Le Mont-Saint-Michel

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Le Mont-Saint-MichelLe tiret permet de différencier le nom du mont lui-même et celui de la commune : « mont Saint-Michel » pour le rocher insulaire ; « (le) Mont-Saint-Michel » pour la commune. Les éléments propres à l'abbaye, son histoire et son architecture se trouvent à l'article abbaye du mont Saint-Michel. est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie. Elle tire son nom d'un îlot rocheux dédié à saint Mic
Le Mont-Saint-Michel

Le Mont-Saint-MichelLe tiret permet de différencier le nom du mont lui-même et celui de la commune : « mont Saint-Michel » pour le rocher insulaire ; « (le) Mont-Saint-Michel » pour la commune. Les éléments propres à l'abbaye, son histoire et son architecture se trouvent à l'article abbaye du mont Saint-Michel. est une commune française, située dans le département de la Manche et la région Basse-Normandie. Elle tire son nom d'un îlot rocheux dédié à saint Michel et où s'élève aujourd'hui l'abbaye du mont Saint-Michel. L'architecture du mont Saint-Michel et sa baie en font le site touristique le plus fréquenté de Normandie et le premier de France (hors Île-de-France) avec quelque visiteurs chaque annéePierre Le Hir, « Le Mont-Saint-Michel rendu à l'eau », dans Le Monde du 29-07-2007, . Une statue de saint Michel placée au sommet de l'église abbatiale culmine à 170 mètres au-dessus du rivage. Classé monument historique en 1874, le site figure depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Ses habitants sont appelés les Montois.

Géographie

Le rocher

Le mont Saint-Michel est donc un îlot rocheux granitique situé à l'est de l'embouchure du fleuve du Couesnon, rocher sur lequel a été construit un sanctuaire en l'honneur de l'archange saint Michel à partir de 709. Antérieurement à cette date, il fut connu comme le « mont Tombe ». Pendant tout le Moyen Âge, il fut couramment appelé « mont Saint-Michel au péril de la mer » (Mons Sancti Michaeli in periculo mari). Le rocher ne représente qu'une petite partie de la commune qui s'étend aussi sur la digue et plusieurs dizaines d'hectares de polders. La partie essentielle du rocher est couverte par l'emprise au sol de l'abbaye du mont Saint-Michel et de son domaine. Le mont Saint-Michel, situé à 48°38'10" de latitude nord et à 1°30'40" de longitude ouest, baigne dans la baie du mont Saint-Michel, ouverte sur la Manche. L'îlot est une excroissance granitique d'environ 960 mètres de circonférence, qui atteint 92 mètres d'altitude et offre une superficie émergée d'environ 280 ha, au dessus de laquelle s'élève l'abbaye. Cet îlot s'élève dans une grande plaine sablonneuse que la marée envahit deux fois par jour. En 1846, Édouard Le Héricher le décrivait ainsi, avec l'emphase de cette époque, mais qui rend encore bien compte de la réalité : (extrait de L'Avranchin monumental et pittoresque, t. 2, p. 310, 1846).

La baie

Le mont Saint-Michel (l'îlot ou l'abbaye) a donné à son tour son nom à la baie du mont Saint-Michel. Elle est située entre la Bretagne (au Sud) et la péninsule normande du Cotentin (à l'Est), la baie appartient au club des plus belles baies du monde. Le marnage très important dans la région (plus de dix mètres) permet à une grande partie de cette baie d'être découverte à marée basse. Trois rivières se jettent dans cette baie (et la traversent à marée basse): le Couesnon, maintenant endigué à l'Ouest du Mont Saint-Michel, la Sée et la Sélune. La très faible pente de la baie et l'important marnage provoque par grande marée la formation d'un mascaret (“barre”) dans ces rivières qui peut remonter plusieurs kilomètres dans les terres. Deux îlots granitiques se trouvent dans la Baie du Mont Saint-Michel, Tombelaine et le Mont Saint-Michel. Le secteur abrite une grande variété d'oiseaux et des phoques veaux marins.

