La Réunion

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La Réunion est une île de formation volcanique de l’océan Indien dans l’archipel des Mascareignes. Elle se situe à environ 700 km à l’est de Madagascar et à 200 km au sud-ouest de l’île Maurice. Inhabitée jusqu’en 1665, cette actuelle région ultrapériphérique de l’Union européenne de 2 512 km² compte aujourd’hui, trois siècles et demi plus tard, près de 800 000 habitants, d’origines européennes, malgaches, africaines et asiatiques
La Réunion

La Réunion est une île de formation volcanique de l’océan Indien dans l’archipel des Mascareignes. Elle se situe à environ 700 km à l’est de Madagascar et à 200 km au sud-ouest de l’île Maurice. Inhabitée jusqu’en 1665, cette actuelle région ultrapériphérique de l’Union européenne de 2 512 km² compte aujourd’hui, trois siècles et demi plus tard, près de 800 000 habitants, d’origines européennes, malgaches, africaines et asiatiques, souvent très métissées. La Réunion est à la fois une région d'outre-mer et un département d’outre-mer (numéro 974) français. Elle connaît une croissance économique dynamique, mais structurellement fragile et encore insuffisante face à un taux de chômage qui a été supérieur à 30% jusqu’en . Surnommée l’« île intense » suite à un slogan inventé par l’Office de tourisme, La Réunion offre des paysages naturels aux reliefs impressionnants et une diversité culturelle, qui constituent ses principaux atouts touristiques. Ses habitants sont appelés les Réunionnais(es).

