Islam

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L'islam est une religion monothéiste (croyance en un seul Dieu transcendant ; le panthéisme, immanence de Dieu, est considéré comme étant shirk), chronologiquement le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques. Apparu en Arabie au , il se distingue du judaïsme et du christianisme avec lesquels il a néanmoins de nombreux éléments communs. Les fidèles sont appelés musulmans. L'islam a un livre sacré, le Coran, dont le
Islam

L'islam est une religion monothéiste (croyance en un seul Dieu transcendant ; le panthéisme, immanence de Dieu, est considéré comme étant shirk), chronologiquement le troisième grand courant monothéiste de la famille des religions abrahamiques. Apparu en Arabie au , il se distingue du judaïsme et du christianisme avec lesquels il a néanmoins de nombreux éléments communs. Les fidèles sont appelés musulmans. L'islam a un livre sacré, le Coran, dont le dogme assure qu'il a recueilli la révélation de Dieu au prophète Mahomet par l'intermédiaire de l'archange Gabriel. Les autres livres sacrés dans l'islam sont, par ordre chronologique, le Suhuf-i-Ibrahim (les Feuillets d'Abraham), la Tawrat (le Pentateuque ou la Torah), le Zabur (le Livre des Psaumes) et le Injil (les Évangiles ou le Nouveau Testament). Il y a entre 1 et 1, 8 milliard de musulmans dans le mondehttp://www.adherents.com/Religions_By_Adherents.html
-Islam. Ils se répartissent en plusieurs courants, notamment le sunnisme et le chiisme. C’est en Indonésie que vit la communauté musulmane la plus importante au monde.

Quelques définitions

- Le mot avec une minuscule désigne la religion qui est apparue au et dont le prophète fondateur est Mahomet.
- Le mot avec une majuscule désigne l'ensemble des peuples musulmans, la civilisation islamique dans son ensemble.
- Le mot désigne ce qui est relatif à la religion : les personnes professant l'islam et ce qui est relatif à ses lois et rites.
- Le mot renvoie à l'islam en tant que religion et en tant que civilisation.
- L'islamisation, ou islamisme, au premier sens du terme, est la domination politique d'un territoire par des musulmans. Dans le second sens de du terme, l'islamisation est à considérer comme étant la conversion des populations non-musulmanesle magazine L'Histoire n°spécial, n°278. Islam : soumission à Dieu (acceptation de Dieu comme créateur dans les religions monothéistes). Par ex : il est courant de dire (pour un Musulman) que les prophètes Moïse et Jésus étaient dans l'Islam (car ils étaient soumis).

Étymologie

Le mot est la translittération du mot arabe , transcrit , qui possède un équivalent en syriaque comme en hébreu mais pas en français. Il possède, comme de nombreux termes de cette religion, deux significations : une signification générale propre à la langue arabe, et une signification religieuse plus spécifique. En arabe, signifie volontaire, ou , sous-entendu . Il s'agit d'un nom d'action (en arabe ism fiʿl), dérivé d'une racine sémitique de trois consonnes, s.l.m; cette racine désigne l'acte de se soumettre d'une manière volontaire, de faire allégeance. Le “nom d'agent” (en arabe ism fāʿil, celui qui fait l'action) dérivé de cette racine est muslim « celui qui se soumet », à l'origine du mot français musulman. Enfin, la même racine s.l.m renvoie à la notion de « paix », comme on le voit dans la salutation salām, équivalent de l'hébreu shalom. On retrouve le terme muslim dans de nombreux versets évoquant la soumission comme par exemple la fin du verset 136 de la sourate 2 en arabe : Wa Naĥnu Lahu Muslimūna qui signifie « Et à Lui nous nous soumettons ». Pour la religion et donc selon les musulmans, islam désigne la soumission à ce que le Créateur des Mondes, Allah (Dieu), qui serait une contraction de l'arabe al-ilāh, « le Dieu » (cf. Allah) aurait ordonné et dont la parole aurait été transmise par les prophètes messagers, en arabe, nabī rasūl, qu'on glose par « à qui il est révélé d'appeler le peuple à suivre des lois qui lui ont été révélées et qui sont spécifiques au messager », et les prophètes non messagers, en arabe nabī, glosé par « à qui il est révélé d'appeler le peuple à suivre la loi du messager qui l'aura précédé ». C'est, en sorte, l'acceptation par le cœur, les actes et la parole de tout ce qui a été révélé et transmis. Ainsi, l'islam distingue :
- la croyance : ce que le cœur accepte et ce dont il se satisfait ;
- et la foi : le degré d'attachement aux croyances et aux actes spécifiques dictés par la religion.

Croyances

Définition

Le prophète a défini la croyance (ou la foi) par une parole qui signifie : « La foi (Iman) est que tu croies en Dieu, en Ses anges, en Ses livres, en Ses messagers et en le jour dernier et que tu croies à la prédestination du bien ou du mal »Tradition (hadith) rapporté par Mouslim dans son livre "As-sahih". Dans la jurisprudence religieuse, l'adhérant à l'islam est nommé mouslim (musulman) et l'adhérant à l'iman est nommé mou'min (croyant), sans pour autant faire de dissociation entre les deux car le sens de ces termes est jugé similaire. En effet, l'Imam Abou Hanifah (mort en 150/767) a explicité la position musulmane concernant le rapport entre l'iman et l'islam en ces paroles: « Ils sont comme le revers et le plat de la main », c'est-à-dire inséparables, et par conséquent tout musulman (mouslim) est considéré comme croyant (mou'min) et vice-versa. Les juristes musulmans ont dit que sans une acceptation totale de la foi (iman) par le cœur, l'appartenance de quiconque à l'islam est invalide. De même, toute conversion à l'islam n'est valable que par la foi (iman) dans le cœur et additionné de la prononciation verbale des deux "témoignages de foi" (Ach-Chahadah) à savoir par exemple "Je témoigne qu'il n'y a de vraie divinité que Dieu et je témoigne que Mouhammad est le Prophète de Dieu". Cependant, il existe plusieurs degrés de croyants (mou'minoun). En effet les musulmans pratiquant parfaitement les prescriptions religieuses sont considéré comme des "croyants complets" alors que les autres sont dit "croyants incomplets" ou "croyant faible de foi".

