Madame de Montespan

Infos
M de Montespan Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan, née le au château de Lussac-les-Châteaux, morte le à Bourbon-l'Archambault, plus connue comme Madame de Montespan, fut une favorite de Louis .
Madame de Montespan

M de Montespan Françoise Athénaïs de Rochechouart de Mortemart, Marquise de Montespan, née le au château de Lussac-les-Châteaux, morte le à Bourbon-l'Archambault, plus connue comme Madame de Montespan, fut une favorite de Louis .

Une séduisante courtisane

Fille du duc de Mortemart et de Diane de Grandseigne, Françoise, qui prit plus tard le nom d'Athénaïs sous l'influence de la préciosité, fut d'abord élevée dans un couvent à Saintes. Elle en sortit en 1658, sous le nom de Mademoiselle de Tonnay-Charente. Arrivée à la Cour de France peu après, grâce à l'intervention d'Anne d'Autriche (grâce à la tante de Françoise de Montespan, Anne de Rochechouart de Mortemart, qui fut une de ses camarades de jeu), la jeune fille est attachée au service d'Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis . Elle épousa en février 1663 Louis Henri de Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan († 1701), dont elle eut Marie-Christine de Gondrin de Montespan (1663-1675) et le duc d'Antin (1665-1736). Elle rencontra Louis , à l'automne 1666. Occupé de son amour pour sa favorite, la duchesse Louise de La Vallière, il ne fit tout d'abord pas attention à elle. Mais lorsqu'elle se lia avec la duchesse, le roi, la rencontrant souvent chez sa maîtresse et chez la reine, remarqua sa conversation piquante, naturelle et enjouée. "À la plus surprenante beauté, elle joignait l'esprit le plus vif, le plus fin , le mieux cultivé, cet esprit héréditaire dans sa famille" dira Mme de Sévigné. Insensiblement, Louis se laissa charmer par la belle marquise, mordante sans méchanceté et agréable conteuse. On convient que Mme de Montespan ridiculisait beaucoup de gens, uniquement pour amuser le roi. Ses sarcasmes n'étaient pourtant pas sans danger. Les courtisans les craignaient. Ils évitaient surtout de se laisser voir sous ses fenêtres quand Louis était avec elle ; ils appelaient cela "passer par les armes". Elle devint sa maîtresse en mai 1667. Son mari, qui avait tenté de tirer avantage de la situation dans un premier temps, fit un scandale à la cour lorsqu'il apprit la nouvelle. Il fut promptement enfermé au Fort-l'Évêque, puis exilé sur ses terres, en Champagne, d'où il ne sortit presque plus jusqu'à sa mort.

Favorite du Roi-Soleil

M de Montespan et ses enfants On s'aperçut bientôt de la liaison devenue intime qui existait entre elle et le roi. Elle eut un appartement à peu de distance de celui du monarque et les courtisans clairvoyants n'eurent pas de peine à expliquer pourquoi l'un et l'autre se dérobaient en même temps au cercle de la reine. La sensible La Vallière ne fut pas la dernière à s'apercevoir qu'elle n'occupait plus seule le cœur de Louis. Il n'y eut que la reine qui ne voulut pas s'en douter. Madame de Montespan avait su la persuader de sa vertu. Ce fut en 1670 que sa faveur éclata officiellement lors d'un voyage en Espagne où elle fit une partie du voyage dans la voiture du roi et de la reine. Et lorsqu'elle montait dans la sienne, quatre gardes du corps entouraient les portières. En 1674, Mme de La Vallière quitta la cour. Mme de Montespan devint alors la favorite en titre de Louis (1638-1715) roi de France et de Navarre. Elle fit supprimer la présence des filles d'honneur de la reine, tant par la crainte qu'elle avait devant le goût de la nouveauté de son amant - elle pouvait trouver plus d'une rivale parmi les jeunes personnes qui se succédaient rapidement - que par le souci de cacher la naissance des enfants nés de leur passion. Ils eurent en effet sept enfants, parmi lesquels six furent légitimés et quatre atteignirent l'âge adulte :
- une fille, Louise Françoise (1669-1672),
- Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine (1670-1736),
- Louis César de Bourbon, comte de Vexin, abbé de Saint-Germain-des-Prés (1672-1683),
- Louise Françoise de Bourbon, Mademoiselle de Nantes (1673-1743), qui épousa Louis de Bourbon-Condé, duc de Bourbon, 6 prince de Condé,
- Louise Marie Anne de Bourbon, Mademoiselle de Tours (1674-1681),
- Françoise Marie de Bourbon, la seconde Mademoiselle de Blois (1677-1749), qui épousa Philippe d'Orléans, futur régent,
- Louis Alexandre de Bourbon (1678-1737), comte de Toulouse. Elle confia alors leur éducation à Mme Scarron, la future Madame de Maintenon, qui devint par la suite sa rivale. Mais avec le temps, la marquise, fatiguée de cette gênante pudeur s'en débarrassa et ne prit plus la peine de dérober au public ses enfants.

