Guerre israélo-arabe de 1948-1949

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Le 14 mai 1948, le mandat britannique sur la Palestine s'achève officiellement et l'État d'Israël est proclamé. Plusieurs armées arabes entrent en Palestine pour y seconder les forces de l'Armée de libération déjà présentes dans le pays. Les forces arabes palestiniennes sont quant à elles dissoutes ou intégrées dans les armées arabes. La première guerre israélo-arabe, appelée également Guerre d'Indépendance, débute officiellement. Au 11 juin
Guerre israélo-arabe de 1948-1949

Le 14 mai 1948, le mandat britannique sur la Palestine s'achève officiellement et l'État d'Israël est proclamé. Plusieurs armées arabes entrent en Palestine pour y seconder les forces de l'Armée de libération déjà présentes dans le pays. Les forces arabes palestiniennes sont quant à elles dissoutes ou intégrées dans les armées arabes. La première guerre israélo-arabe, appelée également Guerre d'Indépendance, débute officiellement. Au 11 juin, les deux camps ont subi de lourdes pertes en particulier autour de Jérusalem et à bout de force acceptent la trêve d'un mois demandée par le médiateur de l'ONU. Les forces arabes se sont positionnées autour des zones contrôlées par les Juifs à l'issue du plan Daleth mais n'ont pas réussi à y pénétrer ni à réaliser le blocus Jérusalem. La trêve est mise à profit par les deux camps pour renforcer leur dispositif mais les Israéliens qui six mois plus tôt ne disposaient que d'une force sous-équipée de 5000 hommes se retrouvent à ce moment supérieurs à la fois en nombre et en matériel pour affronter des adversaires divisés et mal préparés. Tandis que l'ONU propose d'autres plans de partage, les Israéliens lancent une série d'opérations militaires et prennent le contrôle de toute la Galilée, du sud-ouest de la Samariepartie de la Cisjordanie actuelle au nord de Jérusalem, de la majeure partie de la zone côtière, de l'ouest de la Judée jusqu'au secteur de Jérusalem et du Néguev. Pendant et après les combats, près de 300 000 arabes palestiniens (sur les 750 000 de l'ensemble de l'exode palestinien) sont expulsésPour la plupart des musulmans; les chrétiens et les druzes n'ont pas connu le même sort. Voir exode palestinien., Une minorité a fui mais il y a unanimité parmi les historiens qui décrivent les événements en détails pour considérer que durant cette période, les arabes furent expulsés. Au contraire des événements d'avant le 15 mai où ils ont principalement fui et où une controverse existe sur le fait de savoir qu'elles étaient les intentions des autorités du Yichouv (Voir exode palestinien et guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire) des zones conquises et contrôlées par les Israéliens.

Contexte

Conflit arabo-sioniste

:Article détaillé : Histoire du sionisme :Article détaillé : Grande Révolte arabe en Palestine déclaration d'indépendance d'Israël Depuis 1920, la Palestine est sous contrôle et administration britanniques mais le pays est l'objet d'un combat entre les nationalismes juif sioniste et arabe palestinien qui s'opposent l'un à l'autre ainsi qu'à l'"occupant" britannique. La lutte palestinienne culmine avec la Grande révolte de 1936-1939. Menée par les nationalistes palestiniens, elle s'oppose à la fois au sionisme, à la présence britannique en Palestine et aux hommes politiques palestiniens se revendiquant d'un nationalisme panarabe. La répression britannique est sanglante et la réaction des organisations sionistes violente. À son terme, les nationalistes palestiniens obtiennent toutefois des Britanniques une diminution draconienne de l'immigration juive traduite par le Livre blanc de 1939. Mais les conséquences sont lourdes. La révolte a fait près de 5000 morts côté arabe et 500 côté juif. Les différentes organisations sionistes paramilitaires se sont renforcées et la plupart des membres de l'élite politique palestinienne ont été arrêtés et contraints à l'exil. Parmi ceux-ci, le chef du Haut Comité arabe, Hadj Amin al-Husseini se réfugie en Allemagne nazie où il cherche un soutien à sa cause. Après la Seconde Guerre mondiale, suite au drame de la Shoah, le mouvement sioniste attire la sympathie. En Palestine, les groupes de la droite sioniste mènent à leur tour une campagne de violence contre l’« occupation » britannique ponctuée de nombreux attentats. Les nationalistes palestiniens se réorganisent mais restent très en retard par rapport aux sionistes. Toutefois, l'affaiblissement des puissances coloniales a renforcé les pays arabes et la Ligue arabe récemment formée reprend à son compte les revendications nationalistes palestiniennes et leur sert de porte-parole. La diplomatie ne parvient pas à concilier les points de vue. Le 18 février 1947, les Britanniques annoncent l'abandon de leur mandat sur la région. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations-unies vote un plan de partage de la Palestine avec le soutien des grandes puissances mais sans le soutien des Britanniques et contre l'ensemble des pays arabes.

La fin du mandat britannique et la défaite palestinienne

:Article détaillé : Guerre civile de 1947-1948 en Palestine mandataire Dès le lendemain du vote, la guerre civile éclate en Palestine. Jusqu'à fin mars, les opérations semblent tourner à l'avantage des Palestiniens et des volontaires arabes qui combattent en Palestine. La circulation entre les différentes zones juives est de plus en plus difficile et celles-ci sont isolées les unes des autres. En particulier, les 100 000 Juifs de Jérusalem sont assiégés. Toutefois, il s'agit plus du résultat d'une politique attentiste de la Haganah et de David Ben Gourion devant la nécessité de réorganiser l'armée et devant les interrogations sur la politique britannique. Le rapport des forces leur est en réalité très favorable. Quand début avril, elle passe à l'offensive, les forces palestiniennes et les volontaires arabes sont écrasés. Sur les 6 dernières semaines du mandat britannique, les forces sionistesLa Haganah, le Palmach, l'Irgoun et le Lehi combattent de concert sur tous les fronts. prennent le contrôle de toutes les localités mixtes à l'exception de Jérusalem qu'ils réussissent toutefois à ravitailler, rétablissent la communication entre les zones juives et assurent la continuité du territoire sous leur contrôle. Entre 250 000 et 300 000 Arabes palestiniens, fuyant, chassés par les combats ou expulsés, se jettent sur les routes de l'exode pour se réfugier en Samarie ou dans les pays voisins. Les Palestiniens et leurs dirigeants sont vaincus et ne joueront plus aucun rôle dans la suite de la guerre. Ces événements sont conservés dans la mémoire palestinienne sous le nom de Naqba ou catastrophe.

