 98 (1978), p. 124-125 et Borbein, p. 85, note 113. et l'autre chez Philon de ByzanceBelopoeica (IV, 2). Stewart, p. 124 et Borbein, p. 85. –, mais que plusieurs auteurs antiques ont paraphrasé, en particulier GalienSur les tempéraments (I, 9) et Des doctrines d'Hippocrate et de Platon (5).. Celui-ci indique que Polyclète « a confirmé son discours par une œuvre, en créant une statue selon les principes de son discours, et en nommant la statue elle-même, tout comme son ouvrage, le CanonDes doctrines…, traduction de Muller-Dufeu, 1160.. » Cette statue est identifiée par Pline au Doryphore, dont le type a été reconnu en 1863 dans une statue en marbre découverte à PompéiKarl Friederichs, « Des Doryphoros des Polyklet » dans Winckelmannsprogramm der Archäologischen Gesellschaft zu Berlin, 23 (1863).. L'ensemble de ces témoignages permettent de retrouver certains des principes du Canon. Celui-ci repose sur un ensemble de rapports numériques entre les différentes parties du corps : le torse et les jambes ont la même hauteur, c'est-à-dire trois fois la hauteur de la tête ; le bassin et les cuisses mesurent respectivement les deux tiers du torse et des jambes. Le Canon descend dans le détail : Galien parle de la proportion « du doigt au doigt, de tous les doigts à la main et au poignet, de ceux-là à l'avant-bras, de l'avant-bras au bras, et de tout à tout. » Le Canon n'est pas seulement un guide pratique pour le sculpteur, comme l'est par exemple la grille des Égyptiens et des sculpteurs archaïques : il montre que le corps humain est régi par les nombres et par la symétrie, comme le reste de la natureBorbein, p. 86.. À cet égard, il est révélateur que l'une des paraphrases les plus utiles du Canon ait été rédigée par un médecin : Galien déclare explicitement que « la beauté corps est, selon tous les médecins et les philosophes, dans les rapports équilibrés entre ses parties. » Notre connaissance du Canon reste très incomplète, ne serait-ce que parce que nous ignorons l'endroit exact où prendre les mesures : il est difficile de faire correspondre la terminologie anatomique des Grecs avec la nomenclature moderneStewart, p. 122.. Ensuite, les copistes romains utilisent relativement peu de points de mesure, ce qui entraîne des variations non négligeables d'une copie à l'autre : des mesures ont par exemple mis en évidence des écarts moyens de 3% entre différents exemplaires de l’Apollon de Cassel, un type statuaire contemporain de PolyclèteEva Maria Schmidt, Der Kasseler Apollon und seine Repliken, Antike Plastik V, Berlin, 1966, p. 38-39. Cité par Stewart, qui confirme l'estimation d'après ses propres mesures sur les coureurs de la villa des Papyrus, p. 123.. Le seul examen des différentes copies ne suffit donc pas à reconstituer le Canon. Enfin, le sens des citations et les paraphrases du Canon n'est pas toujours clair. Ainsi, Varron cité par Pline note que les statues de Polyclète sont quadrata, littéralement « carrées », un terme difficile à comprendre : allusion à la construction mathématique de la figureRichard Tobin, « The Canon of Polykleitos » dans American Journal of Archaeology, vol. 79, 4 (octobre 1975), p. 319-320. ? Simple comparaison entre les silhouettes plutôt trapues de Polyclète et celles, plus élancées, de Lysippe, discutées dans le même passageBorbein, p. 75. ?

Le contrapposto

Selon la tradition, c'est lui qui introduit la notion de contrapposto, c'est-à-dire le fait de reposer le poids du corps, en station debout, sur une seule jambe, atténuant ainsi l'impression de roideur qui se dégage souvent de la sculpture grecque archaïque.

Notes

Bibliographie

- , p. 205-206.
- Adolf H. Borbein, « Polykleitos », Personal Styles in Greek Sculpture (s. dir. Olga Palagia et Jerome J. Pollitt), Cambridge University Press, 1998 (1 édition 1996) , p. 66-90.
- , 1138-1180, p. 395-405.
- , p. 26-53.
- Emeric David, Polyclète de Sicyone, dans Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne

Voir aussi

- Sculpture grecque Catégorie:Sculpteur de la Grèce antique bg:Поликлет ca:Policlet cs:Polykleitos de:Polyklet en:Polykleitos es:Policleto fi:Polykleitos gl:Policleto he:פוליקליטוס hr:Poliklet hu:Polükleitosz (szobrász) it:Policleto nl:Polykleitos de Oudere pl:Poliklet pt:Policleto de Argos ru:Поликлет Старший sr:Поликлет sv:Polykleitos tr:Polykleitos
Sujets connexes
Agéladas   Amazones   Argos (ville)   Aristophane   Artémon   British Museum   Bronze   Chryséléphantin   Cicéron   Contrapposto   Crésilas   Diadumène   Doryphore (Polyclète)   Glyptothèque de Munich   Grec ancien   Héra   Jean Tzétzès   Lysippe   Musée national archéologique d'Athènes   Myron   Olympie   Parthénon   Pausanias   Phidias   Philon de Byzance   Platon   Pline   Pline l'Ancien   Plutarque   Pompéi   Péloponnèse   Quintilien   Scholie   Sculpture grecque   Sicyone   Socrate   Souda   Strigile   Varron   Xénophon  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^