Zacarias Moussaoui

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Zacarias Moussaoui Zacarias Moussaoui est un citoyen français né le 31 mai 1968 à St Jean de Luz de parents marocains. Le , au terme de deux mois de procès et de sept jours de délibération, il a été reconnu coupable Dépèche de AFP du 03/05/2006 reprise sur Yahoo ! Actualités par le jury du tribunal fédéral d'Alexandria en Virginie de 6 chefs d'accusation de complot en liaison avec les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et condamné à la p
Zacarias Moussaoui

Zacarias Moussaoui Zacarias Moussaoui est un citoyen français né le 31 mai 1968 à St Jean de Luz de parents marocains. Le , au terme de deux mois de procès et de sept jours de délibération, il a été reconnu coupable Dépèche de AFP du 03/05/2006 reprise sur Yahoo ! Actualités par le jury du tribunal fédéral d'Alexandria en Virginie de 6 chefs d'accusation de complot en liaison avec les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York et condamné à la prison à perpétuité, sans possibilité de remise de peine.

Biographie

Enfance

Sa mère, Aïcha el Wafi, d'origine marocaine, a été mariée de force à un compatriote, plus âgé qui se montre être un mari alcoolique et violent. Six enfants naissent de ce couple : deux filles, Nadia et Djamila, nées au Maroc, et deux garçons Abd-Samad et Zacarias, nés en France. Ses deux premiers enfants décédent, l'un à l'âge de 7 mois et le second à deux jours. En 1970, la mère se voit contrainte de fuir et va confier la garde de ses quatre enfants à l'Assistance publique. Zacarias est alors balloté d'orphelinats en foyers. Victime de violences conjugales, sa mère divorce en 1974 et, après avoir obtenu un emploi de fonctionnaire, récupère la garde de ses enfants. La famille s'installe alors à Narbonne ; le père ne donnera plus de nouvelles à sa famille. Zacarias, comme beaucoup d'enfants issus de l'immigration, subit le racisme et vit mal sa condition, d'autant plus qu'il a hérité de son père une peau sombre, ce qui lui vaut le surnom de « négro ». Il se brouille avec sa mère, puis avec son frère, et une de ses sœurs connaît des troubles psychiatriques. Cependant, Zacarias semble surmonter ses handicaps sociaux, réussit une scolarité sans histoires connues, et tout en étant surveillant au collège Victor-Hugo de Narbonne, obtient un baccalauréat professionnel de maintenance des systèmes mécaniques automatisés à Montpellier en 1988 puis un BTS Technico-Commercial au lycée Arago de Perpignan en 1990. Le jeune Zacarias est alors décrit par ses professeurs comme un élève extraverti, de bon caractère et entouré d'amis. Parallèlement à ses études, il acquiert une réputation de fêtard invétéré. L'année suivante, il réussit un DEUG d'administration économique et sociale à l'université Paul-Valéry de Montpellier (Hérault), puis obtient en 1995, un mastère en gestion de la South Bank University de Londres.

Rupture

En quête de ses racines, de repères et d'idéaux, il s'adonne à la religion musulmane, et fréquente une mosquée de Montpellier. L'année 1991 est sans doute celle de la rupture Article de L'Indépendant (journal français) du 18/09/2001. En 1992, Zacarias Moussaoui s'inscrit à l'université de Perpignan en deuxième année de LEA (Langues étrangères appliquées), mais il disparaît le jour de la rentrée. De fait, il a à cette époque, définitivement opté pour l'islamisme radical, coupe les ponts et s'installe à Londres, l'une des principales bases de l'islamisme en Europe. Selon les enquêteurs, influencé par les prêches des recruteurs du djihad, dont Abou Hamza et Abou Qoutada, il est rapidement intégré dans les réseaux islamistes, qui veulent l'envoyer en Afghanistan où il effectue son premier voyage dès 1995. En 1997, il fait de nombreux déplacements en France, en Grande-Bretagne et au Maroc, où il est arrêté et expulsé vers Paris. Il effectue aussi de discrets voyages au Proche-Orient, et il aurait même été signalé en Tchétchénie, par les services de renseignement français, ce que réfutent ses avocats. En 1998 et 1999, on le retrouve en Afghanistan dans les camps d'Al-Qaida, où il rencontre Khalid Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001 et peut-être aussi les plus hauts responsables d'Al-Qaida. En 2000, il est en Malaisie pour s'initier au pilotage d'avions de ligne, cependant les islamistes malaisiens de la Jemaah Islamiyah en ont vite assez de lui à cause de ses frasques et dès l'automne 2000, il est écarté de l'équipe de terroristes qui prépare la destruction des Twin Towers à New York. Cependant, son passeport français représente pour les terroristes un atout sérieux qui lui pemet de passer les frontières avec un minimum de contrôle. Il arrive à Chicago, en février 2001, avec une somme de 35 000 US dollars, pour s'installer à Oklahoma City, dans la région de laquelle il va suivre des cours de pilotage jusqu'en mai 2001.

