Opération Husky

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10 juillet 1943 - L'opération Husky, nom de code pour le débarquement des troupes britanniques, américaines et canadiennes en Sicile, est déclenchée. L'ouverture d'un "Second front", si souvent réclamée par Staline à ses alliés occidentaux, est devenue réalité.
Opération Husky

10 juillet 1943 - L'opération Husky, nom de code pour le débarquement des troupes britanniques, américaines et canadiennes en Sicile, est déclenchée. L'ouverture d'un "Second front", si souvent réclamée par Staline à ses alliés occidentaux, est devenue réalité.

Contexte

La victoire en novembre 1942 d’El Alamein des troupes du général Bernard Montgomery contre l’Afrikakorps du maréchal Erwin Rommel représente le premier enrayement de la machine de guerre allemande : en obligeant les forces de l’Axe à se replier, les alliés peuvent s’engager dans l’opération Torch destinée à prendre définitivement pied sur le théâtre Méditerranéen. Le 13 mai 1943, la campagne de Tunisie est terminée : les Alliés sont maîtres de l’Afrique du Nord et peuvent donc entreprendre de nouvelles opérations : l’objectif que les Alliés ont à présent dans le collimateur est la Sicile. Ce choix se justifie principalement par deux arguments :
-La réussite de l’opération donnerait le contrôle aux Alliés de la majeure partie de la Méditerranée et de l’ensemble des atouts stratégiques correspondants.
-Prendre pied en Sicile menacera directement le couple Hitler-Mussolini et l’obligera à détourner une partie non négligeable de ses troupes au détriment du front de l’est : la conséquence, simple à entrevoir, est que l’Armée rouge va pouvoir disposer de plus d’amplitude pour tenter de desserrer l’étau Allemand. A la conférence d'Anfa (23 janvier 1943), les Britanniques se montrèrent partisans d'une prolongation du combat en Mediterranée : la Sicile devait être conquise pour servir de tremplin à une invasion de l'Italie, afin de détourner les réserves allemandes des côtes atlantiques dans la perspective d'un futur débarquement et mettre à portée des forces de bombardement les champs pétrolifères de Roumanie et les zones industrielles allemandes du sud. Au contraire, les Américains voulaient se concentrer sur le futur débarquement sur les côtes de La Manche, tout en restant mobilisés contre le Japon. A Casablanca, ils acceptèrent finalement la proposition britannique car ils craignent une défection de la Russie s'il n'y a pas de débarquement en Occident au cours de l'année 1943. Il fut aussi décidé que l'on exigerait de l'Italie une reddition sans conditions. Mais il n'y eut pas de plans établis pour la conquête de l'Italie avant la chute surprise de Mussolini. Les opérations italiennes furent donc des opérations par défaut. En ce qui concerne la Sicile, les alliés réussirent à intoxiquer leurs adversaires grâce à l'opération "Mincemeat" : le 9 mai 1943, le corps d'un officier anglais avec les prétendus plans d'invasion de l'Italie est découvert sur les côtes sud de l'Espagne. On y décrit une invasion prioritaire de la Sardaigne afin d'ouvrir la route de Gênes, et une opération de diversion sur la Sicile. Les Allemands qui croyaient déjà à une invasion de l'Italie du nord furent renforcés dans leurs convictions. La Sicile était une terrain difficile pour un assaillant : après l'étroite plaine côtière, le défenseur pouvait s'appuyer sur les collines et montagnes, traversées par des routes étroites, sinueuses, en mauvais état et en forte pente. Les noeuds routiers étaient dominés par des villages sur les hauteurs, propices aux embuscades. La roche friable était un véritable terrain de jeu pour les sapeurs allemands et italiens. Même dans la large plaine de Catane, la progression des blindées pouvait être ralentie par les canaux d'irrigation. Les alliés bénificiaient heureusement d'une maîtrise aéronavale totale : les flotilles côtières allemandes et la IIe Luftflotte ne valaient guère mieux, l'escadre italienne de Gênes et la Regia Aeronautica étaient trop mal en point. La Regie Aeronautica produisit cependant au cours de l'année 1942 quelques nouveaux appareils de qualité mais en trop faible nombre d'exemplaires pour renverser la balance : tel était le cas de du bombardier-torpilleur Savoie-Marchetti 84 (variante du SM79), des chasseurs équipés de moteurs allemands Macchi C-202 "Folgore" et Reggiane RE-2001 "Falco", de l'hydravion Fiat RS-14 et du premier bombardier lourd italien Piaggio P-108 B. La VIe armée italienne du général Guzzoni (QG à Enna), vétéran de l'Albanie rappelé de sa retraite pour défendre la Sicile, était composée de troupes mal équipées et peu entraînées : six divisions et deux brigades côtières (dont la 206 division côtière autour du cap Passero, futures plages anglaises et la 18 brigade côtière plus à l'ouest, sur les futures plages américaines), et quatre divisions de campagne. On trouvait à l'ouest le 12 Corps avec les divisions de campagne "Aoste" et "Assietta" et à l'est le 16 Corps avec les divisions de campagne "Livorno" (entre Caltagirone et Caltanissetta, la seule de véritable valeur) et "Napoli" (à Vizzini, à l'ouest de Syracuse). Les forces allemandes comprennent deux divisions blindées reconstituées après la campagne d'Afrique du nord : la 15 Panzergrenadiere et la division Hermann Göring. L'objectif de l'Axe était de faire amortir le choc initial par les médiocres troupes côtières puis de faire intervenir les formations mobiles pour rejeter les alliés à la mer. La répartition des forces blindées allemandes fit l'objet d'un débat entre Guzzoni et Kesselring. Ce dernier craignait non seulement une opération au sud-est mais aussi un assaut contre Palerme. Finalement, ces troupes furent dispersées en quatre groupes : le gros de la 15 Panzergranadiere au sud-ouest de Palerme, un détachement de la 15 à Caltanissetta dans la zone centrale, les deux tiers de la division Hermann Göring à Caltigirone au sud-est, et un détachement de chaque division près de Catane . Le principal objectif du XVe Groupe d'armées (Alexander) était la prise de Messine, pour empêcher l'arrivée de renforts ou l'évacuation des troupes par le détroit, ainsi que les autres grands ports de Catane, Palerme et Syracuse. Cependant, tous ces ports n'étaient pas couvert par le parapluie aérien des bases de Malte, Gozo et d'Afrique du nord. Les expériences de Dieppe et d'Oran (au cours de l'opération Torch) démontraient l'extrême difficulté à attaquer un port de front, bien défendu par les mines sous-marines, l'artillerie lourde côtière, les ouvrages anti-chars et de solides fortifications : il valait mieux débarquer sur les plages, s'en dégager le plus vite possible et prendre le port à revers afin de disposer d'une base de ravitaillement convenable. C'est au cours du débarquement de Sicile que fut cependant expérimenté le transit massif de matériel par les plages grâce au DUKW, une sorte de camion amphibie. Les troupes bénéficièrent du soutien de l'artillerie navale des quatre cuirassés britanniques Nelson, Rodney, Warspite et Valiant. Le premier plan "Husky" prévoyait un débarquement américain à Palerme et des anglo-canadien autour de Catane. Montgomery protesta : il craignait en effet une résistance aussi forte qu'en Afrique du nord et préférait une attaque concentrée au sud-est, qui parviendrait à neutraliser rapidement les aéroports siciliens situés principalement dans cette région. Le plan fut finalement établi ainsi : la VIIIe armée britannique débarquerait au nord et à l'ouest du cap Passero, la VIIe armée US de Patton plus à l'ouest dans le golfe de Gela, jusqu'au petit port de Licata. La VIIIe armée devait se diriger vers Messine en suivant la côte, la VIIe armée devait traverser l'île jusqu'à Palerme.

