Système de gestion de contenu

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Les systèmes de gestion de contenu, ou SGC (de l'anglais Content Management Systems ou CMS), sont une famille de logiciels de conception et de mise à jour dynamique de site Web ou d'application multimédia partageant les fonctionnalités suivantes :
- Ils permettent à plusieurs individus de travailler sur un même document ;
- Ils fournissent une chaîne de publication (workflow) offrant par exemple la poss
Système de gestion de contenu

Les systèmes de gestion de contenu, ou SGC (de l'anglais Content Management Systems ou CMS), sont une famille de logiciels de conception et de mise à jour dynamique de site Web ou d'application multimédia partageant les fonctionnalités suivantes :
- Ils permettent à plusieurs individus de travailler sur un même document ;
- Ils fournissent une chaîne de publication (workflow) offrant par exemple la possibilité de publier (mettre en ligne le contenu) des documents ;
- Ils permettent de séparer les opérations de gestion de la forme et du contenu ;
- Ils permettent de structurer le contenu (utilisation de FAQ, de document, de blog, forum de discussion, etc.) ;
- Certains SGC incluent la gestion de versions. Les systèmes de gestion de contenu permettent de réaliser la gestion de contenu dans l'entreprise, connue sous le nom "Enterprise Content Management" en anglais (ECM).

Rappel historique du contexte d'apparition des systèmes de gestion de contenus

En 1995, à l’époque de l’essor d’Internet, l’époque « héroïque » des pionniers, le webmaster était l’homme d’orchestre du site web. De la rédaction à la publication en passant par l’analyse statistique du site, il contrôlait tout. Ce contrôle total et unique nécessitait de posséder de fortes connaissances dans les langages de programmation comme par exemple le SGML (Standard Generalized Markup Language) puis le HTML (Hyper Text Markup Language). Le site web était alors une forme homogène et statique où le fond (le contenu) et la forme (le contenant) étaient indissociables. On peut dire avec le recul qu’il n’y avait pas (im)matériellement de fond mais plutôt une forme graphique globale. Du fait de cette centralisation des tâches autour du webmaster il ne pouvait également y avoir de chaîne de publication ou workflow. L’année 1996 avec l’apparition des langages de script (JavaScript, PHP, Python…) marque l’arrivée des rédacteurs non techniciens et le début de la séparation du fond et de la forme. Cependant le rôle du webmaster reste central dans l’administration et la gestion du site. Il reste en effet développeur et intégrateur. Bien que l'apparition du terme de content management remonte à l’été 1995, c’est en 1999, année « révolutionnaire » pour certains, que seront développées les premières véritables solutions de gestion de contenu. Avec l’arrivée de ces nouveaux logiciels, la séparation du contenu (texte, image, son, vidéo, document) et du contenant (gabarits ou templates) devient définitive. Ainsi, la création et la mise en ligne de contenu deviennent indépendantes de leurs supports graphiques. Les contenus créés par les contributeurs s’insèrent une fois mis en ligne, automatiquement dans les gabarits de pages créés au préalable par les graphistes. Ces gabarits sont des modèles graphiques où viennent s’insérer automatiquement les contenus créés et mis en ligne. Ce bouleversement technique est accompagné d’un autre, social cette fois ci. En effet on vit apparaître une segmentation des tâches au sein de l’administration et de la gestion du site web. Le rôle du webmaster n’est plus aussi central, bien qu’il reste administrateur (souvent technique) du site, de nouveaux acteurs font leur apparition : les contributeurs (ou rédacteurs) par le biais d’interfaces d’utilisation simplifiées (éditeurs de pages web simplifiées) sont à même de pouvoir créer du contenu et de le mettre en ligne sans l’aide du webmaster. Apparaissent également les valideurs qui comme leur nom l’indique valident les contenus créés et ainsi permettent ou non leur mise en ligne. Cette fragmentation des tâches en spécialités donne naissance à des chaînes de publication permettant un contrôle du cycle de vie des contenus, de leur création à leur suppression ou archivage dans des bases de données. Par la suite le périmètre de ces solutions s’est étendu à de nombreux domaines d’applications dans l’entreprise (gestion de site web, gestion de documents, gestion des droits et des accès, gestion de groupwares…). Depuis 2002 de nouveaux acteurs dit open source et/ou sous licence non commerciale (GPL) voient le jours et viennent concurrencer l’ancien monopole des solutions sous licence commerciale des éditeurs historiques. L’arrivée de ces nouveaux acteurs bouleverse en profondeur les modèles économiques existant et les solutions de gestion de contenus proposées. De même les rapports clients/fournisseurs eux aussi s’en trouveront changés. Aujourd’hui l’intégration massive des outils de gestion de contenus au sein des systèmes d’informations (SI) des organisations profite d’un mouvement plus général de croyance que l’intégration des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) est de facto « facteur de création de valeur et source d’innovation pour l’entreprise » .