Leçons de pilotage et arrestation

Arrivé aux États-Unis le 23 février 2001, Zacarias Moussaoui va prendre sans succès, du 26 février au 29 mai 2001, des cours de pilotage dans une école de Norman dans l'Oklahoma. Ses finances initiales dépensées, il trouve une nouvelle formation dans le Minnesota et pour cela il obtient une rallonge de 14 000 dollars que Ramzi Bin al-Shibh lui envoie, début août depuis Hambourg et Düsseldorf. Dès qu'il a encaissé l'argent, Zacarias achète deux couteaux à Oklahoma City. À partir du 13 août 2001, il s'inscrit à la Pan Am International Flight Academy à Eagan, près de Minneapolis, pour suivre des cours sur un simulateur de vol de Boeing 747 mais il éveille rapidement des soupçons chez ses instructeurs car il ne possède pas de licence de pilote et annonce qu'il ne veut uniquement apprendre à faire voler un appareil sans s'intéresser ni aux atterrissages, ni aux décollages. De plus, il paie ses frais de scolarité en espèces, soit 6 300 dollars. Ainsi, dès le 16 août 2001, il est interpellé en possession de faux papiers et emprisonné pour « infraction à la législation sur l'immigration ».

Procès

Préparation du procès

Le 11 décembre 2001, trois mois après les attentats du 11 septembre, Zacarias Moussaoui, bien qu'en prison au moment des faits, est accusé d'avoir « activement participé » par son silence au complot terroriste qui a conduit aux attentats. Il est inculpé de six chefs d'accusation sur le site du United States Department of Justice Traduction parue dans un article du Monde diplomatique de février 2006 :
-Conspiration en vue de l’accomplissement d’actes de terrorisme (Conspiracy to Commit Acts of Terrorism Transcending National Boundaries).
-Conspiration en vue de l’accomplissement de piraterie aérienne (Conspiracy to Commit Aircraft Piracy).
-Conspiration en vue de l’accomplissement de destruction d’avions (Conspiracy to Destroy Aircraft).
-Conspiration en vue de l’accomplissement d’usage d’armes de destruction massive (Conspiracy to Use Weapons of Mass Destruction).
-Conspiration en vue de l’accomplissement de meurtres d’employés de l’administration américaine (Conspiracy to Murder United States Employees).
-Conspiration en vue de l’accomplissement de destruction de biens (Conspiracy to Destroy Property). Les chefs d'accusation 1, 2, 3 et 4 sont passibles de la peine de mort et les deux derniers de la réclusion à perpétuité Article de CBS News du 2 janvier 2002.. Le 2 janvier 2002, Zacarias refuse de plaider devant le tribunal fédéral d'Alexandria en Virginie. Le 13 juin 2002, le juge Brinkema autorise Moussaoui à être son propre avocat et le 18 juillet 2002, il décide de plaider coupable et reconnaît être membre d'Al-Qaida, mais le 25 juillet 2002, il change sa position et décide de plaider non coupable « au nom d'Allah pour sauver et défendre ma vie en tant que musulman ». Des responsables d'Al-Qaida, détenus par les autorités américaines, dont Khalid Cheikh Mohammed, Yasser al-Jaziri et Ramzi Bin al-Shibh, avouent avoir mis à l'écart Moussaoui, car il le considéraient comme trop excentrique et l'avait mis en réserve pour une future opération en Europe ou au Moyen-Orient. Khalid Cheikh Mohammed déclare que Moussaoui devait faire partie d'une « seconde vague » d'attaques, alors que Ramzi Bin al-Shibh explique qu'il le trouvait trop « instable » et qu'il aurait annulé l'opération du 11 Septembre s'il avait eu vent de son arrestation. De fait, selon sa défense, Moussaoui n'était pas directement impliqué dans la préparation des attentats et n'a pas eu ni à plaider coupable, ni à reconnaître d'avoir été informé du projet des attentats du 11 septembre 2001, consistant à jeter des avions civils sur des immeubles civils sur le sol américain. De plus, le député de Pennsylvanie, Curt Weldon, convoqué au tribunal, révèle une opération secrète du Pentagone, nommée « Able danger » (danger breveté) lors de laquelle quatre des dix-neuf terroristes auraient été identifiés, un an et demi avant le 11 septembre. Ce témoignage va renforcer la défense