Ordre de bataille

XVe Groupe d'armées alliées

Général Sir Harold Alexander.

7 armée US

Lieutenant General George Smith Patton.
Unités diverses
-Rangers : 1, 3, 4 Bataillons de rangers
-Bataillons de chars : 70, 733 Bataillons de chars
-Génie : 39 Régiment de Génie, 540 Régiment de Génie de côtes
-Artillerie : 5 Groupe d'artillerie blindée, 17 Régiment d'artillerie, 36 Régiment d'artillerie, 77 Régiment d'artillerie, 178 Régiment d'artillerie
-Forces françaises libres : 4 Tabor marocain
IIe Corps d'armée US
Lieutenant General Omar Nelson Bradley.
-1 Division d'infanterie USMajor General Terry de la Mesa Allen, puis Major General Clarence R. Huebner à partir du 7 août : 16, 17 et 26 Régiments d'infanterie, 5, 7, 32 et 33 Bataillons d'artillerie de campagne, 1 Bataillon de génie de combat, 1 Troupe de reconnaissance
-9 Division d'infanterie USMajor General Manton Sprague Eddy : 39, 47 et 60 Régiments d'infanterie, 26, 34, 60 et 84 Bataillons d'artillerie de campagne, 15 Bataillon de génie de combat, 42 Bataillon anti-aérien, 9 Troupe de reconnaissance
-45 Division d'infanterie USMajor General Troy Houston Middleton : 157, 179 et 180 Régiments d'infanterie, 158, 160, 171 et 189 Bataillons d'artillerie de campagne, 120 Bataillon de génie de combat, 45 Troupe de reconnaissance
"Corps provisoire"
Major General Geoffrey Keyes.
-2 Division blindée USMajor-General Hugh J. Gaffey : Combat command A, Combat command B, 41 Régiment d'infanterie blindée, 66 Régiment blindé, 67 Régiment blindée, 14, 78 et 92 Bataillons d'artillerie de campagne blindés, 17 Bataillon de génie blindé, 82 Troupe de reconnaissance blindée
-3 Division d'infanterie USMajor-General Lucian King Truscott, Jr. : 7, 15 et 30 Régiments d'infanterie, 9, 10, 39 et 41 Bataillons d'artillerie de campagne, 10 Bataillon de génie de combat
-82 Division aéroportée USMajor-General Matthew Bunker Ridgway. Le 509 Bataillon de Parachustistes est tenu en réserves : 504, 505 Bataillons de parachutistes, 325 Régiment d'infanterie aéroportée par planeurs, 376 et 456 Bataillons d'artillerie de campagne parachutistes, 319 et 320 Bataillons d'artillerie de campagne aéroportés par planeurs, 307 Bataillon de génie aéroporté, 80 Bataillon anti-aérien aéroporté