Fonctions communes

Pour arriver à offrir les fonctionnalités citées plus haut la conception se fonde assez souvent sur les mécanismes suivants :

Utilisation d'interface web

Au travers d'interfaces dites Web les SGC sont accessibles quel que soit le type de système d'exploitation au moyen d'un simple navigateur. Ainsi, les utilisateurs n'ont pas besoin d'installer de logiciels spécifiques supplémentaires. Qui plus est, toujours grâce aux standards du Web, les SGC offrent donc un format de données lisible (HTML et ses dérivés), imprimable et stockable par tous, ce qui facilite l'échange et l'accessibilité des documents.

Séparation entre contenu et présentation

C'est un principe fondateur de la gestion de contenu :
- Le contenu est stocké le plus souvent dans une base de données, structurée en tables et en champs. C'est le contenu des champs de la base qui est créé/modifié par le rédacteur, et non pas la page elle-même. On parle de site "dynamique" ;
- La présentation est définie dans un gabarit. Le gabarit définit deux choses : la mise en page des pages web - via le code html et les feuilles de styles (css), ainsi que les informations extraites de la base de données (de même que l'endroit où celles-ci doivent être affichées et sous quelles conditions).

Édition de page simplifiée

Du fait du principe de séparation contenu/présentation, les rédacteurs peuvent se concentrer sur le contenu. L'édition des pages est considérablement simplifiée, et deux mécanismes sont proposés :
- Une interface WYSIWYG qui propose une interface graphique de mise en forme similaire à celle proposée par un traitement de texte ;
- L'utilisation de balises simplifiées, visant à mettre le texte en forme. Il en existe plusieurs types, dont le plus répandu est BBCode. On peut aussi citer des alternatives plus modernes telles que ou . Les wikis (non WYSIWIG) utilisent le Wikicode.

De multiples méthodes de rangement de l'information

La théorie de l'information nous apprend que, plus il y a d'informations, plus le désordre augmente. Cela signifie que, si l'on recherche une information spécifique, toutes les autres informations créent du bruit. Un SGC possède donc de multiples mécanismes de tris plus ou moins complexes comme :
- Les hyperliens, qui permettent de référencer les articles entre eux ;
- Un moteur de recherche sur le texte ;
- Des tris spécifiques (par date de modification, auteurs, liens...). La majorité des SGC offrent la possibilité de catégoriser l'information, de l'indexer et d'utiliser des taxonomies pour améliorer les méthodes de recherche. On peut donc créer des catégories de contenus, des sections (ou rubriques), voire des mots clés favorisant l'indexation. La multiplication des vues, des mécanismes de choix, diminue la profondeur de l'information par rapport à la page d'entrée en multipliant les chemins, et la rend donc plus accessible.

Gestion des droits

Par le biais de l'interface d'administration, le système offre la possibilité de gérer les utilisateurs et leurs droits. C'est-à-dire de leur donner accès ou non aux fonctionnalités du système. Les fonctionnalités sont multiples et variables selon la plate-forme, très basiques comme un droit de lecture/écriture sur un article, ou plus élaborées comme un droit de modération d'autres utilisateurs.