La préparation à la guerre

:Article détaillé : Protagonistes de la guerre de Palestine de 1948 :Article détaillé : Préparatifs des armées arabes à l'entrée en Palestine :Article détaillé : Ordre de bataille des forces engagées dans la guerre de Palestine de 1948 :Article détaillé : Problématique du matériel lors de la guerre de Palestine de 1948

Le camp arabe

Selon les services de renseignements juifs de l’époque, la totalité des forces militaires des membres de la Ligue arabe se monte à 165 000 soldats avec un budget militaire de 28 000 000 de livres sterling.Ilan Pappé (2000), p.153 "Si cette force avait été massivement jetée dans la bataille, malgré le pessimisme des AnglaisPappé parle d'Anglais au lieu de Britanniques. sur sa valeur opérationnelle, elle aurait pu orienter la guerre d’une façon moins favorable aux Juifs qu’elle ne l’a été."Ilan Pappé (2000), p.153-154 Toutefois, à l'exception de la Légion arabe de Transjordanie, les armées arabes ne sont pas prêtes.Benny Morris (2003), p.242. Jusqu'aux événements d'avril, les dirigeants arabes sont convaincus que les Palestiniens peuvent seuls empêcher la partition de la Palestine et ils n'ont rien fait pour préparer leurs armées à intervenir. Politiquement, ils sont divisés et méfiants les uns des autres et militairement, ils n'ont ni commandement unifié, ni logistique et n'ont pas étudié de plan d'invasion.Benny Morris (2003), p.242., Deux plans d'invasions seront proposés (cf. infra) mais ils seront écrits au dernier moment et ils n'ont pas "d'objectif stratégique, ni de procédures ou de calendrier opérationnels convenus" Benny Morris (2003), p.242. Ils n'ont pas rassemblé suffisamment de troupes et n'ont pas les réserves de munitions, le matériel et les pièces de rechanges suffisantes pour soutenir une guerre. Leur aviation, sur papier relativement impressionnanteConjointement, la Syrie, l’Irak et l’Égypte disposent de plus de 150 avions de guerre. (Voir la description faite dans Protagonistes de la guerre de Palestine de 1948). n'est en pratique que très peu opérationnelle. C'est suite à la débâcle palestinienne, à l'exode et à l'émoi provoqué par le massacre de Deir Yassin et à la crainte de voir le roi Abdallah annexer la Palestine qu'ils vont se décider à intervenir.

Le camp juif

Sous l'instigation de David Ben Gourion, le Yichouv s'est en priorité préparé à la guerre à venir. La Haganah et le Palmach ont été réorganisés. Chaque brigade s'est vue attribuée un théâtre d'opération précis et l'armée dispose d'un encadrement de qualité et d'une chaîne de commandement efficace. La conscription obligatoire a été décidée. Tous les hommes et femmes ont été soumis un entraînement militaire. Des fonds rassemblés auprès des sympathisants à la cause sioniste, plus de 78 000 000 $ sont consacrés à l'armement.Benny Morris (2003), p.240 Des agents ont été envoyés en Europe et aux États-Unis pour acheter armes, munitions et matériels de guerre : fusils, mitrailleuses, mortiers qui ont commencé à arriver début avril mais aussi canons, véhicules blindés, tanks, chasseurs, bombardiers et navires de guerre sans oublier "half-tracks, ambulances, camions-citernes, remorques, jeeps, transports de munitions, tentes, casques, fils, câbles, tuyaux, radios, téléphones de campagnes, talkie-walkies, générateurs, cartouchières, caleçons, chaussettes, brodequins, chandails, treillis, lampes de poches, trousses de secours, produits prophylactiques…"Dominique Lapierre et Larry Collins (1971), p.182 fait cette liste exhaustive pour illustrer la différence du niveau de préparation entre les forces juives et les forces arabes. Leur acheminement a été organisé par air Voir Opération Balak et par mer de manière à ce que les forces combattantes en disposent le plus rapidement possible.Les premières armes légères arrivent en avril. A la mi-mai, les troupes en sont toutes correctement équipées. Les armes lourdes seront opérationnelles à partir de juillet. Les implantations ont été fortifiées par des tranchées et des champs de mines en particulier aux abords des frontières. Des ordres stricts ont été donnés pour que toutes les positions soient tenues à tout prix.« Ce que tiennent les Juifs doit être conservé. Aucun Juif ne doit abandonner son domicile, sa ferme, son kibboutz ou son travail sans autorisation. Chaque avant-poste, chaque colonie, chaque village, quel qu’en soit l’isolement, doit être occupé comme s’il s’agissait de Tel-Aviv même. (Dominique Lapierre et Larry Collins (1971), p.163) Enfin, la mise en application en avril du plan Daleth et le lancement d'une série d'opérations ont permis d'assurer la continuité du territoire à défendre tout en engorgeant les voies d'entrée en Palestine par l'afflux de réfugiés palestiniens.C'est une des motivations de l'opération Yiftah menée par Yigal Allon dans l'ouest de la Galilée. Les Juifs vont combattre unis derrière l'objectif commun de fonder leur état, dans leurs champs et leurs villages, persuadés qu'ils font face à une guerre d'extermination contre un adversaire résolu à les détruire.Les nouveaux historiens, et en particulier Ilan Pappé et Avi Shlaim soulignent qu'il s'agit là d'un des mythes fondateurs d'Israël et que le Yichouv n'a jamais été confronté à un véritable risque d'extermination, en particulier vu sa supériorité militaire. Benny Morris insiste quant à lui à plusieurs reprises sur le fait que les Juifs de Palestine étaient sincèrement persuadés qu'ils encourraient ce risque. Il n'y a pas de véritables polémiques entre eux sur les faits. Pappé et Shlaim s'opposent à l'argumentation qui veut que cette victoire ait été un miracle. Morris souligne quant à lui l'état d'esprit avec lequel les Juifs ont abordé la guerre.