Histoire

La Réunion est une des seules îles de la région dont les premiers habitants aient été des Européens. En effet, l’île était totalement inhabitée avant d’être découverte par des navires européens en route vers les Indes. Si l’on date sa découverte à 1500, il faut savoir que des explorateurs arabes semblent l’avoir déjà repérée avant. Un navigateur portugais, Diogo Dias, y aurait débarqué en juillet 1500. Un autre navigateur portugais, Pedro de Mascarenhas y débarque le 9 février 1512 Pasfield Oliver éditeur, The voyage of François Leguat, of Bresse, to Rodriguez, Mauritius, Java, and the Cape of Good Hope, volume 2, page 311 ou 1513Henry Smith Williams éditeur, The Historians' History of the World, New York, 1904, Volume X, page 486 , jour de la Sainte-Apolline, alors qu’il est sur la route de Goa. L’île apparaît ensuite sur des cartes portugaises sous le nom de Santa Apolonia. Vers 1520, La Réunion, Maurice et Rodrigues sont appelées archipel des Mascareignes, du nom de Mascarenhas. Aujourd’hui, ces trois îles sont couramment appelées les Mascareignes. Au début du , l’île est une escale sur la route des Indes pour les bateaux anglais et néerlandais. Le 23 mars 1613, l’amiral néerlandais Pieter Willemsz Verhoeff (Pierre-Guillaume Veruff), de retour de Java, fait escale à La Réunion et baptise l’île encore inhabitée England's forest. Les Français y ont ensuite débarqué pour en prendre possession au nom du roi en 1642 et l’ont baptisée île Bourbon, du nom de la famille royale. En 1646, douze mutins chassés de Madagascar sont abandonnés à La Réunion. D’autres personnes viennent la peupler en 1665. Françoise Chatelain de Cressy est arrivée pendant cette période et est à l’origine de plusieurs familles connues de Bourbon. À partir de 1715, l’île connaît un important essor économique avec le développement de la culture et de l’exportation du café. Cette culture, malheureusement, a été à l’origine du développement considérable de l’esclavage dans la colonie. Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais, gouverneur de l’île de 1735 à 1745, a apporté une dimension stratégique au développement de l’île, devenue pourvoyeuse en vivres de l’île de France (aujourd’hui île Maurice) et de la flotte française engagée dans la guerre franco-anglaise des Indes. Citons également le rôle de l’intendant Pierre Poivre (1719-1786), qui a considérablement enrichi la flore locale et diversifié les ressources agricoles par l'introduction de très nombreuses espèces tropicales, et notamment le girofle et la noix de muscade dont le commerce fut florissant au et début du . Le 15 mars 1793, pendant la Révolution, son nom devient « île de La Réunion » en hommage à la réunion des fédérés de Marseille et des gardes nationaux parisiens, lors de la marche sur le palais des Tuileries, la journée du 10 août 1792, et pour effacer le nom de la dynastie des Bourbons, sur le site de l’Assemblée nationale.. Le 26 septembre 1806, l’île prend le nom de Bonaparte et se retrouve en première ligne dans le conflit franco-anglais pour le contrôle de l’océan Indien. Pendant les guerres napoléoniennes, en 1810 l’île passe sous domination britannique, puis est rétrocédée aux Français lors du traité de Paris en 1814. Après les catastrophes climatiques de 1806-1807 (cyclones, inondations), la culture du café décline rapidement pour se voir substituer la culture de la canne à sucre, dont la demande métropolitaine augmente, du fait de la perte, par la France, de Saint-Domingue, et bientôt de l’île de France (Maurice). Du fait de son cycle de croissance, la canne à sucre est en effet insensible à l’effet des cyclones. Survenue en 1841, la découverte d’Edmond Albius sur la pollinisation manuelle des fleurs de la vanille permet bientôt à l’île de devenir le premier producteur mondial de vanille. Essor également de la culture du géranium dont l’essence est très utilisée en parfumerie. De 1838 à 1841, le contre-amiral Anne Chrétien Louis de Hell est gouverneur de l’île. Un changement profond de la société et des mentalités liés aux événements des dix dernières années conduisent le gouverneur à saisir le Conseil colonial de trois projets d’émancipation. Le 20 décembre 1848, l’abolition de l’esclavage est finalement proclamée par Sarda Garriga (le 20 décembre est un jour férié à La Réunion). Louis Henri Hubert Delisle devient son premier gouverneur créole le 8 août 1852 et reste à ce poste jusqu’au 8 janvier 1858. L’Europe a de plus en plus recours à la betterave pour remplir ses besoins en sucre. Malgré sa politique d’aménagement et le recours à l’engagisme, la crise économique couve et devient patente à compter des années 1870. Par la suite, le percement du canal de Suez conduit le trafic marchand à s’éloigner de l’île. Cette dépression économique n’empêche toutefois pas la modernisation de l’île, avec le développement du réseau routier, la création du chemin de fer, la réalisation du port artificiel de la Pointe des Galets. Ces grands chantiers offrent une alternative bienvenue aux travailleurs agricoles. La seconde moitié du voit la population réunionnaise évoluer, par l’arrivée massive d’engagés indiens dont une partie s’installe définitivement dans l’île, et par la libération de l’immigration en 1862. De nombreux chinois et musulmans indiens s’installent alors, et forment deux importantes communautés qui participent à la diversification ethnique et culturelle. À partir de la fin du , les sources d’engagements se tarissent peu à peu. Nombre de propriétaires terriens louent alors leurs terres (pratique du colonage), d’où l’émergence d’une population de travailleurs agricoles indépendants. La participation de la Réunion à la guerre de 1914-1918 se traduit par l’envoi de nombreux Réunionnais aux combats dans la métropole et sur le front grec. L’aviateur Roland Garros se couvre de gloire et meurt en plein ciel en 1918. L’amiral Lucien Lacaze est nommé ministre de la Marine puis ministre de la Guerre de 1915 à 1917. La guerre a des conséquences économique favorables pour la Réunion : la production de sucre augmente fortement et les cours grimpent, la métropole étant privée de ses terres betteravières, théâtre des combats. Pendant l’entre-deux-guerres, la modernisation se poursuit : l’électricité apparaît dans les foyers aisés, et assure l’éclairage public de Saint-Denis. Le télégraphe (1923) et la radio (1926) mettent les réunionnais en contact avec le monde. En 1939, 1500 foyers privilégiés sont abonnés au téléphone. On voit apparaître automobiles et avions. L’industrie sucrière se concentre et les sociétés anonymes se substituent aux exploitants individuels de sucreries. Ces progrès profitent essentiellement aux foyers de propriétaires terriens, d’industriels, de cadres, de gros commerçants, et la masse de la population demeure pauvre. Autre évolution importante de l’entre-deux-guerres : la mortalité baisse et la natalité, très forte, augmente, d’où une croissance exponentielle de la population, croissance qui se poursuit de nos jours. La seconde guerre mondiale est une épreuve très dure : bien que la Réunion soit épargnée par les combats, elle souffre terriblement de l’arrêt quasi total de ses approvisionnements. Le 30 novembre 1942, la Réunion passe du régime vichyste à celui de la France libre. Le , La Réunion devient un département d’outre-mer français puis, en 1997, l’une des sept régions ultrapériphériques de l’Union européenne. À la départementalisation, la Réunion est en ruines. Mais la métropole est amenée à consentir de gros efforts pour la reconstruction de l’économie et le progrès social. L’instruction obligatoire constitue un progrès décisif. La mise en place, avec un léger décalage, du système de sécurité sociale hexagonal apporte un mieux être considérable. Au début des années cinquante, le paludisme, fléau sanitaire majeur depuis un siècle, est éradiqué. Le nombre de lits d’hôpital triple en dix ans. Il s’ensuit une amélioration importante de la santé publique, une chute considérable de la mortalité… et une augmentation galopante de la population, la natalité culminant à un niveau record proche de 50 pour mille. Dès la fin de la guerre, des liaisons aériennes régulières mettent la Réunion à trois journées seulement de la métropole. Autre conséquence de la départementalisation : une augmentation considérable du nombre de fonctionnaires, bien rémunérés, qui génèrent un flux commercial nouveau provoquant l’émergence d’une classe moyenne vivant du commerce, d’activités libérales et de fonctions d’encadrement. L’élection de Michel Debré à la députation, en 1962, apporte un atout considérable au développement, du fait de la dimension du personnage et de son poids politique en métropole. Dans les années 1970 et 80, la Réunion accède vraiment à la modernité. Une université apparaît et se développe, ainsi que l’enseignement technique. La télévision supplante la radio. Les commerçants abandonnent leurs "boutiques chinois' et "bazar zarabs" pour créer supérettes et supermarchés. Le tourisme commence à se développer. Le réseau routier se densifie et de modernise, mais le parc automobile évolue plus rapidement encore ! L’habitat s’améliore, et la construction de logements, dopée par des avantages fiscaux spécifiques aux DOM, est très active. L’économie change. Dans l’agriculture, les cultures maraîchères et fruitières, l’élevage se développent pour satisfaire les besoins d’une population qui augmente et consomme. La canne à sucre, toutefois, maintient son rang de première production agricole. Le BTP se porte bien. Mais c’est désormais le secteur tertiaire qui tire l’économie : commerce, services, et, de plus en plus, tourisme. Aujourd’hui, le tourisme est la première activité de l’Île, avec la construction.