en montrant que le gouvernement américain en savait plus que Zacarias et qu'il n'avait rien fait pour empêcher les attentats. Le procès a mis en exergue une tension entre le judiciaire et la sécurité nationale. Moussaoui a fait de nombreuses demandes pour avoir accès à des documents classés confidentiels et le droit d'appeler des membres prisonniers d'Al-Qaida (détenus notamment dans la base militaire de Guantanamo à Cuba) comme témoins, notamment Binalshibh. Toutes ces demandes sont présentées par les procureurs comme des menaces potentielles à la sécurité nationale, qui s'opposent le 23 février 2003, à autoriser le témoignage des membres d'Al-Qaida. La juge Brinkema reporte le procès en attendant une décision définitive sur cette question, et le 2 octobre 2003, devant le refus réitéré du gouvernement, elle interdit aux procureurs de demander la peine de mort. La position du gouvernement se trouve néanmoins renforcée, le 23 avril 2004, lorsqu'un tribunal lui donne raison dans sa position de refuser le témoignage en direct de trois présumés terroristes tenus au secret absolu par les autorités américaines, décision confirmée le 13 septembre 2004 par une cour d'appel. Les avocats de Moussaoui saisissent le 11 décembre 2004 la Cour suprême qui le 21 mars 2005 refuse l'examen de leur requête. Le 22 avril 2005, à la surprise générale, Zacarias Moussaoui change sa position et plaide coupable pour tous les chefs d'inculpations dont il est inculpé. Il nie cependant avoir eu pour intention de commettre le massacre du 11 septembre 2001, indiquant qu'il préparait de son côté une attaque séparée contre la Maison-Blanche. Le fait de plaider coupable le rend à nouveau complice de la mort de 3 000 personnes et donc passible de la peine de mort. Le 24 janvier 2006, ses avocats annoncent leur intention de démontrer que Zacarias est schizophrène ce qui lui éviterait la peine capitale. Ils estiment que ses incohérences, à la lisière de la folie, trouvent peut être leurs sources dans son enfance et son destin en miettes. De plus, la juge Brinkema, elle-même, sujette des insultes et des diatribes incohérentes de Zacarias, avait déjà mise en doute la santé mentale de Zacarias mais l'avait cependant laisser plaider coupable. Le 25 janvier 2006, la juge Brinkema ordonne au gouvernement que tous les documents qu'il dispose, classés secret défense et concernant la menace terroriste avant le 11 septembre, soient transmis à la défense de Zacarias Moussaoui. Le , Aïcha el-Wafi, sa mère estime lors d'une conférence de presse, donnée à Montpellier que son fils est un « bouc émissaire ».

Déroulement du procès

Le procès de Zacarias Moussaoui a débuté le lundi 6 février 2006 devant le tribunal fédéral d'Alexandria présidé par la juge Leonie Brinkema. Toutes photos et dessins ont été interdits. Le prévenu fut évacué 2 minutes à peine après le début des audiences, après avoir contesté les faits devant la Cour. Il sera expulsé à quatre reprises au cours de la 1 journée d'audience. Le 27 mars 2006, Moussaoui témoigne et affirme que lui et Richard Reid avaient planifié un crash d'avion sur la Maison Blanche pour le 11 septembre 2001. Aucun lien direct entre Moussaoui et Reid n'a été démontré, et ce témoignage est en contradiction avec un autre de ses témoignages dans lequel il affirmait que son attaque devait se dérouler après le 11 septembre. Quand il lui est demandé la raison de son mensonge, il réplique : « Nous sommes autorisés à mentir pour le jihad. Nous utilisons des techniques pour vaincre notre ennemi » Article de BBC News du 27 mars 2006 Article de CNN du 27 mars 2006. Le 6 avril 2006, Moussaoui, après la présentation des images de victimes du 11 Septembre se jetant dans le vide, parodie la célèbre chanson de Bruce Springsteen « Born in the USA » en « Burn in the USA ». Les procureurs poussent pour la peine capitale, et la défense a fait comparaître plusieurs experts pour témoigner sur la santé mentale de Moussaoui. La partie demanderesse (le gouvernement des États-Unis d'Amérique) également.

