Conquête de l'Algérie

Infos
La conquête de l'Algérie se fit en plusieurs étapes :
- La prise d'Alger, le 5 juillet 1830, par les troupes françaises, commandées par Louis Auguste Victor de Ghaisne, comte de Bourmont.
- Une campagne militaire française féroce, de 1830 à 1857, pour « pacifier » l'Algérie. Marquée par la résistance d'Abd El-Kader et celle de Lalla Fatma N'Soumer.
- Et des opérations de colonisation des populations et des territoires et d'exploration du Sahara. <
Conquête de l'Algérie

La conquête de l'Algérie se fit en plusieurs étapes :
- La prise d'Alger, le 5 juillet 1830, par les troupes françaises, commandées par Louis Auguste Victor de Ghaisne, comte de Bourmont.
- Une campagne militaire française féroce, de 1830 à 1857, pour « pacifier » l'Algérie. Marquée par la résistance d'Abd El-Kader et celle de Lalla Fatma N'Soumer.
- Et des opérations de colonisation des populations et des territoires et d'exploration du Sahara.

Origine algérienne

Bombardement d'Alger commandé par Lord Exmouth, août 1816 La régence d'Alger (partie nord de l'Algérie moderne) est en déclin depuis le début des guerres napoléoniennes qui limitent le commerce en Méditerranée. De plus, à partir de 1815, les flottes britannique et française dominent la Méditerranée. Les revenus du dey d'Alger, le plus haut dignitaire turc en place (la régence d'Alger fait alors partie de l'Empire ottoman), baissent. Pour compenser la perte des revenus maritimes et du commerce, celui-ci accroît la pression fiscale, mal supportée par la paysannerie. Pour échapper au pouvoir central, la population se nomadise. De plus, la production de blé algérien se heurte à la concurrence de l'Europe de l'Est, et la chute de l'Empire français a privé la régence d'Alger d'un grand importateur. La crise sociale déclenche une crise politique, le dey d'Alger semble contesté par les beys. La menace d'implosion intérieure ne cesse de s'amplifier dans les années 1820. Le pays est fragilisé.

Origine française

Motivée par la volonté de distraire l'attention d'une opinion publique agitée (Seconde Restauration), encouragée par la Russie, la France se relance dans les campagnes coloniales avec la conquête d'Alger (1830). L'invasion prend pour prétexte un incident diplomatique d'importance secondaire et assez mal élucidé d'ailleurs entre le représentant français, le consul Pierre Deval, et le dey d'Alger Hussein Dey, au sujet d'un contentieux financier vieux de trente-et-un ans entre le gouvernement français et la régence d'Alger. À cette époque, en 1799 et afin de nourrir les soldats de l'expédition d'Egypte, Talleyrand négocie un paiement différé pour deux négociants juifs d'Alger, Bacri et Busnach, chargés d'importer du blé algérien en France. Ceux-la ne furent pas payés, et ne purent s'acquitter des taxes imposées par le dey. En 1827, celui-ci réclame le paiement des deux marchands, afin de percevoir des taxes dont il a grand besoin. Exaspéré et se jugeant offensé par le consul français réputé pour son caractère difficile et arrogant et qui laisse trainer l'affaire, il lui porte un coup d'éventailDans . Selon des sources locales, il ne fit que le toucher du bout de son éventail pour lui indiquer la sortie. Charles X saisit alors l'occasion pour échapper à ses difficultés intérieures. Le roi, très conservateur, veut renouer avec le prestige monarchique (il s'est fait sacrer à Reims selon les rites anciens), et décide donc de laver l'honneur du pays. Un blocus maritime est mis en place. L'invasion est conseillée par Polignac, afin de sauver la situation intérieure française. Le roi renoue avec la tradition des croisades des catholiques contre l'Empire ottoman. La chevalerie est de retour, et Charles X avoue même vouloir retrouver l'esprit des victoires de Cortès, avec l'espoir de conquérir l'Afrique. On cherche surtout dans un contexte de troubles sociaux où la révolte gronde à envoyer outre Méditerranée des populations présentant un danger pour l'ordre social.