Dieu

Allah en arabe Le fondement doctrinal de tous les musulmans est que cet univers et ce qu'il contient a un Créateur qui est Dieu et qu'il a des attributs de perfection dignes de Lui. Dieu a des attributs indénombrables, mais les théologiens en citent fréquemment treize qui sont souvent répétés dans le Coran, à savoirLes savants musulmans ont cités l'obligation individuelle d'apprendre ces treize attributs divins. À l'exemple de : - As-Sanoussiyy, l'auteur "Al ^aqîdah As-Sanoussiyyah" - ^Abdoul Majîd Ach-Charnoubiyy, dans son livre "Tâiyat As-Souloûk" pages 60 et 135 - Abou Bakr Adamyâtiyy, connu sous le nom du "maître Al-Bakriyy", dans son livre "L^anat At-Talibîn" tome 1 page 25 - Al-Bajouriyy, l'auteur du livre "Jawharat At-Tawhîd" - Ahmad Al-Marzoukiyy, l'auteur du livre "^Aqîdah Al-^Awâme" :
- L'Existence (al-Woujoûd) : Dieu existe sans doute, sans comment et Il n'est pas dépendant du temps.
- L'Unicité (al-Wahdaniyyah) : Dieu est unique, Il n'a pas d'associé, unique de par Lui-même, de par Ses attributs et de par Ses actes.
- L'Exemption de début (al-Qidam) : Dieu est éternel exempt de début, il n'y a pas de début à Son existence. Il existe avant les créatures.
- L'Exemption de fin (al-Baqa') : Dieu est éternel exempt de fin, il n'y a pas de fin s'agissant de Lui. Il ne s'anéantit pas.
- Le Non-besoin (al-Qiyamou bi n-Nafs) : Dieu n'a besoin d'aucune de Ses créatures et toutes les créatures ont besoin de Lui. Il a créé toute chose par sagesse et non par besoin.
- La Puissance (al-Qoudrah) : Dieu est Tout-puissant, Il crée et anéantit tout ce qui existe à part Lui.
- La Volonté (al-Iradah) : Tout ce qui se passe dans cet univers advient par le vouloir de Dieu, et toute chose est caractérisée par Dieu.
- La Science (al-'Ilm) : Dieu sait toutes les choses avant qu'elles n'aient lieu.
- L'Ouïe (as-Sam') : Dieu entend tout ce qui est audible.
- La Vue (al-Basar) : Dieu voit tout ce qui est visible.
- La Vie (al-Hayah) : Dieu est vivant. Sa vie n'a pas de ressemblance avec la nôtre. Il est vivant et ne meurt pas.
- La Parole (al-Kalam) : Dieu parle; Sa parole n'est pas une langue arabe ou autre, et Sa parole n'a pas de ressemblance avec le langage des hommes.
- La Différence absolue avec ce qui est créé (al-Moukhalafatou li l-Hawâdith) : Dieu n'a pas de ressemblance avec les créatures. Et Dieu est exempt de toute imperfection telle que la fatigue, le changement ou le besoin. On comprend d'un verset explicite du Coran « Rien n'est tel que Lui ». Et par conséquent la majorité des théologiens musulmans affirment que les versets non-explicites qui donneraient en apparence des organes ou un emplacement à Dieu, ne doivent pas être pris au sens littéral (ce serait pour eux de l'anthropomorphisme) mais possèdent un sens métaphorique. Il existe aussi une minorité d'adeptes du littéralisme comme les salafistes, qui sont entre le métaphorisme et l'anthropomorphisme, considérant que le texte doit être pris dans son sens propre tout en gardant à l'esprit que rien ne ressemble à Dieu. Dieu existe mais Sa Réalité est différente de la nôtre. Le Trône est la plus immense des créatures de par la taille, il constitue le toit du paradis. Le paradis est au-dessus des sept cieux, il en est séparé. L'Imam et linguiste Taqiyyou d-Din As-Soubki a dit : " L'adoration, c'est l'extrême limite de la crainte et de la soumission ". Les musulmans adorent et se repentent uniquement à Dieu. Le simple fait d'obéir à un supérieur, de se soumettre à un autorité ou de solliciter l'aide d'une créature, n'est donc pas considéré comme une adoration. Les musulmans glorifient ceux que Dieu a glorifié, à l'exemple des Prophètes, des Anges, sans jamais les adorer car en invoquant uniquement Dieu pour cela.

Les Noms divins

Le Prophète accompagné par les anges. Selon un hadith, il est mentionné que Dieu a 99 noms parfaits (Al-Asma'ou l-Lahou l-Housna) mais les Textes en cite également d'autres que ceux-là comme par exemple Al-'Ahad (l'Indivisible) ou Ar-Rabb (le Seigneur) qui sont mentionnés dans le Qour'an mais pas dans le hadith précité. Il a été dit que Dieu possède un nom inconnu des gens du commun, nommé "Al-Ismou l-A^dham", par lequel Dieu exauce à celui qui L'invoque.

Les Anges

Les musulmans croient en l'existence des Anges, que Dieu a créé de lumière. Dans leur véritable aspect, ils sont des êtres fins (non palpables) dotés de deux ou plusieurs ailes. Cependant, sans jamais prendre l’apparence d’une femme, ils apparaissent à certains pieux, généralement sous les traits d'un jeune et bel homme, dépourvu d'organes génitaux. Les Anges exécutent en toute obéissance les ordres de Dieu, sans jamais Lui désobéir. En outre, ils sont différents des autres créatures qui éprouvent le besoin de boire, de manger, de dormir, de se marier, etc.

Les Livres

Selon les Textes musulmans, les Livres révélés sont au nombre de 104, dont les plus connus sont :
- Le Qour’ân révélé au Prophète Mahomet
- La Torah (At-Tawrât) révélée à Moïse
- L'Évangile (Al-Injîl) révélé à Jésus (Issah pour les musulmans), fils de Marie (Maryam).
- Les Psaumes (Az-Zaboûr) révélés à David. C’est depuis le Tableau Préservé, que sur ordre de Dieu, l'Ange Jibrîl (Gabriel) fait descendre les Livrés révélés sur les Prophètes concernés dans la langue de leur peuple. Selon les musulmans, le Coran est le dernier des livres révélés, car Mahomet est pour eux le dernier prophète. De tous ces livres révélés, seul le Coran subsiste intégralement sans aucune entorse du fait qu'il n'y aura plus de révélation Prophétique après Mahomet.

Le Coran

Le Coran Le Coran (arabe : al qurān, lecture) est le livre le plus sacré des musulmans. C'est le premier livre à avoir été écrit en langue arabe, qu'il a contribué à fixer. Il regroupe les paroles divines qui, selon la croyance musulmane, ont été transmises au prophète Mahomet. Cette transmission de l'archange Gabriel à Mahomet a eu lieu de manière fragmentaire par voie auditive durant une période de vingt-trois ans. Après des débats houleux, le calife al-Mamum à Bagdad, vers 820 proclame le Coran, manifestation de la parole de Dieu, par dogme, incréé, éternel et inimitable. Le débat se prolongera jusqu'au . Ibn Hanbal, aux prises avec une véritable inquisition musulmane, ayant assigné le rôle des autres écrits - Haddith, Sunna — déclare finalement le Coran incréé de la première à la dernière page. Il ne peut donc pas avoir été écrit, précédé, ni prolongé. Son origine n'est pas humaine. Sa critique est une critique de Dieu. La seule étude du texte se résume à l'apprendre par cœur, et à le mettre en pratique. Il est au cœur de la pratique religieuse de chaque croyant. Pour les musulmans, le Coran est un livre Saint qui n'a pas subi d'altération après sa révélation, car Dieu a promis que ce livre durerait jusqu'à la fin des temps. Le Coran est divisé en cent quatorze chapitres nommés sourates, de longueurs variables. Ces sourates sont elles-mêmes composées de versets nommés âyât (pluriel de l'arabe âyah, « preuve », « révélation »). La plupart des musulmans ont un grand respect pour le livre et font les ablutions, c'est-à-dire se lavent comme pour faire les prières, avant de lire le Coran. Les vieux Coran sont brûlés, et non détruits comme du vieux papier. Le statut théologique du texte le met en effet à l'écart de toute autre chose : le texte contenu dans le livre est la manifestation même et incréée du seul Dieu et de son seul service. La plupart des musulmans mémorisent au moins une partie du Coran dans sa langue originale (l'arabe). Cette partie correspond aux versets nécessaires pour faire les prières quotidiennes. Ceux qui ont mémorisé le Coran en entier sont connus sous le nom de hāfiz (pluriel huffāz). Les musulmans pensent que le Coran n'est parfait que dans sa version originale en langue arabe. Ils pensent que les traductions étant d'origine humaine sont imparfaites et faillibles et aussi en raison de caractéristiques polysémiques proprement intraduisibles de l'arabe, et enfin parce que le contenu aurait été inspiré juste dans cette langue. Les traductions sont donc considérées comme des commentaires du Coran, ou des « interprétations de sa signification », et non comme le Coran lui-même. De nombreuses versions modernes du Coran présentent le texte arabe sur une page et la traduction sur la page lui faisant face.

Les Prophètes

Les musulmans considèrent que l’envoi des Prophètes est une Clémence et une Grâce de Dieu pour Ses créatures, car la raison à elle seule ne permet pas de connaître tout ce qui sauve dans l'Au-delà. Leur fonction principale est donc de montrer aux gens le chemin, la voie (la charia) qui mène au bonheur éternel. Et pour prouver leur véracité, Dieu les a appuyés par des faits hors du commun, à savoir les miracles qui constituent des défis implacables que personne ne peut contrecarrer ni imiter. Tous les Prophètes de Dieu ont fait valoir un bon comportement et une conduite exemplaire. Il est alors impossible de leur attribuer le mensonge, la malhonnêteté ou la stupidité. De même, ils sont nécessairement immunisés contre la mécréance, les grands péchés et les petits péchés reflétant une bassesse de caractère, ceci avant et après la mission Prophétique. Le premier est Adam et le dernier est Mahomet. Selon l'islam tous les prophètes sont musulmans et ont tous appelé les gens à entrer dans la religion de l'islam. En effet, la signification de l'islam est croire en le Dieu unique sans rien lui associer et de croire au message du Prophète envoyé pour son époque. Les Textes expliquent que Adam a inauguré la fonction Prophétique, tandis que c’est par Mahomet, le dernier, qu’elle a été clôturée. Leur nombre est très grand, citons quelques uns : Abraham (Ibrâhîm), David (Dâwoûd), Isaac (Ishâq), Ismaël (Ismâ'îl), Jacob (Ya'qoûb), Jean-Baptiste (Yahyâ), Jethro (Chou'ayb), Job (Ayyoûb), Jonas (Yoûnous), Joseph (Yoûçouf), Loth (Loût), Moïse (Moûçâ), Noé (Noûh), Salomon (Soulaymân), Zacharie (Zakariyyâ), Jésus (Issah).

