Prusse

Infos
Cet article traite de l'ancien pays d'Europe. Pour l'arbre du même nom, voir prusse (arbre). La Prusse (en allemand : Preußen) était un territoire de l'Est de l'Europe qui, de 1701 à 1918, constitua le noyau d'un royaume qui pesa sur l'histoire du continent, avant de devenir, de 1918 à 1947, une partie de l'Allemagne. Aujourd'hui divisée en plusieurs Länder, la Prusse évoque le souvenir d'un État fortement militarisé. Mirabeau disait : "La Prusse n’es
Prusse

Cet article traite de l'ancien pays d'Europe. Pour l'arbre du même nom, voir prusse (arbre). La Prusse (en allemand : Preußen) était un territoire de l'Est de l'Europe qui, de 1701 à 1918, constitua le noyau d'un royaume qui pesa sur l'histoire du continent, avant de devenir, de 1918 à 1947, une partie de l'Allemagne. Aujourd'hui divisée en plusieurs Länder, la Prusse évoque le souvenir d'un État fortement militarisé. Mirabeau disait : "La Prusse n’est pas un État qui possède une armée, c’est une armée qui a conquis une nation".

Histoire

Origine

La Prusse est à l'origine un territoire aux confins de l'actuelle Pologne et de la Russie. Sa colonisation est due aux Chevaliers Teutoniques qui la disputèrent aux Polonais. La déformation du nom du peuple balte autochtone, les Borusses, donna son nom à la Prusse. Finalement, en 1410, les Polono-Lituaniens commandé par Ladislas II Jagellon, écrasèrent les Chevaliers Teutoniques à la bataille de Tannenberg (ou de Grunwald). Cartes du développement territorial de la Prusse (1415-1803) Parallèlement, en 1415, l’Électeur de Brandebourg, de la famille des Luxembourg, meurt et, comme il est endetté vis-à-vis d’un représentant de la famille des Hohenzollern, petits burgraves du sud de l’Allemagne, il donne à Frédéric de Hohenzollern l’électorat et la marche de Brandebourg. Frédéric VI est donc nommé gouverneur de la marche du Brandebourg et est investi électeur du Brandebourg par le Concile de Constance. En 1525, le grand maître de l'Ordre Teutonique, Albert de Brandebourg-Ansbach, de la famille souabe des Hohenzollern, adopte le luthéranisme et transforme la Prusse, possession de l'Ordre, en duché héréditaire et vassal du royaume de Pologne (traité de Cracovie du 8 avril 1525). Cet État devait rester aux Hohenzollern durant quatre siècles, jusqu’en 1918. En 1539, Joachim II se convertit au protestantisme. De 1576 à 1611, plus de 9000 personnes meurent de la peste. right En 1614, le Brandebourg acquiert le duché de Clèves, le comté de Mark et le comté de Ravensberg puis, en 1618, deux événements déterminants pour l’histoire des Hohenzollern ont lieu, d’une part, le dernier duc de Prusse meurt sans héritier, et ce duché revient à Jean Sigismond de Hohenzollern, et d’autre part la guerre de Trente Ans se déclenche en Allemagne jusqu’en 1648. Un an plus tard, Jean Sigismond meurt et Georges-Guillaume hérite de l’électorat. Sous son règne, le Brandebourg est décimé par la guerre, il sert de principal champ de bataille. Mais aussi un début de révolte se manifeste parmi les parlements provinciaux. En 1640, son fils, Frédéric-Guillaume devient électeur. Il sera surnommé, privilège rare, le Grand Électeur. D’éducation protestante, il a étudié dans les Provinces-Unies, il se montre soucieux de consolider son État après sa reconstruction et surtout d’atténuer les particularismes entre les seigneurs de son État. Il apparaît a postériori comme le fondateur de la Prusse moderne. En 1648, la guerre de Trente Ans prend fin, mais le Brandebourg est dévasté : Berlin a perdu 9 000 habitants sur les 13 000 d’avant la guerre, la population totale a diminué de moitié, dans certaines régions des deux tiers, et en compensation, lors des Traités de Westphalie (1648), Frédéric-Guillaume obtient l’archevêché de Magdebourg, celui de Halle, les évêchés de Minden et de Kamien, mais aussi la Poméranie orientale, il conquiert aussi la Poméranie orientale suédoise mais doit la restituer. Enfin, grâce à son alliance avec le roi de Pologne Jean Casimir, il obtient de celui-ci, en 1657, l’affranchissement de la suzeraineté polonaise sur la Prusse par le Traité de Welhau. Dans le domaine de la politique intérieure, le Grand Électeur unifie tous ses territoires en les soumettant à l’impôt permanent et en instaurant une armée permanente de 30 000 hommes, troisième d’Europe par sa qualité. Habilement, par l'Édit de Potsdam en 1686, Frédéric-Guillaume concède des terres et des avantages financiers aux immigrants, dont 20 000 protestants français (x) qui quittent la France après la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685. Le Grand-Électeur accueille ce sang nouveau dont son État a bien besoin, et Berlin doit beaucoup à ces hommes. À la fin du XVIIIe siècle, le tiers des habitants de Berlin est d'origine française.