8 armée britannique

General Bernard Law Montgomery. La 46 Division d'infanterie est tenue en réserve.
Unités diverses
-Bataillon du Special Air Service des Troupes parachutistes n°2
-Bataillon de commando n°3
-Bataillons des Royal Marine Commando n°40 et 41
-Trois comagnies du 2/7 Bataillon du Middlesex Regiment Duke of Cambridge's Own
-2/4 Bataillon du Hampshire Regiment
-1 Bataillon des Argyll and Sutherland Highlanders
-2 Bataillon de l'Infanterie légère des Highland
-1 Bataillon du Welch Regiment
-7 Bataillon des Royal Marines
XIIIe Corps d'armée britannique
Lieutenant-General Miles Dempsey.
-105 Régiment d'artillerie anti-chars
-6 Groupe d'artillerie de l'armée : 24 et 98 Régiments d'artillerie blindée de campagne, 111 Régiment d'artillerie de campagne, 66, 75 et 80 Régiments d'artillerie moyenne
-5 Division d'infanterie britanniqueMajor-General Horatio Pettus Mackintosh Berney-Ficklin (plus tard remplacé par Gerard Bucknall) : 13, 15 et 17 Brigades d'infanterie, 91, 92 et 156 Régiments d'artillerie de campagne, 52 Régiment d'artillerie anti-chars, 18 Régiment d'artillerie anti-aérienne légère, 7 Bataillon du Cheshire Regiment
-50 Division d'infanterie (dite Northumbrian)Major-General Sidney Kirkman : 69, 151 et 168 Brigades, 74, 90 et 124 Régiments d'artillerie de campagne, 102 Régiment d'artillerie anti-chars dit des Northumberland Hussars, 25 Régiment d'artillerie anti-aérienne légère, 2 Bataillon du Cheshire Regiment
-78 Division d'infanterieMajor-General Vyvyan Evelegh : 11, 36 et 38 Brigades d'infanterie, 17, 132 et 138 Régiments d'artillerie de campagne, 64 Régiment d'artillerie anti-chars, 49 Régiment d'artillerie anti-aérienne légère, 1 Bataillon du Princess Louise's Kensington Regiment
-1 Division aéroportéeMajor-General George F. Hopkinson. Des élements ont participés au combat : 1 Brigade aéroportée, 1 Brigade de parachutistes, 1 Régiment aéroporté léger de l'artillerie
-4 Brigade blindée : 3 Régiment du County of London Yeomanry (The Sharpshooters), 44 Régiment royal de chars, Escadron A du 1 Régiment des (Royal) Dragons
XXXe Corps d'armée
Lieutenant-General Sir Oliver Leese.
-73 Régiment d'artillerie anti-chars
-5 Groupe d'artillerie de l'armée : 57, 58 et 78 Régiments d'artillerie de campagne, 7, 64 et 70 Régiments d'artillerie moyenne, 11 Compagnie de la Royal Horse Artillery, 142 Régiment d'artillerie blindée de campagne
-1 Division d'infanterie canadienneMajor-General Guy Granville Simonds : 1 Brigade d'infanterie avec le Royal Canadian Regiment, le Hastings and Prince Edward Regiment et le 48 des Highlanders du Canada, 2 Brigade d'infanterie avec l'Infanterie légère canadienne de la Princesse Patricia, le Seaforth Highlanders of Canada, et le Loyal Edmonton Regiment, la 3 Brigade d'infanterie avec le 22 Régiment Royal, le Carleton and York Regiment et le Régiment de Nouvelle-Ecosse occidentale, 1, 2 et 3 Régiments d'artillerie de campagne, 1 Btaillon de l'Infanterie légère de Saskatoon, 1 Régiment d'artillerie anti-chars, 4 Régiment d'artillerie anti-aérienne légère, 4 Régiment de reconnaissance dit 4 des Gardes dragons de la princesse Louise
-1 Brigade blindée canadienne : 11 Régiment blindé (Ontario Regiment), 12 Régiment blindée (Régiment de Trois-Rivières), 14 Régiment blindé (The King's Own Calgary Regiment)
-51st Division d'infanterie dite des HighlandsMajor-General Douglas Wimberley : 152, 153 et 154 Brigades d'infanterie, 126, 127 et 128 Régiments d'artillerie de campagne, 61 Régiment d'artillerie anti-chars, 40 Régiment d'artillerie anti-aérienne légère, 1/7 Bataillon du Duke of Cambridge's Own Middlesex Regiment
-23 Brigade blindée britannique : des éléments rattachés à d'autres unités : 50 Régiment de Chars, 46 Régiment de Chars
-231 Brigade d'infanterie : 2 Bataillon du Devonshire Regiment, 1 Bataillon du Dorser Regiment, et 1 Bataillon du Hampshire Regiment, 165 Régiment d'artillerie de campagne

6 Armée italienne

Général Alfredo Guzzoni.

Troupes allemandes

XIVe Corps blindé
Général Hans Valentin Hube.
-1 Division de ParachutistesGeneralleutnant Richard Heidrich. En réserve à Naples : 3 et 4 Regiments de Chasseurs parachutistes, 1 Bataillon de mitrailleurs parachutistes, 1 Groupe du 1 Régiment d'artillerie de campagne parachutiste, 1 Bataillon de génie parachutiste
-15 Division de PanzergrenadierGeneralmajor Eberhard Rodt à partir du 5 juin : 215 Bataillon de chars, 104, 115 et 129 Régiments de Panzergrenadier, 33 Régiment d'artillerie, 315 Bataillon anti-aérien, 33 Bataillon de génie.
-29 Division de PanzergrenadierGeneralmajor Walter Fries : 129 Bataillon de chars, 15 et 71 Régiments de Panzergrenadier, 29 Régiment d'artillerie, 313 Bataillon anti-aérien
-Division blindée Hermann Göring'Generalleutnant Paul Conrath : 1 Régiment de Panzergrenadier "Hermann-Göring", Régiment de chars "Hermann-Göring", Bataillon de reconnaissance blindée "Hermann-Göring", Régiment d'artillerie blindée "Hermann-Göring", Régiment anti-aérien "Hermann-Göring", Bataillon de génie blindé "Hermann-Göring".
-Kampfgruppe Schmalz : constitué avec le 115 Régiment de Panzergrenadiere, le 1 Bataillon du 1 Régiment de Panzegrenadiere "Hermann-Göring", et les 1 et 2 Bataillons du 2 Régiment de Panzergrenadiere "Hermann-Göring". Deux bataillons du 382 Régiment d'infanterie lui sont affectées et arrivent le 11 juillet. Il reçoit aussi en renfort les deux Régiment de Parachutistes avec des éléments de soutien de la 1 Division de Parachutistes, ainsi que les bataillons de forteresse 904, 923 et "Reggio".
-926 Bataillon de Forteresse