La prise d'Alger

amiral Duperré lors de la prise d'Alger en 1830 D'abord jugée comme risquée, la campagne est finalement rapidement victorieuse. La France débarque le 14 juin 1830. La résistance s'organise mal, mais la présence française est contestée par les caïds, les chefs de tribus. Alger est prise le 5 juillet, après des combats difficiles. Charles X comptait d'ailleurs utiliser cette victoire pour renforcer sa légitimité de roi de France, à l'intérieur du pays, et faire plus facilement passer ses 4 ordonnances de Saint Cloud. Mais il fut renversé en juillet (Trois Glorieuses). L'armée française, composée de 37 612 hommes et commandée par le général de Bourmont, ministre de la guerre, quitte Toulon pour Palma le 16 mai 1830 sur une flotte française de 567 navires, dont 103 bâtiments de guerre, commandée par l’amiral Duperré. Grâce aux reconnaissances que Napoléon Ier a fait faire sur le terrain au commandant du génie Boutin, Bourmont peut préparer minutieusement le plan de débarquement. La flotte se dirige vers Alger qu’elle atteint le 31 mai, mais une partie des navires étant encore à Palma, Bourmont attend le 14 juin pour accoster près de la presqu’île de Sidi-Ferruch, 25 Km à l’ouest d’Alger. Le 18 juin, le dey d’Alger rassemble une armée à la hâte de 50 000 hommes commandés par l’agha Ibrahim : 5000 Janissaires, 5000 Coulouglis (métis de Turcs et de femmes indigènes), 10 000 Maures algériens et 30 000 Arabes des beylicats d’Oran, du Titteri et de Médéa. Jusqu’au 28 juin, Bourmont se contente de riposter, car le matériel de siège n’est pas encore débarqué. Le 29 juin, commence l’attaque décisive contre Fort l’Empereur (Sultan-Khalessi), principal ouvrage de défense d’Alger, occupé le 4 juillet. Le dey Hussayn propose aussitôt des négociations et capitule le lendemain. Les troupes françaises entrent dans Alger. Le 7 juillet, ordre est donné d’évacuer la Casbah. Le 15 juillet, le dey Hussayn s’embarque pour Naples et les Janissaires pour l’Asie mineure. Une commission de gouvernement et un conseil municipal institués par Bourmont remplacent l’administration turque. Le corps expéditionnaire a eu 415 morts, dont un des quatre fils de Bourmont. Avant que l'avenir de la Régence ne soit fixé, Bourmont va de l'avant, pousse jusqu'à Blida, fait occuper Bône et Oran dans la première quinzaine d'août. Le 11 août, le nouveau ministre de la guerre, le général Gérard lui communique officiellement la nouvelle de la Révolution de juillet. Bourmont, fidèle au Bourbon, refuse de prêter serment au nouveau roi Louis-Philippe Ier après la chute du régime de Charles X et est remplacé par le général Clauzel (2 septembre 1830-février 1831), qui entre en négociation avec les beys du Titteri, d’Oran et de Tunis pour qu’ils acceptent le protectorat de la France. Il fait occuper Mers-el-Kébir, Oran, Bône et Médéa, mais le gouvernement lui retire des troupes et il doit abandonner ses projets de conquête de toute l’ancienne Régence d’Alger. C‘est lui qui favorise la création des premiers régiments de zouaves.

La résistance d'Abd El-Kader

Abd El-Kader Le 26 juillet 1830, les chefs religieux appellent à la résistance et au djihad. Finalement, c'est le régime de la Monarchie de Juillet qui s'entend avec les leaders algériens pour organiser un nouvel ordre local, mais de nombreuses tensions de pouvoir demeurent, et une résistance s'organise notamment avec Abd El-Kader, à partir de 1832. Les tribus se réunissent dans un idéal de guerre sainte afin de constituer un territoire autonome, contre la France et l'Empire Ottoman. En 1837, une paix est négociée, Abd El-Kader contrôle les deux tiers du territoire. En 1839, après des maladresses françaises, la guerre reprend car Abd El-Kader souhaite refouler les Français. Ceux-ci réagissent violemment, et en 1843, ils remportent une grande victoire. Une sorte de guerilla se met en place, pour finalement être lentement refoulée vers le Maroc. Une intervention française au Maroc fera perdre ce soutien, Abd El-Kader doit se rendre, l’armée française d’Afrique contrôle alors tout le nord-ouest de l’Algérie.