Entrée des armées arabes en Palestine (15 mai 1948 - 11 juin 1948)

Forces en présence

Dans les jours qui s'ensuivent, des armées composées d'environ 1 000 Libanais, 6 000 Syriens, 4 500 Irakiens, 10 000 Égyptiens et entre 6 000 et 9 000 Transjordaniens se joignent aux forces arabes civiles (12 000 hommes) et à l'Armée de Libération (3 800 hommes d'après Gresh et Vidal Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p. 145) et font face à une armée israélienne de 30 000 à 35 000 hommes. Au cours des mois suivants, chaque partie voit s'accroître ses forces mais les armées arabes restent devancées par les Israéliens, notamment du fait de leur organisation supérieure et de leur meilleure préparation. Voici le tableau des forces en présence au 15 mai 1948, présenté par Jon et David Kimché (1960). On voit qu'à part la zone d'Hébron (qui de fait sera perdue) la situation n'est numériquement pas mauvaise pour Israël. Elle est plus délicate en terme d'armement lourd. Mais, « à partir du 14 mai, l'état désormais officiel importe au grand jour. Et un matériel plus important se déverse : des premiers canons de campagne le 15 mai, d'autres canons et des mortiers de 120 mm une semaine plus tard, des canons de 75 mm et des mitrailleuses de tous calibres le 28 mai, et peu après les fameux Messerschmitt vendus par Prague »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), P. 177. Ces armes avaient été achetées antérieurement, et pour certaines se trouvaient déjà en mer au moment de la création de l'état.

Plans arabes

Opérations militaires

Front central (Jérusalem)

Situation des forces en présence au 1 juin 1948 :
Article détaillé : Bataille de Latroun C'est le front le plus actif. C'est en effet le principal objectif d'Abdallah de Transjordanie, qui veut à tout prix du contrôle des lieux saints musulmans (mosquée Al-Aqsa). C'est aussi un objectif essentiel pour les Israéliens : c'est la plus grande ville juive de Palestine, c'est le premier lieu saint du Judaïsme, et c'est la capitale historique du royaume de Judée. L'affrontement le plus décisif a lieu à Jérusalem même et sur la route Jérusalem / Tel-Aviv. Abdallah donne l'ordre à Glubb Pacha, officier britannique et chef de la Légion arabe transjordanienne, de prendre Jérusalem d'assaut le 17 mai. Entre le 19 mai et le 28 mai, la légion arabe mène des opérations à Jérusalem. Le 19, le quartier juif de la Vieille Ville est encerclé. Le 28, il tombe. Les Transjordaniens expulsent la population civile du quartier. La perte est symboliquement importante, car c'est le quartier où se situe le mur des lamentations. Les autres quartiers juifs de Jérusalem résistent par contre. Il est à noter que les groupes armés de l’Irgoun et du Lehi sont encore actifs à cette époque (Tsahal n’est créé que le 26 mai), et ont combattu de façon autonome (mais coordonnée) au coté de la Haganah. Voir les Actualités Françaises du 24/06/1948 sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime). De durs affrontements opposent à Latroun (nord-ouest de Jérusalem) des forces juives offensives et les Transjordaniens qui défendent la ville. Pour les Israéliens, Latroun est le verrou de la route entre Tel-Aviv et Jérusalem. Les Israéliens alignent donc contre Latroun 4 brigades : une brigade fraîchement constituée de nouveaux immigrants, la brigade Alexandroni, la Givati et la Yiftah. Il y a 3 attaques majeures israéliennes, dont la dernière à la veille de la trêve du 11 juin. Toutes échouent, et les Israéliens subissent des pertes importantes. L'arrière garde de l'Armée de libération arabe (ALA) (qui se retire vers le nord) a encore le temps de combattre à Latroun et de bombarder la Vieille Ville de JérusalemYoav Gelber (2006), p.140 Latroun ne tombe pas de toute la guerre, et les Israéliens doivent construire une nouvelle route Tel-Aviv - Jérusalem-ouest, dite « route de Birmanie ». Celle-cila véritable « route de Birmanie » avait été construite par les Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale dans des conditions très difficiles. Elle partait de Birmanie et traversait les montagnes pour ravitailler la Chine contre le Japon. est construite « avec les ongles » (l'expression est de Elie Barnavi) avant la trêve du 11 juin, en élargissant « un sentier parallèle à la grande route, dans la montagne, pour le rendre carrossable »Elie Barnavi (1988), P. 197. Il fallait pour les Israéliens rétablir une voie de communication pour les camions de ravitaillement entre la bande côtière et Jérusalem-ouest avant cette date, faute de quoi la ville serait devenue une enclave juive en zone arabe. La « route de Birmanie » est très sommairement terminée le 9 juin, dans des conditions difficiles et d'extrême justesse, deux jours avant la trêve. C'est le colonel juif américain David (Mickey) Marcus qui se charge de la route. Il devient ainsi le premier général de Tsahal, peu avant d'être tué par erreur par une sentinelle. À compter du 21 mai, une colonne égyptienne atteint Bethléem après avoir traversée le Néguev et être passée par Beersheba. Le 22 mai, elle mitraille les faubourgs sud de JérusalemPalestine 47, un partage avorté P.177. « Des combats sanglants se déroulent au sud, contre les forces combinés de la Légion »La Légion Arabe de Transjordanie et de la 4e brigade égyptienne, pour le contrôle du kibboutz Ramath-Rahel qui commande l'accès de la nouvelle villeOn appelle « nouvelle ville » les quartiers juifs de l'ouest de Jérusalem développés à partir de la fin du . « Cinq fois pris et repris, le kibboutz finira par rester aux mains des hommes de l'Irgoun. »Elie Barnavi (1988), P. 197. Malgré cette présence, les Égyptiens jouent un rôle bien moins actif que les Transjordaniens dans la bataille de Jérusalem.