Politique

Les partis politiques réunionnais sont à peu de choses près les filiales ou les homologues de ceux de métropole, Le PCR (Parti communiste réunionnais) a néanmoins quelques revendications autonomistes ; on trouve le même reflet pour les organisations syndicales. La vie politique, comme les mouvements revendicatifs, est étroitement déterminée par les échéances, les mesures gouvernementales et les mobilisations de la métropole.

Administration

La Réunion est une région administrative française composée, à l’image des autres régions d’outre-mer, d’un département unique. Le conseil général, le conseil régional et le préfet siègent au chef-lieu Saint-Denis de La Réunion. Il a été question plus pour des raisons de tactique électorale que d’efficacité dans l’organisation administrative de scinder l’île en deux départements : voir Bidépartementalisation. La Réunion est une base accueillant les infrastructures du Frenchelon et de l’ensemble mobile écoute et recherche automatique des émissions. Comme Mayotte, l’île est membre de la Commission de l'océan Indien.

Le drapeau

Blason de la Réunion Alors que la période féodale a installé de nombreux drapeaux et blasons en France métropolitaine, La Réunion n’a jamais possédé de drapeau officiel autre que celui de la nation. Cependant un blason a été créé pour l’île par l’ancien gouverneur, Merwart, à l’occasion de l’exposition coloniale de 1925, organisée à Petite-île. Merwart, membre de la Société des Sciences et Arts à voulu rassembler toute l’histoire de l’île sur ce blason. Sa devise « Florebo quocumque ferar » est celle de la Compagnie des Indes Orientales et signifie « Je fleurirai partout où je serai portée ». La frise en lianes de vanille honore une culture alors florissante. En haut à gauche : l’île vierge. "M M M" est un chiffre romain qui rappelle l’altitude des plus hauts sommets. En haut à droite : Le navire le Saint-Alexis qui assura la première prise de possession de l’île. En bas à gauche : Les fleurs de lis de l’époque royale. En bas à droite : Les abeilles impériales. Au centre le drapeau républicain français. Drapeau non-officiel de La Réunion En 2003, les Réunionnais ont été invités à proposer un drapeau et celui-ci a été sélectionné par l’Association réunionnaise de vexillologie. Il représente physiquement le volcan du Piton de la Fournaise sur un fond azur et les rayons du soleil. De plus, il symbolise l’arrivée des populations qui ont convergé vers l’île au cours des siècles. On note une certaine ressemblance avec le logo de la région de La Réunion qui montre aussi le soleil derrière le Piton de la Fournaise. Notez qu’il n’a qu’une valeur d’identité régionale et ne remplace pas le drapeau tricolore français.