Mahomet

"Mahomet" en calligraphie arabe. Le chef religieux et politique arabe Mahomet ( en arabe)), dont le nom est parfois aussi transcrit par Mohammed, Muhammad, etc. en françaiscf. Mahomet
-Les noms de Mahomet pour plus de précisions est le fondateur de l'islam et de la communauté musulmane (Oumma). Il est considéré comme le dernier prophète du monothéisme par les musulmans et il n'est reconnu comme prophète que par cette communauté. Les musulmans ne le considèrent pas comme le fondateur d'une nouvelle religion, mais pensent qu'il est le dernier d'une lignée de prophètes de Dieu (du monothéisme) et considèrent que sa mission est de restaurer la foi monothéiste originale d'Adam, Abraham et d'autres prophètes, foi qui avait été corrompue par l'homme au cours du temps Article Muhammad, Encyclopaedia of Islam Islam: A Guide for Jews and Christians, F. E. Peters, Princeton University Press, ISBN 0-691-11553-2, p.9 . Pendant les 23 dernières années de sa vie, Mahomet dicte des versets, qu'il reçoit de Dieu par l'intermédiaire de l'ange Gabriel (Jibril), à des fidèles de plus en plus nombreux convaincus par ce nouveau message. Le contenu de ces révélations sera compilé moins de 20 ans après la mort de Mahomet en un ouvrage, le Coran, livre saint des musulmans Le terme Coran a été inventé et utilisé pour la première fois dans le Coran lui-même. cf l'article Coran dans l’Encyclopaedia of Islam..

Hadith

Mosquée d'Assouan (Égypte) Les hadiths sont les paroles ou actes de Mahomet considérés comme des exemples à suivre par les musulmans. Les écoles de jurisprudence Madhhab considèrent les recueils de hadiths comme des instruments importants permettant de déterminer la sunnah, la « tradition » musulmane. Le hadith était à l'origine une tradition orale qui rapportait les actions et coutumes de Muhammad. Cependant, à partir de la première fitna, au , ceux qui ont reçu les hadiths ont commencé à questionner les sources des paroles in The Development of Exegesis in Early Islam, Herbert Berg, Richmond: Curzon Press, 2000.. Leur crédibilité est généralement proportionnelle au crédit des témoins qui les ont rapportés. Cette chaîne de témoins est appelée isnad. Il est généralement admis que c'est pendant le règne du calife Umar II, au , qu'ont commencé les transcriptions par écrit de grands recueils de hadiths, qui se sont stabilisés au siècle suivant. Ces recueils de hadiths sont, encore aujourd'hui, pris comme références dans les sujets en rapport avec le fiqh ou l'histoire. Les hadiths authentiques sont admis par l'ensemble des musulmans sunnites. Une grande majorité de sunnites considèrent les hadiths comme des suppléments et des clarifications essentielles au Coran. Dans la jurisprudence islamique, le Coran contient le germe de nombreuses règles de comportement attendues d'un Musulman. Cependant, de nombreux sujets, religieux ou profanes, ne sont pas encadrés par des règles coraniques. Les Musulmans croient donc qu'en examinant le mode de vie, ou sunnah, de Mahomet et ses compagnons, ils pourront découvrir les comportements à imiter et ceux à éviter. Les penseurs musulmans trouvent utiles de savoir comment Mahomet ou ses compagnons ont expliqué les révélations, ou à quelle occasion Mahomet les a reçues. Parfois, cela clarifiera un passage qui semblerait obscur autrement. Le contexte pouvant totalement bouleverser le sens que l'on peut donner à un verset. Les hadiths sont aussi une source historique et biographique. Ils sont considérés comme une source d'inspiration religieuse, alors que certains musulmans considèrent que le seul Coran est suffisant. Les chiites ont en effet plus de réserves à leur égard car ils montrent que Mahomet n'a pas parlé des choses qui sont fondamentales dans la secte chiite, ce qui fait qu'ils ont élaboré leurs propres ouvrages. Entre autres, ils n'éprouvent aucune gêne à la reproduction de visages humains, comme ceux de personnalités cultes telles Ali et Hussein, alors même que ceci est formellement proscrit par le prophète dans plusieurs hadiths.

L'Au-Delà

Les musulmans croient qu'un certain nombre d'évènements surviennent après la mort dont les plus importants sont :
- Le Jour du Jugement : Il surviendra après la fin du monde, et il durera ans. Dieu jugera les gens sans intermédiaire. Les étapes seront :
- La Résurrection physique : Elle marque le début du Jour du Jugement. Les gens seront ressuscités par Dieu, nus, pour être jugés.
- Le Rassemblement : Tous les gens seront rassemblés en un lieu pour se faire juger.
- L'Exposition des actes : Chacun aura ses actes, bons ou mauvais, qui seront exposés.
- La Rétribution : En fonction de leur actes, les gens seront récompensés ou châtiés.
- La Balance : Les actes seront comparés, bons contre mauvais.
- Le Pont : Il relie la nouvelle Terre aux abords du Paradis et il sera dressé au-dessus de l'Enfer dans lequel tous les mécréants chuteront ainsi que certains musulmans désobéissants.
- Le Bassin : Chaque communauté aura son bassin duquel les croyants boiront avant d'entrer au Paradis.
- L'Intercession : Avec la permission de Dieu, les Prophètes, ainsi que d'autres intercèderont pour les croyants qui méritent le châtiment.
- L'Enfer : C'est un endroit dans lequel seront châtiés les mécréants éternellement, ainsi que pour une période certains croyants désobéissants.
- Le Paradis : C'est une demeure de félicité éternelle réservée aux personnes croyants en Dieu, ainsi qu'aux personnes sincères.
- La Vision du Seigneur : Les croyants verront Dieu, sans notion de distance et sans qu'il y ait un doute sur cette vision. Les musulmans croient à la question, au supplice et à la félicité de la tombe. Ceci n'est pas mentionné dans le Coran mais dans la sunnah. Selon cette dernière, après la mort, toute personne sera questionnée dans sa tombe par deux anges du nom de Mounkar et Nakir : "Qui est ton Seigneur ? Qui est ton prophète ? Quelle est ta religion ?". Les croyants pieux répondront correctement à ces questions et auront la félicité dans leur tombe, tandis que les mécréants et certains croyants désobéissants n'y répondront pas correctement et seront châtiés.

La Prédestination

La prédestination fait partie des fondements essentiels de l'Islam. Elle consiste à croire que tout ce qui se produit dans ce monde -qu’il s’agisse de nos actes volontaires ou involontaires- est prédestiné par Dieu. La volonté de Dieu se réalise toujours selon sa sapience éternelle. Ainsi, toute chose –bonne ou mauvaise- que Dieu a su qu’elle existera se réalisera en temps voulu. Et celle dont Dieu n’a pas voulu l’existence, ne se réalisera pas. Par conséquent, si tous les gens se mobilisent pour nous faire profiter d’un bienfait ou pour nous causer un mal qui ne nous a pas été prescrit, ils n’y parviendront pas. Dieu a tout prescrit dans le Tableau Préservé (Al-Lawhou al-Mahfoûdh) comme l'apprend le Coran : « C'est Nous (Dieu) qui ressuscitons les morts. Nous faisons inscrire ce qu'ils ont fait et les conséquences de leurs œuvres. Et Nous avons dénombré toute chose dans un Tableau clair.»Sourate 36/V.12

Les cinq piliers de l'islam

Les cinq Piliers de l'islam constituent des préceptes fondamentaux obligatoires pour les musulmans sunnites. Les autres courants de l'islam acceptent ces préceptes et en ajoutent d'autres. Les cinq piliers dans le sunnisme sont la base sur laquelle le musulman sunnite construit sa vie pour se conformer à la révélation.