Troupes italiennes

NB : la répartition et la composition des troupes est moins sûre que pour les troupes alliées et allemandes.
Unités mobiles
Les divisions Aoste et Assiette sont affectées au XIIe CA et la division Napoli au XVIe CA. La division Livorno est en réserve d'armée.
-
4 Division d'infanterie motorisée "Livorno"Général Domenico Chirieleison : 33 et 34 Régiments d'infanterie, 28 Régiment d'artillerie, 3 Btaillons anti-aériens, un bataillon de génie (secteur de Mazzarino et Caltanisetta).
-
26 Division de montagne "Assietta"Général Francesco Scotti, puis Général Ottorino Schreiber à partir du 26 juin : 29 et 30 Régiments d'infanterie, 17 Légion des Chemises noires (Campobello di Licata), 25 Régiment d'artillerie, 126 Bataillon de mortiers, un Bataillon de génie (secteurs de Santa Margherita et Partanna).
-
28 Division d'infanterie "Aosta"Général Giacomo Romano : 5 et 6 Régiment d'infanterie, 171 Légion des Chemises noires, 22 Régiment d'artillerie, 28 Bataillon de mortiers, un bataillon de génie. Renforcé par le 10 Régiment de Bersaglieri (secteur d'Alcamo et Partinico).
-
54 Divison d'infanterie "Napoli"'Général Giulio Cesare Gotti Porcinari : 75 et 76 Régiments d'infanterie, 173 Légion des Chemises noires (Ispica), 54 Régiment d'artillerie (secteur de Palagonia et Vizzini).
XIIe Corps d'armée
Général Mario Arisio.
-202 Division côtière (ouest : Santa Teresa, Sciacca et Trapani) : 119, 120, 137 et 142 Régiments d'infanterie côtière, 303 Bataillon côtier autonome, 43 Groupe de bataillons d'artillerie côtière, 109 Bataillon de mitrailleurs, 4 compagnies autonomes de mitrailleurs, 1 compagnie motocycliste, 1 compagnie de mortiers
-207 Division côtière (autour d'Agrigente) : 124, 138 et 139 Régiments d'infanterie côtière, 51 Groupe de bataillons d'artillerie côtière, trois compagnies de mitrailleurs, 1 compagnie de mortiers, 104 Bataillon antichars, 104 Bataillon d'infanterie côtière, 105 Bataillon de mitrailleurs§.
-177 Régiment de Bersaglieri (Agrigente).
-208 Division côtière (de Palerme à Trapani) : 133 Régiment d'infanterie côtière, 103 et 111 Bataillons d'infanterie côtière, 28 Groupe d'artillerie côtière, deux compagnies de mortiers, une compagnie anti-chars, une compagnie de mitrailleurs, 519, 618 et 619 Bataillons de mitrailleurs
-136 Régiment d'infanterie côtière (de Palerme à San Stefano di Camestra)
-Défense portuaire N (Palerme)
-Groupes mobiles A, B et C (Pacico, Santa Ninfa et Santa Margherita)
-51 Bataillon de Bersaglieri (Marsala)
-112 Bataillon de Mitrailleurs (Alcamo)
-1 Bataillon antichars (Corleone)
-104 Bataillon antichars (Agrigente)
-16 Bataillon antichars (San Fratello)
-230 Bataillon de chars (Modica)
-12 Régiment d'artillerie (Chiusa Scalafani)
-19 Légion de Chemises noires (Partanna)
XVIe Corps d'armée
Général Carlo Rossi.
-206 Division côtière (de Licata à Syracuse) : 303 Régiment d'infanterie, 121, 122 et 123 Régiments d'infanterie côtière, 44 Groupe d'artillerie côtière, 102 et 104 Bataillons antichars, 4 compagnies de mitrailleurs
-213 Division côtière (de Messine à Catane) : 4 et 120 Régiments d'infanterie "Piemonte" et "Emilia", 139 et 140 Régiments d'infanterie côtière, 2, 101, 435 et 447 Bataillons d'infanterie côtière, 22 Groupe d'artillerie côtière, 153 Bataillon de mitrailleurs, 103 Bataillon antichars, une compagnie de mortiers, deux compagnies de mitrailleurs, 372 Bataillon d'infanterie côtière
-18 Brigade côtière (de Catane à Licata) : 134 et 178 Régiments d'infanterie côtière, 60 Régiment d'artillerie côtière
-19 Brigade côtière (de San Stefano di Camestra à Messine) : 140 et 179 Régiments d'infanterie côtière, 61 Régiment d'artillerie côtière
-Défense portuaire E (Catane)
-Groupes mobiles D, E, F, G et H (Paterno, Niscemi, Pachino, Comiso et Caltagirone)
-Groupe tactique "Carmito" (bataillon de chars) (Lentini)
-Groupe tactique "Barcellona" (bataillon antichars) (Barcellona)
-1 Bataillon de cavalerie Palermitani (Sommatino)
-12 Bataillon de mitrailleurs (Fontanarossa)
-58 Bataillon de Bersaglieri (Linguaglossa)
-23 Bataillon de cavalerie à pied (Messine)
-40 Régiment d'artillerie (Piazza Amerina)
Autres unités
-185 Régiment d'infanterie

Planification

Du point de vue du commandement, le débarquement en Sicile était considéré comme une opération hasardeuse et risquée en raison de deux paramètres majeurs :
-Le comportement de la mer combiné au fait que de multiples plages se trouvaient inaccessibles en raisons des nombreux hauts-fonds rendaient tout débarquement amphibie très complexe.
-Les défenses de l’Axe profitaient intelligemment du relief montagneux et très accidenté : entrer à l’intérieur des terres s’annonçait donc plutôt périlleux. De ce fait, les Alliés s'attendent à rencontrer une forte résistance. En effet, l'île est défendue par la VI Armée italienne du général Alfredo Guzzoni, qui compte plus de 200 000 hommes, et par deux divisions allemandes motorisées, les 15 et 90 Panzerdivisions de grenadiers commandées par le général Hans Hube.. Le plan allié, sous le commandement du général d’armée Harold Alexander se décompose en trois principaux mouvements :
-Débarquement amphibie de la VII armée US au Sud-Sud-Ouest de l'île : Licata, Gela et Scoglitti.
-Opérations aéroportées de la 82 US Airborne et de la 1 Division aéroportée britannique (attaque par planeur Waco et Horsa).
-Débarquement de la VIIIe armée britannique au sud de Lentini. Pour permettre et appuyer les deux forces de débarquement, deux groupes navals sont mis sur pied :
- La Eastern Naval Task Force britannique comprenant 795 bâtiments et 715 embarcations de débarquement.
- La Western Naval Task Force américaine comprenant 580 bâtiments et 1 124 embarcations de débarquement. Au total, les troupes impliquées par le débarquement de Sicile (160 000 hommes) seront supérieures en nombre à celles du premier jour du débarquement de Normandie en 1944 (150 000 hommes)..