Géographie

Photo satellite de l’île de La Réunion La Réunion est une île volcanique de l’océan Indien. Elle est née, il y a quelques 2 millions d’années, avec l’émergence d’un massif montagneux culminant au piton des Neiges qui est, avec une altitude de , le sommet le plus élevé des Mascareignes et de l’océan Indien (mesure GPS effectuée en mai 2003 par l’Ordre des géomètres experts de La Réunion). Ce massif forme la partie ouest de l’île, alors que l’est est constitué d’un volcan bien plus récent, à peine vieux de s, l’un des plus actifs de la planète: le Piton de la Fournaise. Le massif ancien, dont les volcans sont actuellement inactifs, abrite trois vastes cirques : les cirques de Salazie, Mafate et Cilaos, creusés par l’érosion. Le massif ancien est séparé du massif de la Fournaise par une trouée formée de la plaine des Palmistes et de la plaine des Cafres, voie de passage entre le nord et le sud de l’île. L’érosion a donné à ces formations volcaniques des reliefs abrupts, des à pics vertigineux, des canyons, de multiples cascades, qui donnent à l’île une grande beauté et l’a faite surnommer « l’île à grand spectacle ». La magnificence des paysages est accrue par la diversité des végétations qui prospèrent dans ces sites. La partie émergée de l’île ne représente qu’un faible pourcentage (environ 3%) de la montagne sous-marine qui la forme. Le climat est tropical, tempéré par l’influence océanique. Températures variant de 20°C (août) à 30°C (janvier). Fortes précipitations au nord et à l’est, climat plus sec à l’ouest et au sud. Prédominance de vents d’alizés. Cyclones (janvier-mars) parfois dévastateurs, avec vents dépassant 200 km/h et précipitations diluviennes.

Environnement

L’île de La Réunion possède une faune et une flore variées, mais contrairement à la Guyane française, on n’y trouve aucun grand mammifère sauvage (jaguar ou autres fauves par exemple). En revanche, de nombreuses espèces endémiques y sont répertoriées. Souvent menacées par l’expansion de l’urbanisme, elles font l’objet de plans de sauvegarde.
- Parc national de la Réunion
- Parc marin de la Réunion

Faune

- Faune sous-marine : voir le Photo-guide naturaliste sous-marin du lagon de la Réunion
- Oiseaux : voir la liste des espèces d'oiseaux de la Réunion

Flore

L’île de La Réunion a la particularité de présenter une flore très variée. En effet on recense plus de 1 000 espèces de plantes sur l’île de la Réunion. Les différentes migrations y ont largement contribué au fil des siècles. La réserve naturelle de Saint-Philippe Mare-Longue est l’une des dernières forêts primaires mégathermes hygrophiles de basse altitude de l’archipel des Mascareignes. Voir aussi la liste des arbres et arbustes indigènes de la Réunion par nom scientifique

Transport

Dans l’île

L’île de La Réunion comptait en 2004 près de 300 000 véhicules particuliers, soit environ une voiture pour deux habitants. Malgré l’importance du parc automobile, l’équipement des ménages reste sensiblement inférieur à celui de la France métropolitaine. On estime qu’à l’horizon 2020, le parc automobile à La Réunion pourrait atteindre environ 500 000 véhicules, pour un niveau d’équipement des ménages proche de celui de la France métropolitaine en 1999. La topographie montagneuse, le développement urbain, la concentration des activités humaines sur le littoral font du réseau routier un sujet de préoccupation constant pour le développement économique de l’ensemble de l’île. À l’initiative du conseil régional et avec le concours de l’État et de l’Union européenne deux projets d’envergure ont été lancés en 2005 pour un montant estimé à plus de deux milliards d’euros, la route des Tamarins, axe autoroutier transversal reliant à mi-hauteur le nord au sud, et le Tram-Train pour définitivement sécuriser et désengorger la liaison nord-ouest du chef-lieu.