Shahada (profession de foi)

Cette confession de foi musulmane est très brève : (Lâ ilâha illa-llâh, (wa) muḥammad rasûlu-llâhi), pouvant se traduire par Elle consiste pour le croyant, en toute connaissance de cause et non sous la contrainte, à accepter et proclamer deux choses :
- tout acte d'adoration ne doit être dirigé que vers Allah ;
- Mahomet est le messager d'Allah, ce qui en fait un modèle pour le croyant.

Salat (prière)

Musulmans en prière dans une mosquée. Outre la prière à la demande ou surrogatoire (nâfilah), chaque musulman est tenu d'effectuer cinq prières quotidiennes obligatoires (faridah). Elle s'appelle namāz dans les pays de langue indienne ou perse. La prière doit s'effectuer en état de pureté : si ce n'est pas le cas, il faut pratiquer les ablutions. La prière s'effectue tourné vers la Kaaba (située à la La Mecque, ville d'Arabie Saoudite); l'orant (le prieur) doit exprimer l'intention qui l'a conduit à la prière explicitement (niyah).

Zakat (taxe purificatrice)

C'est un impôt légal purificateur calculé dans les pays islamiques sur les revenus du foyer et destiné aux pauvres. La zakat ne doit pas être confondu avec les aumônes. Elle correspond à 2, 5% (ou 1/40) de l'épargne du musulman si cette épargne dépasse un certain montant évalué à 85 grammes d'or soit actuellement à environ 1100 euros et si elle subit une révolution annuelle. Attention, l'épargne islamique étant calculée en grammes d'or et non en monnaie contemporaine, le nombre ci-dessus est variable d'années en années. Le musulman est tenu de calculer chaque année lunaire (calendrier hégirien) ce montant et le donner aux gens les plus pauvres de sa communauté en commençant par sa famille (à l'exception de ceux qu'il a en charge) et ses voisins.

Saoum (jeûne)

C'est le jeûne effectué durant le mois lunaire du Ramadan. Ce jeûne est prescrit par le Coran, il consiste à s'abstenir de manger, de boire, de fumer et d'avoir des relations sexuelles depuis l'aube jusqu'au coucher du soleil : Le ramadan est une période de recueillement et le jeûne une occasion de partager la situation des indigents. La personne malade ou qui doit entreprendre un grand voyage peut ne pas respecter le jeune, il doit alors s'acquitter d'une dette après le Ramadan.

Hadj (pélerinage à la Mecque)

Le pèlerinage à la Mecque doit être effectué au moins une fois dans sa vie pour qui en a les moyens matériels et la capacité physique. C’est entre le 8 et le 13 du mois lunaire de Dhou al Hijja qu’a lieu le Grand Pèlerinage à La Mecque, 5 pilier de l’islam.

Autres croyances

Interdits alimentaires

La loi islamique fournit un ensemble de règles régissant ce que les musulmans mangent. Ces règles spécifient ce qui est halāl, c'est-à-dire légal. Ces règles se trouvent dans le Coran, qui décrit aussi ce qui est illégal ou harām. Il existe aussi d'autres règles venant s'ajouter à celles-ci qui ont été émises dans des fatwas par des mujtahids; mais elles ne sont suivies que par leurs propres disciples et non l'ensemble des musulmans. La loi islamique interdit aux musulmans de consommer de l'alcool, de boire ou de manger du sang et ses produits dérivés, et de manger la viande d'animaux carnivores ou omnivores comme le porc, le singe, le chien ou le chat (les poissons piscivores ne sont pas considérés comme carnivores). Pour que la viande d'un animal terrestre soit halal, il faut que l'animal soit abattu de manière adéquate par un musulman ou par des gens du livre, tout en mentionnant le nom de Dieu (Allah en arabe). L'animal ne doit donc pas être tué en l'ébouillantant ou par électrocution et la carcasse doit être saignée avant d'être consommée. Différentes règles s'appliquent aux poissons. En général, les poissons à écaille sont toujours halāl, bien que certaines fatwas déclarent les poissons dépourvus d'écailles (comme le poisson-chat) et les coquillages comme harām. Les règles d'interdiction concernant les animaux peuvent être contournées quand un musulman risque de mourir de faim et qu'aucune nourriture halāl n'est disponible. L'abattage rituel islamique est appelé Dhabiĥa. D'après certaines fatwas, l'animal ne peut être abattu que par un musulman. Cependant, d'autres fatwas considèrent que d'après le verset 5:5 du Coran, l'abattage peut être fait par des gens du livrevoir aussi Coran 2:173, 5:3, 5:5, 6:118, 6:145 et 16:115 pour les règles sur les interdits alimentaires. La viande kasher est considérée comme halāl, mais la réciproque n'est pas vraie.

Symboles et représentations

Représentation de Mahomet portant une tunique verte, ainsi qu'un turban où on distingue du vert. Les musulmans ne sacralisent pas d'icônes. Selon un hadith authentique du prophète, la malédiction de Dieu s'abat sur toute personne produisant (par le dessin, la sculpture...) un être doté d'âme y compris les animaux, car cela est considéré par eux comme allant contre l'esprit du monothéisme. Un certain aniconisme plus ou moins strict existe donc dans l'islam (voir l'article Représentation figurée dans les arts de l'Islam). Ainsi, les musulmans se servent plutôt de versets du Coran calligraphiés comme par exemple dans le palais de l'Alhambra, des formes géométriques (arabesques) ou de représentation de la Ka'ba pour décorer les mosquées, les maisons et les lieux publics. On associe souvent le symbole du croissant et de l'étoile à l'islam. Il s'agit à l'origine du symbole de l'Empire Byzantin, repris à sa chute par l'Empire ottoman , by Huda, About, retrieved April 01, 2006. Cependant, la couleur verte est considérée comme un symbole islamique. Du temps de Mahomet, les premiers drapeaux brandis par les guerriers musulmans étaient verts. L'origine de cette couleur est simple. Les arabes étant un peuple du désert, le paradis a pour eux été décrits comme verdoyant, où des sources d'eau couleraient en abondance, où les fidèles y porteront des habits de soie verts (Coran 18:31). Avant l'islam, la légende dal-Chadir (l'Homme vert), témoigne de l'importance de cette couleur pour ce peuple. Enfin, Mahomet aurait déclaré que le vert était sa couleur préférée et portait souvent des habits et un turban de cette couleur. Autrefois, seuls les califes étaient autorisés à porter un turban de cette couleur. On retrouve la symbolique du vert comme symbole du panarabisme aujourd'hui.

Organisation

Le califat

Les califes (arabe : ) désignent les successeurs de Mahomet. Le porteur du titre a pour rôle de garder l'unité de l'Islâm et tout musulman lui doit obéissance, dans le cadre de la Sharia : c'est le dirigeant de l’
oumma, la communauté des musulmans. Mahomet est mort sans désigner de successeur et sans laisser un système pour en choisir un, mais plusieurs actes ont poussé l'unanimité des musulmans de l'époque a conclure qu'il préférait Abu Bakr (de son vivant même lorsqu'il était malade, il lui a demandé, et à personne d'autre, de diriger la prière). Par conséquent, le califat a été établi. Le calife (arabe : , signifiant « successeur » ou « représentant ») a pour rôle de garder l'unité de l'Islâm et tout musulman lui doit obéissance : c'est le dirigeant de oumma, la communauté des musulmans. Le titre Khalifat rasul Allah, signifiant « successeur du messager de Dieu » est devenu le titre courant. Les chiites ne reconnaissent que le quatrième calife, étant Ali, père de tous les immams. Les chiites estiment que le calife suivant, Yazid Ier a été coupable de la mort d'Hussein, et par là toute succession de califes aurait perdu sa légitimité. Certains califes étaient souvent appelés Amīr al-Mu'minīn « Commandeur des croyants ». Le titre a été raccourci et latinisé en « émir ». Aucun des premiers califes n'a dit avoir reçu des révélations divines, comme ce fut le cas pour Mahomet, soucieux de rester dans le droit chemin et craignant Allah. Mahomet étant le dernier prophète, aucun des califes n'a dit être un nabī, « prophète » ou un rasul « messager divin ». Les révélations faites à travers Mahomet ont rapidement été codifiées et écrites dans le Coran, qui a été accepté comme autorité suprême, limitant ainsi ce que le Calife pouvait diriger. Cependant, les premiers califes étaient les chefs spirituels et temporels de l'islam, et insistaient sur le fait que l'obédience au calife en toutes choses était la marque d'un bon musulman. Le rôle est devenu cependant strictement temporel avec l'ascension des oulémas, et l'éloignement de certains califes de la pratique pure de la religion. Après les quatre premiers califes (Abou Bakr, Omar, Uthman et Ali ibn Abi Talib), le titre a été revendiqué de manière controversée par les Omeyyades, les Abbassides et les Ottomans, ainsi que par d'autres lignées en Espagne, en Afrique du nord et en Égypte. La plupart des dirigeants musulmans portaient simplement le titre de Sultan ou Émir, et prétaient allégeance à un Calife qui avait souvent peu d'autorité. Le titre n'existe plus depuis que la république de Turquie a aboli le califat Ottoman en 1924. Alors que le califat a été un sujet de discorde entre dirigeants musulmans, ce sujet a été peu évoqué depuis 1924. De nombreux musulmans souhaiteraient le rétablissement du califat, mais des restrictions ainsi que l'activité politique de nombreux pays musulmans, combinés aux obstacles pratiques à l'unification de plus de cinquante États-nations en une seule institution ont limité les efforts pour faire revivre le califat.

