Musique bretonne

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La musique bretonne est l'expression musicale de la Bretagne. La culture celtique a inspiré les musiciens bretons qui, depuis quelques décennies, trouvent du succès au-delà des frontières de la Bretagne. Des influences de l'étranger, notamment des autres pays celtiques, ont enrichi la tradition du pays. Pendant longtemps, la musique bretonne s'est partagée entre la musique festive (accompagnement des danses), la musique descriptive ou de circonstance (gwerzioù et chants
Musique bretonne

La musique bretonne est l'expression musicale de la Bretagne. La culture celtique a inspiré les musiciens bretons qui, depuis quelques décennies, trouvent du succès au-delà des frontières de la Bretagne. Des influences de l'étranger, notamment des autres pays celtiques, ont enrichi la tradition du pays. Pendant longtemps, la musique bretonne s'est partagée entre la musique festive (accompagnement des danses), la musique descriptive ou de circonstance (gwerzioù et chants de marins par exemple) et la musique religieuse (kantikou brezhoneg). La musique et le chant bretons sont marqués par les terroirs, et en partie, par la division linguistique en Haute-Bretagne (zone d'expression en gallo) et Basse-Bretagne (zone d'expression en breton). En déclin depuis la fin de la 1 Guerre Mondiale, la musique bretonne a vécu un véritable renouveau dans la 2 moitié du . Parmi les nouveautés, on peut citer :
- la création des bagadoù à l'issue de la guerre,
- la réimplantation de la harpe celtique en Bretagne,
- l'utilisation d'instruments hier inconnus : cornemuse écossaise, guitare, instruments amplifiés, percussions (batterie, percussions africaines),
- la multiplication des échanges musicaux avec les autres nations celtes (Irlande, Écosse, Pays de Galles, Cornouailles, Galice, Asturies),
- la création de structures spécialisés dans le collectage de la tradition musicale (Dastum, qui signifie « recueillir »), dans le chant (Kan ar Bobl), la musique instrumentale (BAS ou "Bodadeg ar Sonerion") ou la danse (Kendalc'h et War 'l leur),
- le développement de la chanson militante. Tout cela a facilité l'éclosion de musiciens, à commencer par Alan Stivell, suivi par d'autres artistes créatifs (Tri Yann, etc.) qui ont actualisé des thèmes anciens par des sonorités d'aujourd'hui et combiné différentes musiques, favorisant la diffusion d'une musique bretonne élargie et diversifiée.