Le SGC, évolution convergente de la société de l'information

Le concept de WYSIWYG a révolutionné la création de contenu dans les années 1980. Il a fait perdre du terrain à d'autres plus anciens, tels que celui de la compilation de texte, qui séparait déjà le contenu et la forme (le rendu). Un délai de plusieurs secondes séparait alors l'insertion d'une balise et sa visualisation après une compilation, nécessaire pour que l'utilisateur visualise le résultat. Néanmoins, ce principe de texte marqué par des balises donnait seul la flexibilité imposée par l'édition professionnelle et continue à être utilisé : TeX, GML, SGML, etc., tandis que le cycle du rendu passait de quelques dizaines de secondes à parfois quelques dixièmes de seconde en raison de la puissance accrue des machines, puissance qui augmentait conformément à la loi de Moore. Le WYSIWYG s'est imposé quant à lui en bureautique et reste dominant dans la création de contenu grand public, car il ne demande pas d'effort d'abstraction. La séparation du contenu et de la forme est toutefois partiellement réalisée par l'usage du concept de styles, à l'image du rendu de l'HTML par des feuilles de style (Cascading Style Sheet ou CSS) en texte marqué. Les deux systèmes ont donc en partie convergé. La spécialisation des organisations fait qu'il existe des départements spécialisés dans la présentation des contenus issus de l'entreprise (département chargé de la charte graphique de l'entreprise, souvent rattaché au marketing) et d'autres dans la rédaction de contenu (par exemple : département commercial, technique ou relations publiques), qui rédigent au kilomètre en s'insérant dans les moules existants. Le découplage entre fond et forme est là aussi assuré. L'introduction de feuilles de style propose ou impose des formats prédéfinis à la création de documents-types. La convergence des moyens de visualisation (liée à l'accessibilité généralisée de diverses polices jadis réservées aux seuls services de composition) a fini par simplifier non seulement la création de contenu, mais aussi son échange. L'intégration de documents hétérogènes à la fois par la nature (images, feuilles de calcul) et la provenance (sous-traitants) au sein d'un même document nécessite une gestion unifiée des pièces incluses. Enfin, dans le cadre de la relation client pour les entreprises ou des règlementations pour les administrations, il faut pouvoir suivre les flux d'informations émis. Il fut donc demandé aux utilisateurs de ranger leurs documents de manière à pouvoir les trouver, et suivre les modifications faites dans la communication :
- Soit automatiquement, par l'utilisation de logiciels combinés appelés systèmes de gestion électronique de documents;
- Soit par l'édiction de normes de travail. Des tâches annexes comme la mise en page, la gestion des flux documentaires, la gestion des formats, jadis traitées comme annexes au contenu proprement dit du document, en font maintenant partie intégrante, conjointement aux définitions extérieures au document indiquant leurs modalités.

Prospective

Le SGC s'inscrit dans cette évolution générale, en combinant la création de contenu avec sa gestion, son archivage, et la publication. Les systèmes les plus avancés à l'heure actuelle répondent déjà aux besoins suivants :

Gestion de versions successives et/ou concurrentes

Lorsque plusieurs personnes ou entités travaillent sur un même document, elle fournit un outil qui trace les évolutions, et permet de visualiser/gérer les modifications et les éventuelles situations conflictuelles. Grâce à elle, on peut également savoir qui a apporté telle modification et quand.

Multiplication des vues

En fonction des centres d'intérêt des lecteurs, certains SGC actuels permettent de présenter un contenu de manière personnalisée tout en exploitant le même contenu original. Par exemple, une organisation fournit la même base documentaire mais des présentations différentes à ses différentes parties prenantes : pour une entreprise, ce peut être ses clients, ses fournisseurs, ses catégories de personnels, et ses actionnaires.

Travail collaboratif (groupware)

Plusieurs parties prenantes peuvent trouver avantage à travailler sur un espace commun privé, lié à une communication précise (suivi d'une relation client pour une entreprise et son fournisseur), tout en gardant une trace historique matérialisable (en général par la couleur) permettant de savoir qui a modifié quoi. Un logiciel précurseur dans le domaine a été Lotus WordPro, dont Microsoft Word reprit plus tard cette fonction.

Multiplication des sources de contenu

Il s'agit de mutualiser les contenus de plusieurs organisations tout en présentant le contenu d'informations issues de sources différentes avec leur mise en page, comme le font les journaux qui diffusent les dépêches d'agences de presse. Ce mécanisme s'appelle généralement la syndication de site.