La Loi islamique

Mosquée Bleue à Mazar-e-Charif, en Afghanistan. Devant, deux musulmanes portant la burka La Sharia est la loi islamique. Le Coran est la source principale de la jurisprudence islamique (
fiqh). La sunnah n'est pas un texte en soi comme le Coran, mais signifie l'ensemble des actes et paroles du prophète. La place des hadiths fait l'unanimité dans la loi islamique. Tous les penseur admettent de contredire leurs jugements personnels si un hadith authentique va à l'encontre de ce jugement. Deux ouvrages compilent les hadiths authentiques: le "sahis" de Bukhari et celui de Muslim, mais aussi de récents travaux gigantesques de l'imam AL-Albani. L'Ijma et le qiyas (raisonnement analogique) sont généralement considérés comme les sources tertiaires et quaternaires de la Sharia, mais ceci est contesté par certains penseurs selon qui seuls les hadiths et le coran sont source de loi, comme certains hanbalites. La loi islamique couvre tous les aspects de la vie, depuis les sujets très généraux de gouvernement et de relations étrangères jusqu'aux sujets de la vie quotidienne. Les lois islamiques qui ont été inscrites expressément dans le Coran sont appelées hudud et traitent spécifiquement des cinq crimes de vol, attaque, intoxication, adultère et fausse accusation d'adultère, le meurtre étant classé au dessus de ces cinq crimes et juste au dessous de l'associationisme. Pour chacun de ces crimes, une punition appelée hadd est prévue. Le Coran détaille aussi les lois portant sur l'héritage, le mariage, les compensations pour blessures et meurtres, ainsi que des règles régissant les fêtes, la charité et la prière. Cependant, ces prescriptions et ces prohibitions peuvent être très larges, donc leur application en pratique peut varier. Les penseurs musulmans, oulémas , ont élaboré des systèmes de loi basés sur ces règles larges, s'appuyant aussi pour cela sur les hadiths et leurs interprétations. Avec l'expansion de l'islam dans des pays comme l'Iran, l'Indonésie ou en Europe, tous les musulmans ne peuvent comprendre le Coran en arabe. Quand des musulmans sont divisés sur un sujet particulier, ils vont demander assistance à un mufti (juge islamique), qui peut leur donner des conseils sur la Sharia et les hadiths.

Sources de législation sunnite

- Les musulmans affirment que le Coran a été révélé par Dieu (appelé Allāh en arabe) à son prophète Mahomet (
Muhammad), qu'il est donc la première source de législation dans l'islam et que Dieu le préserve contre toute modification ou altération.
- La sunna (qui est l'ensemble des dires et faits du prophète) est la seconde source de législation dans le sunnisme. La sunna a été rassemblée et classée par les savants sunnites dans plusieurs œuvres comme sahih al boukhari , sahih Mouslim etc. ;
- La troisième source de législation dans le sunnisme est l'unanimité des musulmans Al Ijmaa . Cela en se référant à une citation de Mahomet qui dit que les musulmans ne font pas l'unanimité sur quelque chose de faux.
- La quatrième source est l'analogie – al-qiyâs (, littéralement « la mesure ») – qui permet de tirer le jugement d'une chose pour laquelle il n'y a pas de législation à partir du jugement d'une chose analogue. Il est à noter que certaines de ces sources de législation ont été mises en œuvre après la mort de Mahomet et sont considérées comme illicites (
haram) par d'autres groupes de l'Islam organisés en Madhhab ou rite.

Clergé

Il n'y a pas de clergé dans le sunnisme. L
imam n'est pas un prêtre mais bien un membre de la communauté musulmane qui conduit la prière : il est « celui qui se met devant pour guider la prière » et n'est pas forcément un théologien : en arabe, l'imam veut dire « chef » ou « guide », et dans le sunnisme il suffit que le chef soit musulman, sage, connaissant les piliers de l'islam et ait appris une grande partie du Coran par cœur pour être à la tête d'une communauté, d'un État. Le muezzin, celui qui fait l'appel à la prière, n'est pas un prêtre non plus. L'islam reconnaît divers niveaux de compétences religieuses parmi ses fidèles : L'explication du Coran se nomme tafsîr. Et ijtihâd est la recherche de solutions nouvelles à partir des textes de référence pour répondre aux problématiques des populations musulmanes sur leurs affaires religieuses ( , pratiques cultuelles, pl. de ) ou sociales ( , « comportements », pl. de ) dans une condition sociale, politique ou économique inédite.
- al-mujtahid al-mutlaq, capable de « se battre » en absence de texte, comme l'indique la racine de mujtahid, pour en tirer une casuistique, rapprocher des textes traitant des sujets similaires et en tirer la synthèse, élaborer les principes juridiques sans référence à une école particulière. Ces compétences sont reconnues exceptionnelles et rarissimes ;
- al-mujtahid al-mutlaq al-muntasib, le même mais dans le cadre d'une école interprétative ;
- al-mujtahid fil-madh'hab, dans le cadre d'une école interprétative, capable d'élaborer des réponses juridiques sur des questions nouvelles ;
- al-'âlim al-mutabahhir, le vulgarisateur des grands anciens qui doit connaître le Coran et la Sunna ;
- al-'âmîy, celui qui ne connaît que les grandes lignes de l'islam. Les savants exégètes sont considérés comme les « successeurs » des prophètes. Le chiisme orthodoxe de la secte 'usuli (clergé des ayatollah) reconnaît, a contrario, un clergé à plusieurs niveaux hiérarchiques, tandis que le sunnisme rejette cette idée d'un clergé central jouant le rôle d'intermédiaire obligé. Par bien des aspects, l'islam, pour sa partie sunnite, est une religion décentralisée . En Europe et dans certains pays musulmans, les gouvernements réclament un alignement de la formation des imams sur la formation des ministres des autres religions, c'est-à-dire trois ou quatre ans d'étude au minimum.

Calendrier islamique

Décorations à l'intérieur du Tilla-Kari Medressa, Samarkand, Ouzbékistan. Un joyau exceptionnel de l'architecture islamique L’an 1 de ce calendrier a débuté le premier jour de l’hégire, le 1 Mouharram (le 15 ou le 16 juillet 622 de l’ère chrétienne, selon les auteurs théologiens ; la première époque est dite « astronomique », la seconde « civile »). Ce calendrier a été adopté dix ans après cet événement. On indique qu’une date est donnée dans ce calendrier en ajoutant la mention (calendrier musulman), (calendrier hégirien), (ère musulmane) ou (ère de l’Hégire); ou en abrégé, (H) ou (AH) (du latin anno Hegirae). Ce calendrier est caractérisé par des années de 12 mois lunaires qui sont plus courtes que les années solaires. Une année lunaire compte 11 jours de moins qu'une année solaire. Chaque mois démarre au premier croissant de Lune visible à partir de la nouvelle Lune : selon l’endroit d’où est effectuée l’observation, le mois peut démarrer plus ou moins tôt.

