Joseph Fouché

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Joseph Fouché Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est un homme politique français né le 21 mai 1759 au Pellerin près de Nantes (Loire-Atlantique) et mort le 26 décembre 1820 à Trieste.
Joseph Fouché

Joseph Fouché Joseph Fouché, dit Fouché de Nantes, duc d'Otrante, comte Fouché, est un homme politique français né le 21 mai 1759 au Pellerin près de Nantes (Loire-Atlantique) et mort le 26 décembre 1820 à Trieste.

Biographie

Il était préfet des études chez les Oratoriens de Nantes lorsqu'éclata la Révolution française. Il en embrassa la cause avec ardeur, et fut élu député en 1792 par la ville de Nantes à la Convention, où il fit partie du comité de l'instruction publique. Il fit partie du parti des Girondins avant de voter la mort de Louis XVI et de basculer sur les bancs des Montagnards. Dans la Nièvre et la Côte-d'Or en 1793, il fut l'animateur du mouvement de déchristianisation et de la répression anti-nobiliaire. Avec Collot d'Herbois, il fut nommé par la Convention pour réprimer l'insurrection lyonnaise et y fit régner la terreur. Il fut chargé de faire exécuter le décret qui ordonnait la destruction de cette ville et eut part aux cruautés qui furent commises alors : à cette occasion, il gagne le surnom de « mitrailleur de Lyon », pour avoir substitué à la guillotine jugée trop lente l'exécution de masse des insurgés par la mitraille (des canons tiraient sur des groupes de plusieurs dizaines de condamnés). Rappelé à Paris le 7 germinal (27 mars 1794) à la demande de Robespierre malgré la protection de Billaud-Varenne, il réintégra la Convention le 17 germinal (8 avril), qui renvoya son rapport au comité de salut public. À son retour, il eut une entrevue avec l'Incorruptible : Mon frère lui demanda compte du sang qu'il avait fait couler et lui reprocha sa conduite avec une telle énergie d'expression que Fouché était pâle et tremblant. Il balbutia quelques excuses et rejeta les mesures cruelles qu'il avait prises sur la dureté des circonstances. Robespierre lui répondit que rien ne pouvait justifier les cruautés dont il s'était rendu coupable ; que Lyon, il est vrai, avait été en insurrection contre la Convention nationale, mais que ce n'était pas une raison pour faire mitrailler en masse des ennemis désarmésCharlotte Robespierre, Mémoires, rééd. Paris, Nouveau Monde Éditions, 2006, p. 106.Charlotte Robespierre, Mémoires Par la suite, après le reflux de la Terreur, il chercha à rejeter la faute sur Collot d'Herbois. Se justifiant devant les Jacobins, il parvint à se faire élire à la présidence du club le 16 prairial (4 juin), en l'absence de l'Incorruptible. Toutefois, quand des délégations de Nevers et du Morvan vinrent l'accuser, celui-ci le dénonça. Chassé des Jacobins le 24 prairial (12 juin) à la demande de Robespierre, contre lequel il complotait dans l'ombre, il s'opposa à la réaction thermidorienne après le 9-Thermidor et se lia avec Gracchus Babeuf. Menacé après les insurrections du 12 germinal et du 1 prairial an III, il obtint la protection de Barras et bénéficia de l'amnistie de brumaire an IV. Discrédité, sans emploi, Fouché vécut quelque temps d'expédients. Chargé d'une mission dans les Pyrénées-Orientales pour la délimitation des frontières franco-espagnoles, il fut employé ensuite par le Directoire dans sa police secrète. Puis il fit des affaires avec les banquiers Ouvrard et Hainguerlot et obtint, grâce à Réal, une participation dans une compagnie de fournisseurs aux armées. Nommé le 11 vendémiaire an VII ( 1798) ministre plénipotentiaire près la République cisalpine, il fut remplacé dès le 26 frimaire (16 décembre) et dut de nouveau se cacher. Faisant sa réapparition après les élections de l'an VII, Barras le fit nommer ambassadeur auprès de la République batave le 16 messidor (4 juillet 1799). Il y préparait un coup d'État avec le général Brune quand il fut nommé ministre de la police le 2 thermidor (20 juillet) pour s'opposer à l'agitation jacobine et mettre fin à l'activité du club du Manège. Il déploya dans ce poste une grande activité ainsi qu'une sagacité rare, et rendit service à Napoléon Bonaparte lors du coup d'État du 18 brumaire an VIII (9 novembre 