Hédonisme

Infos
L'hédonisme (du grec hèdus, « agréable, plaisant ») est une doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l'existence.
Hédonisme

L'hédonisme (du grec hèdus, « agréable, plaisant ») est une doctrine philosophique qui fait du plaisir le but de l'existence.

Acceptions possibles

Hédonisme comme pensée philosophique

En tant que tel, l'hédonisme n'a pas une unique définition tant les courants philosophiques dits hédonistes sont multiples, divers et particuliers. Néanmoins, on peut constater que tous les penseurs que l'on peut qualifier d'hédonistes s'accordent sur le fait que le plaisir est le souverain bien, et que la douleur doit être rejetée. Ainsi, la morale de vie doit être axée sur la réalisation d'une vie heureuse et orientée vers les plaisirs de l'existence et sur le rejet des causes de souffrances. Une formule de Chamfort résume assez bien ce en quoi consiste l'idéal hédoniste : Jouir et faire jouir sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà le fondement de toute morale. L'hédonisme au sens philosophique repose ainsi sur deux points essentiels :
- D'abord la recherche des plaisirs et le rejet des déplaisirs. La conjonction de ces 2 points empêche la simple jouissance immédiate, instantanée au mépris des conséquences : tout plaisir n'est pas hédoniste. Certains plaisirs doivent être évincés car ils conduisent à des déplaisirs futurs si grands que le plaisir immédiat est trop faible en regard de la souffrance à venir. L'hédoniste évalue donc les situations en fonction du plaisir et/ou du déplaisir, à la fois dans l'immédiat et dans l'avenir.
- De ce fait, l'hédonisme impose un calcul, une arithmétique. L'hédoniste est à la fois une personne qui se connaît, connaît le monde réel et sait se projeter et anticiper afin de savoir ce qui conduit au plaisir, au déplaisir, à la durabilité, à l'immédiateté. Ce calcul hédoniste, dit aussi utilitariste, est essentiel pour vivre sereinement. La possibilité de contrats moraux rentre dans cette optique au sens où plusieurs personnes peuvent s'entendre pour partager des plaisirs de l'existence et rejeter ensemble des déplaisirs. La conséquence directe est qu'il n'y a pas de morale hédoniste prête à emploi. Chacun doit découvrir qui il est, ce qu'il est et batir sa propre morale hédoniste. Il n'y a donc d'hédonisme qu'éthique (au sens de science des valeurs morales). Il y a des morales hédonistes, et non une morale hédoniste. Les plaisirs de l'existence sont multiples et fonction de chaque individu. Ainsi, chacun des penseurs hédonistes a tâché d'orienter sa vie en fonction de ses dispositions personnelles. Toutefois, on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Epicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie sans trouble (recherche de l' Ataraxie), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social, etc. Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humilité, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc. Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi). La pensée hédoniste a été fermement combattue par les régimes autoritaires (qu'ils soient religieux, philosophiques ou politiques). Beaucoup de philosophes hédonistes, ou ayant une conception qui s'en rapprochait, ont tenu des postures athées ou agnostiques (Epicure), matérialistes (Démocrite), voire aussi libertaires (Michel Onfray, revendiquant la société socialiste libertaire comme la modalité politique de l'hédonisme).

Hédonisme vulgaire

Au sens vulgaire, on entend par hédonisme la recherche du plaisir brut comme pulsion quasi-instinctive et animale. L'hédoniste est une personne qui ne vise que son plaisir égoïste, solitaire, souvent au détriment des autres dont il use et abuse à ses propres fins. Pour l'hédoniste vulgaire, tout est une occasion de se satisfaire dans le mépris le plus total d'autrui. Seuls comptent son plaisir, ses désirs, ses envies et leurs satisfactions immédiates personnelles. Cette acception du terme hédonisme a pour origine la lutte entre les différents courants de pensée en Occident. L'avènement du christianisme, puis de la philosophie allemande, comme courants de pensée dominants a eu pour conséquence directe que les dictionnaires, les enseignements et l'histoire "des" philosophies ont été rédigés par des tenants de cet ordre dominant. Ainsi, comme la philosophie matérialiste antique, le cynisme ou l'utilitarisme du siècle, l'hédonisme a été caricaturé et déformé dans le but de lui donner une image commune repoussante sans souci de véracité philosophique et historique.

Hédonisme en ethnologie

« Hédonistique » est un adjectif créé par des ethnologues pour désigner les sociétés dans lesquelles les interactions sont destinées à les prolonger ou à en établir, en contraste avec les sociétés agonistiques où les interactions sont orientées à les interrompre ou les diminuer.

Histoire

La doctrine est associée notamment dans l'Antiquité à Aristippe de Cyrène et au Cyrénaïsme, mais aussi à Épicure, bien que leurs définitions du plaisir soient différentes. Épicure rappelle qu'un plaisir excessif actuel doit être évité s'il conduit à une douleur future alors que les Cyrénaïques insistaient sur le fait que le plaisir est toujours le but présent de l'action, même si cette fin est relativisée et se modifie dans le temps. Jeremy Bentham, le fondateur de l'utilitarisme, le comprenait comme un « calcul hédoniste », qui devait systématiser l'idée de mesure des plaisirs dans le Philèbe de Platon. Ce calcul constitue une des bases des modélisations dans la théorie de la décision. John Stuart Mill, qui reprit la doctrine utilitariste, reprocha ensuite à Bentham de ne pas avoir donné de hiérarchisation qualitative de la nature des plaisirs. Mais une telle hiérarchisation fait sortir de l'hédonisme pour y introduire d'autres valorisations et d'autres fins (comme celle de « vie bonne pour l'homme », qui recherche une valeur du bonheur en plus des plaisirs).

Voir aussi

-Ascétisme
-Bonheur
-Désir
-Épicurisme
-Eudémonisme
-Plaisir
-Michel Onfray
-Dorian Gray
-Sybaritisme

Bibliographie

-Philèbe, Platon
-Lettre à Ménécée, Épicure
-L'invention du plaisir, Michel Onfray
-Contre Histoire de la philosophie Michel Onfray

Lien externe

Hedonisme Hedonisme ca:Hedonisme cs:Hédonismus da:Hedonisme de:Hedonismus en:Hedonism eo:Hedonismo es:Hedonismo et:Hedonism fi:Hedonismi he:נהנתנות hr:Hedonizam is:Nautnahyggja it:Edonismo ja:快楽主義 lt:Hedonizmas nl:Hedonisme no:Hedonisme pl:Hedonizm pt:Hedonismo ru:Гедонизм simple:Hedonism sk:Hedonizmus sr:Хедонизам sv:Hedonism tr:Hazcılık zh:享樂主義
Sujets connexes
Antiquité   Aristippe de Cyrène   Ascétisme   Bonheur   Cyrénaïsme   Désir   Eudémonisme   Jeremy Bentham   John Stuart Mill   Matérialisme   Michel Onfray   Philosophie   Philèbe (Platon)   Plaisir   Platon   Sybaritisme   Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort   Théorie de la décision   Utilitarisme  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^