Variantes théologiques

La relation directe de l'homme à Dieu par le Coran et la liberté religieuse va amener une multiplication des tendances religieuses. L'absence de clergé permet l'existence de différentes normes juridiques, et différentes écoles religieuses. À la mort du prophète, des différences religieuses importantes et la conquête arabe fulgurante provoquent des rivalités politiques. Beaucoup de questions sur la liberté de l'homme, le péché, la foi, etc. conduisent à la constitution de théologies musulmanes qui essayent de donner des réponses aux questions et aux problèmes non détaillés par les textes divins, et de faire face aux défis de la vie humaine. Les croyants se partagent en trois branches principales.

Le Sunnisme


- le sunnisme de Sunna, « la tradition ». Ce sont les gens de Ahlou s-Sounnah wa l-Jamaah. Le sunnisme s'organise lui-même en différentes écoles juridiques. Il y en a aujourd'hui quatre, mais il y en a eu d'autres dans le passé. Ces écoles s'acceptent les unes les autres, organisant ainsi un relatif pluralisme en matière de normes juridiques mais ont une foi commune. Ce sont, dans l'ordre de leur apparition :
- le hanafisme (de Abû Hanifâ, 700-767) ;
- le malékisme (de Malîk Ibn Anas qui vécu entre 712 et 796) ;
- le shafi'isme, ou shaféisme, ou Chaafisme, (de Al-Shafi'i 768-820) ;
- le hanbalisme (de Ibn Hanbal, 781-856) ; Sunnites et Chiites au Proche et Moyen Orient. On dit Ahlou s-Sounnah par opposition aux différents groupes égarés se réclamant de l'islam.

Le Chiisme


- le chiisme, lui-même divisé en différentes branches, dont les trois principales sont :
- le chiisme duodécimain (90 % des chiites) que l'on peut séparer en deux grands groupes, les « orthodoxes », tels les usuli (clergé d'ayatollah, la plus répandue), akhbari, shayki, et les « hétérodoxes » extrémistes, tels les alaouites ou « Nusayri » de Syrie, les alévis de Turquie, les Ahl-e Haqq d'Iran et Irak, les Shabak, Kakai, Kirklar etc. ;
- le chiisme septimain (ou ismaélien) ;
- le zaydisme du Yémen ;
- les druzes de Syrie / Israël / Liban ;
- le kharidjisme (beaucoup moins répandu que le sunnisme et le chiisme) ;

Autres

Les sunnites ou Ahl As-Sounnah wal-Jamâ`ah représentent environ 90 % des musulmans, les chiites environ 10 %. Le kharidjisme moins de 1 %. On peut aussi citer pour mémoire un quatrième courant, qui s'est éteint au moyen-âge, le motazilisme. Cette école interprétative rationaliste, en conflit avec le sunnisme naissant, est apparu à la fin du califat Omeyyade, au milieu du , et a été éradiqué au par le sunnisme, en particulier par les Acharites (disciples de al-Ach'ari 873 - 935). Cette école, dont des textes ont été redécouverts au , connaît une petite résurgence depuis cette date chez certains intellectuels, mais sans base populaire notable. Le wahhabisme, désignant la doctrine du salafisme une version particulièrement rigoriste s'appuie sur l'école hanbalite et se revendique comme orthodoxie. À ce titre, le salafisme considère que les autres écoles sunnites doivent à terme s'unifier en se ralliant à leur interprétation. Il s'agit là d'une rupture avec la tradition pluraliste des interprétations du sunnisme, qui entraîne parfois des conflits avec ces écoles. Une théologie populaire s'est aussi développée dans le maraboutisme, lequel pratique le culte des saints, polythéisme expliquant le fait que ce courant soit rejeté par l'unanimité des sunnites. En effet, ce genre de culte est passible de la peine de mort selon la charia.

Lieux saints

La Ka'ba, à La Mecque Le Dôme du Rocher à Jérusalem Les principaux lieux saints de l'islam sont :
- La Ka'ba (« le Cube ») de La Mecque (Makkah) en Arabie saoudite. Selon la tradition, il est le premier lieu de culte, bâti par Adam (Adam) sur Terre, puis reconstruit par Ibrahim (Abraham). Jusqu'à l'avènement de l'islam, il était dédié au dieu arabe Houbal, qui était vénéré par des rites de circonvolution autour de la pierre noire. Tout musulman se doit d'y faire un pèlerinage au moins une fois dans sa vie s'il en a la capacité physique et financière ;
- Médine (Almadinah), ville où émigra Mahomet après s'être enfui de La Mecque, est la deuxième ville sainte de l'islam ;
- Jérusalem (al-Qods), est la troisième ville sainte. C'est l'endroit vers lequel le prophète Mahomet aurait effectué le voyage nocturne et l'ascension. Le pèlerinage sunnite n'est admis que vers ces trois villes. Les chiites reconnaissent deux autres lieux saints, en Irak :
- Nadjaf, en Irak, est la troisième des villes saintes de l'Islam pour les chiites, après La Mecque et Medine.
- Kerbala est la quatrième ville sainte, derrière Najaf. Ce fut le lieu du martyre d'Hussein (petit fils du prophète Mahomet et fils de Ali, troisième Imâm, ainsi que ses compagnons, venus à Kerbala pour défendre l'imamât c'est-à-dire la succession par l'imam Ali gendre du prophète et Hussein son fils (Hassan, son frère ainé ayant été tué). Ce martyre est le mythe fondateur du Chiisme. Tous les ans a lieu la commémoration de ce massacre, à Kerbala.

Islam et autres religions monothéistes

- L'islam reconnaît la plupart des pères fondateurs du judaïsme (qu'il qualifie de prophètes), sans pour autant s'y limiter, et établit d'une manière générale les prophètes comme moyens pour Dieu de rappeler les hommes vers la foi en lui et un comportement de droiture ; Mahommet et l'ange Gabriel devant l'enfer. Comme dans le christianisme, il y dans l'islam un enfer sans fin pour ceux qui, le jour de la résurrection, n'iront pas au paradis. Selon la doctrine islamique, celui qui tombe pour Allah dans la guerre sainte (jihâd mineur) arrive tout de suite au paradis après sa mort. Tous les autres devront attendre, endormis dans leurs tombes, le réveil qui n'aura lieu qu'à la fin des temps. C'est le prophète Ezéchiel qui ressuscitera les morts au moment du jugement dernierEncyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, ISBN 2253131113. Jésus y est considéré comme un prophète (et appelé Issa), dont le retour est attendu à la fin des temps. Il y a une controverse parmi les musulmans quant à l’existence de l'Antéchrist. Ce dernier n’est pas mentionné dans le Coran, mais certains hadiths parlent de lui et du fait que Jésus le combattra et détruira les croix à la fin des temps. Ces hadiths ne sont pas des plus crédibles et certains pensent qu’ils ont été apportés par des chrétiens ou des juifs convertis.
- L'attitude de l'islam par rapport à ces deux « religions du Livre » antérieures consiste à la fois à les respecter, leur reconnaître une certaine vérité, et les considérer comme ayant été corrompues au fil du temps par les passions des hommes (injustice, excès, etc.) (sourate 17, 30…). Le dernier prophète et messager de Dieu, serait Mahomet, étant appelé à rétablir le message dans sa vérité primordiale. L'islam se définit alors comme étant la conclusion des religions monothéistes.
- L'apostasie de l'Islam vers une autre religion est souvent interdite par les régimes théocratiques musulmans, même si rien de tel n'est écrit dans le Coran. Dans le Coran, Coran 2:256 : Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit au Rebelle tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Audient et Omniscient. il est stipulé qu'il n'y a pas de contrainte en religion. Cependant, certains hadiths de Mahomet pourraient expliquer cela. Voir l'article détaillé sur l’apostasie dans l’Islam :

Relation de l'islam aux autres religions

Histoire

L'islam est apparu en Arabie au sous l'impulsion du prophète Mahomet. Un siècle après sa mort, un empire islamique s'est étendu de l'océan Atlantique dans l'ouest vers l'Asie centrale dans l'est. Celui ci n'est pas resté unifié longtemps ; le nouveau régime a rapidement fini en guerre civile (voir Fitna) et plus tard affectée par une deuxième Fitna. Ensuite, il y eut des dynasties rivales réclamant le califat, ou la conduite du monde musulman, et beaucoup d’empires islamiques furent gouvernés par un calife incapable d'unifier le monde islamique. mauritaniens dans une Madrasah En dépit de ce morcellement de l'Islam en tant que communauté politique, les empires des califes d'Abbassides, l’empire moghol et les Seldjoukides étaient parmi les plus grands et les plus puissants au monde. Les Arabes produisirent bon nombre de centres islamiques, de scientifiques, d’astronomes, de mathématiciens, médecins et d'illustres philosophes pendant l'âge d'or de l'islam (voir Sciences et techniques islamiques ). La technologie s'épanouit ; un investissement soutenu dans les infrastructures, telles que des systèmes d'irrigation et des canaux; et surtout, l'importance de lire le Coran produisuirent un niveau relativement élevé de l'instruction parmi la population. Plus tard, aux et , plusieurs régions islamiques tombèrent sous les puissances impériales européennes. Après la première guerre mondiale, les restes de l'Empire ottoman furent partagés sous forme de protectorats européens. Bien qu'affectée par diverses idéologies, telles que le communisme, pendant une bonne partie du , l'identité islamique et la prépondérance de l'Islam sur des questions politiques augmenta au cours de la fin du et le début du . La croissance rapide, les intérêts occidentaux dans des régions islamiques, les conflits internationaux et la globalisation influencèrent l'importance de l'Islam dans le moulage du monde du .