Verdict

Le , le jury du tribunal fédéral d'Alexandria rend son verdict et prononce «Nous, les jurés, n'avons pas estimé à l'unanimité qu'une sentence de mort devait être imposée» Le , la juge Leonie Brinkema condamne officiellement Zacarias Moussaoui à la prison à vie sans possibilité de libération anticipée Article du journal canadien Le Devoir du . Il semblerait, d'après les déclarations de certains jurés, que Zacarias Moussaoui n'ait eu la vie sauve qu'à une seule voix sur les douze. La peine de mort n'étant prononcée qu'à l'unanimité. À l'issue de ce verdict, Moussaoui a alors déclaré «Que Dieu sauve Oussama ben Laden. Vous ne l’attraperez jamais !» et «Que Dieu maudisse l’Amérique. Que Dieu sauve Oussama ben Laden. Vous ne l’attraperez jamais !» Article du journal sénégalais Le Soleil (Sénégal) du La juge a alors finalement déclaré, après la logorrhée du condamné, que «Les gens qui sont dans cette salle seront libres tout à l’heure d’aller où ils veulent, de respirer l’air frais et de goûter le soleil» Article du Figaro du 5 mai 2006. Zacarias Moussaoui ne le verra plus jamais et partira dans une prison de haute sécurité. Moussaoui a quitté la salle d'audience en prétendant que le prochain président des États-Unis le gracierait : In Your Dreams ! -Dans vos rêves !- s'est exclamée l'épouse d'une victime depuis les bancs de l'auditoire des parties civiles. L’Attorney General'' n'a pas fait appel et, bien que le gouvernement américain ait requis la peine capitale, le président G.W. Bush a pris acte de la décision sans en commenter le contenu.

Après le procès

Le lundi 8 mai 2006, Zacarias Moussaoui envoie à la juge Leonie Brinkema une motion Article de RFI du 09/05/2006 dans laquelle il revient sur ses aveux de culpabilité. Il affirme qu'il a menti durant le procès et jamais rencontré Mohammed Atta qui dirigeait certains des kamikazes du 11 septembre 2001. Il revient également sur ses déclarations selon lesquelles il était au courant de la préparation de ces attentats et devait piloter un des avions. Ces déclarations étaient, selon lui, une invention complète. Il précise que, s’il a pu voir quelques pirates de l'air à Kandahar, il ne les connaissait pas et ne savait rien de leur intention. Il déclare également avoir été extrêmement surpris d’avoir eu la vie sauve et demande un nouveau procès car il voit maintenant qu'il est possible d'avoir un procès juste, même avec des jurés américains. La juge Leonie Brinkema a cependant répondu que la loi fédérale américaine ne permettait pas à un condamné de revenir sur sa décision de plaider coupable une fois la sentence prononcée. Les avocats de Moussaoui étaient au courant de cette impossibilité mais ont tout de même transmis cette demande en raison des relations problématiques avec leur client. Zacarias Moussaoui purge, depuis le 13 mai 2006 sa peine sous le matricule 51427-054 dans la prison ADX de Florence dans le Colorado. Il n'en sortira jamais, sauf si un évènement exceptionnel et très improbable intervient (transfert dans une prison française, grâce présidentielle…). Il ne sera au contact d'aucun autre détenu. Il est enfermé 23h sur 24, et sa seule sortie quotidienne se fait dans une pièce où il reste seul mais peut soulever de la fonte. Il dispose d'une petite télé noir et blanc de 13 pouces de diagonale qui diffuse uniquement des programmes d'éducation. Il n'a, à ce jour, droit à aucune visite. Un avocat français, à la demande de sa mère, va essayer de lui faire purger le reste de sa peine en France. L'hypothèse, même si elle est envisageable, paraît difficile. Fin mai 2006, un message revendiqué par Oussama Ben Laden le disculpe des attentats du 11 septembre.

Livre par sa mère Aïcha

- Mon fils perdu - de Aïcha El-Wafi, Matthias Favron, Sophie Quaranta - Ed. Plon (19 octobre 2006), 244 pages, ISBN-10: 2259205429, ISBN-13: 978-2259205429

Références et notes

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