Déroulement

L'opération "Husky", a été précédée par une manœuvre d'intoxication conduite par les services secrets alliés. Au large des côtes espagnoles, le corps d'un homme vêtu d'un uniforme d'officier des services spéciaux britanniques est découvert porteur d'une mallette renfermant des documents indiquant que le prochain débarquement allié pourrait avoir lieu en mer Égée au large de la Grèce et qu'un éventuel débarquement en Sicile, suite pourtant logique des débarquements en Afrique du Nord, ne serait qu'un leurre. Cette information est transmise par la police espagnole aux services d'espionnage nazis qui mordent à l'appât. Les Allemands envoient une division blindée en Grèce et négligent la défense de la Sicile. La logistique du débarquement allié en Sicile est d'une complexité inouïe : les troupes américaines ont leurs bases de départ en Afrique du Nord et même aux États-Unis, les troupes britanniques, en Tunisie et en Égypte, et la 1 Division canadienne, au Royaume-Uni.

Débarquement

center Les Alliés ont réuni des forces et des moyens considérables : 160 000 hommes, une couverture aérienne de 4 000 avions, 3 200 navires, des barges de débarquement d'un type nouveau permettent d'amener hommes et matériel directement sur les plages - ce qui présente l'avantage de ne pas avoir à s'emparer initialement de ports toujours puissamment défendus. Les hommes qui débarquent le premier jour sont pour moitié américains, sous le commandement du général Patton, pour l'autre moitié, britanniques et canadiens, sous le commandement du général Montgomery. L'opération est dirigée par le général britannique Alexander, adjoint d'Eisenhower. Les forces canadiennes, composées de la 1 Division canadienne et de la 1 Brigade canadienne de chars sont rattachées à la 8 Armée britannique. Elles sont commandées par le major-général Crerar. La météo exécrable perturbe en premier lieu les troupes aéroportées : le vent, combiné à la DCA ennemie, provoque de grosses difficultés de navigation pour les avions de transport et de remorquage qui peinent à atteindre leurs cibles. Les 3 400 parachutistes de la 82 airborne se retrouvent dispersés en petits groupes, autour d’une zone de 80 kilomètres de diamètre. Même constat d'échec pour les planeurs britanniques dont 70 sur les 144 de départ s'écraseront balayés par le vent ou touchés par la DCA (47 d’entre eux échoueront en mer). Toutefois, cet effet de dispersion provoque la confusion chez l’ennemi : les informations sur la présence et les mouvements des troupes alliées semblent contradictoires et complexes à décrypter par les Italiens : les hommes du colonel James Gavin réussiront, dans l’ensemble, à se rendre maître des points vitaux identifiés par le haut commandement. Les Américains de Patton débarquent sur la côte sud-ouest de la Sicile, les Britanniques sur la côte sud-est, près de Syracuse. Les Canadiens, au centre du dispositif, débarquent dans la presqu'île de Pachino sur huit kilomètres de plage avec pour mission de s'emparer de l'aérodrome voisin. Malgré la présence de bunkers, de nids de mitrailleuses et d'une batterie de défense côtière, ils ne rencontrent tout d'abord que peu de résistance. Les soldats italiens s'enfuient à leur approche ou sont fait prisonniers. Une très bonne surprise pour les alliés : la relative faiblesse de la Luftwaffe malgré la disponibilité de 800 appareils et pilotes expérimentés.

Progression

Les Américains, par contre, doivent réagir à une sérieuse contre-offensive allemande de la puissante division blindée Hermann Goering contre leur tête-de-pont de Gela. Les Britanniques progressent rapidement le long de la côte, vers Syracuse et Catane, en direction de Messine. Les 90 000 Allemands qui occupent la partie ouest de l'île, menacés d'encerclement, se replient méthodiquement vers le carrefour stratégique routier d'Enna. Leur tactique consiste à établir une série de points d'appui de retardement afin d'évacuer vers la péninsule italienne le maximum de leurs hommes et de leur matériel, avant que le piège ne se referme sur eux. Montgomery lance les 1 et 2 Brigades canadiennes vers le centre de l'île dans une opération coup-de-poing pour les prendre de vitesse et leur couper la route. Le terrain très accidenté de la Sicile que les Allemands savent parfaitement utiliser, oblige, au prix d'efforts inouïs et de lourdes pertes, à s'emparer de villes et de villages escarpés puissamment fortifiés. Les ponts sont détruits, les routes minées, truffées de pièges, maintenues sous le feu des mitrailleuses, des mortiers et des canons allemands. Dans ces conditions, les unités mécanisées voient leurs moyens d'intervention fortement réduits et l'infanterie canadienne doit livrer l'assaut à travers ravins, rochers et montagnes. Les Canadiens progressent grâce à une succession de coups-de-main que les Allemands qualifieront "d'Indianer Krieg", une guerre à l'indienne, dans laquelle l'infanterie canadienne va se révéler particulièrement efficace. Les 1 et 2 Brigades avancent vers leur objectif commun: la ville d'Agira. La 1 Brigade, à gauche, nettoie le secteur de Leonforte, pendant que la 2 Brigade, à droite, enlève Assoro en avant d'Agira, au prix de lourdes pertes. Le 24 juillet, le Royal Regiment of Canada et le régiment de chars de Trois-Rivières se lancent à l'assaut du village escarpé de Nissoria qui défend l'entrée d'Agira. Ils sont durement repoussés et ce n'est qu'à la suite d'un barrage d'artillerie intense que les positions allemandes sont neutralisées, par l'infanterie des régiments Princess Patricia, Seaforth Highlanders et d'Edmonton, qui entreront dans la ville le 28 septembre, après trois jours de violents combats au cours desquels ils ont dû conquérir une à une les hauteurs qui dominent la ville. Début août, le 22 Royal Régiment fonce sur Adrano, au pied de l'Etna, et pénètre dans ses faubourgs pour constater que les Allemands viennent d'abandonner la ville. Après quatre semaines de combats impitoyables, toujours à la pointe du combat, les Canadiens sont mis en réserve afin de préparer leur débarquement dans la péninsule italienne. Ils n'entreront donc pas en vainqueurs dans Messine, qu'Américains et Britanniques prennent le 16 août. 200 000 italiens ont été fait prisonniers, mais le gros des troupes allemandes a réussi à passer en Italie et a échappé au piège.

