Fronde (histoire)

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La Fronde (1648–1653) fut la dernière guerre menée contre le roi de France par les grands du royaume. Elle se divise en deux parties :
-la Fronde parlementaire ou « vieille Fronde » qui la commence ;
-la Fronde des princes, qui la continue, l'amplifie et lui succède avant d'être vaincue, victime de son mode de fonctionnement : complots, alliances, revirements. La reine régente et ses deux enfants, le roi Louis XIV et Monsieur son frère
Fronde (histoire)

La Fronde (1648–1653) fut la dernière guerre menée contre le roi de France par les grands du royaume. Elle se divise en deux parties :
-la Fronde parlementaire ou « vieille Fronde » qui la commence ;
-la Fronde des princes, qui la continue, l'amplifie et lui succède avant d'être vaincue, victime de son mode de fonctionnement : complots, alliances, revirements. La reine régente et ses deux enfants, le roi Louis XIV et Monsieur son frère

Les causes

La Fronde naquit tout d'abord d'un mécontentement général. Celui-ci prenait sa source dans la crise économique et l'augmentation de la pression fiscale nécessaire afin de faire face aux dépenses de la guerre de Trente Ans. Sa cause la plus directe doit pourtant être cherchée dans les moyens utilisés par la monarchie pour lever l'impôt. Après la mort de Louis XIII, l'avènement de la régence conduite par Anne d'Autriche avait fait espérer un allègement des taxes, il n'en fut rien : le cardinal Mazarin, pensant que la France pouvait supporter la guerre, ne desserra pas l'étreinte. Le surintendant des finances, Particelli d'Émery, élargit l'assiette de nombreux impôts. Ainsi, il força Paris, qui en était exemptée, à payer la taille. Il créa de nouveaux offices pendant que de son côté, Mazarin se disposait à faire du chantage au renouvellement de la paulette (droit annuel assurant l'hérédité des offices). Face au gouvernement royal, se dressait d'abord rien moins que la famille royale. Gaston de France, oncle du roi et éternel comploteur, ne cachait pas son opposition à Mazarin, non plus que sa fille, la Grande Mademoiselle. Le Grand Condé et sa sœur, la duchesse de Longueville, lorgnaient le Conseil royal. M de Gondi, futur cardinal de Retz, coadjuteur de Paris, était ambitieux. Il voulait un rôle politique et le chapeau de cardinal. Le Parlement de Paris livrait une véritable guerre à la régence au sujet de l'impôt. Il exerçait souvent son droit de remontrance, espérant en vain infléchir la politique du royaume. Enfin, Paris était une ville d'humeur rebelle, facile à enflammer, vivant souvent de rentes et dominée par les corporations.

La Fronde parlementaire

La Chambre Saint-Louis

Anne d'Autriche avec Louis XIV et Philippe enfant Le 15 janvier 1648, Anne d'Autriche vint au Parlement tenir un entretien avec le roi. Il s'agissait de forcer l'enregistrement d'édits fiscaux. Le lendemain, le Parlement annula le lit de justice. Devant les manœuvres de Mazarin pour les subjuguer, les Cours rendirent le 13 mai « l'arrêt d'union », réunissant les cours en une seule assemblée, qui se rassembla dans la chambre Saint-Louis du Palais de justice. Les magistrats y rédigèrent une liste de 27 articles, exigeant le renvoi des intendants, la soumission obligatoire des levées d'impôts à l'approbation des cours, ou encore des garanties de libertés individuelles. La régente céda tout d'abord. Pourtant, le 20 août, après la victoire du Grand Condé sur les Espagnols à Lens, Mazarin se sentit en position de frapper un grand coup. Le 26 août, il fit arrêter les meneurs de la Chambre Saint-Louis, y compris le vieux président Pierre Broussel, qui était très populaire. La nouvelle de l'arrestation enflamma Paris et déclencha la "journée des barricades". Le chancelier Séguier fut poursuivi par la foule, qui mit le feu à l'hôtel de Luynes où il s'était réfugié. Les milices bourgeoises patrouillèrent près du Palais-Royal (anciennement appelé Palais-Cardinal, car il avait été construit par le cardinal Richelieu qui l'a légué à Louis XIII à sa mort). Mazarin fut contraint de libérer Broussel. Anne d'Autriche déménagea prudemment avec la Cour, le 12 septembre, au Rueil. Le 24 octobre, elle dut céder et accepter les articles de la Chambre, ramenés à une quinzaine, par une déclaration royale confirmant celle de juillet. Le roi rentra à Paris.