Le royaume en Prusse

Frédéric Ier de Prusse Cartes du développement territorial de la Prusse (1415-1803) En 1688, Frédéric III devient prince-électeur de Brandebourg. Il a une idée principale : se faire couronner roi de Prusse. D’abord réticent, l’empereur Léopold I est contraint d’accepter, afin de bénéficier de l’aide militaire du Brandebourg dont il a cruellement besoin pour la Guerre de Succession d'Espagne ; par le « Traité de la Couronne », l’Empereur accorde finalement le droit si longtemps convoité : le 18 janvier 1701, Frédéric III, électeur du Saint-Empire Romain Germanique, devient Frédéric Ier, roi en Prusse (la Prusse ne fait pas partie de l’Empire, mais les Hohenzollern balaient bien vite cette nuance pour se faire appeler rois en Prusse), il se couronne lui-même dans la chapelle du château de Königsberg. Désormais, toutes les possessions des Hohenzollern sont réunies dans le Royaume de Prusse. En 1698, Frédéric avait demandé à Andreas Schlüter la transformation du château de Berlin, en prévision de son élévation à la dignité impériale, puis, en 1700, sur l'initiative de Leibniz, Berlin accueille la troisième Académie des sciences en Europe. Il fait également construire pour sa femme Sophie Charlotte le somptueux château de Charlottenburg à Berlin. Mais toute cette politique d'apparat, due en partie aux appétits de prestige du nouveau roi, coûte cher : la cour dépense la moitié des revenus annuels. Enfin, en 1711, Antoine Pesne, d'origine française, devient peintre de la Cour. En 1713, Frédéric-Guillaume I devient roi en Prusse. Il est resté comme le Soldatenkönig, le Roi-Sergent. C’est un roi qui aime les beuveries, les tabagies et les chants guerriers. Il s’entoure d’une garde de géants, célèbre dans toute l’Europe, pour laquelle il fait recruter de gré ou de force des géants partout sur le continent. Mais Frédéric-Guillaume se caractérise par un sens aigu du devoir envers l’État. Il consolide le royaume, renfloue les caisses par une économie austère, et fait de l’armée prussienne l’une des plus fortes du continent avec 76 000 hommes (à cette époque, la France en compte à peine le double et elle est beaucoup plus peuplée que la Prusse). Malgré son implication dans la Guerre du Nord, et l’acquisition de Stettin et de la Poméranie occidentale, Frédéric-Guillaume s’occupe surtout de perfectionner son armée, notamment en organisant des recrutements et un nouveau découpage en cantons : désormais (1711), chaque régiment se voit attribué un canton dans lequel il peut effectuer ses recrutements. Ce faisant, il lègue à son fils une puissante machine de guerre dont lui-même ne s'est pas servi.

