Histoire des Juifs en Iran

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Esther biblique (femme de Xerxès Ier) et de son oncle Mordechaï, à Hamedan, l'un des centres de pélerinage juif les plus importants en Iran Un juif d'Iran en train de prier dans une synagogue de Shiraz en 1999 La communauté juive en Iran est parmi les plus anciennes du monde ; ses membres descendent des Juifs qui sont restés dans la région après l'exil en Babylone, quand les souverains achéménides du premier empire perse ont permis aux Juifs de retourner à Jérusalem.
Histoire des Juifs en Iran

Esther biblique (femme de Xerxès Ier) et de son oncle Mordechaï, à Hamedan, l'un des centres de pélerinage juif les plus importants en Iran Un juif d'Iran en train de prier dans une synagogue de Shiraz en 1999 La communauté juive en Iran est parmi les plus anciennes du monde ; ses membres descendent des Juifs qui sont restés dans la région après l'exil en Babylone, quand les souverains achéménides du premier empire perse ont permis aux Juifs de retourner à Jérusalem. On estime à 50 000 le nombre de Juifs présents aujourd'hui en Iran, alors qu'ils étaient 85 000 en 1978. Au cours des siècles, les Juifs d'Iran sont devenus physiquement, culturellement et linguistiquement indifférenciables des populations non-juives. La très grande majorité des Juifs en Iran ont le persan pour langue maternelle et une très petite minorité parle le kurde. Les Juifs sont majoritairement installés dans les zones urbaines. Dans les années 1970, ils étaient concentrés à Téhéran, avec des communautés plus petites à Shiraz, Isfahan, Hamedan et Kashan et ailleurs. Jusqu'au , les Juifs étaient confinés dans leurs propres quartiers. En général, ils étaient une minorité pauvre, leurs occupations étaient restreintes à l'usure, et aux travaux avec les métaux précieux. Depuis les années 1920, les Juifs ont eu de plus grandes opportunités de mobilité sociale et économique. Ils ont reçu de l'assistance de nombreuses communautés juives internationales, qui ont permis d'introduire l'électricité et l'eau courante dans les quartiers juifs. Les Juifs ont, depuis le début de l'ère Pahlavi, gagné de l'importance dans les bazars de Téhéran et des autres villes, et ont pu accéder après la Seconde Guerre mondiale à des professions libérales, notamment la pharmacie et la médecine. La constitution de 1979 reconnait les Juifs comme une minorité religieuse et leur accorde un siège réservé au Parlement: c'est aujourd'hui Maurice Motamed qui occupe ce poste. Comme les chrétiens, les Juifs n'ont pas été persécutés , Country studies Iran, Bibliothèque du congrès américain, décembre 1987 (consulté le 1/09/2006). Cependant, au contraire des chrétiens, ils ont toujours été regardés avec suspicion par le gouvernement de la république islamique, probablement parce que le gouvernement est intensément hostile à l'État d'Israël. De nombreux Juifs iraniens ont de la famille en Israël et continuent d'avoir des contacts avec eux. Par exemple, Moshe Katsav, président de l'État d'Israël, est originaire de Yazd et environ 45 000 Juifs iraniens ont émigré en Israël entre 1945 et 1977. Depuis 1979, quelques situations ont été constatées dans lesquelles le gouvernement iranien accuse des Juifs d'espionnage et en a même fait exécuter certains. Ces cas ont fait augmenter le sentiment d'insécurité parmi les Juifs d'Iran, et en a poussés certains hors d'Iran (majoritairement aux États-Unis).

Historique

Le II e Livre des Rois (17, 6;18;9-12) (Ancien Testament) situe en 722 av-JC l'exil de la minorité juive, de Babylone vers l'Empire Mède, par le roi Assur. Les Juifs d'Ispahan, de même que ceux de Médie, ont une tradition orale qui les rattache à l'exil de Babylone.

Période pré-islamique

L'empire iranien, créé par Cyrus le Grand dura plus de mille ans, puis succomba à la conquête arabe en 642 ap-JC. Se succédèrent les dynasties achéménide, séleucide, arsacide et sassanide. Le Talmud de Babylone, la Michna et la Guémara (commentaires sur le Talmud) ont été rédigés sous les Arsacides et les Sassanides. Les Arsacides furent assez tolérants envers les Juifs, comme envers les autres minorités. Mais, sous les Sassanides, les conditions furent plus dures, surtout sur le plan religieux. En effet, le zoroastrisme n'était pas particulièrement tolérant envers les autres religions. Ses prêtres persécutèrent les juifs, comme d'ailleurs les autres minorités tels les chrétiens, manichéens puis, plus tard, les mazdakistes (sévères décrets). A l'époque de Peroz (459-484 ap-JC), désigné dans les Ecritures juives comme "Peroz le Méchant", pratiquement la moitié des Juifs d'Ispahan et leurs enfants furent enlevés par les zoroastriens. Même Khosro II, qui s'était fait aider par les Juifs pour prendre Jérusalem (614 ap-JC), les maltraita ensuite.

Période islamique

Les Juifs accueillirent favorablement les Arabes qui prirent Ispahan en 642. Certains se convertirent à l'islam. Mais la majorité conserva son identité, l'islam tolérant à l'époque le judaïsme. Bénéficiant du statut de "protégé" (dhimmi), ils s'engagèrent à payer l'impôt de capitation (djizia), qui fut historiquement institué auparavant dans l'Empire byzantin, quoique sous une forme différente. Des sectes islamiques et des mouvements de libération nationale apparurent (au Khorassan) à la périphérie du califat arabe. Sous leur influence naquirent des mouvements juifs, qualifiés par certains de "messianiques". Un nom émerge : celui d'Abou Isa d'Ispahan , sans qu'il soit exactement localisé dans le temps. Certains chercheurs pensent qu'il fut actif à l'époque d'Abd Al Malik Ibn Marwan (685-705). D'autres le situent 50 ans plus tard. Il fonda une sorte de secte juive et prit les armes avec ses fidèles pour renverser le régime arabe, comme l'indique l'historien musulman Shahrestani (mort en 1153). Cette secte perdurera après sa mort. En fait, il semble que l'Iran ait constitué un terrain favorable à l'émergence de courants et de sectes islamiques, puis juives. Maïmonide (Ben Maïmon) y fait allusion dans Épître aux Juifs du Yémen, envoyée en 1172.

Période mongole

L'invasion mongole (1219-1223) engendra un bouleversement majeur dans le monde iranien de l'époque. Benjamin de Tudèle, cinquante ans auparavant, rapporte que des centaines de milliers de Juifs vivaient dans le Grand Iran. Une bonne partie fut exterminée lors de la conquête mongole. Sad Al-Dawlah, médecin juif de la ville d'Abhar, fut nommé Grand Vizir d'Arghun (1282-1291). Grâce à lui, l'Iran se renforça et les provinces sous domination ilkhanide s'apaisèrent. A la période ilkhanide, Shahin, un poète Juif du XIVe siècle, élabore son oeuvre monumentale, constituée de poèmes épiques, pleins de beauté lyrique. Ils sont rédigés en persan, mais en caractères hébraïques (ce phénomène linguistique juif existe aussi dans des écrits en langue arabe et en ladino).

Références

Catégorie:Religion en Iran Catégorie:Diaspora juive Iran en:Persian Jews es:Judíos Persas fa:یهودیان ایران he:יהדות איראן pt:Judeus da Pérsia ru:Персидские евреи
Sujets connexes
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