La légende de la forêt de Scissy et l'invasion de la mer

Perspective des abords du mont Saint-Michel Au temps des Gaulois, le mont Saint-Michel de même que le rocher de Tombelaine voisin s'élevaient, dit-on, « au milieu de la forêt de Saint-Pair-sur-Mer, car à cette époque, le rivage englobait Chausey, à plus de 48 kilomètres de distance ». D'après cette légende, le niveau du sol environnant se serait progressivement affaissé, engloutissant la forêt à partir du - lors de la transgression flandrienne ; selon un manuscrit du , la marée d'équinoxe de 709 particulièrement violente aurait porté le coup de grâce à la forêt. Les études scientifiques menées par le Centre de Recherche Archéologique d'Aleth et le Centre de Documentation des Historiens Locaux de Gévezé ont aujourd'hui démontré que l'existence de la forêt de Scissy relève du mythe.

Les divagations des rivières

Le mont fut ensuite ballotté par les divagations des cours des trois fleuves qui abreuvent encore la baie du mont Saint-Michel. Ces cours d'eau sont : la Sélune, la Sée et surtout le Couesnon qui, marquant autrefois la frontière entre la Normandie et la Bretagne se mit dit-on soudainement à couler à l'ouest du mont, faisant ainsi passer ce dernier en Normandie. En réalité, jusqu'au , l'embouchure de ce dernier se trouvait à 6 km du rocher. Ceci est donc une légende qui amuse les habitants frontaliers qui savent que la frontière ne se situe pas sur le Couesnon proprement dit mais sur la terre ferme à 4 km à l'ouest, au pied du massif de Saint-Brelade. Un vieux dicton local a cependant immortalisé l'évènement : :« Li Couesnon a fait folie :Si est le Mont en Normandie » :« Le Couesnon dans sa folie :A mis le Mont en Normandie »

Les plus importantes marées d'Europe

Les marées dans la baie du mont Saint-Michel ont de quoi impressionner : d'une amplitude de près de treize mètres les jours de fort coefficient, la mer se retire à grande vitesse sur une dizaine de kilomètres, mais revient aussi vite. L'expression consacrée est « qu'elle revient à la vitesse d'un cheval au galop ». La vérité est qu'elle est plus proche de la vitesse d'un homme qui marche, mais elle a malheureusement coûté la vie à beaucoup d'incrédules.

La tangue

Vue aérienne du mont. Les alluvions fluviales continuellement brassées par le flux et reflux des marées, mélangées aux coquillages brisés donne naissance à la tangue, un riche fertilisant qui fut longtemps utilisé par les paysans des environs pour amender leur sols.

Les sables mouvants

La baie présente la particularité d'être pratiquement plate et donc sujette à l'envasement (sables mouvants, décrits de façon spectaculaire par le texte de Victor Hugo « L'enlisement » dans « Les Misérables », tome V, « Jean Valjean », chapitre V : « Pour le sable comme pour la femme il y a une finesse qui est perfidie »). La traversée des grèves de la baie peut s'avérer dangereuse en l'absence d'un guide expérimenté. La traversée de la Sée et de la Sélune n'oppose qu'une maigre difficulté, mais il existe plusieurs zones de sables mouvants dans les parties sableuses de la baie, surtout les chenaux, comme dans toute zone très plate, qui divaguent de jour en jour. Conjuguée à une amplitude de marée exceptionnelle, cette configuration rend la zone dangereuse, par temps de brume (perte totale de repères), causant des noyades non par réel enlisement, mais par épuisement : on ne peut marcher dans une vase thyxotropique, sans être aguerri, car le sol tout à la fois se dérobe sous le mouvement et bloque si on ne bouge pas. Si le chenal se remplit alors, il convient de dégager ses pieds au maximum et de nager à la force des bras ; la théorie prévoit que l'on flotte, mais l'hypothermie tue si on ne se dégage pas rapidement. Il faut noter qu'essayer d'empêcher une personne de s'enliser en la tractant afin qu'elle retrouve la terre ferme est impossible, puisque son poids équivaut approximativement à celui d'une voiture dans cette situation. Beaucoup plus souvent, des désagréments arrivent aux voitures garées un peu trop longtemps sur des places un peu bas. Leur masse volumique importante les enlise: il est toujours inutile de les tracter, même avec une voiture; il faut les dégager à la grue après avoir fluidifié le sable qui les aura bloquées.