Front nord (lac de Tibériade)

« Autour du lac de Tibériade, l’armée juive l’a également échappé belle. Trois jours après leur irruption, les Syriens enlèvent Samakh et trois colonies juives évacuées . Mais leur chance tourne, le 20 mai, devant le premier des kibboutzim, Degania, dont ils forcent l’entrée, mais sans le réduire. Repliées de leur côté du Jourdain, les troupes de Damas le retraversent pour écraser, le 10 juin, la colonie de Mishmar Hayarden : une tête de pont durable en territoire israélien. Plus au sud, les Irakiens, moins fortunés, essuient un échec devant le Kibboutz Gesher, avant de partir, les uns pour le front de Jérusalem, d’autres, le 24 mai, pour le triangle » (nord-ouest de la Cisjordanie)Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), P.177. Les Irakiens sont alors remplacés par une partie des troupes de l’Armée arabe de libération (ALA). À partir de la fin mai, le front syrien, tenu par les Syriens eux-mêmes et les renforts de l’ALA, sera relativement peu actif.

Front nord (Galilée)

Le conflit a lieu en fait sur 2 fronts : le « doigt de Galilée » (extrême nord-est de la Palestine mandataire), et la Galilée elle-même. A l’ouest du « doigt de Galilée », « la brigade Yiftah contenait les Libanais sur leur propre territoire, pour une guerre de position sanglante, chaque ville et village passant et repassant, au gré des combats, d’une armée à l’autre »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), P.178. En Galilée même, les forces libanaises se montrent plus passives. Elles ne pénétreront que d'une centaine de mètres en territoire palestinien. La Galilée est surtout tenue par des éléments secondaires de l’ALA. Les Israéliens ont donc un certain avantage dans cette zone, eu égard à la faiblesse des forces qu'ils rencontrent. La ville d'Acre (Nord de la bande côtière) a ainsi été prise par la brigade Carmeli le 21 mai, ainsi que d'autres villages le long de la côte : al-Zib, Samaria et ZabaYoav Gelber (2006), p.152 (p.360). Mais les besoins de troupes sur d'autres fronts (en particulier Jérusalem) les empêchent d'exploiter pleinement la faiblesse de leurs opposants, et leur progression reste limitée. Consciente de cette faiblesse, et parallèlement à son déploiement au sud du lac de Tibériade, l'ALA s'est réorganisée en vue de renforcer le front de la Galilée via le Liban, en rejoignant ce qui restait de ses forces en Galilée. L'ALA pénétra assez facilement en Galilée suite au déplacement de la brigade Yiftah vers le front centralYoav Gelber (2006), p.145. Ce sont ces troupes que les Israéliens affronteront lors de l'opération Hiram, du 29 au 31 octobre 1948. Après le retrait de la brigade Yiftah, « son successeur, la brigade Oded – formée de colons, d’immigrants et d’un bataillon de la Haganah de Haïfa – se heurtera le 6 juin, à une fulgurante opération arabe. Syriens, Libanais, et soldats de Fawzi Al Qawuqji Fawzi Al Qawuqji est le chef de l’Armée arabe de Libération. briseront le verrou israélien, rétablissant ainsi le passage vers la Galilée »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.178.

Front central (Samarie)

Les troupes transjordaniennes se sont surtout concentrées autour de Jérusalem, ou ont lieux de durs combats, et en Samarie centrale (à l’écart de la ligne de front), pour prendre le contrôle politique de la zone (prélude à l’annexion). Les troupes irakiennes se déploient dans les villes arabes du nord de la Samarie : Jénine, Naplouse et Tulkarem. Les troupes irakiennes se retirent du lac de Tibériade le 24 mai pour venir renforcer les unités de Samarie. « le 25 mai, les Irakiens dévalent vers Natanya, encerclant plusieurs kibboutzim, et en ravissant un. Mais l’Alexandroni récupère la colonie et endigue la percée, préparant ainsi le terrain pour la contre-offensive dont la Givati se charge. Entrée dans le triangle par le Nord, le 29 mai, la brigade récolte une série de villages arabes et de fortification d’où elle se rue, sur Jénin. Mais elle abdique, le 4 juin, tant l’artillerie irakienne décime les unités réclamées ailleurs »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), P.178. Après cette date, et jusqu’au 11 juin, les forces en présence sont en pratique surtout en position défensive. Si des forces arabes se massent contre Israël après le 15 mai, l'Armée de libération arabe (ALA) se retire. Elle était essentiellement basée en Samarie (nord de la Cisjordanie), depuis janvier 1948, avec un QG établi entre Naplouse et Ramallah (Yoav Gelber (2006)). Suite à l'entrée en Cisjordanie des troupes transjordaniennes et irakiennes, l'ALA quitte la Palestine sur ordre de la Ligue arabe, officiellement pour se réorganiserYoav Gelber (2006), p.140. Tandis que les Irakiens relevaient la Légion en Samarie, l'ALA remplaçait les Irakiens à Samakh et à Gesher (kibboutzim au sud du lac de Tibériade )Yoav Gelber (2006), p.143, vers le 24 mai.