Aéroports

L’île de La Réunion dispose de deux aéroports internationaux :
- l’aéroport Roland-Garros, le plus grand, est situé à Sainte-Marie près de Saint-Denis, au nord de l’île ;
- l’aéroport de Pierrefonds situé à Saint-Pierre, dans le sud, n’a pour l’heure qu’une capacité limitée à la fonction de navette vers l’aéroport principal et d’aérogare pour les vols insulaires régionaux, en direction de l’île Maurice notamment.

Économie

Champs de canne à sucre dans l’est de l’île|180px|left|thumb La Réunion connaît un fort développement économique depuis une dizaine d’années, avec un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 5% par an, double de celui de la métropole, ce qui la met en tête des régions françaises, outremer compris (source : INSEE Réunion). La croissance est principalement due à l’importance des investissements et des créations d’entreprises. Les revenus du tourisme constituent la première ressource économique de La Réunion, devant ceux tirés de la production et de la transformation de la canne à sucre, à l’origine du développement de grands groupes réunionnais comme Groupe Bourbon, grande compagnie internationale cotée en bourse mais basée aujourd’hui hors de l’île et ayant abandonné le secteur sucrier, ou Quartier Français. Avec la diminution des subventions, cette culture est menacée. Aussi, le développement de la pêche dans les Terres australes et antarctiques françaises apparaît comme la bienvenue. Le secteur tertiaire notamment commercial est de loin le plus développé, l’import-distribution ayant pris un essor notable au milieu des années 1980 au fil de contrats d’affiliation et de franchise avec des groupes métropolitains. L’arrivée de la distribution franchisée a transformé l’appareil commercial historiquement caractérisé par une dissémination géographique de petites unités de type épiceries; les rares "boutiques chinois" encore en activité sont confinées dans les villages à mi-hauteur et, comme vestiges d’une époque révolue, ils ont plutôt un attrait touristique et pédagogique même s’ils gardent un rôle de dépannage. Malgré un dynamisme économique certain, l’île ne parvient pas à résorber son important chômage, qui s’explique notamment par une croissance démographique très forte. De nombreux Réunionnais sont obligés d’émigrer en métropole pour leurs études et/ou pour trouver du travail. La population de La Réunion est composée de populations issues de Madagascar, de l’est de l’Afrique continentale (les Cafres), de l'ouest et du sud-est de l’Inde, le Gujarat (les Zarabes) et le Tamil Nadu (les Malbars) ainsi que du sud de la Chine notamment de Guangzhou (Canton) et bien sûr d’Europe, toutes arrivées dans l’île au cours des différentes phases de la colonisation et du développement de l’île. Les premiers colons, au , sont des européens, essentiellement des français, accompagnés parfois d’épouses malgaches et de serviteurs du même pays (on ne peut pas encore les désigner comme esclaves). À partir de l’essor de la culture du café (1718), le recours à l’esclavage s’intensifie et draine vers l’île Bourbon des flux considérables d’asservis venus essentiellement de Madagascar et d’Afrique orientale, mais également d’Inde, de Malaisie… Les esclaves constituent les trois quarts de la population à la fin du . Au début du , l’esclavage est contesté, tant du point de vue moral que du point de vue de l’efficacité économique, et il apparaît un faible courant d’immigration d’engagés (travailleurs « libres » qui s’engagent à travailler un certain nombre d’années chez un maître). Après l’abolition de l’esclavage, en décembre 1848, les exploitants se tournent vers l’engagement, qui apporte un flux important de travailleurs venus d’Inde (essentiellement de la côte de Coromandel, précisément du Tamil Nadu, au sud-est du sous-continent, et non de la côte de Malabar, au sud-ouest d’où l’on a tiré par erreur l’appellation locale "malbars" désignant ce groupe ethnique), de Madagascar, d’Asie du Sud-Est, de Chine… En outre, la fin du voit arriver de la province de Guangdong des paysans cantonnais qui, fuyant la pauvreté et plus tard les bombardements japonais, œuvrent d’abord dans l’agriculture avant de s’installer dans le commerce de détail. Toutes ces communautés ont tendance à se fondre dans un creuset, dont résulte un métissage qui fait émerger un type "créole", et également une culture créole ... La période esclavagiste a constitué une époque de racisme exacerbé, et d’antagonisme fort entre communautés. Les préjugés raciaux sont restés vivaces jusqu’après la deuxième guerre mondiale. La population réunionnaise s’est alors rapidement transformée, avec la généralisation de l’éducation, la démocratisation résultant de la départementalisation, le progrès économique qui a profité aux membres des diverses communautés, a fait émerger de nouveaux secteurs d’activité profitables aux diverses communautés, a complètement changé l’échelle sociale. Un métissage accru fait que l’on distingue de moins en moins les ethnies. Une population surtout, au sein de laquelle les préjugés raciaux ont pratiquement disparu. Si La Réunion constitue un modèle pour l’harmonie ethnique, les disparités demeurent fortes au plan des revenus, de la formation, des patrimoines. Si les travailleurs indépendants et les salariés disposent de revenus corrects, voire confortables, la masse des chômeurs (30%, et 50 % chez les jeunes), des RMIstes (plus de , 8% de la population) constitue le problème majeur auquel est confronté l’île. L’émigration, bien qu’active, ne peut à elle seule résoudre le problème. La croissance économique forte n’a qu’un effet limité en termes de baisse du chômage. Daniel Vaxelaire, journaliste, historien, écrivain, auteur de différents ouvrages sur La Réunion, explique dans son Histoire de la Réunion des origines à 1848, que le métissage est l’un des traits caractéristiques de l’île, dès l’arrivée des premiers colons. Ceux-ci ont en effet épousé peu après leur installation dans l’île, des femmes venues de Madagascar et des métisses indo-portugaises, avec lesquelles ils ont conçu les premiers enfants nés à La Réunion. Ainsi donc, les premiers enfants nés sur cette île verte et non habitée étaient déjà métis. Ce métissage précoce a probablement permis d’atténuer plus rapidement les douleurs de la période esclavagiste, qui s’est achevée le 20 décembre 1848 à La Réunion, une date fériée depuis 1981, commémorée localement sous l’appellation Fêt Kaf (« Fête des Cafres »).