La digue et les polders

Au fil des années, la baie du mont Saint-Michel fut sujette à la poldérisation de la part de ses propriétaires riverains. L'action la plus marquante en ce sens fut la construction en 1880 d'une digue insubmersible par les Ponts et Chaussées, malgré l'opposition de diverses autorités. Cette digue et celle de la Roche-Torin précipitèrent l'ensablement de la baie, et il est maintenant question de démolir la digue qui relie le mont au continent, ceci afin d’endiguer cet ensablement qui menace l'insularité du mont. La digue d'accès construite au , qui retient le sable, aggrave donc l'ensablement naturel de la baie, au point que le mont pourrait cesser d'être une île.

Rappel de quelques données naturelles

La marée basse expose une boue épaisse sur les rives du Couesnon. La baie s’étend de la Pointe du Grouin à la Pointe Champeaux selon un axe Ouest-Est ; et le Canal du Couesnon de Pontorson, Beauvoir, au barrage de la Caserne se prolonge en une digue vers le Nord jusqu’au Mont-Saint-Michel (MSM), puis Tombelaine, le bec d’Andaine et Saint-Jean-le-Thomas. À l’Ouest, Cancale, à l’Est, Avranches sur la Sée, au nord de la Sélune. L'estran dégage environ six kilomètres pour un marnage de dix mètres en moyenne sur 240 km². Ce marnage exceptionnel (un peu comme celui de la baie de Fundy) est dû aux mêmes raisons : forme en entonnoir de la baie, pour une onde progressive de marée qui se dirige vers la Manche et la mer du Nord, et donc se heurte au Cotentin (donc impédance réflexive type quart d'onde) plus la force de Coriolis toujours déviant à droite. Donc très fort marnage ; et très logiquement le chenal montant n'est pas le même que le chenal descendant ; d'où selon la force du vent et bien d'autres paramètres (force du mascaret, profondeur du chenal, tenue du sable (où fourmille la faune d'estran), une divagation des chenaux de sortie des trois fleuves principaux. En mer, le marnage est beaucoup plus réduit. Comme la baie d'Authie, la baie de Somme, ou la baie de la Seine, la mer ne cesse d'apporter des vases : 1, 5 mm/an environ. En effet, la marée montante mobilise par forte tempête les fonds marins et les déposent par sédimentation à marée descendante, le rôle des diatomées n'étant sans doute pas neutre dans ce processus : la slikke monte ; les herbes halophiles progressent, la salicorne en tête, puis le schorre s'installe avec ces obiones, puccinella, asters et autres laitues de mer : aux endroits où le schorre recule (cela arrive aussi), on peut voir à certains endroits jusqu'à un mètre de dépôts récents déposés en lits, chronologiquement datés par la marée de vive eau. Ces dépôts sont du sable coquiller et de la tangue (la tangue est ce calcaire blanc de granularité très fine 20 microns qui va former le marais blanc de Dol (environ 20 m d'épaisseur sur 100 km²). Au Sud, l'eau à l'intérieur croupit et la tourbe se forme (le marais noir) : 15 km². Les photographies fausses couleurs révèlent immédiatement ce paysage. Sur les zones en formation, on peut voir de manière assez caractéristique du point de vue géologique, le chenal creusé dans la tourbe ancienne “assez” résistante, le comblement de ce V par la tangue, puis quand l'assèchement progressif se produit, la tourbe se rétracte en s'affaissant, laissant apparaître la surélévation de la tangue (de 10 à 50 cm selon le chenal). L'analyse hydraulique du Guyoult confirme ce scénario assez bien connu. Se rajoute à ce phénomène naturel la montée régulière de la mer, de 1, 2 mm/an, ce qui justifie depuis l'holocène récent les 20 m de dépôt du marais blanc et l'emprise à l'intérieur des terres du Mont-Dol.