Chronique des combats

11 juin : les îles de Pantelleria et Lampedusa sont facilement occupées. 10 juillet : retardé d'une heure par une tempête, qui renforce l'effet de surprise, la flotte alliée commandée de Malte par l'amiral Cunningham débarque les troupes aux endroits prévus. Le 30 Corps (gal Leese) de la VIIIe armée débarque des deux côtés de la péninsule de Pachino et la 51 division des Highlanders prend la ville du même nom. La 1 division canadienne s'empare de l'aéroport avec le soutien des 40 et 41 Royal Marines Commandos. La 231 Brigade (originaire de Malte, où elle avait vécu tout le siège) effectua le jonction avec le 13 Corps (gal Dempsey). Ce dernier avait débarqué sur les plages du golfe de Noto : il s'empara de Noto et Avola malgré l'artillerie ennemie grâce à la 50 division et de Cassabile grâce à l'assaut combiné du commando n°3 et de la 5 division. Les troupes anglaises occupèrent les hauteurs qui dominent la route côtière et la voie ferrée en direction de Syracuse. La 5 division fit jonction avec les parachutistes qui avaient atteris en planneurs la nuit précédente et avaient défendu le viaduc de Ponte Grande, puis atteignit Syracuse à la tombée de la nuit. Du côté américain, une autre opération aéroportée consista à parachuter le 505 régiment (Cel Gavin) de la 82 airborne (gal Ridgway) sur les hauteurs des plages de Gela (croisement routier de Piano Lupo, aérodrome de Ponte Olivo, pont Dirillo sur l'Acate). Mais ce fut un échec : l'inexpérience des pilotes en ce qui concerne le largage de nuit, le brouillard, les incendies allumés par les raids aériens précédents, le bombardement de la flotte alliée qui prit les transports pour des Allemands dispersèrent les sticks dans tout le sud-est de la Sicile. Seul le 2 bataillon atterit à peu près au complet à 40 km de son objectif : il s'employa à museler les défenses côtières près de Santa Croce Camerina. Le pont Dirillo fut enlevé par une partie du 3 bataillon. 200 hommes tenaient les hauteurs de Piano Lupo. Le reste des paras essaya d'apporter le plus de confusion possible chez l'ennemi. Le débarquement proprement dit réussit mais avec plus de difficultés que du côté anglo-canadien : le plan initial prévoyait qu'à droite la 45 division (Middleton) débarquerait à Scoglitti entre la rivière Acate et le secteur de la VIIIe armée. L'objectif était d'occuper Vittoria et les aérodromes de Biscari et Comiso puis de rallier les Canadiens vers Raguse. Au centre, la 1 division (Allan) devait attaquer le port de Gela et ses plages orientales, relever les paras à Piano Lupo, prendre les aérodromes de Gela-Farello et Ponte Olivo, occuper Niscemi. A gauche, la 3 division (Truscott) renforcée par un Combat Command de la 2 DB, ne faisait pas partie du 2 Corps (Bradley), contrairement aux deux autres divisions, et devait occuper Licata, son petit port et son aérodrome pour protéger le flanc de l'attaque. A terme, les Américains devaient rejoindre une ligne jaune Grammichele-Palma di Montechiaro par Caltagirone, Mazzarino et Campobello. Au départ, tout se déroula comme prévu : la 3 division prit Licarna avec le soutien actif de la flotte, la 1 division s'empara de Gela grâce à la Force X (mélange de rangers et sapeurs d'assaut commandé par le cel Darby : elle ne put cependant éviter le sabotage de la jetée) et établit le contact avec les paras de Piano Lupo, la 45 division rejoignit le pont Dirillo. Mais dans le cours de la journée cela se gâta du côté du Gela : une contre-attaque italienne dès 9h (groupe mobile E depuis Niscemi et bataillon de la Division Livorno au nord-ouest de la ville) fut repoussé avec l'aide de la flotte par les Rangers et les Paras de Piano Lupo. L'après-midi, la division Hermann Göring (gal Conrath), quoique retardée par l'harcèlement des paras de Gavin, prit le relais en deux colonnes parties de Niscemi et Buscari. Si un bataillon fut délogé et dût être remplacé, l'assaut échoua car les Panzers manoeuvraient mal sur les oliveraies en terrasse. Mais la 1 division se trouvait dépourvue de chars à cause du mauvais état des plages et des bombardements ennemis. Du côté de la 3 division, Truscott put au contraire vite débarquer ses chars. Du côté de la 45 division, on occupait une bande de terre de 12 km de profondeur avec Vittoria et Santa Croce Camerina. 11 juillet : Conrath, sur ordre de Kesselring et de concert avec la Division Livorno (gal Chirieleison) plus à l'ouest, réitéra sa tentative de la veille avec trois colonnes de ses panzers à partir de Ponte Olivo, Niscemi et Biscari, soutenue par l'aviation. Les Américains réussirent à tenir et le colonel Gavin, chef des paras, prit même à revers la contre-attaque de la colonne de Biscari sur le pont Dirillo. Conrath, à la tête de la colonne de Niscemi, atteignit la route côtière mais fut littéralement cueilli par les canons et chars qui venaient tout juste d'être débarqués pour la première fois sur la plage par les DUKW. La Division Livorno se fait tailler en pièces devant les Rangers du capitaine Lyle par les artilleries navale et de campagne. Seul véritable coup dur : un lâcher de paras sur Gela est décimé dans un barrage d'artillerie établi par la flotte alliée. La VIIIe armée tient son front de Palazzolo, pris par la 23 Brigade blindée, à la mer en passant par Giarratana et Modica dans le secteur canadien. Dans le secteur du 13 Corps, la 5 Division ne s'arrêta pas à Syracuse et prit la route d'Augusta : des éléments avancés du groupe Schmalz les stoppèrent à Priolo. La division Napoli avait par contre été rejettée par les Anglais à l'ouest de Syracuse. 12 juillet : les Canadiens et les Américains se rejoignent à Raguse. Les Américains ont partout atteint la ligne jaune et l'ont même dépassés à Canicatti. La 45 division a débordé Comiso pour occuper Biscari et Chiaramonte Gulfi. Les panzers allemands tentent un dernier baroud sur Piano Lupo avant de se retirer sur Catane. Montgomery décide de faire avancer la VIIIe armée selon deux axes : le 15 Corps près de la côte sur Catane et le 30 Corps sur Caltagirone, Leonforte et Enna par la route 124. Lesse dut donc retenir les Canadiens à Giaratana et donna pour objectif Vizzini, Grammichele et Caltagirone pour la 51 division et la 231 brigade. 13 juillet : entrée de la 5 division britannique dans Augusta malgré les combats retardateurs du Kampfgruppe Schmalz. Plus à l'ouest, la 50 division atteint Lentini. Mais dans la nuit, ce même groupe (renforcé par deux bataillons de la 1 Division de Parachutistes stationnée en Avignon) reprit une partie d'Augusta. Il se retira ensuite au sud de Lentini pour rallier de nouveaux renforts parachutistes. Comme on pouvait s'y attendre, Américains et Britanniques se rencontrent au sud de Vizzini : Alexander décide de donner la route aux Anglais, malgré la furreur de Bradley. Avançant de Palazzolo vers Vizzini, la 23 Brigade blindée britannique dut affronter les restes des divisions "Hermann-Göring" et Napoli. 