Syncrétismes ou autres mouvements

Pour compléter la présentation de la religion musulmane, on ne peut éluder les pratiques populaires de l'islam. Souvent issues de syncrétismes avec les religions préislamiques, elles sont encore très présentes dans les sociétés rurales traditionnelles, qui mélangent animisme, culte des ancêtres, et religion révélée, s'expriment essentiellement, en ce qui concerne l'islam, à travers des « confréries musulmanes ». Ces mouvements ou confréries s'apparentent grossièrement aux ordres religieux chrétiens non cloîtrés. Certains sont condamnées par l'islam qui les trouve anti-orthodoxes et réinstauratrices des vestiges archaïques de croyances supersticieuses.

Les marabouts

Le mot « marabout » vient de l'arabe murâbit, qui désigne un homme vivant dans un ribât, un couvent fortifié. Ces religieux très mystiques jouent à la fois les rôles de prédicateur, de sorcier, d'éducateur et de chef politique. Ils sont investis de pouvoirs surnaturels ; leur pratique du Coran, dans des civilisations où l'écriture a été apportée par l'islam, les dote en effet d'un pouvoir sacré. Ils ont trouvé un terrain de prédilection en Afrique où, dès le XVIe siècle, les souverains convertis réclament des marabouts aux autorités arabes. Vivant des dons de croyants, les marabouts formés à l'école coranique enseignent l'islam classique, non sans lui ajouter des pratiques populaires et supersticieuses, voir magiques, rejoignant parfois des croyances animistes traditionnelles de l'Afrique. La réputation de leurs pouvoirs miraculeux les apparente alors plus à des sorciers qu'à des imams. Le culte des saints qui caractérise désormais le maraboutisme a élargi le sens du mot « marabout », qui a fini par désigner le saint vivant ou mort, le monument qui abrite sa tombe, les successeurs du saint, etc. Ils sont considérés non-musulmans par l'islam orthodoxe.

Le soufisme

Shirdi Saï Baba (1938-1918) est un brahmane devenu fakir, yogi, et sadhu, puisque considéré par les musulmans, tout autant que par les hindous (qui voient en lui un avatar de Shiva), comme un saint homme, et un grand sage. Un jour, il s'installa dans une mosquée pour y vivre toute sa vie, recevant des offrandes qu'il partageait avec les animaux. Les indiens de toute confession eurent tôt fait de voir en lui un baba (père), proche du soufisme et de l'hindouisme à la fois, enseignant sur le saint Coran et les écrits sacrés hindous en même temps, car on dit qu'il réalisa nombre de miracles, de son vivant et après sa mort. Il fut enterré à sa demande dans un temple hindou qui lui est désormais consacré à Shirdi. Photo d'un fakir à Vârânaçî (1907) : l'islam en Inde, sous l'influence de l'hindouisme et par le biais du soufisme, donna naissance aux célèbres ascètes musulmans (les fakirs, de l'arabe : faqīr فقیر, lit. pauvre) dont aucun élément extérieur ne les différencie de leur confrères hindous, les sadhus. Le terme « soufi » apparaît pour la première fois dans la seconde moitié du VIIIe siècle de l'hégire pour désigner des ascètes. Les soufis sont des mystiques musulmans qui prient, jeûnent, portent des vêtements rugueux (l'arabe sûf, signifie « bure », « laine », car les premiers ascètes musulmans furent ainsi désignés à cause des vêtements de laine qu'il portaient ; (ils peuvent porter le muruga, manteau fait de morceaux rapiécés symbolisant le fagr, c'est-à-dire l'illusion du mondeEncyclopédie Hachette, ISBN 2245026934). Le soufisme peut être considéré comme une doctrine ésotérique de l'islam et un mouvement mystique et ascétique ayant influencé les dissidences chiites. Elle connait son développement maximum à Bagdad entre 750 et 950. Le soufisme est donc une forme mystique de l'islam, suivi par certains musulmans (ceux qui sont alors appelées soufistes). Les soufis considèrent généralement que suivre la loi ou la jurisprudence islamique (fiqh) n'est que le premier pas sur le chemin de la soumission parfaite. Ils se concentrent sur des aspects internes ou plus spirituels de l'islam, comme la perfectibilité de la foi ou la soumission de l'égo (nafs). La plupart des ordres soufis, ou tariqas, se rapprochent soit du sunnisme, soit du chiisme. On les trouve dans tout le monde islamique, du Sénégal jusqu'à l'Indonésie. Leurs croyances font l'objet de critiques, souvent formulées par les salafistes voire par le reste des sunnites, qui considèrent que certaines de leurs pratiques sont contre la lettre de la loi islamique.

La al-qâdiriyya et la al-tidjâniyya

En Afrique noire, il existe deux grandes confréries, la al-qâdiriyya, fondée en 1166, surtout active du Moyen-Orient à l'Inde, et la al-tidjâniyya, fondée au Maghreb à la fin du XVIIIe siècle par Ahmed Tiijânî (mort en 1815) et répandue en Afrique subsaharienne. La première professe une doctrine intransigeante, faite d'adhésion sans restriction aux préceptes coraniques. La seconde, plus tolérante, développe une morale : « ne pas mentir, ne pas voler », etc.

La naqshbadiya

La naqshbadiya, fondée au XIVe siècle, est encore bien implantée en République autonome du Daghestan et au Turkménistan. Fondée par Muhammad Baha' al-ddîn Naqshband, elle concerne environ 10% des musulmans pratiquant dans ces régions et 300 000 personnes en ex-Union soviétique. La confrérie a aussi des membres dans les régions telles que la Chine ou l'Afghanistan. Elle s'est illustrée par sa résistance à des années d'athéisme d'Etat. Lors de l'initiation (talqîn), le disciple s'engage par serment à suivre la voie (al-tarîqa) qui le mènera à Dieu. Un diplôme lui est donné. Une cérémonie rituelle hebdomadaire, des prières supplémentaires, des veilles, des jeûnes, des pélerinages constituent la pratique. Les membres versent jusqu'à 30% de leur salaire à la communauté.

La al-sanûsiyya

Fondée au début du XIXe siècle, est active en Libye et dans les régions sahariennes.

Le mouridisme

à faire

Les Black Muslims américains, ou Bilâyyûn

Fondée à Détroit en 1931, sous le nom de Allah Temple of Islam, par Wallace D. Ward (v.1877-1934), l'association, réservée aux Noirs, repose à l'origine sur des croyances parfois éloignées de l'islam orthodoxe, même si elle respecte les cinq prières quotiennes et l'interdiction de consommer du porc ou de l'alcool. Aujourd'hui, cependant, le mouvement qui a pris le nom de World Community of Islam in the West (W.C.I.W.), puis celui de American Muslim Mission (A.M.M.), s'est rapproché d'un islam plus traditionnel. En outre, la plupart des restrictions raciales ont été abolies.