Poldérisation de la baie

Vient l'action de l'homme : on a besoin de nourriture, donc d'agriculture, donc de marais asséchés : il pleut trop ; il faut évacuer l'eau ; on ne cessera de favoriser l'écoulement de l'eau par drainage. Les moines y passeront leur Moyen-Âge. Il faut se chauffer : les lambeaux de forêt disparaissent. Ceci dit, le phénomène est global à toute l'Europe : l'immense forêt tempérée a disparu, comme disparaissent actuellement celles de la savane et tropicale actuellement pour les mêmes raisons. C'est donc, via les premières digues et vannes, l'empêchement de la mer à monter sur le schorre à pleine mer, et l'écoulement d'eau douce vers la mer en Basse mer ; premiers pas vers la conquête de nouvelles terres : symboliquement, de 1769 à 1969 : deux cents ans de poldérisation. Henri Bertin contemporain de Turgot et des physiocrates croit à la domination-domestication de la Nature : concession est accordée à tout demandeur de “mer à poldériser” ; on a vu et admiré le travail hollandais. Quinette de la Hague se voit concéder de la Roche Torin à l'Est jusqu'à Broladre : hélas, trente ans à peine, et la mer et les divagations du Couesnon ont détruit toutes les digues, placées bien trop au large. Deuxième tentative en 1856 : Mosselmann se voit attribuer cette fois de la chapelle Sainte-Anne jusqu'à la Roche Torin en passant juste au niveau de la Merveille. On canalise le Couesnon jusqu'au barrage de la Caserne et c'est gagné : les polders progressent le long du trait Sainte-Anne Mont-Saint-Michel ; tout un parcellaire est formé, jusqu'en 1934 au bord du chenal du Couesnon et du Barrage. Entre temps, l'île a cessé d'être une prison (Louis Auguste Blanqui et Armand Barbès y furent, entre autres, enfermés) et l'on songe de plus en plus à régulariser le déplacement des pèlerins vers le Mont-Saint-Michel. Une décision importante pour l'avenir du mont est prise.

Construction de la digue-route en 1879

Édifices anciens du Mont-Saint-Michel. À peine finie, querelles et protestations de toutes sortes (Clemenceau (1881) par anticléricalisme : dépenser de l'argent pour des moines ! Victor Hugo (janvier 1884) par symbolique de l'île, de Maupassant (juillet 1884) et une foule d'autres sont exprimées. Mais bientôt (en 1901) le chemin de fer arrive (il restera jusqu'en 1938). Le canal sert de réserve d'eau douce en été ; il permet d'éviter l'inondation de Pontorson ; il aide à la sédimentation du marais blanc. Le schorre (les herbus ou prés-salés) s'étend. Après la Seconde Guerre mondiale, où l'armée allemande a délibérément inondé (en eau de mer !) les polders, il faut reconstruire, et on repoldérise cette fois aussi en rive droite du Couesnon. Un immense projet (Centre d'études des Marées) voit le jour : séparer la baie en deux bassins, un à l'ouest et l'autre à l'est et jouer de la marée et du Couesnon convenablement orienté vers deux déversoirs pour faire une immense centrale hydroélectrique de marée. Ce projet ne sortira des cartons qu'en miniature (l'usine de la Rance) : les ostréiculteurs et les mytiliculteurs ont eu gain de cause et actuellement bien que le naissain vienne toujours de Marennes, l'essentiel de la production française de moules est celle des Hermelles, juste au nord du Vivier-sur-Mer.

