Civilisation germanique

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Alors que la tradition historiographique française confine les peuples germaniques à des tribus inconnues réfugiées dans des forêts humides au-delà du Limes en Germanie (jusque l'antiquité tardive), puis à l'emploi systématisé du terme barbare lors du Haut Moyen Âge, il est possible de décrire une civilisation germanique unifiant les traits des anciens peuples d’Europe du Nord précédant leur christianisation. Cette description n'a donc de sens que dans la situati
Civilisation germanique

Alors que la tradition historiographique française confine les peuples germaniques à des tribus inconnues réfugiées dans des forêts humides au-delà du Limes en Germanie (jusque l'antiquité tardive), puis à l'emploi systématisé du terme barbare lors du Haut Moyen Âge, il est possible de décrire une civilisation germanique unifiant les traits des anciens peuples d’Europe du Nord précédant leur christianisation. Cette description n'a donc de sens que dans la situation de l'âge du fer germanique, antérieur à l'âge des Vikings selon les découpes de l'historiographie anglo-saxonne. Compte tenu des trajets des peuples, les Germains de la mer du Nord émanent d'une culture scandinave à compter du , identique à celle des futurs conquérants Vikings. Des découvertes récentes réalisées depuis les cinquante dernières années et prises en charge par des universités allemande dans les sections archéologiques permettent d'en révéler les traits, ce qui bouscule la manière dont cette civilisation était présentée jusqu'alors à partir des chroniques rédigées par ceux que ces peuples avaient envahis La Germanie de Tacite en est un ouvrage fondateur, puis les écrits obtenus de Grégoire de Tours polissent les Francs et les distinguent des exactions des autres présentés comme des barbares, lire aussi Sidoine Apollinaire qui fut manifestement au contact des Burgondes.. Les divers peuples germaniques grignotent progressivement les territoires des celtes historiques et entrent en contact avec les Romains, qui nomment cette terre la Germanie (d'après Tacite). Cette carte compare chronologiquement leur expansion, jusque 300, avec celle de l'Empire romain, jusque 117.

Contextualisation

Le contexte de cet article est donc chronologiquement du IIe au Ve; il commence par l'arrivée de peuples en Germanie provenant de Scandinavie ou d'îles hypothétiquement originelles (Bornholm, Gotland) situées en mer Baltique. Géographiquement, il comprend la Germanie connue des Romains étendue jusque la Pologne et les limites primitives de la Russie historique (Novgorod était connue des Svears Svears : zone originelle Gamla Uppsala, voir aussi varègue., voire fut développée par eux.) Leurs emplacements en Germanie sont aujourd'hui reconstituées par le relevé des cultures archéologiques, travail plutôt ardu attendu que les traces d'une hutte en bois et pierres ne permet pas de distinguer si elle fut bâtie par des Burgondes ou des Alamans. On peut éventuellement parler de protohistoire pour décrire leurs implantations précédant leur contact avec la civilisation romaine, dans la mesure où après 325 les annalistes de Rome n'ont plus d'éléments pour les relater dans leurs écrits. La dynamique d'expansion du monde latin sous l'égide de l'Empire n'a pas fonctionné pour ces peuples, là où elle avait marché pour les Celtibères et les Gaulois, pour ne citer qu'eux ; les provinces taillées au delà des frontières naturelles que forment le Rhin et le Danube telles que la Rhétie ne se sont pas stabilisées et ont été régulièrement ravagées. Cet article donne donc l'opportunité de développer les traits propres à ces peuples, en dehors du scope des latins et de la manière de les considérer (lire l'article idéologique barbare sur ce sujet).