Front sud (Néguev)

Au sud, l'armée égyptienne rencontre une faible opposition. Elle se déploie dans trois directions. La deuxième brigade du général Muhammad Naguib remonte facilement le long de la côte à travers l’actuelle bande de Gaza, jusqu’au-dessus d’Ashdod, avant d’être arrêtée fin mai par le barrage commun de la brigade Givati, de la brigade HaNeguev (ou Néguev) et de l’aviation. Dans le Nord-Néguev, les colonies juives résistent. Les Égyptiens se déplacent entre elles, les isolent partiellement, mais ne les submergent pas. Le Nord-Néguev est égyptien, mais de façon partielle. En Judée, la quatrième brigade de l’armée égyptienne prend position entre Beersheba et le sud de Jérusalem, en particulier à Hébron. L’absence de communautés juives dans cette zone rend le déploiement aisé.

Plaine côtière

Opération Namal

La création de Tsahal

Le 26 mai 1948, Tsahal (l'armée israélienne) est officiellement crée, et absorbe immédiatement la Haganah. Menahem Begin « s'est engagé le 1 juin 1948 à mettre ses hommes et ses équipements à la disposition de l'armée israélienne au sein de laquelle les membres de l'IZL vont constituer leurs propres bataillons » (
Histoire de la droite israéliennes, P.246, Voire Bibliographie). Le Lehi rejoint aussi rapidement Tsahal. L'Irgoun et le Lehi n’alignent respectivement que 4.000 et 1.000 combattantsAlain Gresh et Dominique Vidal (1994), P.146 (d’autres auteurs, comme Karsh, donnent pour l’Irgoun des chiffres inférieurs, entre 2.000 et 4.000), qui plus est tenus en suspicion par le nouveau gouvernement de David Ben Gourion pour leurs activités « terroristes » passées et leurs sympathies politiques. La nouvelle armée israélienne est donc constituée essentiellement autour de l'ancienne Haganah. L'Irgoun et le Lehi continueront à exister jusqu'en septembre à Jérusalem, ville prévue par l'ONU pour être séparée d'Israël et devenir une « zone internationale ». Les accords nationaux d'intégration de ces organisations à Tsahal ne s'y appliquent donc pas.

Synthèse

Entre le 15 mai et le 11 juin, les troupes juives réussissent à maintenir leur contrôle sur les territoires entre leurs mains avant le 15 mai, mais pas encore à les étendre de façon importante. Les Israéliens ont constitué une véritable armée, et ont renforcé leur armement, en particulier leur armement lourd. Contrairement aux forces arabes, ils ont un commandement centralisé et peuvent faire passer des troupes d’un bout du front à l’autre. La carte des positions au 11 juin donne une impression de force arabe et de faiblesse israélienne, mais cette impression sera démentie après la rupture de la trêve, le 8 juillet 1948.
Voir les actualités françaises du 03/06/1948 sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime) .

Première trêve (11 juin 1948-8 juillet 1948)

Le 29 mai, les Nations unies déclarent une trêve. Celle-ci est acceptée par les israéliens le 24 mai. Les états arabes, dont l'avancée est bloquée, l'acceptent le 11 juin. Les forces arabes contrôlent alors environs le tiers du territoire que l'ONU avait attribué à l'état juif en Novembre 1947, et la quasi-totalité du territoire attribué à l'état palestinien.
Voir les Actualités Françaises du 24/06/1948 sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime) . La trêve durera 28 jours. Le cessez-le-feu est supervisé par le médiateur de l'ONU Folke Bernadotte, nommé le 20 mai. Un embargo sur l'armement est décidé par l'ONU afin qu'aucune des parties ne profite de la trêve. Le roi de Transjordanie visite la partie de Jérusalem contrôlée par ses troupes. Voir les Actualités françaises du 24/06/1948 sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime) .

Embargo

Mais les israéliens ont des sources d'approvisionnement clandestines depuis 1947 auprès du bloc de l'Est, et vont grâce à elles pouvoir se procurer illégalement (du point de vue de l'ONU) des armes auprès de la Tchécoslovaquie, mais aussi en faire venir de FranceElie Barnavi (1988), P. 197. Parmi elles, des armes lourdes : « des avions, des pièces d'artilleries et des véhicules blindés. La mobilisation intensive porte les effectifs de l'armée à 60.000 hommes »Elie Barnavi (1988), P. 197. Les forces arabes, elles, sont dépendantes de leurs fournisseurs officiels (Britanniques, surtout) et ne peuvent donc contourner l'embargo. Celui-ci se révèle donc essentiellement favorable aux israéliens, qui renforcent leur potentiel militaire, tandis que celui des armées arabes stagne. Si la trêve permet à Tsahal de s'armer, elle permet aussi à Ben Gourion de la réorganiser. Entre le 11 juin et le 8 juillet 1948, le Premier ministre décide en effet de dissoudre les 3 brigades du Palmach (forces d'élites de la Haganah), qu'il considère être trop à gauche (proches du Mapam). De son coté, l'Irgoun avait obtenu après le 1 juindate de l'accord de Begin sur l'intégration de l'Irgoun à Tsahal de conserver des unités spécifiques au sein de l'armée israélienne. Mais le gouvernement, et surtout David Ben Gourion, ne souhaitaient pas plus permettre à des unités « de droite » que « de gauche » de continuer à exister au sein de l'armée. Ces unités seront également dissoutes pendant la trêve, après l'incident de l'Altalena, les 21 et 22 Juin. « Au lendemain du 22 juin, l'Irgoun a virtuellement cessé d'exister comme force militaire autonome sauf à Jérusalem. Ses bataillons ont été dissous dans l'armée et des mandats d'arrêts ont été lancés contre plusieurs de ses chefs » (
Histoire de la droite israélienne P.249, Voire Bibliographie). Les membres des unités dissoutes sont répartis dans les autres unités de Tsahal. Avec la dissolution des unités proches de l'extrême gauche et de celles favorables à la droite, Ben Gourion assure la pleine autorité du gouvernement civil sur la nouvelle armée. « Unifié, discipliné, convenablement armé et entraîné, Tsahal devient une force de frappe redoutable »Elie Barnavi (1988), P. 198 de 60 000 combattants.