La Prusse de Frédéric le Grand

La Prusse en 1740. Frédéric II. Frédéric devient roi en 1740 sous le nom de Frédéric II, le Grand Frédéric. C’est un jeune homme de vingt-huit ans, d’éducation et de culture française, admirant Voltaire. Son père l’a souvent traité de fillette et il semble mal préparé pour le trône de son père, mais il se révéla un redoutable stratège et un véritable despote éclairé. Grâce à l’armée de son père, il peut attaquer l’Autriche de Marie-Thérèse : en 1742, il conquiert la Silésie, région très riche qui augmente considérablement le territoire de la Prusse et sa population, ainsi que le comté de Glatz. C’est le déclenchement de la Guerre de Succession d'Autriche, ou Première Guerre de Silésie qui trouve son origine dans la Pragmatique Sanction. Charles VI d’Autriche était devenu empereur du Saint-Empire après la mort de son frère, n’ayant pas d’héritier mâle, il réussit en 1713 à faire accepter par les chancelleries européennes la Sanction qui permettait à sa fille Marie-Thérèse d’hériter de ses possessions en Europe centrale. À sa mort en 1740, Marie-Thérèse devint donc archiduchesse d’Autriche, mais les pays européens ne l’entendirent pas de cette oreille, Frédéric le premier. Après une guerre de huit ans, l’acquisition du duché de Silésie est confirmée à Frédéric II. Mais, soucieuse de reconquérir la Silésie, Marie-Thérèse s’allie avec la Tsarine Élisabeth, de son côté George II, roi de Grande-Bretagne et électeur de Hanovre s’allie avec la Prusse. Sentant l’encerclement le menacer, Frédéric prend l’initiative et envahit la Bohême et la Saxe en 1756. La guerre de Sept Ans, ou Seconde Guerre de Silésie, commence. La guerre oppose l’Autriche, la France, la Suède, la Russie, l’Espagne et la Saxe d’une part et la Prusse ainsi que la Grande-Bretagne d’autre part. Très vite, la situation devient dramatique, pratiquement seul contre tous, le Brandebourg est envahi, Berlin assiégée. Mais, le jour de Noël 1761, la tsarine Élisabeth meurt, et son neveu, Pierre III, est couronné Tsar en janvier 1762. Admirateur de la Prusse et en premier lieu de Frédéric, Pierre conclut la paix avec le Hohenzollern et, peu après, la guerre se termine ; la Prusse est sauvée et le traité d’Hubertsburg en 1763 officialise définitivement la possession de la Silésie à la Prusse. Cependant, le royaume reste, vu son étendue d’Aix-la-Chapelle à Königsberg, divisé en trois parties : à l’Est, la Prusse, au centre le Brandebourg et à l’Ouest les possessions occidentales, incluses dans le Kleinstaaterei, terme intraduisible décrivant la mosaïque de principautés de l’Allemagne à cette époque, et l’un des facteurs empêchant la réalisation de l’unité. Durant son règne de despote éclairé, Frédéric, aussi surnommé le vieux Fritz, confie à Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff la construction à Potsdam, au sud-ouest de Berlin, du palais de Sanssouci où il fait venir Voltaire et d’autres philosophes constituant une cour disparate et pittoresque. En 1744, il nomme le mathématicien malouin Maupertuis à la tête de l’Académie des Sciences de Berlin, laquelle compte également Leonhard Euler. Voltaire en fit partie et, à sa mort, après que Louis XVI aura refusé à l'Académie française le droit de célébrer une messe pour le repos de son âme, il en fit solennellement célébrer une à l'église catholique de Berlin, à laquelle assistèrent tous les membres catholiques de son Académie. La même année, Frédéric obtient le comté de Frise orientale, mais surtout, en 1772, d’un commun accord Russie, Autriche et Prusse se partagent une partie de la Pologne : Frédéric obtient la Prusse polonaise, sauf Thorn et Danzig. Désormais, la Prusse est réunie au Brandebourg. À la fin du règne de Frédéric, le territoire de la Prusse a presque doublé, et le trésor royal a été multiplié par huit. La Prusse à la mort du Grand Frédéric.