Identification

Les peuples germaniques sont divisés en 2 ou 3 branches principales, selon la période considérée et pour des raisons ethnolinguistiques :
-le rameau nordique ou Scandinaves
-le rameau westique ou Germains occidentaux
-le rameau ostique ou Germains orientaux Population : 1 à 4 millions Tribus indépendantes des autres : il n'y a pas d'unité politique.
- Les Goths (implantation des royaumes goths);
- Les Wisigoths et Ostrogoths sont hors champ ici puisque leur séparation a lieu à un moment parfaitement chroniqué par Byzance : le surgissement de l'empire hunnique en Europe.
- Les Vandales
- Les Lombards
- Les Alamans
- Les Burgondes ((implantations dans royaumes burgondes);
- Les Francs
- Les Anglo-Saxons

Description de la civilisation germanique

Gouvernement

Il est propre à chaque peuple. Il n'y a pas d'administration, éventuellement un conseil des sages sur le mode scandinave, mais cette assertion provient plus d'une déduction propre à l'origine de certains des peuples. La manière d'élire les chefs des tribus et peuples est très différente de celle issue de l'Empire romain, et forme la base des futures structures monarchiques et de l'aristocratie en expérience lors du Haut Moyen Âge qui va s'ouvrir. La transmission héréditaire d'un titre n'est absolument pas un trait identifié à ce moment, ceci relevant vraisemblablement d'une construction ultérieure par dévoiement des titres de l'administration romaine. Il n'y a pas à proprement parler de roi avant l'existence des premiers royaumes sédentaires, hors contexte de cet article. Les chefs conduisent leur peuple (lire dux) parce qu'ils sont les plus aptes (Braves) pour le faire, et reconnus par l'aristocratie dominante de ce peuple.

Culture germanique

Droit germanique

C'est un droit de tradition orale sur le mode scandinave, propre à l'identité de chaque peuple. Forcément, les Germains ne savent pas écrire latin ou grec, hormis les enfants des peuples fédérés (lètes) élevés par des précepteurs byzantins ou romains. Dans les royaumes sédentarisés du , il fusionne graduellement avec certains concepts du droit romain en passant par des édits rédigés : lire droit romano-germanique.

Droit germanique : bibliographie

Voir : Jori, Alberto, Hermann Conring (1606-1681): Der Begründer der deutschen Rechtsgeschichte, Tübingen, 2006. ISBN 3935625596.

Structure sociale

Les sociétés germaniques n'étaient pas étrangères à l'esclavage. En effet, elles distinguaient les personnes libres, semi-libres (peuples conquis) et les esclaves. Cette structure sociale perdure dans les premiers royaumes ; le sujet des esclaves en fuite amène même le dernier d'entre eux à légiférer durement juste avant sa chute : le royaume wisigoth en Ibérie n'a vraisemblablement pas pu obtenir une paix civile suffisante pour offrir de résistance en 711. En haut de la pyramide sociale se trouvent les guerriers issus de la tribu habilitée à faire l'élection des nouveaux rois. Ce mode d'organisation est clair dans la société gothique avec les reiks qui sont les "princes", pas les rois, malgré la similitude du mot) , à titre d'exemple, mais absente des Francs saliens qui eux appliquent la loi salique sur un mode de partage successoral entre frères.

Pratiques guerrières

:Lire armement des Germains.

Agriculture

:Une description d'un germain sédentaire sur une implantation retrouvée et étudiée par les cultures archéologiques vient choquer l'idée que se fait une lecture des invasions barbares, qui laisserait penser à un mode de vie nomade identique à la horde de l'empire hunnique en mouvement. Il n'en est rien. Les Germains s'installent, se battent entre eux, forment des ligues ou fédérations de peuples, et pratiquent l'agriculture vivrière sur leurs zones d'implantation respectives. L'agriculture des Germains est de type pastorale. ils pratiquent la jachère un an sur deux.

Religion germanique primitive

Du point de vue religieux, la connaissance de leur paganisme est réduite. Elle ne vient que de Jules César et de Tacite. Le paganisme norrois des années 1000 est connu, mais il a probablement évolué dans le temps. Une chose demeure certaine, la religion ne devait pas être très forte puisque certains se sont convertis avant même d'avoir été en contact avec les Romains. Le chamanisme et les pratiques divinatoires étaient l'apanage de certaines femmes, les Völvas. Les Germains n'ont pas d'alphabet, à l'exception des runes pour les offices religieux.

Mythologie

Éventuellement à distinguer de la mythologie nordique par la figure de Nerthus (fertilité).

Voir aussi

Postérité

Au contact des Romains, ils deviennent peuples fédérés à la faveur d'une victoire militaire. Leur histoire après 406 met fin à l'unité des traits caractéristiques objet de cet article. Sa description est celle des royaumes du Haut Moyen Âge en Europe occidentale.

Références

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