Reprise des hostilités

À la fin de la trêve, Folke Bernadotte présente un nouveau plan de partage accordant la Galilée aux juifs, et le Néguev aux Arabes. Le plan est rejeté par les deux parties. Le 8 juillet, les forces égyptiennes reprennent le combat dans le sud et relancent la guerre.

Campagne des 10 jours (8 juillet 1948-18 juillet 1948)

Après les premières attaques égyptiennes, les dix jours entre les deux trêves sont dominés par une vague d'attaques des Israéliens et une attitude défensive des Arabes. Les trois offensives israéliennes qui ont lieu ont été préparées durant la première trêve. L'opération Dani, la plus importante, vise à sécuriser et élargir le couloir israélien entre Jérusalem et Tel-Aviv en capturant les villes étapes Ramle et Lydda (renommée plus tard Lod). La seconde offensive, l'opération Dekel, a pour objectif la capture de la Galilée, incluant la ville arabe de Nazareth. Enfin l'opération Kedem, qui se voit attribuer le moins de ressources, vise à sécuriser les vieux quartiers de Jérusalem.

Opération Dani

Un tank Cromwell au Yad la-Shiryon Museum, Israël. Lydda est protégée principalement par l'armée transjordanienne, mais dispose aussi de milices palestiniennes et de l'Armée de Libération arabe. La ville est attaquée au nord via Majdal al-Sadiq et al-Muzayri'a et à l'est par Khulda, al-Qubab, Jimzu et Danyal. Pour la première fois dans le conflit, des bombardiers sont utilisés dans l'attaque de la ville. Le 11 juillet 1948, la ville est aux mains des Israéliens. Ramle est capturée le jour suivant, le 12 juillet 1948. Les 15 et 16 juillet, une première attaque contre Latroun échoue. Le 18 juillet, la brigade Yiftach mène une seconde attaque désespérée avec des véhicules armés (dont deux chars Cromwell) mais débouche à nouveau sur un échec israélien. Malgré la seconde trêve prenant effet le 18 juillet, les forces israéliennes continuent leurs attaques contre Latroun jusqu'au 20 juillet. Une fois Ramle et Lydda capturée, les habitants surprennent les dirigeants israéliens en ne fuyant pas la ville. Considérant qu'ils ne peuvent se permettre de laisser là une si importante population ennemie, les forces armées israéliennes expulsent 60.000 habitants de leurs foyers à partir du 14 juillet.

Opération Dekel

Pendant que l'opération Dani prend place dans le centre du pays, l'opération Dekel est menée au nord. Nazareth est capturée le 16 juillet. Le 18 juillet à 19h, alors que la seconde trêve est déclarée, Israël capture le sud de la Galilée, de la baie d'Haïfa au lac Kinneret. L'opération est dirigée par Ben Dunkelman, un juif canadien, vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a pris le commandement de la 7 brigade lors de son arrivée en Israël. Il est soutenu par le 13 bataillon de la brigade Golani, sous les ordres d'Avraham Yaffe. ( - en.wikipedia.org)

Opération Kedem

L'opération Kedem visait à prendre toute la ville de Jérusalem, et surtout la vieille ville. Prévue dans un premier temps pour être menée par Irgoun et Lehi le 8 juillet, juste après la première trêve, l'opération Kedem est reportée par David Shaltiel. En effet celui-ci met en doute leurs chances de succès suite à l'échec de la capture de Deir Yassin sans l'aide de la Haganah. Le plan est prévu comme suit : les forces de l'Irgoun, commandée par Yehouda Lapidot (Nimrod), doivent entrer par la porte Bab al Jedid, le Lehi passant par le mur partant de Bab al Jedid et par la porte de Jaffa, enfin le bataillon Beit Hiron passant par le mont Sion. La bataille est prévue pour débuter au Chabbat, le vendredi 16 juillet à 20h, un jour avant le second cessez-le-feu. Cependant l'organisation tourne mal et l'opération est reportée à 23h puis à minuit, pour en fin de compte commencer à 2h30 du matin. L'Irgoun réussit à se frayer un chemin par la porte Bab al Jedid mais les autres escouades échouent dans leurs objectifs. À 5h45, David Shaltiel est contraint d'ordonner la cessation des hostilités et de replier ses troupes.