Commentaires devenant eux-mêmes sources d'information

La plupart des projets CMS libres fonctionnant sur le Web proposent de créer des forums associés aux articles pour laisser les visiteurs réagir. Ils sont la base du succès des sites de nouvelles en fil. On a pu constater sur des sites comme que les commentaires des lecteurs apportaient eux-mêmes une valeur ajoutée à l'information, la scindant en deux blocs :
- L'information institutionnelle, qui apporte ce qui peut être émis par une source dite de confiance ;
- L'information officieuse qui, par un mécanisme de retour, permet d'obtenir : la validation, la correction, la discussion d'une information, et son enrichissement par tout lecteur. Le commentaire fait évoluer les outils logiciels d'édition (destinés à la simple diffusion d'information) vers des outils de communication. En effet, la communication est bilatérale, à la différence de l'information, unilatérale. Ceci est probablement la plus grande évolution qui implique un changement profond de notre façon de considérer le partage de la connaissance et d'appréhender le web. En effet, d'un côté le diffuseur d'information, en proposant un forum de réactions, prend les risques inhérents à l'expression publique (juridiques et rédactionnels) et, de l'autre, l'utilisateur prend le risque de la modification/suppression de son contenu par les auteurs du site. Il est certain qu'il pourrait être décidé que seules les personnes utilisant la signature électronique puissent réagir afin que tous soient responsables de leurs dires, mais qu'advient-il alors de l'anonymat qui permet la liberté de parole ? Il est probable que les personnes devront se baser sur la confiance qu'ils ont dans l'éthique des éditeurs, et les éditeurs espérer que la loi ne les tienne pas pour responsables en toutes circonstances des propos des lecteurs.

L'amélioration qualitative se poursuit

Ces logiciels ont énormément amélioré leurs qualités :
- La sécurité informatique, en particulier pour empêcher la prise de contrôle par des tiers, est désormais correcte voire excellente (prise en charge native de SSL, voire Kerberos) ;
- La qualité du code (PHP, Python, PERL...) : il est de mieux en mieux indenté, commenté (donc plus clair), ce qui favorise l'identification des bugs et l'amélioration par la communauté ;
- La qualité des documents informatiques publiés, la qualité du code HTML, JavaScript etc., le respect des normes et de l'accessibilité du web ainsi que l'ergonomie. La mise en conformité aux standards XHTML, WAI, 508, l'actualisation des méthodes de programmation des concepteurs avec des méthodes telles que l' ont permis une nette amélioration de la qualité des systèmes de gestion de contenu. Les initiatives menées par des individus comme Tristan Nitot ont permis de favoriser cette évolution.

Rentabilité

La mise en place d'un système de gestion de contenu simple pour une petite entreprise représente un investissement certain. Dans cette optique, l'entreprise doit considérer les points suivants afin d'évaluer si l'implantation d'un tel système sera rentable :
- fréquence des modifications du site ;
- étendue des modifications du site ;
- urgence des modifications du site.

Liste de SGC

Voir aussi

- Système de gestion de versions.
- Logiciel de gestion de versions.
- Système d'information.
- Framework. Gestion de contenu ar:نظام إدارة المحتوى az:Verilənlər bazasının idarəetmə sistemləri be-x-old:Сыстэма кіраваньня зьместам bg:Система за управление на съдържанието bs:CMS ca:Sistema de gestió de continguts cs:Systém pro správu obsahu cy:System rheoli cynnwys da:Content Management System de:Content-Management-System en:Content management system eo:Enhav-mastruma sistemo es:Sistema de gestión de contenido eu:Edukiak kudeatzeko sistema fa:سامانهٔ مدیریت محتوا fi:Sisällönhallintajärjestelmä hr:CMS hu:Tartalomkezelő rendszer id:Sistem manajemen konten it:Content management system ja:コンテンツマネージメントシステム ko:저작물 관리 시스템 lt:Turinio valdymo sistema ms:Sistem pengurusan kandungan nl:Contentmanagementsysteem no:Publiseringsverktøy pl:System zarządzania treścią pt:Sistema de gerenciamento de conteúdo ro:Sistem de management al continutului ru:Система управления содержимым sk:Content Management System sl:Content Management System sv:Innehållshanteringssystem th:ระบบจัดการเนื้อหา tr:İçerik yönetim sistemi uk:Система керування вмістом vi:Hệ quản trị nội dung zh:内容管理系统
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