14 juillet : prise de Vizzini et Francofonte par la 51 division britannique. Comme les blindées de la 23 brigade et les Highlanders de la 51 division ont soufferts, Leese ordonne aux Canadiens de quitter Giarratana et Raguse et de dépasser les unités épuisées pour activer l'arrivée vers Enna. Pendant ce temps, les Américains pivotent vers l'Ouest sur une ligne Palma di Montechiaro-Canicatti-Caltanissetta : les 1 et 41 divisions, à gauche, attaquent les hauteurs entre Caltanissetta et Enna. Patton constitue pour la conquête de l'ouest de lîle un "corps provisoire" (82 airborne et 3 division) commandé par le général Keyes. A la VIIIe armée, offensive contre les positions de Schmalz dans le secteur de Lentini. Dans la nuit un commando et une brigade parachutiste s'emparèrent deux ponts sur le Malati, près de Lentini, et sur le Simeto, à Primosole : mais cette dernière opération échoua de nouveau à cause d'une erreur de la DCA alliée et des batteries côtières ennemies. Néanmoins, une brigade de la 50 DI dite brigade Durham releva ce qui restait des paras sur les hauteurs en face de Primosole. Schmalz se retire du Malati sur la Gornalunga. 15 juillet : Schmalz est décidé à tenir sa ligne sur le Simeto avec ses parachutistes. Arrivée des Canadiens devrant Grammichele, d'où ils doivent déloger l'arrière-garde de la division Hermann-Göring, et Piazza Armerina (2 Brigade), défendue par un bataillon de la 15 Panzergrenadiere. 16 juillet : un assaut de la brigade Durham parvient à établir une tête de pont avec le pont sur le Simeto. Un bataillon de Rangers prend Porto Empedocle et la 3 division s'empare d'Agrigente sans opposition. Alexander laisse alors "Georgie tenter le coup" d'un assaut rapide de la 2 DB sur Palerme. De son côté, les 1 et 45 DI reprirent leur marche : la 1 DI affronta le groupe "Ens" de la 15 Panzergrenadiere qui se repliait vers Enna. Du côté canadien, on occupe Caltagirone. 17 juillet : les paras allemands se retirent du Simeto. 18 juillet : assaut vers le nord (Catane) de la 50 DI britannique, qui se heurte à la défense combinée du groupe Schmalz, des parachutistes et de la division Hermann-Göring. la 45 DI entre dans Caltanissetta et coupe la route 121 qui relie Palerme) à Enna. Chute de Valguarnera, défendue encore par des Panzergrenadiere devant la 2 Brigade canadienne. La division canadienne put dépasser Enna et se diriger vers Leonforte et Agira. 19 juillet : nouvel échec d'un assaut de la 5 DI britannique qui, après de durs combats sur la Gornalunga, réussit à établir une tête de pont mais ne peux progresser. Conscient de la supériorité allemande dans ce secteur côtier et des contreforts de l'Etna, Montgomery, pour éviter de coûteux assauts, décide alors un "crocher à gauche" : contourner l'Etna pour déboucher sur les arrières des Allemands. Pour cela, il fit venir d'Afrique une division fraîche, la 78 DI et ordonna aux Canadiens de prendre Leonforte puis de se porter vers Adrano par Agira et Regalbuto. Il transfère la 51 division sur la gauche du 13 Corps afin d'attaquer Gerbini et Paterno. La 231 Brigade comble la brèche entre les Canadiens et la 51 Division : dès le 19, elle prend Raddusa, traverse le Dittaino, arrive tout près d'Agira en attendant le secours des Canadiens plus à l'ouest. Ces derniers quittent Valguarnera pour remonter sur Catane par la route montagneuse 121 : la 2 Brigade marcha sur Leonforte tandis que la 1 Brigade se dirige vers Assoro, sur l'autre versant de la chaîne montagneuse. Le Corps provisoire se met en route vers Palerme. 20 juillet : prise d'Enna par le 2 Corps US. 21 juillet : les Highlanders, qui avaient conquis l'aérodrome de Gerbini, en sont délogés par une contre-attaque allemande. L'ennemi reçoit des renforts : éléments de la 1 Division de Parachutistes qui n'étaient pas encore arrivés, 29 de Panzergrenadiere. 22 juillet : chute d'Assoro. Les hommes du Hasting and Prince Edward Regiment durent escalader la falaise pour parvenir à déloger l'ennemi de ce village escarpé. Tout près, la 2 Brigade canadienne s'empare de Leonforte. Entrée dans Palerme du Corps provisoire. 23 juillet : le Corps provisoire occupe Trapani et Marsala. Le 2 Corps US atteint la mer à Termini Imerese. Patton lançe alors le 2 Corps, renforcé des 3 et 9 DI (cette dernière tout juste débarquée) sur Messine par deux routes : la corniche à flanc de falaise que l'on appelait route côtière et la route 120 Petralia-Randazzo. 24 juillet : les Canadiens entrent dans Nissoria. Leur avance est lente car le terrain particulièrement difficile. 26-28 juillet : les Canadiens s'attaquent à Agira en compagnie de la 231 Brigade. Cette dernière prolongea vers l'est mais est arrêtée à 1500 m avant Regalbuto. 28 juillet : après 3 jours de siège, chute de Nicosia devant le 2 Corps US. 30 juillet : Une brigade de Canadiens et la 78 DI prennent d'assaut Catenanuova, en prélude à la grande offensive de la VIIIe armée. 31 juillet : San Stefano tombe également devant les Américains. 1 août : Monty lançe son offensive à la gauche du 30 Corps (renforcé par la 78 DI) contre l'Etna. A Troina, les Américains des 1 et 9 DI, soutenues par le 4 tabor marocain, sont aux prises avec l'ennemi. 3 août : prise de Regalbuto par deux brigades canadiennes et de Centuripe par la troisième brigade (après deux jours de combat), venue de Catanuova. 6 août : prise de Troina par le 1 DI. Prise de Biancavilla par les Highlanders. 7 août : La 78 DI britannique et les Canadiens sont à Adrano. 8 août : les défenseurs allemands de la côte de San Fratello, qui descendait jusqu'à la mer à Sant'Agata di Mare, cèdent après six jours de combats de retardement devant la 3 DI US, qui dut tourner la position en effectuant un débarquement sur l'arrière de l'ennemi. Les Anglo-Canadiens sont à Bronte. 12 août : nouveau débarquement américain de contournement pour la 3 DI pour faire sauter le verrou du cap Orlando. 13 août : évacuation de Randazzo par les Allemands car leur flanc est menacé par la 78 DI qui progresse toujours le long du versant ouest de l'Etna. Les Allemands se replient en bon ordre de part et d'autre du volcan. 14 août : les Highlanders sont à Linguaglossa. 15 août : prise de Catane par la 50 DI et de Paterno par la 5 DI. 17 août : les Américains précédent les Britanniques à Messine.

