Eau-forte

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Une gravure à l'eau-forte de Rembrandt. L’eau-forte est l’un des plus importants procédés de la gravure en creux sur plaque métallique. Cette appellation vient du nom donné par les alchimistes à l’acide nitrique dilué à l’eau : l’aqua-fortis, qui sert à attaquer le métal sur des zones non protégées par un vernis. Aujourd’hui, l’expression d’eau-forte s’applique également à d’autres mordants, substance attaquant le métal, tels que le perc
Eau-forte

Une gravure à l'eau-forte de Rembrandt. L’eau-forte est l’un des plus importants procédés de la gravure en creux sur plaque métallique. Cette appellation vient du nom donné par les alchimistes à l’acide nitrique dilué à l’eau : l’aqua-fortis, qui sert à attaquer le métal sur des zones non protégées par un vernis. Aujourd’hui, l’expression d’eau-forte s’applique également à d’autres mordants, substance attaquant le métal, tels que le perchlorure de fer. L' aquafortiste est l'artiste utilisant l'eau-forte. En un sens général, l’eau-forte qui est à la fois le procédé, la gravure sur métal et l’estampe obtenue par cette gravure, s’oppose aux autres procédés de taille-douce, appelés techniques sèches, exécutés aux outils (burin, pointe sèche, manière noire).

Historique

Employée dès le Moyen Âge par les orfèvres arabes en Espagne et à Damas, elle est dès le début du siècle appliquée dans le domaine de l’image imprimée. De grands graveurs comme Urs Graf (1485-1527, actif à Zurich et à Bâle) et Albrecht Dürer (Nuremberg, 1471-1528) sont parmi les premiers à exploiter cette technique pour ses caractéristiques propres au début du siècle. L’eau-forte devient très rapidement le moyen d’expression favori des « peintres-graveurs ». À partir des années 1530, elle trouve sa véritable voix avec Francesco Mazzola (Parme, 1503-Casal Maggiore, 1540) dit Parmigianino ou « Le Parmesan », en référence à sa ville natale, qui s’empara de cette technique avec un brio et une verve exceptionnels. À l'origine, l'outil employé est une simple pointe, qui permet des effets graphiques proches de ceux de la plume. Cependant, cette technique connaît une importante transformation au début du siècle, grâce à trois innovations majeures dues à Jacques Callot (Nancy, 1592-1635), graveur lorrain formé en Italie. Celui-ci découvre la possibilité d’utiliser l’échoppe, outil proche du burin présentant un profil triangulaire, qui permet des effets de variation dans la grosseur du trait et, donc, l’usage des pleins et des déliés. Les possibilités graphiques s’en trouvent donc multipliées. Il abandonne également le vernis mou, utilisé jusque-là, qui ne permettait pas au graveur de poser la main sur la plaque. Il lui substitue un vernis dur, utilisé par les luthiers, qui donne ainsi une facilité d’exécution réellement analogue à celle du dessin. De plus, il met au point un procédé de morsure dite « à bains multiples », c’est-à-dire qu’il a l’idée de protéger certaines parties de la plaque après une première morsure, avant de la plonger à nouveau dans le bain corrosif. Cela lui permet de jouer sur l’épaisseur et la profondeur des tailles et de varier ainsi la ligne avec une grande précision. Il ouvre ainsi la voie à un nouveau terrain d’expérimentation, l’eau-forte pouvant rivaliser avec le burin grâce à ses découvertes, tout en gardant sa simplicité et sa rapidité d'exécution. Une génération après, Rembrandt (Leyde, 1606-Amsterdam, 1669) exploite la technique de l’eau-forte au maximum de ses possibilités en adoptant la technique des bains multiples. Il s’intéresse au processus d’impression en testant divers types de papiers, d’encre et de techniques d’encrage. Au même moment, c’est à Abraham Bosse (Tours, 1602-Paris, 1676) que l’on doit une révolution moins concrète mais capitale pour l’histoire de la gravure. Celui-ci est tout d’abord l’auteur du Traité des manières de graver en taille douce sur l’airain par le moyen des eaux fortes et des vernis durs et mols, publié en 1645, premier manuel pratique et théorique sur l’eau-forte. Il tente par ce biais de faire admettre la gravure comme art majeur, au même titre que la peinture, la sculpture ou l’architecture. Quelques années plus tard, en 1648, lorsque l’Académie royale de peinture et de sculpture est créée en France, il est le premier graveur à y être accepté et à y dispenser des cours au même titre que l’enseignement du dessin, de l’anatomie et de la théorie de l’art. Sous son impulsion, l’Edit de Saint-Jean de Luz en 1660 consacre la gravure comme art libre. L’eau-forte, ainsi que toutes les autres techniques de l’estampe sont désormais considérées comme un art à part entière, propre à rivaliser avec la peinture de chevalet et les autres arts figuratifs. À travers les siècles, de grands noms de la peinture se sont adonnés aux plaisirs de l'eau-forte : Lucas de Leyde, Seghers, Watteau, Goya, Degas, Pissarro, Picasso, Matisse, Gabriel Belgeonne, et Anne Claude Philippe de Tubières, Comte de Caylus. Gravure de peintre par excellence, l’eau-forte a contribué à donner à l’estampe ses lettres de noblesse.