Premiers projets de préservation et mise en valeur du site

1969 : le « péril vert » est écarté. On prend conscience de la valeur patrimoniale du site, et surtout pécuniaire : le tourisme est lancé et ne s'arrêtera plus (3, 3 millions de touristes en 2005, on en prévoit 10 millions en 2010) : il faut à la fois un parking et que l'île reste île. Dès 1975, l'ingénieur Mignot avait très rigoureusement analysé la baie et comparé avec les relevés de 1958 (qui étaient plus approximatifs : la slikke ne dépendait ni du SHOM ni de l'IGN). De 1975 à 1995, se feront des études en bassin (la SOGREAH, qui s'occupe aussi de la Somme). Pas faciles, ces études en bassin : la nacre pilée et la sciure remplacent le sable, il faut ajuster convenablement les débits des rivières, des pluies, de l'évapo-transpiration et du cycle des marées, “caler” les paramètres du modèle réduit puis passer de la rétrospective à la prospective. On se trompe, on rectifie avec observations sur le terrain ; on passe des thèses. 1979 : l'île est inscrite au Patrimoine Mondial, au titre de l'Art et au titre de la Culture. La loi littoral est votée.

Le projet de restauration du caractère maritime de l'île

Le parking submersible appelé à disparaître. 1983 : très symboliquement, François Mitterrand vient non pas poser la première pierre, mais ôter la première pierre de la digue (submersible) de la Roche Torin. 1995 : les études sont déclarées honnêtes ; la puissance des ordinateurs a augmenté ainsi que les codes de calcul : on peut monter la Commission du Mont-Saint-Michel, qui doit préserver son insularité et faire arriver des touristes payants régulés. D'où le projet (voir aussi ) :
- Suppression du parking : il sera ramené au sud du barrage de la Caserne (en cours de reconstruction), et une navette spéciale amènera les visiteurs par une route-passerelle au Mont ; dans le futur, une gare SNCF sera construite sur le continent avec des trains directs depuis Paris-Vaugirard (Montparnasse-3) ;
- Côté île : on sait bien maintenant qu'on ne peut lutter contre la nature ; il faut ruser ; la ruse c'est de faire que le Couesnon soit chenalisé de part et d'autre du Mont-Saint-Michel, 2/3 à l'Ouest en Bretagne et 1/3 à l'Est en Normandie, le barrage servant de barrage de chasse de 700 000 m³. Des échelles à poissons sont prévues, pour les anguilles (catadromes) comme les saumons (anadromes). L'écosystème sera préservé : pour conserver les 40 crapauds mâles, on a déjà enlisé une excavatrice dans la vase, qu'il a fallu extraire à la grue et non pas en traction (voir ci-dessus : sables mouvants) : cette excavatrice devait faire les mares nécessaires avant de pouvoir dégager et curer le Couesnon. L'entrée d'eau de mer se fera par l'eau de surface (beaucoup moins turbide) et la chasse sera brutale pour bien évacuer, selon des chenaux régulés, toute la vase et donner un « bel aspect » au Mont-Saint-Michel, débarrassé de son encombrant parking, mais entouré de douves “naturelles”. Du coup, on barre la route aux halophytes comme la salicorne, puisque le schorre sera contenu, et on ouvre la route à la navette des néophytes. Le coût des travaux a augmenté au fil du temps : 72 M€ en 1999, puis 94 M€, puis 134, puis, crise du pétrole aidant, 220 M€ en 2004 : pendant ce temps, la vase s'accumule et cela à raison de 2, 6 mm/an maintenant, sur 240 km². Les travaux de désensablement de la baie du mont Saint-Michel ont débuté le vendredi 16 juin 2006.