L'avènement d'une puissance

En 1786, Frédéric-Guillaume II, neveu du vieux Fritz, est couronné roi de Prusse. C’est un roi médiocre qui laisse la réalité du pouvoir à ses ministres (notamment Wöllner), mais sous son règne, la Pologne est partagée une deuxième et une troisième fois. La Prusse y obtient la Posnanie et la région de Varsovie. Sous son règne, Langhans construit la porte de Brandebourg à Berlin (1791), Kant publie Critique de la raison pratique (1788). En 1797, Frédéric-Guillaume III devient roi de Prusse. Il est confronté aux dernières Guerres de Révolution puis aux Guerres napoléoniennes. Allié dans un premier temps à la France, il se retourne bientôt contre elle. En 1806, la Prusse déclare la guerre à la France : l’armée prussienne, malgré sa réputation, est vite défaite, notamment à Iéna et Auerstaedt. Napoléon entre à Berlin ; le roi se replie à Königsberg. En 1807, la Prusse doit signer le traité de Tilsit : l’armée prussienne est réduite à 47 000 hommes et la Prusse est contrainte de procéder à des réformes intérieures (abolition du servage en 1807 ; autonomie accordée aux villes en 1808). Devant l'occupation française, un profond sentiment national s’éveille alors dans toute l'Allemagne et les Prussiens, sous les ministères du baron vom Stein et du comte von Hardenberg, conservent et entraînent en secret une puissante armée. Mais plus que le roi Frédéric-Guillaume, c’est surtout sa femme Louise qui incarne la résistance face à Napoléon et aux Français. Après la défection du général Yorck lors de la campagne de Russie (1812), et son exploitation politique par von Hardenberg, l’armée prussienne fond sur les restes de la Grande Armée et, par la bataille décisive de Leipzig, l'oblige à se replier en Rhénanie (1813). L'armée prussienne, menée par le général Blücher, joue un rôle de premier plan dans la Campagne de France (1814). Elle appuie encore de manière décisive l'armée de Wellington pendant les Cent-jours. Finalement les vainqueurs de 1815 remodèlent l’Europe au Congrès de Vienne. Mais les intérêts de la Prusse sont insuffisamment défendus par un von Hardenberg hésitant face à Metternich, et Frédéric-Guillaume doit céder les territoires acquis lors du troisième partage de la Pologne (1795) et une partie des territoires acquis lors du deuxième partage (1793). En revanche, la Prusse obtient pratiquement toute la Rhénanie et toute la Westphalie ainsi que toute la partie nord de l'ancien électorat de Saxe. Ainsi, les énormes bassins houillers de la Ruhr et de la Sarre lui permettent un essor économique considérable et surtout de mettre en place le Zollverein, une structure d'apparence économique, mais qui en réalité relèguera graduellement au second plan l'autorité des Habsbourg en Allemagne en quelques décennies. L'unité allemande, proposée entre autre par le baron vom Stein, aurait pu être faite d’ailleurs lors du Congrès de Vienne mais, du fait des réticences des rois et des princes, elle a été retardée d’un demi-siècle. Emprise de la Prusse dans l'Empire allemand. En 1840, Frédéric-Guillaume IV est couronné Roi de Prusse. L’événement majeur de son règne est la Révolte de 1848 à Berlin. Les parlements sont dissous et les nouvelles assemblées proposent au Roi la couronne impériale d’Allemagne. Ce dernier refuse car l’assemblée n’est pas légitime et la Révolution est réprimée. À la fin de son règne, le roi est déclaré inapte à régner du fait de l’altération de ses facultés mentales ; c’est son frère Guillaume qui assure la régence jusqu’à la mort du roi.