Seconde trêve (18 juillet 1948-15 octobre 1948)

Le « 15 juillet, le Conseil de Sécurité condamne en des termes d'une grande sévérité l'agression arabe, ordonne un cessez-le-feu immédiat et menace d'appliquer à la partie récalcitrante les sanctions prévues par l'article VII de la charte des Nations unies ». Sur le terrain, les défaites militaires s'accumulent pour la partie arabe : « cette fois, les Arabes prennent l'exacte mesure de leur échec, de même que les Britanniques qui, affolés, pressent à la trêve. Effectif le 17 juillet à Jérusalem » (seul échec israélien - NDLA) « le cessez-le-feu est étendu dès le lendemain à l'ensemble du pays. Vu du coté juif de la barricade, la "guerre des Dix Jours", comme on a appelé la campagne de juillet, est un franc succès »Elie Barnavi (1988), P.198. Folk Bernadotte, émissaire des nations Unies Le 16 septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine dans lequel la Transjordanie annexerait les zones arabes comprenant le Néguev, Ramle et Lydda. Ce plan prévoit également un état juif occupant l'entière Galilée, le passage de Jérusalem sous contrôle international et le rapatriement (ou dédommagement) des réfugiés. À nouveau le plan est refusé par les deux parties. Le lendemain, 17 septembre, Bernadotte est assassiné par le Lehi et est remplacé par le député américain Ralph Bunche. On sait aujourd'hui que « Le meurtre a été planifié par Zettler, le commandant de la section de Jérusalem (la dernière en activité et la plus dure), qu'il a été décidé au plus haut niveau par les trois responsables du centre »Le « Centre » est le nom donné à la direction du Lehi : Nathan Yalin Mor, Yitzhak Shamir et Israël Eldad, et que l'exécution en a été confiée à un vétéran du Lehi, Yéhochua Cohen. En 24 heures, plus de 250 membres du Lehi sont interpellés dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unités de l'IZLIZL = Irgoun - L'Irgoun et le Lehi n'avaient plus d'unité combattantes qu'à Jérusalem. La ville n'avait en effet pas encore été officiellement annexée à Israël, et les deux organisations n'y appliquaient pas les accords nationaux d'intégration à Tsahal à Jérusalem, bien qu'il sache qu'elles n'ont pas été mêlées au crime. Le surlendemain « le Lehi est officiellement dissout au titre d'une loi "pour la prévention du terrorisme" » (
Histoire de la droite israélienne, P.253). L'entreprise d'intégration du Lehi et de l'Irgoun à Tsahal, largement entamée pendant la première trêve, est donc achevée avec la seconde. « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de l'intérieur Yitzhak Günbaum : "vous serez condamnés pour satisfaire l'opinion mondiale. Après quoi vous serez amnistiés" ». De fait, Yalin Mor et son adjoint, condamnés le 2 février 1949 à plusieurs années de prison, non pour meurtre mais pour appartenance à une organisation terroriste, seront relâchés deux semaines après tous les autres détenus du Lehi bénéficieront d'une amnistie générale (Histoire de la droite israélienne, P.254). Voir les Actualités françaises du 23/09/1948 sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime) et . Durant cette seconde trêve, les Israéliens nettoient les villages capturés encore peuplés et de nombreuses habitations sont dynamitées pour raisons militaires. Ils mettent également en place les préparatifs de l'opération Avak.

Faits accomplis : (15 octobre 1948-20 juillet 1949)

Carte des positions militaires au début octobre 1948 Cette période voit se clore le conflit, et se consolider l'emprise territoriale d'Israël et de la Transjordanie.

L’opération Yoav sur le Nord Néguev (15-22 octobre 1948)

Profitant d'une attaque égyptienne sur un convoi de ravitaillement israélien envoyé vers les colonies encerclées du Nord-Néguev, les Israéliens lancent une offensive contre les Égyptiens. Du 15 au 22 octobre 1948, trois brigades d'infanterie (Néguev, Yiftach et Givati) et la 8 brigade blindée - assistées d'une artillerie fortement concentrée, du soutien de la totalité de la petite marine et d'une solide couverture aérienne offerte par la totalité de la nouvelle armée de l'air - s'enfonce dans le Néguev. Les brigades Harel et Oded renforceront le front sud en cours d'opérationAlain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.191 , Yoav Gelber (2006), p.203. Ygal Allon commande l'opération, originellement appelée « Dix plaies », puis rebaptisée Yoav. L'aviation israélienne « endommage gravement les appareils égyptiens posés sur l'aérodrome d'El Arish »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.191. La résistance égyptienne, environ 11 000 hommesD'après le « Department of History at the United States Military Academy » est vigoureuse, et plusieurs compagnies de Tsahal sont même « étrillées »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.191. Une partie du Nord-Néguev tombe quand même entre les mains de Tsahal, et sa capitale, Beersheba elle-même, est capturée dans une opération surprise le 21 octobre.Yoav Gelber (2006), p. et Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p. 191. « Le vaisseau amiral de la flotte égyptienne, l’
Emir Farouk, coulé avec 700 hommes, la 4 brigade du général Taha Bey - trois milles combattants d'élite - encerclés dans la poche de FaloujaDont un jeune commandant de 30 ans, Gamal Abdel Nasser, futur chef de l'état. La réaction des alliés de l'Égypte est caractéristique : au lieu d'ouvrir un second front, la Légion du roi Abdallah fait mouvement vers Bethléem et Hébron pour combler le vide laissé par les Égyptiens »Elie Barnavi (1988), P.199. Si Israël élargit son territoire, la Transjordanie en fait autant. Jusqu'alors, elle tenait la Samarie (Nord de la Cisjordanie). Grâce à l'offensive israélienne, elle tient maintenant aussi la Judée (sud de la Cisjordanie). Le 22 octobre, un nouveau cessez-le-feu est imposé aux belligérants, et surtout aux Israéliens, qui souhaitaient pousser leur avantage. Yitzhak Rabin écrira : « Nous menions de front la lutte contre les Égyptiens et une course contre la montre face à une trêve proposée par les Nations unies »Yitzhak Rabin (1980), p.36. Cette réticence à stopper une offensive victorieuse explique « pendant la trêve, les attaques successives des soldats hébreux, qui refoulent progressivement les Égyptiens. A la mi-novembre, seuls s'obstinent encore, prisonniers dans la nasse de Falouja, 2.000 à 3.000 officiers et soldats du Caire »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), P.192. Voir les actualités cinéma sur le site de l'INA (nécessite un lecteur Quicktime)'' .

