Jean Cassien

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Saint Jean Cassien, Joannes Cassianus en latin, est un homme d'Église méditerranéen dont on sait peu de chose. Au départ, son nom est Cassien. Le prénom Jean aurait été ajouté en hommage à saint Jean Chrysostome.
Jean Cassien

Saint Jean Cassien, Joannes Cassianus en latin, est un homme d'Église méditerranéen dont on sait peu de chose. Au départ, son nom est Cassien. Le prénom Jean aurait été ajouté en hommage à saint Jean Chrysostome.

Biographie

Jean Cassien serait né entre 350 et 360 et mort entre 433 et 458 est un homme d'Église méditerranéen dont on sait peu de choses.

Enfance

Suivant Gennadius, il serait né en Scythie (natione Scytha), en Dobroudja zone actuellement partagée entre la Roumanie et la Bulgarie La Dobroudja (Добруджа en bulgare, Dobrogea en roumain et Dobrogée dans les documents français anciens), est un territoire situé entre le Danube et la Mer Noire, partagé entre la Roumanie (deux départements comprenant le plus grand port de la Mer Noire : Constanţa et le delta du Danube), et la Bulgarie (cette région du nord-est est considérée comme le « grenier à blé » de la Bulgarie), suivant d'autres dans le désert de Skété (heremus Scitii), près du delta du Nil (qui n'était qu'un site monastique). La confusion pourrait provenir d'un amalgame entre Scytha et le désert de Skété, là où il séjournera plus tard. D'autres encore penchent pour la Provence Jean Cassien serait né, aux dires de Gennade, dans l’Est de l’actuelle Roumanie. Cette assertion n’a pas manqué d’être discutée, depuis le . Quelques uns ont plutôt cru à une allusion à Scythopolis (l’actuelle Beïsan, en Palestine). D’autres ont corrigé le texte en « Cassianus natione Syrus... » ; d’autres encore en « Cassianus, natus Serta... » faisant Jean Cassien originaire de Tigrannocerta (l’actuelle Siirt, près de Bitlis, dans l’ancienne province de Gordyène). D’aucuns ont évoqué un lieu de naissance en Provence, plaidant en faveur de Cirtharista qui, parce qu’elle est devenue inconnue des copistes du moyen âge, aurait été transcrit en Scytha. Cette version serait en fait la forme première du texte et il convient de lire « Cassianus, nation Scytha... » : notre moine serait donc bien originaire de la province romaine de Scythie mineure (l’actuelle Dobroudka, à l’embouchure du Danube). Cette origine roumaine est retenue par l'Eglise catholique. . Il aurait passé son enfance dans le monastère de Bethléem. On suppose qu'il provenait d'une famille fortunée.

Le religieux

D'une famille certainement riche, de bonne éducation, sa première jeunesse se passa dans le monastère de Bethléem. Entre 385 et 390, il obtint la permission d'en sortir pendant sept années, pour aller avec Germain, son ami, de quelques années son aîné, visiter les lieux saints de la Palestine et les anachorètes de la Thébaïde. En 403, à Constantinople, il reçoit les enseignements de Saint Jean Chrysostome qui l'ordonne diacre et lui donne la charge des trésors de sa cathédrale. Après l'exil de son maître, il est chargé de solliciter l'intercession du pape Innocent Ier en faveur de l'évêque persécuté. Il visite les sites monastiques d'Égypte et donne une description vivante du genre de vie qu'on y pratiquait et des enseignements qui y étaient dispensés. Il se fixe par la suite en Occident et fonde, en 414 ou 415, deux monastères à Marseille, Saint-Victor pour les hommes et Saint-Sauveur pour les femmes. Selon la tradition, il aurait demandé à l'évêque de Marseille, Proculus, l'autorisation de fonder un monastère près de la grotte où reposaient les reliques de saint Lazare et de saint Victor. Il aurait même fait construire près de cette grotte, deux églises, l'une dédiée à saint Pierre et saint Paul, l'autre à saint Jean-Baptiste. On assure que cinq mille moines y vivaient sous sa discipline. Il mourut vers 440. Toutefois, il existe une incertitude et mêmes des différences sur l'époque de sa mort. Suivant la légende de saint Prosper, il vivait encore en 433 ; Rivet place sa mort en 434 ou 435 ; d'autres, entre 440 et 458. Baillet et Dupin prétendent qu'il a vécu quatre-vingt-dix-sept ans.

Son oeuvre

Il professa un semi-pélagianisme qui fut combattu par Saint Augustin. On connaît deux ouvrages de Jean Cassien :
- Les institutions cénobitiques (De Institutis coenobiorum et de octo principalium vitiorum remediis), un traité en douze livres écrit en 420 et consacré à la vie monastique et aux obstacles de la perfection : gloutonnerie, impureté, avidité, colère, abattement, ennui, vanité et fierté.
- Les conférences (Collationes patrum in Scithico eremo commorantium), une collection de vingt-quatre conférences relatant les souvenirs de Cassien en Égypte, ses entretiens sur la perfection ascétique avec les pères du désert. Au moyen-âge, l'habitude de lire les Collationes pendant le repas du soir a fini par donner à ce dernier le nom de collation. D'autres ouvrages lui sont attribués de manière apocryphe. La meilleure édition de Cassien est celle de Leipzig, 1722, in-fol. Jean Cassien développa la doctrine des quatre sens de l'Écriture, sur la base des idées d'Origène. Il est connu pour avoir introduit le cénobitisme en occident.

Sa postérité

Benoît de Nursie s'est appuyé sur les ouvrages de Jean Cassien pour établir sa règle monastique Saint Benoît, par dom Ildefons Herwegen, 1980, pages 112-113.. Après la mort de Jean Cassien, le Concile d'Orange, en 529, condamne le semi-pélagianisme et donne une formulation théologique de la grâce telle que prônée par Augustin. Le concile s'est prononcé contre ceux qui, comme Jean Cassien de Marseille, Faust de Riez et Vincent de Lérins, donnaient un rôle plus important au libre arbitre. Ceci explique probablement pourquoi Jean Cassien n'a jamais été un saint de l'Église catholique romaine, même s'il est honoré localement. Quelques villages près de Lérins portent son nom et on garde parfois le souvenir d'une fête le 29 février. Ses écrits pourtant ont été beaucoup lus dans les monastères d'Occident. Il figure en revanche au calendrier des saints de l'Église orthodoxe où il est très estimé pour ses écrits et pour ses positions sur la grâce dans lesquelles les orthodoxes reconnaissent, bien mieux que chez Augustin d'Hippone, les positions traditionnellement enseignées par les Pères orthodoxes. C'est ainsi que des moines (et des évêques) orthodoxes portent souvent son nom. Il est fêté le 23 juillet.

Notes

Voir aussi

Textes de Cassien

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Références

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Sujets connexes
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