La Prusse dans l'Empire allemand

Otto von Bismarck. En 1861, Guillaume de Hohenzollern est couronné roi sous le nom de Guillaume Ier. Un an plus tard il choisit le comte Bismarck, un pur junker, comme chancelier. Par sa politique belliqueuse et pragmatique, ce ministre réalise en l'espace d'une décennie l’Unité allemande en évinçant militairement les Habsbourg de l'Allemagne du Nord. La Guerre des Duchés, une guerre commune avec l’Autriche contre le Danemark, donne en 1864 conjointement à la Prusse et à l’Autriche la gestion des duchés de Schleswig et de Holstein. Puis, prenant prétexte de la mauvaise gestion autrichienne en Hesse, Bismarck déclare la guerre à l’Autriche en 1866. Ceux qui prévoyaient que la Guerre austro-prussienne serait longue et se solderait par la victoire de l’Autriche voient leurs prévisions complètement bouleversées : en moins de trois semaines, par les batailles de Langensalza, Sadowa et Königgrätz, l’armée prussienne, bénéficiant d'un armement moderne (canons Krupp), ne fait qu’une bouchée de l’armée autrichienne, hétéroclite, mal entraînée et mal commandée. La Prusse annexe ainsi, outre les duchés de Schleswig et du Holstein, le Hanovre, Francfort, la Hesse et le Duché de Nassau. Désormais la Prusse est un territoire d’un seul tenant du Rhin au Niemen. Il ne reste plus à Bismarck qu'à faire reconnaître l'Unité allemande grâce à la Guerre franco-allemande de 1870. Habilement trompée par la « Dépêche d'Ems », la France déclare la guerre à la Prusse, prenant la responsabilité des hostilités. Là aussi l’armée prussienne, mais également bavaroise et wurtembergeoise, sous le commandement de Von Moltke, écrase l’armée française en deux semaines. Les Prussiens assiègent Paris et par le traité de Francfort (1871) annexent l’Alsace-Lorraine. Ils obligent la France à payer une indemnité de cinq milliards de francs-or. La proclamation de l'Empire allemand à Versailles. Tableau d'Anton von Werner. Le 18 janvier 1871, 170 ans après que Frédéric Ier a été couronné roi de Prusse, Guillaume Ier reçoit la couronne de l’Empire Allemand des mains des princes allemands, réunis dans la Galerie des Glaces du château de Versailles. Bismarck a atteint son but : l’Unité Allemande est achevée. Mais l’Empire est une fédération de 25 États réunis sous l’égide de la Prusse, et certains États conservent un particularisme très fort, comme la Bavière. Cette Bavière de Louis II, qui s’est fait octroyer par Bismarck des droits importants pour prix de son adhésion à l’Unité. En 1888, Frédéric III est couronné roi de Prusse et empereur d’Allemagne, mais il meurt d'un cancer trois mois plus tard, et son fils Guillaume lui succède sous le nom de Guillaume II. En 1890 il renvoie Bismarck et nomme des chanceliers qui lui sont dévoués, tel Bethmann-Hollweg.

Les dernières années de la Prusse

La première guerre mondiale, liée en partie à la recherche désespérée de nouveaux débouchés pour l'Empire allemand, dans une économie mondiale dominée par les grands ensemble coloniaux, s'ouvre sur une série de succès, tant sur le front est qu'en Belgique. Mais après l'échec de la bataille de la Marne et les difficultés des alliés Autrichiens (en Serbie) et Ottomans (en Grèce), l'économie du pays bascule rapidement dans la récession. Le manque de matières premières amène les industriels et les chercheurs à développer le recyclage des matériaux et à mettre au point divers ersatz (comme le buna), mais la famine touche sérieusement la population urbaine à partir de 1917. La perte des Dardanelles, l'effondrement du front ouest à l'automne 1918 et l'explosion révolutionnaire dans les grands centres urbains balaient l’Empire allemand et les Hohenzollern ; Guillaume abdique en novembre 1918 ; dans un contexte de crise politique et économique, l’Allemagne se constitue en une république (la République de Weimar) dont la la Prusse n'est plus qu'un simple Land : l'État libre de Prusse (Freistaat Preußen). Malgré les amputations territoriales qu'elle a subies (retour des cantons d'Eupen et Malmedy au Royaume de Belgique, du Schleswig au Danemark, perte de Dantzig et de la Posnanie attribués à la République de Pologne) elle demeure le plus grand des dix-sept länder allemands de l'époque. Son Landtag demeure longtemps socialiste, ce qui retarde l'arrivée des nazis au pouvoir, mais aux élections de 1932 la Prusse tombe directement sous la coupe des nazis. Avec la venue d'Hitler au pouvoir, elle perd ses dernières institutions autonomes et s'intègre dans le Troisième Reich. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les puissances occupantes décidèrent la disparition symbolique de ce qu'elles considéraient comme le berceau du militarisme allemand : le 25 février 1947 leurs représentants proclamèrent la dissolution de l'État prussien.

Administration de la Prusse en 1914

centerLa Prusse en 1905 La Prusse était divisée en 12 (14) provinces:
- Prusse orientale, capitale Königsberg
- Prusse occidentale, capitale Dantzig
- Ville de Berlin
- Brandebourg, capitale Potsdam
- Poméranie, capitale Stettin
- Posnanie, capitale Posen
- Silésie, capitale : Breslau
- Saxe prussienne, capitale : Magdebourg
- Schleswig-Holstein, capitale: Kiel - conquise en 1864
- Hanovre, capitale : Hanovre - conquise en 1866
- Westphalie, capitale Münster
- Hesse-Nassau, capitale : Kassel - conquise en 1866
- Rhénanie prussienne, capitale : Coblence
- Hohenzollern, capitale : Sigmaringen mais qui fait partie de la Rhénanie Les 12 provinces comprennent des Régences ou Présidences (Bezirke) et celles-ci des Cercles (Kreise). Chaque province a un parlement élu par celui des cercles.