Technique

Comme la gravure au burin, les espaces encrés correspondent aux tailles (reliefs en creux). La plaque de métal (généralement du cuivre) est recouverte sur ses deux faces d'un vernis résistant à l'acide. Le graveur exécute son dessin à l'aide d'un outil, avec lequel il retire le vernis à certains endroits. La plaque est ensuite plongée dans l'acide de façon à creuser les zones dégagées. Le bain est plus ou moins dilué et la morsure plus ou moins longue, selon la profondeur de taille que l'on veut obtenir. On peut également jouer sur le choix du mordant afin d'obtenir des attaques plus ou moins franches, voire, parvenir à certains effets : l'utilisation de fleur de soufre en suspension, par exemple, permet d'obtenir, par une attaque diffuse et peu profonde punctiforme, des effets de brume. Le vernis est ensuite retiré et la plaque encrée, l'excès de pigments étant soigneusement retiré, puis appuyée fortement sur une feuille de papier à l'aide d'une presse. Par définition, le résultat final est inversé par rapport à l'image gravée sur la plaque. Le procédé n'étant pas mécanique, mais chimique, le geste le rapproche donc de la technique du dessin, ce qui n'est pas le cas des autres techniques sèches. Ce procédé a l'avantage d'être bien plus facile à mettre en œuvre que le burin, qui nécessite une formation longue et fastidieuse, et surtout, il permet une plus grande rapidité d'exécution. La plaque peut être également retravaillée au burin ou à la pointe sèche, mêlant ainsi plusieurs techniques. En cas de repentir, le graveur peut repolir sa plaque, ou la gratter. L’aquatinte, la gravure au lavis, etc., sont des eaux-fortes parce que l’image est creusée sur une plaque de métal à l’aide d’un mordant. Cependant il est habituel de nommer chaque technique par son nom particulier.

Référence

-Les subtilités de Rembrandt aquafortiste, S Renouard de Bussière, Dossier de l'art n° 129, 2006, p 40-51
- L'eau-forte, Michel TERRAPON, Genève, Bonvent, Collection les métiers de l'art, 1975 Catégorie:Gravure Catégorie:imprimerie Catégorie:typographie bg:Офорт ca:Aiguafort cs:Lept de:Radierung en:Etching es:Aguafuerte et:Ofort fi:Etsaus fy:Ets hr:Bakropis hu:Rézkarc id:Etsa it:Acquaforte ja:エッチング ko:에칭 lv:Oforts nl:Ets no:Etsning pl:Akwaforta ru:Офорт sk:Lept sv:Etsning (konst) uk:Травлення
Sujets connexes
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