Un règne fastueux

L'empire que l'orgueilleuse maîtresse exerçait sur le coeur du roi la fit bientôt prétendre obtenir de l'autorité dans les affaires. Elle avait tant de moyens d'influer sur l'esprit du roi que les ministres et les courtisans se soumirent à elle. On demandait et on suivait ses conseils. Louis , lui-même abusé par la vivacité et l'apparente étourderie de la marquise la montrait aux ministres comme une enfant. Cet enfant connut ainsi tous les secrets de l'État. Mme de Montespan était également passionnée par le luxe qui, durant sa faveur, s'étendit partout, polit les mœurs, en les corrompant peut-être, imprima tant d'activité au commerce, aux manufactures, et donna un si grand essor au génie des beaux-arts. Il est permis de croire qu'elle a contribué à développer chez Louis ce goût des grandes choses et de la magnificence. La marquise créa par ailleurs autour d'elle une cour brillante où dominait le bel esprit, l'esprit des Mortemart. La Fontaine, Molière, Quinault furent protégés et encouragés par elle qui donna au roi l'idée de faire écrire son histoire par Racine et Boileau.

La disgrâce

Avec l'âge, Louis éprouvait le besoin d'une vie plus régulière, encouragé en ce sens par Mme de Maintenon, devenue entre temps l'amie du roi. Celle-ci, se sentant forte d'une réputation sans tache, empruntait la voix de la religion et de la morale pour ramener Louis de ses erreurs. Les sévères exhortations de Mme de Maintenon frappaient le roi par leur justesse ; mais habitué depuis longtemps à l'attrait du plaisir, il s'y laissait entraîner avec Mme de Montespan pour revenir ensuite déplorer sa fragilité auprès de Mme de Maintenon. Telle fut la cause de la jalousie réciproque entre les deux femmes. Louis était lui-même obligé d'intervenir dans leurs querelles pour les racommoder, pour les voir de nouveau se brouiller le lendemain. Mais c'est une troisième femme qui provoqua la disgrâce de Mme de Montespan. Louis tomba éperdument amoureux de Mlle de Fontanges, âgée seulement de vingt ans. C'était une protégée de Madame de Montespan qui avait cru pouvoir retenir le roi en lui présentant une jeune oie blanche. Le piège se retourna contre elle. Mademoiselle de Fontanges se retrouva vite enceinte mais accoucha prématurément d'un petit garçon qui ne survécut pas. Elle fut à son tour prise d'un mal lent qui l'affaiblissait de jour en jour et finit par la tuer. C'est cet événement qui lança l'affaire des poisons. Compromise (à tort ou à raison ?) dans cette sombre histoire, la marquise fut délaissée par le roi. Depuis 1683, M de Montespan n'avait plus de titre mais elle demeura cependant à la Cour, ne pouvant se résoudre à s'éloigner du roi. Elle suivait le train de vie, donnant de grandes fêtes, vivant toujours sur un grand pied. En 1685, sa fille M de Nantes épousait le duc de Bourbon, Louis de Bourbon-Condé. En 1692, son fils Maine se mariait avec une petite-fille du Grand Condé et sa fille M de Blois devenait l'épouse du duc de Chartres, neveu du roi. Elle était fière des brillants mariages de ses enfants. Le roi lui-même a d'ailleurs envisagé que le duc du Maine monte sur le trône en cas d'extinction des Bourbons et, à sa mort il souhaita que celui-ci et son frère, le comte de Toulouse, assurent la Régence du futur Louis . En 1691, Madame de Montespan se retira à Paris où elle vécut dans la dévotion, la générosité et la volonté d'expier ses torts passés. Elle se disait toujours malade, sans l'être véritablement, et elle montrait constamment la crainte la plus vive de mourir. Son appartement restait éclairé pendant la nuit, et on la veillait toute la nuit au cas où son sommeil vint à s'interrompre. Elle mourut en 1707, lors d'une cure à Bourbon, dans l'oubli le plus complet.

Voir aussi

- Louis
- Maison de Rochechouart
- Madame de Maintenon
- Mademoiselle des Œillets
- Marie Angélique de Fontanges
- Liste des maîtresses des rois de France
- Madame de Monstespan est interprétée par Lysa Ansaldi dans le spectacle musical Le Roi Soleil mis en scène par Kamel Ouali.

Bibliographie

- ;
- ;
- ;
- ;
- . ===
Sujets connexes
Affaire des poisons   Anne d'Autriche (1601-1666)   Bourbon-l'Archambault   Favori   Fayard   Fortunée Briquet   Françoise Marie de Bourbon (1677-1749)   Henriette d'Angleterre   Jean Racine   Jean de La Fontaine   Kamel Ouali   Le Roi Soleil   Liste des ducs de Mortemart   Liste des maîtresses des rois de France   Liste des monarques de France   Liste des rois de Navarre   Louis-Victor-Léon de Rochechouart   Louis Alexandre de Bourbon   Louis Antoine de Pardaillan de Gondrin   Louis Henri de Pardaillan de Gondrin   Louis III de Bourbon-Condé   Louis XIV de France   Louis XV de France   Louise Françoise de Bourbon (1673-1743)   Louise de La Vallière   Lussac-les-Châteaux   Lysa Ansaldi   Madame de Maintenon   Maison de Rochechouart   Marie Angélique de Fontanges   Molière   Nicolas Boileau   Perrin   Philippe Quinault   Philippe d'Orléans (1674-1723)   Plon   Régence   Saintes   Simone Bertière   Tonnay-Charente  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^