Culture - Personnalités

L’île a vu naître de nombreux poètes, parmi lesquels Léon Dierx, Leconte de Lisle, Auguste Lacaussade, Évariste de Parny et Antoine Bertin. A-t-elle inspiré Charles Baudelaire, "À une Dame Créole", "À une Malbaraise", ou est-ce l’île Maurice que le poète a plus longuement visitée lors de son séjour dans l’archipel. Ce qui est sûr c’est que La Réunion compte un prix Goncourt en la personne ou plutôt en les personnes de Georges Athénas et d’Aimé Merlo, deux cousins critiques d’art et diplômés de la Sorbonne qui écrivaient à quatre mains sous le pseudonyme Marius et Ary Leblond: ils reçurent le célèbre prix en 1909 pour leur roman "En France". À propos de roman, rappelons que l’un des romanciers les plus en vue en ce début de , Michel Houellebecq, est né dans l’île en février 1958. Pour ceux qui croiraient encore que Roland Garros fut un grand tennisman français, est-il bon de rappeler qu’il a été un aviateur réunionnais héros de la Première Guerre mondiale et qu’il fut par ailleurs cycliste émérite; l’aéroport international de l’île porte aujourd’hui son nom. L’île compte un autre héros, plus exactement une héroïne en la personne de Juliette Dodu, qui, fait rare, reçut à la fois la légion d’honneur et la médaille militaire pour ces actes de courage en tant que télégraphiste ingénieuse pendant la guerre de 1870. La Réunion est également la terre natale de Raymond Barre professeur d’économie politique et Premier ministre de la France de 1976 à 1981 décédé le 25 août 2007 à Paris. Il fut aussi le maire de Lyon de 1995 à 2001. Ajoutons à cette liste de célébrités les noms d’Ambroise Vollard (1866-1939), célèbre collectionneur et marchand de tableaux qui a fait beaucoup pour le succès des peintres impressionnistes et fauvistes, Jean d'Esme (1893-1966), journaliste, romancier et metteur en scène réalisateur de six grands films de 1925 à 1939, initiateur de la loi française sur la propriété littéraire et de la couverture sociale pour les écrivains, Blanche Pierson (1842-1919), une des plus grandes comédiennes de son temps... et encore Joseph Bédier (1864-1938) médiéviste à qui l’on doit l’écriture moderne du Roman de Tristan et Yseult, l’amiral Lacaze (1860-1955), ministre de la Guerre pendant la Première Guerre mondiale, François-Gédéon Bailly de Monthyon (1776-1850), général d’Empire, chef d’état-major de la Grande Armée de Napoléon…

Langue

La langue officielle est le français, même si la langue vernaculaire est le créole réunionnais qui est une langue à part entière, structurée sur le français dominant mais née des concessions langagières des divers peuples migrants pour se comprendre. La langue réunionnaise aura été le premier vecteur de l’unité de cette population multiculturelle.