La première guerre de la Fronde

Armand de Bourbon-Conti Mazarin ne s'avoua pas vaincu et fit appel aux 4 000 mercenaires allemands de l'armée de Condé. De son côté, Mgr Gondi se démenait pour organiser la Fronde. Il proposa à Condé d'en prendre la tête. Celui-ci refusa, répondant qu'il « ne pouvait se résoudre à devenir le général d'une armée de fous ». Gondi dut se contenter de Conti, le frère cadet. De nouveau, la Cour migra, dans la nuit du 5 au 6 janvier 1649, cette fois au château de Saint-Germain-en-Laye. Épouvantés par la suite des événements, les présidents Molé et de Mesmes supplièrent Anne d'Autriche de négocier. Mazarin signa un accord avec eux. En même temps, il demanda au banquier Barthélémy Herwart de débaucher les officiers de l'armée d'Allemagne. 1, 5 million de livres enlevèrent huit régiments à Turenne, qui s'exila. Le 7 mars 1649, il fut déclaré coupable de crime de lèse-majesté. Gondi négocia dans l'urgence un codicille assurant à lui et à ses amis des titres, places et autres honneurs. Le président Molé rendit public le codicille, excitant l'indignation dans Paris. Anne d'Autriche put donc signer la paix de Rueil le 11 mars 1649. Celle-ci assurait une amnistie générale, y compris à Turenne. Le roi rentra à Paris le 18 août. Il y fut accueilli par la liesse populaire. La Fronde semblait n'avoir été qu'un mauvais rêve.

La Fronde des princes

La Fronde du Grand Condé

La Grande Mademoiselle Le 6 septembre 1651, le prince de Condé s'était retiré à Trie-Château, chez le duc de Longueville. Sans véritable motif, hors sa haine pour Mazarin, il se lança dans une révolte personnelle. Il signa un accord avec les Espagnols, promettant de livrer un port français, Bourg-sur-Gironde, contre 500 000 écus pour lever des troupes. La reine et le roi durent de nouveau partir en campagne. En janvier 1652, Anne d'Autriche rappela Mazarin. Celui-ci négocia la loyauté de Turenne, duc de Bouillon. Cependant, la rentrée inopinée de Mazarin échauffa de nouveau Paris. Le Parlement mit sa tête à prix (150 000 livres). Monsieur signa avec Condé un manifeste réclamant l'expulsion du cardinal. Condé essaya de surprendre l'armée royale sur la Loire, mais fut défait par Turenne à Bléneau le 7 avril 1652. Le duc, Charles IV de Lorraine pénétra en France en mai, pour le compte des Espagnols. Son but était de désengager l'armée des princes, encerclée par Turenne à Étampes. Autour de Paris, les troupes royales et celles de Condé jouaient au chat et à la souris. Le 2 juillet, alors qu'un combat se livrait dans le faubourg Saint-Antoine, la Grande Mademoiselle fit donner le canon sur la cavalerie royale et sur les hauteurs de Charonne, d'où Louis XIV et Mazarin observaient l'action. Condé put ainsi se retirer dans la ville, qui fut soumise au pillage. L'Hôtel de Ville, où se tenait une réunion des édiles, favorables au roi, fut brûlé et ses occupants massacrés par les soldats de Condé déguisés en ouvriers. Devant la fatigue générale, Mazarin décida prudemment de se retirer à Bouillon pour calmer le jeu. Devant la formation d'un parti déterminé à ramener l'ordre à Paris, Condé quitta la France pour la Flandre et se mit au service de l'Espagne. Le 21 octobre 1652, Louis XIV entra triomphalement à Paris. Il s'installa au Louvre, plus sûr que le Palais-Royal. Mgr Gondi, qui avait été fait cardinal de Retz le 21 septembre 1651 par le pape Innocent X, fut aussitôt jeté en prison au château de Vicennes. Condé fut déchu de sa qualité de prince du sang et condamné à mort (mais le Traité des Pyrénées le gracia). Condé dut épouser une nièce de Mazarin pour éviter la disgrâce. La Grande Mademoiselle se cloîtra au château de Saint-Fargeau, où elle resta jusqu'en 1657. Un lit de justice triomphal, au Louvre, interdit aux magistrats de « prendre aucune connaissance des affaires de l'État ». Mazarin, rentré à son tour le 3 février 1653, fut applaudi. Bordeaux, dernière ville frondeuse, tomba en juillet 1653.

Principaux acteurs de la Fronde

Du côté du roi

- la régente Anne d'Autriche
- le cardinal Jules Mazarin

Frondeurs

- M de Gondi, cardinal de Retz
- prince de Conti
- Mademoiselle de Montpensier, dite « la Grande Mademoiselle »
- Henri, duc de Longueville et Anne Geneviève de Bourbon, duchesse de Longueville
- Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse et Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon

Revirements

- le vicomte de Turenne, qui y fait sa gloire
- le Grand Condé
- le jeune lieutenant Vauban, qui servait dans le régiment Condé Cavalerie, fait prisonnier en Champagne en 1653, rallie le camp du roi sur la proposition que lui fait Mazarin. Ces deux généraux luttèrent alternativement à la tête des troupes royales, puis des Frondeurs

Bibliographie

- Hubert Méthivier, La Fronde, PUF, coll. « L'Historien », 1984
- Michel Pernot, La Fronde, Paris, Fallois, 1994
- Eckart Birnstiel, Die Fronde in Bordeaux, 1648-1653, Francfort-sur-le-Main etc., 1984
- Christian Jouhaud, Mazarinades : la Fronde des mots, Paris, Aubier, 1985

La Fronde dans les œuvres de fiction

-Film de Roger Planchon Louis, enfant roi (1993)
-Alexandre Dumas, Vingt ans après (1845) ==
Sujets connexes
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