Musique traditionnelle et musique classique

Les instruments phares (biniou, bombarde)Musique Bretonne: Histoire des sonneurs de tradition, ouvrage collectif rédigé sous l'égide de la revue ArMen, Le Chasse-Marée / Armen, 1996, ISBN 2.903708.67.3 utilisés en musique bretonne sont historiquement issus de vastes familles d'instruments semblables. Il s'agit d'instruments non tempérés : afin d'accorder une bombarde et un biniou ou deux bombardes entre elles, il fallait les tailler dans le même arbre, sinon leurs harmoniques différaient et l'ensemble ne sonnait pas juste. Aujourd'hui encore, pour un joueur habitué à des tons précis, ces instruments, même accordés, ne sonnent pas juste. Vers la fin de la Renaissance, les instrumentistes ont progressivement adopté la gamme tempérée du solfège. Le hautbois est l'instrument issu de la correction progressive des instruments à vents traditionnels afin d'obtenir une note juste, c'est-à-dire qui sonne à la même hauteur quel que soit l'instrument. Fabriqués localement par des personnes peu soucieuses de cette précision tonale, les instruments traditionnels ont été très longs à adopter cette norme musicale. De fait, la musique bretonne peut sonner étrangement aux oreilles d'un mélomane habitué à la gamme occidentale moderne. Les octaves ne sont pas les mêmes, les notes ne varient pas exactement par demi-tons. Parfois, les quarts de tons sont utilisés. De plus, du fait qu'il s'agit d'une mélodie massivement utilisée pour accompagner des danses et du fait des particularités des danses bretonnes (par exemple la subdivision ou petits pas de certaines gavottes), cette musique n'utilise pas toujours des temps de longueurs strictement semblables. C'est pourquoi il est difficile de noter les airs selon la notation de la musique classique qui ne peut donner une transcription parfaite de ces subtilités. On peut faire le parallèle avec la situation du chant en breton où règne le kan ha diskan, qui, du fait de la nature tonale du breton alliée à l'utilisation de modes musicaux anciens, tranche avec le chant populaire courant en France, par exemple. Dans beaucoup de régions et pays, les anciens instruments à vent traditionnels furent encore utilisés parallèlement au hautbois avant de disparaître à l'exception notable (mais pas seulement) de la bombarde qui a survécu en Bretagne, d'où certaines spécificités de la musique bretonne. En effet, après avoir failli disparaître dans le milieu du vingtième siècle, le jeu de couple (bombarde et biniou kozh) a repris une vigueur considérable; les festou noz et les concours de sonneurs attirent beaucoup de participants et spectateursGourin, un demi-siècle de championnat, Revue Ar Soner, n°382, 4 trimestre 2006. Dans les années 1970, une intense activité de collectage d'airs de mélodie, de marche et de danse a été engagée à l'initiative des associations SKV (fondée par Georges Epinette) et DastumDe SKV à Dastum, revue Musique Bretonne, n°200, Janvier/Février 2007, et a permis de sauver de nombreux airs. Aujourd'hui, avec l'élargissement du contexte musical (groupes composés d'instruments variés, généralisation de l'amplification électrique, enregistrements en studio etc.), la gamme tempérée s'est généralisée. Cependant, certains musiciens modernes (Alan Stivell, Erik Marchand) restent attachés aux gammes non tempérées. De même, les pratiques locales maintiennent vivants les anciens modes musicaux.

Musique bretonne moderne

Quand on évoque la musique bretonne contemporaine, le premier nom qui vient à l'esprit est Alan Stivell. À cela trois raisons : l'importance de l'œuvre elle-même, d'une part, la chronologie et la popularité par ailleurs. S'il ne fut pas le premier à réutiliser la matière musicale traditionnelle (cf. le travail musical dans les bagadoù avant - et avec - lui), Alan Stivell a radicalement modernisé la musique bretonne et celtique en introduisant l'emploi d'instruments amplifiés (guitare électrique, guitare basse, synthétiseurs etc.). S'ajoutant à son talent artistique, il a utilisé pour la première fois les moyens modernes et professionnels de promotion et de diffusion, et fait connaître sa musique au grand public sur tous les continents, à commencer par le public breton, auparavant majoritairement ignorant ou fermé à la musique de la Bretagne. D'autres groupes utilisant des rythmes et des arrangements de type "rock" et dépassant aussi le cadre de la popularité régionale : Tri Yann, Stone Age, EV, Armens, Merzhin, Krêposuk, Tri Bleiz Die. D'autres groupes utilisent aussi l'électronique depuis de nombreuses années comme l'électro-shaman Pascal Lamour.

Les instruments

L'image qui vient immédiatement à l'esprit quand on parle de musique bretonne est celle d'un couple de sonneursYves Castel, Sonerien daou ha daou (Méthode de biniou et de bombarde), Ed. Breizh Hor Bro, 1980 ou celle d'un bagad, l'un et l'autre mettant en avant le biniou et la bombarde. Si ces instruments furent très populaires, surtout en Basse-Bretagne, où l'aire récente d'utilisation recouvre à peu près le terroir gavotte, ce ne sont nullement les seuls instruments utilisés. D'ailleurs, le biniou lui même est assez récent. Autrefois, la harpe était utilisée, notamment à la cours des ducs de Bretagne. Mais elle a laissé peu de traces après l'époque ducale. Au début des années 1950, Alan Stivell et son père Georges Cochevelou, suivis par d'autres, ont œuvré pour sa réintroduction. Elle est maintenant bien établie et connue sous le nom de harpe celtique. Au , l'accordéon diatonique et la clarinette ont été introduits en Bretagne. Cette dernière a beaucoup plu par son ton chaleureux et parce qu'elle pouvait remplacer un chanteur dans le kan ha diskan. Comme dans les autres régions françaises, elle a souvent reçu un surnom, en breton elle porte un nom plus affectif que dépréciatif : treujenn gaol ("trognon de chou"). Bien d'autres instruments ont été et sont encore utilisés : veuze, vielle à roue, violon. Plus récemment est apparue la guitare, dont la vocation a d'abord été d'accompagner les chansons (cf. Glenmor) puis utilisée pour rythmer les danses, enfin instrument soliste grâce au talent de quelques guitaristes (Bernard Benoît, Dan Ar Braz, Soïg Sibéril).