Voir aussi

Bibliographie

- Jean-Paul Bled, Histoire de la Prusse, Fayard, 2007 ===
Sujets connexes
Albert de Brandebourg   Allemagne   Allemand   Alsace-Lorraine   Andreas Schlüter   Antoine Pesne   Anton von Werner   Arthur Wellesley de Wellington   Autriche   Bataille d'Auerstaedt   Bataille d'Iéna   Bataille de Grunwald   Bataille de Leipzig   Bataille de la Marne   Bataille des Dardanelles   Bavière   Berlin   Bleu de Prusse   Bohême   Brandebourg   Buna   Campagne de France (1814)   Campagne de Russie (1812)   Cartes du développement territorial de la Prusse (1415-1803)   Charles VI du Saint-Empire   Château de Charlottenburg   Château de Versailles   Coblence   Concile de Constance   Congrès de Vienne   Danemark   Duché de Clèves   Duché de Nassau   Duché de Saxe   Dépêche d'Ems   Empire allemand   Espagne   Eupen   France   Francfort-sur-le-Main   Frise orientale   Frédéric-Guillaume III de Prusse   Frédéric-Guillaume II de Prusse   Frédéric-Guillaume IV de Prusse   Frédéric-Guillaume Ier de Prusse   Frédéric Guillaume Ier de Brandebourg   Frédéric III d'Allemagne   Frédéric II de Prusse   Frédéric Ier   Frédéric Ier de Brandebourg   Frédéric Ier de Prusse   Galerie des Glaces   Gdańsk   Gebhard Leberecht von Blücher   Georg Wenzeslaus von Knobelsdorff   George II de Grande-Bretagne   Georges Guillaume Ier de Brandebourg   Glatz   Grande-Bretagne   Grande Armée (Premier Empire)   Guerre austro-prussienne   Guerre de Sept Ans   Guerre de Succession d'Autriche   Guerre de Succession d'Espagne   Guerre de Trente Ans   Guerre des Duchés   Guerre franco-allemande de 1870   Guerres napoléoniennes   Guillaume II d'Allemagne   Guillaume Ier d'Allemagne   Habsbourg   Halle (Saxe-Anhalt)   Hanovre   Hans David Ludwig Yorck von Wartenburg   Heinrich Friedrich Karl vom Stein   Helmuth Karl Bernhard von Moltke   Hesse   Hesse-Nassau   Hohenzollern   Hohenzollern (province de Prusse)   Holstein   Honoré Gabriel Riqueti de Mirabeau   Jean-Paul Bled   Jean III Sigismond de Brandebourg   Jean II Casimir Vasa   Joachim II Hector de Brandebourg   Johann Christoph von Wöllner   Junker   Karl August von Hardenberg   Kassel   Kiel   Kleinstaaterei   Ladislas II Jagellon   Leonhard Euler   Louis II de Bavière   Louise de Mecklembourg-Strelitz   Luthéranisme   Luxembourg (pays)   Léopold Ier du Saint-Empire   Magdebourg   Malmedy   Margraviat de Brandebourg   Marie-Thérèse Ire de Hongrie   Militarisme   Münster (Westphalie)   Napoléon Ier   Otto von Bismarck   Palais de Sanssouci   Paris   Pierre III de Russie   Pologne   Poméranie   Poméranie orientale   Potsdam   Pragmatique Sanction   Preussag   Province de Westphalie   Provinces-Unies   Rhin   Rhénanie   Rhénanie prussienne   Ruhr (région)   Russie   République   République de Weimar   Sarre (Land)   Saxe prussienne   Schleswig   Schleswig-Holstein   Seconde Guerre mondiale   Sigmaringen   Silésie   Suède   Szczecin   Theobald von Bethmann Hollweg   Traité de Francfort   Traité de Tilsit   Traités de Westphalie   Troisième Reich   Unité allemande   Varsovie   Versailles   Voltaire   Westphalie   Wrocław   Zollverein  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^