L’opération Hiram en Galilée (29-31 octobre 1948)

Du 28 au 31 octobre 1948, l'opération Hiram est menée par 4 brigades israéliennes : Golani, Carmeli, Sheva et Oded. Elle chasse les 2000 hommes de l'Armée de libération arabe vers le Liban, et achève ainsi la conquête de tout le Nord de l'ancienne Palestine mandataire. L'armée Israélienne passe même de l'autre coté de la frontière avec le Liban, pour poursuivre les fuyards, et progresse ainsi jusqu'au fleuve Litani, avant de se retirer et de quitter le Liban.

L’opération Horev et la conquête du Nord Néguev (22 décembre - 7 janvier 1949)

L'opération Horev « Dans le Néguev, l'opération Horev se déclenche le 22 décembre, suite à diverses violations égyptiennes du cessez-le-feu. (…) L'aviation se donne pleinement, effectuant 243 sorties et répandant 226 tonnes de bombes. Non seulement les soldats juifs assomment les ultimes défenses égyptiennes et réduisent la poche de Falouja, mais ils pénètrent également dans l'actuelle bande de gaza. Diversion, dans le but de cacher, plus au Sud, l'entrée des troupes israéliennes dans le Sinaï égyptien à travers Al Auja, tombé le 27. Violant la frontière, elles fouleront les pistes de l'aéroport d'El Arish, quand les pressions diplomatiques, incessantes depuis le début de la manœuvre, se feront insoutenables »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.192. Londres menace en particulier d'intervenir militairement, au titre de son traité de défense avec l’Égypte. « L'armée juive évacue donc le Sinaï, abattant au passage 5 avions de reconnaissance anglais »Alain Gresh et Dominique Vidal (1994), p.193. Tout le nord du Néguev est maintenant israélien, sauf la poche égyptienne de Falouja, qui a résisté vigoureusement, infligeant des pertes sévères à Tsahal. Les égyptiens l'évacueront le 24 février 1949, après l'armistice israélo-égyptien.

L’opération Ouvda et la prise du Néguev central et méridional (mars 1949)

Le Nord-Néguev occidental était passé sous contrôle israélien complet en janvier 1949. Le désert lui-même (Nord-Ouest, Centre et Sud du Néguev), quasiment sans population, était resté un no man’s land, avec quelques rares troupes transjordaniennes. La zone était majoritairement attribuée à Israël par le plan de partage de 1947. Mais pendant plusieurs mois, Israël s'est abstenu d'y pénétrer, même après la victoire sur les Égyptiens, début janvier 1949. La zone n'était pas prioritaire, et l'engagement de Tsahal dans une région toute en longueur, coincée entre les armées égyptiennes et transjordaniennes, n'était pas sans risque. Le 24 février, Israël signe un cessez-le-feu avec l'Égypte qui neutralise l'armée égyptienne. Après avoir tenté d'obtenir sans succès des Transjordaniens qu'ils se retirent d'eux-mêmes, Israël décida d'occuper la zone, et lança le 5 mars l'opération Ouvda, ou Uvda (« fait accompli »), avec les brigades Golani et Néguev. Les Transjordaniens se retireront alors sans combattre. Les deux points culminant de Ouvda furent la prise d'Ein Guedi, sur les rives ouest de la mer Morte, le 7 mars 1949, en face de la Transjordanie (Nord-Ouest du Néguev), et la prise de Um Rashrash le 10 mai, sur la mer Rouge, où sera construit à partir de 1950 le port de Eilat (extrême-Sud du Néguev). Avec cette dernière opération, le désert devenait israélien, et Israël finissait de tracer les frontières qui seront les siennes jusqu'en 1967.

Synthèse et conclusions

Bibliographie

- Jon et David Kimché, A clash of destinies, The Arab-Jewish War and the founding of the state of Israel, Praeger, New-York, 1960,
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- Ilan Pappé, La guerre de 1948 en Palestine, La fabrique éditions, 2000, ISBN 226404036X
- Efraïm Karsh, The Arab-Israeli Conflit - The Palestine War 1948, Osprey Publishing, 2002, ISBN 1841763721
- Alain Gresh et Dominique Vidal, Palestine 47, un partage avorté, Editions Complexe, 1994, ISBN 2870277245
- Dominique Lapierre et Larry Collins, O Jérusalem, Robert Laffont, 1971, ISBN 2266106988
- Benny Morris, The Birth Of The Palestinian Refugee Problem Revisited, Cambridge University Press, 2003, ISBN 0521009677
- Benny Morris, Victimes : histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, Editions complexe, 2003, ISBN 2870279388
- Benny Morris, Righteous Victims, A History of the Zionist-Arab Conflict, 1881, 2001, Vintage, 2001, ISBN 0679744754
- Henry Laurens, Paix et guerre au Moyen-Orient, Armand Colin, Paris, 2005, ISBN 2200269773
- Yitzhak Rabin, Mémoires, Buchet/Chastel, 1980,
- Ahron Bregman, Israel's Wars: A History Since 1947, 2002, London: Routledge. ISBN 0415287162
- Elie Barnavi, Une histoire moderne d'Israël, Champs / Flammarion, 1988, ISBN 2080812467
- Pierre Razoux, Tsahal, nouvelle histoire de l'armée israélienne, Perrin, 2006, ISBN 226202328X
- L'introduction générale du plan Daleth, traduite par Walid Khalidi et publiée par Yehuda Slutsky, Sefer Toldot Hahaganah (Histoire de la Haganah), Volume 3, Appendice 48, Tel Aviv, Zionist Library, 1972, pp.1956-1960, est reprise sur
- United Nations Special Commission, First special Report to the Security Council : The Problem of Security in Palestine, 16 avril 1948, . ==
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