Les Ahmadîs

Mirzâ Ghulâm Ahmad (v. 1839-1908), un musulman né à Qâdiyân au Panjâb, fonde la communauté religieuse organisée, ahmadiyya. Il fait la paix avec les Anglais et stoppe tout autre prosélytisme en se présentant comme une réapparition du Messie (Jésus pour les chrétiens, Avatâr de Vishnou pour les hindous). A sa mort, ses adeptes élisent un calife et vivent en communauté indépendante. Aujourd'hui encore, très dynamiques, les Ahmadîs sont environ 500 000, dont la moitié au Pakistan et le reste en Inde, au Nigeria, au Surinam, aux États-Unis, etc. Ils ont été déclarés non musulmans et persécutés en Afghanistan, au Pakistan, et en Arabie saoudite.

Le Tablîgh

Fondé en 1927, en Inde, par Muhammad Ilyas, un érudit musulman, le Jama'at al-tablîgh est une association cosmopolite dirigée aujourd'hui par des Arabes. Elle se fixe pour objectif de ramener à une pratique stricte de l'islam les musulmans égarés : « l'islam va s'étendre où s'étendent le jour et la nuit, et Dieu ne va pas quitter une maison sans que cette religion n'y entre. » Pacifique et apolitique, ce courant prêcheur s'appuie sur des groupes de missionnaires de nationnalités différentes pour faire du porte-à-porte (la al-jawla, la « tournée ») et répandre les idées du tablîgh (la « proclamation »). Les principes en sont fort simples : la profession de foi, la prière, la connaissance de Dieu, l'intention sincère et le respect du musulman. Des voyages de plusieurs jours à plusieurs semaines (khoulouj) sont aussi organisés dans le but de répandre la religion musulmane.

Les Frères musulmans

Le groupe des frères musulmans fut fondé en 1928 par Hassan el Banna en Égypte. Il est déterminé à lutter contre l'emprise laïque occidentale et l'imitation aveugle du modèle européen : son but est de passer par la politique pour instaurer un régime islamique dans tout pays où ils seraient implantés.

Situation de l'islam contemporain

Carte des pays dont la communauté musulmane représente plus de 10 % de la population. En vert les pays à majorité sunnite et en brun ceux à majorité chiite L'islam est la religion la plus répandue après le christianisme. Selon les sources elle comporte maintenant entre 0, 9 et 1, 4 milliard de croyants , soit entre 14 % et 21 % de la population mondiale en 2007. La diffusion de l'islam hors du monde arabe traditionnel s'explique par la croissance des flux migratoires à partir des pays de religion et de culture musulmane, ainsi que par des actions de prosélytisme. L'islam est la seule religion dont le nom figure dans la désignation officielle de plusieurs États indépendants, sous la forme de « République islamique... ». Toutefois, ces États ne sont pas les seuls où l'imbrication du civil et du religieux conforme à ce que veux la charia. Il se produit souvent une confusion entre Arabes et Musulmans à cause de deux facteurs : l'origine arabe de l'islam et l'importance de la langue arabe dans cette religion. Il y a 300 millions d'Arabes, dont la majorités sont musulmans. On compte environ 20 millions de chrétiens parmi les Arabes. Au final, 25 % des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique sub-saharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie. Il y a des populations musulmanes importantes au Nigeria, Bangladesh, Afghanistan, Pakistan, en Iran, en Chine mais aussi en Europe, dans l'ancienne Union soviétique, et en Amérique du Sud. Il y a environ sept millions de musulmans aux États-Unis. En France les estimations varient entre 5 et 8 millions selon les sources, principalement issus de l'immigration, les conversions de français depuis le catholicisme, sont en nombre plus faible. Il existe de nombreuses tensions entre sunnites et chiites : le premier foyer d'affrontements est l'Irak depuis l'intervention américaine en 2003. Au Pakistan, les violences entre les chiites (minoritaires) et les sunnites ont fait 4 000 morts entre 1990 et 2007« Affrontements meurtriers entre chiites et sunnites au Pakistan », dans lemonde.fr du 07/04/2007, .

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Avertissement' : la bibliographie ci-dessous est proposée à titre indicatif. La littérature sur l'islam étant abondante, riche et variée, seuls quelques livres sont proposés. Toutefois, ces livres n'ont pas tous la même valeur didactique et leur choix repose sur celui de plusieurs éditeurs de cet article. Leur présence sur cette liste n'est en aucun cas gage de sérieux de l'ouvrage.
- Jean-Claude Barreau De l'Islam en général et du monde moderne en particulier, Editions Le pré aux clercs, 1991, collection Pamphlet
- Mahmud Shaltut, L'islam : dogme et législation, Al bouraq, 1999
- Tahar Gaïd, La Femme musulmane dans la société, Iqra, 2003
- Fdal Haja, Assalihats, les femmes vertueuses, Universel, 2005
- Charles-André Gilis, Études complémentaires sur le Califat, Al Bustane
- Tabari - Traduit par Hermann Zotenberg, La Chronique de Tabari (5 volumes), rééditée en 2001 par Actes Sud en deux volumes Volume I , Volume II
- Ibn Taymiya, Lettre à un roi croisé, 2005, Tawhid
- Mohammed ben Jamil Zeino, Comment comprendre le Coran ?, Éditions Chama, 2005
- Dalila Adjir- Adlali Beghezza, Entrée interdite aux animaux et aux femmes voilées, Akhira Distributions
- Roger Du Pasquier, Découverte de l'islam, Seuil, 1984 (
Comprendre l'islam'' de Frithjof Schuon, Seuil, 1976)
- Michel A. Boisard, L'Humanisme de l'islam, Albin Michel
- Dominique Sourdel, Vocabulaire de l'islam - N°3653, PUF, Collec. « Que sais-je ? », Nov. 2002
- Anne-Marie Delcambre, L'islam des interdits, Éditions Desclée de Brouwer, 2003,
- Mohammed Arkoun, Ouvertures sur l'islam, Grancher, 1992
- Michel Reeber, L'Islam, Les Essentiel Milan, 1999 (pour une première approche)
- Paul Balta, L'Islam, Le Monde édition, 1997 (également pour une première approche)
- Malek Chebel, Manifeste pour un islam des lumières, Hachette, 2004
- Abdallah Penot, Le Coran, Alif Editions, 2004.
- Denise Masson, Le Coran, Paris, Folio, 1992 (une traduction aussi juste que poétique).
- traduction d'AbdAllah Penot, La Doctrine de l'unité, selon le soufisme, Alif Editions.
- Al Nawawy, traduction d'AbdAllah Penot, Les Jardins de la piété, Alif Editions
- Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, Folio, 1989
- Fatima Mernissi, Sultanes oubliées, Femmes chefs d'État en Islam, Albin Michel
- Eva de Vitray-Meyerovitch, Anthologie du Soufisme, Albin Michel
- Ligue francise de la femme musulmane, Éducation des enfants en islam , LFFM
- Bernard Lewis, Islam, Quarto Gallimard
- Abdallah Penot, L'Entourage féminin du Prophète, Alif Editions.
- Brahim Labari, Recettes islamiques et appétits politiques, Paris, Syllepse, 2002.
- Edouard-Marie Gallez, Le Messie et son prophète, Aux origines de l’Islam, 2 tomes, Tome 1. De Qumran à Muhammad, Tome 2. Du Muhammad des Califes au Muhammad de l’histoire, Versailles, Éditions de Paris (un résumé sur le lien suivant : http://www.ict-toulouse.asso.fr/ble/site/659.html) cette publication a constitué la thèse de doctorat en théologie / histoire des religions qu’Edouard-Marie Gallez a soutenue à l’Université de Strasbourg II en 2004.
- Histoire de l'Islam : Fondements et doctrines de Sabrina Mervin (Présentation de l'éditeur : De la Jâhiliyya à l'islam. Le Coran. Le prophète comme modèle. Le droit islamique et sa méthodologie. L'élaboration de la théologie. Les schismes dans l'islam. Le chiisme duodécimain. Théories et pratiques du soufisme. Les réformistes, entre réaction et modernisme. Les courants de pensée dans l'islam contemporain), Poche: 311 pages, Nouv. éd (19 septembre 2000), Collection Champs Flammarion, ISBN-10: 2080830090
-Alfred-Louis de Prémarre, Les fondations de l'Islam, entre écriture et histoire, Seuil, 2002, 522 pages.
-Alfred-Louis de Prémare, Aux origines du Coran, Téraèdre 2005, 144 p
-Christoph Luxenberg, The Syro-Aramaic Reading of the KoranA Contribution to the Decoding of the language of the Koran, Hans Schiler Verlag, 2007. ===
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