Conclusion de la campagne

A l’instar du débarquement en Normandie, la météo aura joué un rôle majeur : bien que toutes les troupes stationnées en Sicile aient reçu un message d'alerte, les Italiens présents sur les côtes n'ont pas voulu croire qu'un débarquement aurait lieu par un temps aussi mauvais. Après 38 jours de combats, la prise de Messine et la jonction entre les troupes britanniques et americaines marquèrent la fin de la campagne de Sicile. Le renfort de trois divisions allemandes venues prêter main forte aux italiens ne réussirent qu'à ralentir l'avancée alliée : les jeux étaient faits et la campagne d'Italie allait devenir la prochaine étape de la libération de l'Europe. Signalons aussi, le rôle non-négligeable de la mafia sicilienne acquise aux Américains par les bons offices du parrain Lucky Luciano en échange d'un allègement de sa détention. Ses services inclurent donc des contacts avec le parrain de Palerme, Calogero Vizzini. Grace à ces "alliés", des renseignements précieux furent obtenus et même des coups de forces ponctuels contre des points stratégiques. La campagne de Sicile n'est qu'un demi-succès. Certes, le commandement allié a réussi à occuper totalement l'île. Mais les Allemands ont réussi à mener de bons combats d'arrière-garde et à évacuer en bon ordre leurs troupes. Alors que le plan initial prévoyait l'arrivée rapide de la VIIIe armée sur Messine pour contrer cette évacuation et isoler les Allemands dans le nord-ouest, ce furent les Américains débarqués plus à l'ouest qui précédèrent les Britanniques. Le soutien de l'artillerie navale a été précieux pour les troupes débarquées et les alliés ont réussi une opération amphibie de grande ampleur. Par contre, les largages de parachutistes ont subi plusieurs fois le feu des canons de l'artillerie alliée, à cause d'un manque de coordination. Si l'on excepte les Divisions Napoli et Livorno, les Italiens n'ont pas beaucoup résistés.

Sources

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Jacques Teyssier'', Documentaliste, Texte rédigé sous la supervision de M. Serge Bernier - Dr. Histoire - Directeur Histoire et patrimoine - Ministère de la Défense nationale - Ottawa
-La Deuxième Guerre mondiale, Tallandier, 1966. ==
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