Communes limitrophes

Les communes limitrophes de celle du Mont-Saint-Michel sont Beauvoir et Pontorson dans la Manche (en Basse-Normandie) d'une part, et Roz-sur-Couesnon et Saint-Georges-de-Gréhaigne en Ille-et-Vilaine (en Bretagne) d'autre part. L'ancienne commune d’Ardevon, limitrophe du Mont-Saint-Michel, de Beauvoir et de Pontorson a fusionné en 1972 avec la commune de Pontorson.

Démographie

La commune accueille jusqu'à visiteurs par jour pendant la saison estivale. Parmi les 43 Montois dénombrés en 2006, .

Administration municipale

Histoire et économie

Le mont Saint-Michel sur une carte de 1758.

Histoire

L'histoire ancienne de la commune étant peu dissociable de l'histoire de l'abbaye elle-même, nous renvoyons l'article consacré à l'abbaye du mont Saint-Michel, y compris pour les périodes gauloise et romaine.

Le temps des pèlerinages

Le village, implanté sur le mont en 709, s'est développé à l'ombre de son abbaye médiévale. Au nord de l'église Saint-Pierre, le bâtiment double appelé La Merveille est un chef-d'œuvre de l'architecture gothique. Il est construit sur trois niveaux à flanc de rocher. L'économie du Mont a donc été tributaire, pendant douze siècles, des nombreux pèlerinages à Saint Michel, notamment jusqu'à la Révolution française. On venait de toute l'Europe du Nord en pèlerinage à l'abbaye : depuis l'Angleterre, la France du Nord et de l'Ouest, etc. Un réseau de routes montoises a été récemment étudié et remis en valeurs, notamment à cause de l'attrait touristique important que représente le site et sa baie :

Le temps du tourisme

Déjà depuis le , les auteurs et peintres romantiques venaient au mont, pour son charme unique et ses qualités pittoresques, tel Guy de Maupassant. À la fin du siècle, plusieurs hôtels sont établis au mont. Dans la deuxième moitié du , la mutation du site en un lieu de visite de rang mondial a fait de la petite commune normande l'une des premières destinations touristiques de France. On compte aujourd'hui trois millions de visiteurs annuels, dont un tiers seulement monte jusqu'à l'abbaye. Le temps moyen de visite est de 2 à 3 heures et il y a jusqu'à visiteurs par jour en période estivale.

Monuments et lieux touristiques

De nombreux immeubles du site sont, à titre individuel, classés au titre des monuments historiques.

Patrimoine religieux

Le réfectoire Par ordre d'importance, c'est bien sûr l'abbaye elle-même qui impose sa fière allure et sa magnifique architecture à plusieurs dizaines de kilomètres alentour. Mais il existe d'autres monuments religieux sur le rocher :
- la chapelle Notre-Dame-sous-Terre (voir abbaye du Mont Saint-Michel)
- l'abbaye du Mont Saint-Michel
- l'église paroissiale Saint-Pierre. À l'origine, c'était l'église des habitants du Mont, les Montois. Saint-Pierre a conservé son titre de paroisse et se distingue encore aujourd'hui au spirituel - comme autrefois - de l'abbaye. Elle est desservie par un curé nommé par l'évêque de Coutances. L'église a gardé quelques vestiges du , dans ses piliers, mais d'une manière générale, elle appartient aux . Sa nef ne possède qu'un seul bas-côté, ce qui décentre son chœur vers la gauche. Munie d'un petit clocher, elle est riche de beaux objets cultuels : un vitrail du , un gisant médiéval décapité, un autel et son rétable à colonnes daté de 1660, des fonts baptismaux primitifs du ; une Vierge à l'Enfant et une Éducation de la Vierge (Sainte Anne enseignant à Marie) des s. Enfin, une copie de la statue de saint Michel. L'église Saint-Pierre, qui est encore entourée de son cimetière, est inscrite depuis 1909 à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques (ISMH).
- la chapelle Saint-Aubert
- la fontaine Saint-Aubert