1799) ne prenant aucune mesure contre. Sans avoir confiance en sa probité, le premier Consul le maintint dans son poste et il conserva ainsi son portefeuille de ministre. Mais le 26 fructidor an X (13 septembre 1802), critiqué par Talleyrand, son ennemi de toujours, et les frères de Bonaparte, il fut congédié, le ministère fut dissous, conservant toutefois un rôle dans l'arrestation de Pichegru, Moreau et du duc d'Enghien. À titre de compensation, Napoléon lui offrit un siège au Sénat (Sénatorie d'Aix) et un million deux cent mille francs de gratification. Il redevint ministre de la police en juillet 1804 et le resta jusqu'en juin 1810. Comte d'Empire en 1808, duc d'Otrante en 1809, il fut à nouveau disgracié pour avoir essayé de soumettre des propos de paix avec l'Angleterre auprès du ministre Arthur Wellesley. À la faveur d'un retour en grâce et après la campagne de Russie, il fut nommé gouverneur des Provinces illyriennes en 1813, poste fort difficile. Une fois dans les Provinces, il y montre de la modération, il y plaide pour l'abolition totale du servage, joue pleinement son rôle de gouverneur en organisant des réceptions pour les notables locaux, et en s'intéressant aux problèmes de la population. Il ne s'enfuit de Laybach (aujourd'hui Ljubljana) que quelques jours avant l'arrivée des Autrichiens pour continuer à faire croire à la population qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Il trahit de nouveau l'Empereur avec Joachim Murat en 1814, et se trouva à Paris pour offrir au comte d'Artois (le futur Charles X) la lieutenance générale du royaume après la défaite impériale. Il fut nommé à nouveau ministre de la police pendant les Cent-Jours. Après la défaite de Waterloo, il devint président du gouvernement provisoire, et négocia avec les puissances alliées. Le 9 juillet 1815, il devient ministre de Louis XVIII. Ce dernier le nomma, pour l'éloigner, ambassadeur à Dresde. Ensuite, je me rendis chez Sa Majesté : introduit dans une des chambres qui précédaient celle du roi, je ne trouvai personne ; je m'assis dans un coin et j'attendis. Tout à coup une porte s'ouvre: entre silencieusement le vice appuyé sur le bras du crime, M. de Talleyrand marchant soutenu par M. Fouché ; la vision infernale passe lentement devant moi, pénètre dans le cabinet du roi et disparaît. Fouché venait jurer foi et hommage à son seigneur ; le féal régicide, à genoux, mît les mains qui firent tomber la tête de Louis XVI entre les mains du frère du roi martyr ; l'évêque apostat fut caution du serment. François-René de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-tombe Frappé par l'ordonnance du 12 janvier 1816, comme ayant voté la mort de Louis XVI, il fut proscrit et exilé en tant que régicide. Il mourut en exil à Trieste en 1820, assisté par le prince Jérome Bonaparte, qui, sous ses ordres et sa surveillance, brûla, durant cinq heures, tous ses papiers. Ainsi disparaissait sans doute l'histoire secrète du Directoire, du Consulat et du Premier Empire. Ses cendres ne reviendront en France qu'en 1875 pour être déposées au cimetière de Ferrières-en-Brie. On a fait paraître sous son nom en 1824 des Mémoires d'un certain intérêt au plan historique qui ont été déclarés apocryphes par sa famille qui, protégée par Bernadotte, deviendra suédoise (seul titre ducal de Suède) Mais, suite aux travaux de Louis Madelin, André Castelot considère que ces 'mémoires' sont bien de la main de Joseph Fouché.

Ministères

-Ministère de la police (20 juillet 1799 - 13 septembre 1802 ; 10 juillet 1804 - 3 juin 1810 ; 20 mars - 22 juin 1815 ; 7 juillet - 26 septembre 1815)
-Ministère de l'Intérieur (29 juin - 1809)

Descendance de Joseph Fouché

Joseph Fouché épousa Bonne-Jeanne Coignaud (1792). De cette union naquit :
- Nièvre Fouché (1793-1794)
- Joseph-Liberté Fouché (1796-1862) 2 duc d'Otrante
- Armand Fouché (1800-1878), 3 duc d'Otrante
- Athanase Fouché (1801-1886), 4 duc d'Otrante.
- Joséphine-Ludmille Fouché (1803 - 1893 ) De sa descendance est issue Virginie Coupérie mariée en 1985 au chanteur Julien Clerc Veuf, Joseph Fouché épousera en 1818, Gabrielle-Ernestine de Castellane. Aucun enfant ne naîtra de cette union. ==
Sujets connexes
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