Les dernières résistances et la création de l'Algérie

Lalla Fatma N'Soumer, figure de la résistance contre l'armée coloniale française Le territoire algérien, qui ne comprenait pas l'actuel sud-algérien, est donc officiellement annexé par la France, mais dans les faits, toute la région de Kabylie résiste encore. Les succès remportés par l'armée française sur la résistance d'Abd el-Kader, renforce la confiance française, et permet de décréter, après débats, la conquête de la Kabylie. Entre 1849 et 1852, la domination française s'étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, des tribus de Grande Kabylie se rendent, la capture de la maraboute Lalla Fatma N'Soumer met un terme à la résistance mais les kabyles se soulèveront encore jusqu’au début des années 1870. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la conquête ne s’est pas faite du nord au sud, puisque les montagnes ont encore une fois été le dernier refuge de l’indépendance. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la soumission des Beni-M’zab du Mzab (1852) et celle du Souf, reculent les limites de l’Algérie jusqu’au grand désert. La France peut alors entamer le travail de colonisation de l'Algérie.

Le bilan démographique

Dans son ouvrage La démographie figurée de l'Algérie (page 260) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k103772b le médecin et démographe René Ricoux, chaud partisan de la colonisation qui se prononce contre le "croisement avec les indigènes musulmans", car cela donnerait fatalement naissance selon lui à "une race déclassée", affirme que la démographie des arabes que "leurs caractéristiques condamnent à une lente mais inéluctable disparition" accuse une baisse spectaculaire et continue depuis 1830. De 3 millions qu'étaient les "indigènes" au moment de la conquête, ils ne sont plus que 2 125 051 en 1872, selon les chiffres du dernier recensement cité par Ricoux. Selon lui cette évolution résulte des tueries mais aussi des conditions nouvelles imposées aux indigènes, en néo darwiniste convaincu il impute cela à la loi de la sélection naturelle qui veut que les plus faibles disparaissent aux profits des "races supérieures". Il déclare dans son ouvrage "le déchet en 42 ans a été de 874 949 habitants, soit une moyenne de 20 000 décès par an. Durant la période 1866-1872, avec les massacres par l'armée française, la diminution a été bien plus effrayante encore: en six ans, il y a eu disparition de 527 021 indigènes; c'est une moyenne non plus de 20 000 décès annuels, mais 87 000." (La démographie figurée de l'Algérie, op.cit., p.260 et 261) Selon Olivier Le Cour Grandmaison Coloniser Exterminer, de Olivier Le Cour Grandmaison aux éditions Fayard, 2005, la colonisation de l'Algérie s'est traduite par l'extermination du tiers de la population, dont les causes sont multiples, massacres, déportations, famines ou encore épidémies, mais étroitement liées entre elles. Ce qui interdit de tenir les deux dernières pour des phénomènes naturels sans rapport avec la pacification meurtrière de ce territoire et témoigne de la dimension exterminatrice de l'entreprise.

Notes

==
Sujets connexes
Abd El-Kader   Alger   Algérie   Années 1820   Armée française   Bey   Blida   Blocus   Casbah d'Alger   Caïd   Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord   Charles X de France   Colonisation   Dey   Empire ottoman   Fayard (édition)   France   Guerre sainte   Guy-Victor Duperré   Idéologie coloniale française   Jules de Polignac (1780-1847)   Kabylie   Laghouat   Lalla Fatma N'Soumer   Liste des ministres français de la Défense   Louis-Philippe Ier   Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont   Maroc   Monarchie de Juillet   Mzab   Médéa   Napoléon Ier   Olivier Le Cour Grandmaison   Oran   Pacification   Palma   Petite Kabylie   Reims   Russie   Sahara   Seconde Restauration   Touggourt   Toulon   Trois Glorieuses   Tunis  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^