Religion

Du fait des différentes origines de la population réunionnaise, les principales religions pratiquées dans l’île sont le christianisme (essentiellement catholique romain, mais aussi protestant), l’hindouisme (tamouls), l’islam majoritairement sunnite et le judaïsme. La communauté chinoise vénérant pour sa part le héros guerrier devenu dieu, Guan Di. Longtemps ombragés par la religion officielle, les autres cultes s’épanouissent aujourd’hui dans une pleine légitimité, scellant l’attachement du peuple à ses racines lointaines et parachevant l’identité plurielle de la société réunionnaise; diverses manifestations spirituelles jalonnent aujourd’hui l’année civile, Dipavali, Noël, Ramadan, Pandialé, Carême, commémorations sacrificielles du mouton et du cabri, les saints du Vatican et les panthéons de l’Orient cohabitent dans un œcuménisme exemplaire pour cette île aux multiples jours de l’An.

Médias

Les radios libres existent dans l’île depuis 1981, la première à avoir diffusé sur la bande FM, étant Radio Détente sur les hauteurs de la Bretagne (Saint-Denis). Viendra ensuite le 14 juillet 1981 Radio Freedom et depuis on compte plus de 45 radios privées qui émettent pour certaines d’entre-elles sur l’ensemble de l’île.

Musique

Le maloya est un style de musique typique de l’île. De là découlent le maloya électrique, le sega et le rap créole, malogué (mélange de reggae et de maloya) et le ragga créole. Le maloya a très longtemps été ignoré et peu exprimé. Cette musique était dérangeante, car elle rappelait trop la période d’esclavagisme qu’avait connue l’île de La Réunion. En effet le maloya est né pendant la période de l’esclavage. Comme le blues aux États-Unis, ce sont les travailleurs noirs, qui le soir après le travail, ont commencé à chanter en s’accompagnant en tapant sur des bambous, en agitant des graines dans des courges sèches (« calebasses »), en faisant vibrer un fil de fer tendu comme un arc. Ces instruments ont évolué principalement vers des "rouler" et des "cayamb". Le maloya se danse généralement en rond autour d’un feu. Les danseurs s’évertuent à trouver le déhanchement le plus expressif, tout en reprenant à tue tête chaque phrase du chanteur du groupe. Le séga, est une musique plus « de salon ». Il se danse généralement en couple. Les instruments sont plus traditionnels d’une Réunion colonisée : accordéon, harmonica, batterie, guitare, saxophone… Parmi les groupes musicaux emblématiques de La Réunion, on peut citer : Groupe Folklorique de La Réunion, Kalou Pilé, Baster, Ousanousava, Ziskakan, Pat' Jaunes, Danyèl Waro, Tisours, etc. On peut citer également, l’un des plus grands chanteur de maloya: Lo Rwa Kaf. Né à Sainte-Suzanne, il est l’un des premiers à avoir chanté le maloya. À sa mort en 2004, il y eut énormément de personnes présentes pour ses obsèques.

Littérature

;Auteurs :
- Antoine Bertin
- Eugène Dayot (1810-1852)
- Boris Gamaleya
- Evariste de Parny
- Charles Marie René Leconte de Lisle 1818 - 1894
- Jean-Baptiste de Lescouble (1776-1838)
- Auguste Lacaussade (1815-1897)
- Léon Dierx (1839-1912)
- Joseph Bédier (1864 - 1936 )
- Jean d'Esme1893 - 1966 ;Auteurs contemporains:
- Yves Manglou (1943-)
- Daniel Vaxelaire
- Axel Gauvin
- Jean-François Samlong
- Carpanin Marimoutou
- Michel Houellebecq

Codifications

La Réunion a pour codes :
- selon le code alpha 2 des codes ISO 3166-1 : RE
- .re est le nom de domaine de premier niveau sur Internet.

Voir aussi

Notes et références

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