Patrimoine civil

Fortifications
La flèche du mont Saint-Michel vue de la cour de l’abbaye. La ville actuelle est l'une des rares villes françaises à avoir conservé l'ensemble de ses fortifications médiévales. Cette enceinte urbaine date des . Elles est entièrement classée (MH). La muraille se compose de courtines flanquée de tours semi-circulaires et d'une tour bastionnée :
- la tour Claudine,
- la tour du Nord,
- la tour de la Liberté,
- la tour de l’Arcade,
- la tour du Roi,
- la tour Boucle (bastionnée). Le chemin de ronde et les parapets sont du ainsi que divers ouvrages de défense comme :
- la porte du Roi,
- l’Avancée et sa porte,
- le Boulevard et sa porte,
- le corps de garde des Bourgeois . L'enceinte des Fanils, qui continue les murs du Monteux, de Cantilly et de la Pillette, date du , avec la tour Gabriel, qui porte en son chef un moulin à vent.
Habitations classées
- maison de l’Artichaut
- maison de la Coquille
- maison de la Licorne
- maison au Pot de Cuivre
- maison de la Truie qui File
- logis de Saint-Aubert
- logis de Tiphaine Raguenel
- logis Saint-Symphorien
- hôtel du Dauphin
- hôtel du Mouton-Blanc
- hôtel de la Mère Poulard
- hôtel Saint-Pierre (restauré conformément à l’ancienne maquette)

Héraldique

Blason de la ville du Mont-Saint-Michel. Armes de la ville du Mont-Saint-Michel : : « De sable à 10 coquilles d’argent, 4, 3, 2 et 1 ; au chef de France »

Personnages célèbres

- Robert de Thorigny, célèbre abbé du mont
- Guillaume de Saint Pair, moine de l’abbaye auteur du Roman du Mont-Saint-Michel
- Louis-Philippe , venu démolir les tristement célèbres « cages de fer »
- Louis Auguste Blanqui, prisonnier politique au mont
- Armand Barbès, prisonnier politique au mont
- Monseigneur Bravard, restaurateur de l'abbaye
- la Mère Poulard, restauratrice (voir ci-dessous)

Gastronomie locale

Le mont Saint-Michel se situe à l'embouchure du Couesnon. Côté terre, des aménagements de digues déjà anciens ont permis jusqu'à aujourd'hui de gagner sur la mer des terrains consacrés à l'agriculture et à l'élevage (dont celui des ovins, qualifiés de moutons de pré-salé). Le mouton ou l’agneau de pré-salé est ainsi une spécialité locale, à déguster de préférence grillé au feu de bois. Une grande activité médiatique, à laquelle a participé de facto le dessinateur Christophe avec sa famille Fenouillard entoure la préparation de l’omelette de la mère Poulard (du nom du restaurant situé dans le village et réputé pour cette spécialité). Celle-ci est faite d'œufs et de crème fraîche, abondamment battus en neige dans une bassine de cuivre avec un long fouet sur un rythme spécial que peuvent entendre les passants avant d’être cuite dans une poêle de cuivre sur un feu de bois.

Notes et références

Galerie de photographies

Image:France-Mont-Saint-Michel-1900 bordercropped.jpg Image:Mont-Saint-Michel-2004.jpg Image:200506 - Mont Saint-Michel 01.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 02.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 06.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 07.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 10.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 12.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 20 - Street.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 27 - Street.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 30 - Ramparts.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 31 - Ramparts.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 33 - Ramparts.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 35.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 40 - Statue Saint-Michel.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 42.JPG Image:200506 - Mont Saint-Michel 50 - Maquette.JPG Image:cloister.jpg Image:200506 - Mont Saint-Michel 60 - Prés salés.JPG Image:Mont-saint-michel by night.jpg Image:Mont st michel aerial.jpg Image:Mont-Saint-Michel depuis la mer.jpg| La face cachée du Mont Image:MontSaintMichel-1998-0223.jpg|Ombre portée à marée basse

Voir aussi

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