Références

Bibliographie

-Collectif, Musique bretonne, histoire des sonneurs de tradition, éditions Le Chasse-Marée / Ar Men, ISBN 2903708673
-H. Corbes, Abrégé d’histoire de la musique bretonne, revue GWALARN, numéro 104-105, Juillet-Août 1937. Traduction en français du texte original sur le site de l’association ou sur
-René Abjean, La musique bretonne, 1974, éd° Jos Le Doaré, Châteaulin, Finistère
-Goulc'hen Malrieu, Guide de la musique bretonne, 1993, édit° Dastum, Rennes
-Roland Becker et Laure Le Gurun, La musique bretonne, 1994, éd° Coop Breizh. ISBN 290992419X
-Yves Defrance, L'archipel des musiques bretonnes, 2000, éd. Actes Sud, Arles, 186 p. avec un disque compact. ISBN 2742725237

Voir aussi

- Musique celtique

Textes et techniques musicales

- Barzaz Breiz
- Bagad
- Kan ha diskan

Événements

- Fest-noz
- Festival interceltique de Lorient
- Kan ar Bobl
- Bogue d'Or

Instruments

- Accordéon diatonique
- Clarinette (treujenn-gaol)
- Flûte irlandaise
- Violon
- Guitare
- Bombarde
- Biniou koz
- Dulcimer

Musiciens et groupes contemporains

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Sujets connexes
Accent tonique   Accordéon diatonique   Actes Sud   Alan Stivell   Annie Ebrel   Ar Re Yaouank   Armens   Asturies   Avel Glas   BAS   Bagad   Barzaz Breiz   Basse-Bretagne   Batterie (musique)   Bilikenn   Biniou   Bodadeg ar Sonerion   Bogue d'Or   Bombarde (musique)   Breton   Carré Manchot   Clarinette   Cornemuse   Cornouailles   Dan Ar Braz   Danse bretonne   Dastum   David Pasquet   Dañs tro   Demi-ton   Denez Prigent   Deskomp   Didier Squiban   Dom DufF   Dulcimer   EV   Emsaverien   Fest-noz   Festival interceltique de Lorient   Flûte irlandaise   Galice   Gamme tempérée   Gammes et tempéraments   Georges Cochevelou   Gildas Arzel   Gilles Servat   Glenmor   Glochos   Guitare   Gwendal   Gwerz   Gérard Jaffrès   Hamon Martin Quintet   Harmonique   Harpe   Harpe celtique   Hautbois   Haute-Bretagne   Héritage des Celtes   Instrument de percussion   Irlande   Jos Le Doaré   Kan ar Bobl   Kan ha diskan   Karma   Kazdall   Kohann   Kornog   Krozal   Krêposuk   Les Baragouineurs   Louis Capart   Louise Ebrel   Lucien Gourong   Manau   Marthe Vassalo   Matmatah   Merzhin   Mode (musique)   Musique celtique   Musique populaire   Myrdhin   Nolwen   Nolwenn Korbell   Note   Octave (musique)   PSG (groupe)   Pays de Galles   Quart de ton   Red Cardell   Renaissance (période historique)   René Abjean   Sacrée Bordée   Soldat Louis   Solfège   Sonerien Du   Soïg Sibéril   Startijenn   Stone Age (groupe)   Talar   Tri Bleiz Die   Tri Yann   Triskell (groupe)   Veuze   Vielle à roue   Violon   War 'l leur   Wig A Wag   Yann-Fañch Kemener   Yann-Fañch Perroches   Yao (groupe)   Youenn Gwernig  
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