Valaques

Infos
Au sens strict, les Valaques descendent des populations de langues thraco-illyriennes, également connues sous le nom de Daces, Gètes, Thraces, Illyres, Dalmates, etc., romanisées du dans les Balkans et le bassin du bas-Danube (sauf dans l'actuelle Albanie, où ils ont conservé leur langue d'origine). Ces populations étaient proches des Grecs archaïques. Mais le mot Valaques a aussi un sens plus large, et désigne en français les habitants de :
- ce
Valaques

Au sens strict, les Valaques descendent des populations de langues thraco-illyriennes, également connues sous le nom de Daces, Gètes, Thraces, Illyres, Dalmates, etc., romanisées du dans les Balkans et le bassin du bas-Danube (sauf dans l'actuelle Albanie, où ils ont conservé leur langue d'origine). Ces populations étaient proches des Grecs archaïques. Mais le mot Valaques a aussi un sens plus large, et désigne en français les habitants de :
- ce que les historiens nomment des « Romanies populaires » : des communautés latinophones restées sans couverture politique romaine après le retrait des légions face aux Germains: il y en eut de nombreuses entre la mer du Nord (île de Walcheren aux Pays-Bas) à la mer Noire (pays "valaques", c'est-à-dire roumanophones) en passant par les Ardennes (Wallons), les Vosges et le Jura suisse (Welsches), les Alpes (Walchenthal, Walchengau, Walchensee), les Carpates (Moravsko Valašsko en Moravie tchèque, Vlachfölds en Hongrie), les monts Dinariques (Romania Planina, Vlašina, Vlašic en Bosnie) et les Balkans (Vlahina, Vlashina, Vlachoklissoura). Les habitants de ces Valachies se nommaient eux-mêmes Romans, Romanches, Ladini, Friulani, Istriani, Dinari, Armâni ou Români : ces deux derniers termes ont donné les mots modernes "Aroumains" et "Roumains", qui ont remplacé le terme antérieur "Valaques" devenu archaïque et parfois péjoratif.
- la Valachie Blanche - en Mésie le long du bas-Danube du au .
- la Valachie Noire ("Morlaques", ou Mavro-valaques) - en Dalmatie au .
- la Grande Valachie ("Megali Valacheia") - en Macédoine et Thessalie au .
- la Valachie Assénide ("regnum Valachorum") dans l'actuelle Bulgarie (appelée "second royaume Bulgare") aux XII et s.
- la principauté de Transylvanie ou "Valachie intérieure" au , issue de la réorganisation des "Vlachfölds" roumains de Hongrie, qui a fusionné avec le Royaume de Hongrie en 1867 avant de devenir roumaine en 1918.
- la principauté de Valachie ou "Hongro-Valachie" au , issue de l'émigration des chefs des "Vlachfölds" de Hongrie vers le Danube, qui a fusionné avec la principauté de Moldavie pour former la Roumanie en 1859.
- la principauté de Moldavie ou "Bogdano-Valachie" au , qui a fusionné avec la principauté de Valachie pour former la Roumanie en 1859.
- la région de Valachie en Roumanie actuelle, (en roumain : Ţara Românească), composée de l'Olténie et de la Munténie. A l'instar des habitants des autres romanies populaires issues de la désagrégation de l'Empire romain, les Valaques se nommaient eux-mêmes romani, români, rumâni, rumâri, armâni ou arumâni. Parmi les "Valaques" du bas-Danube et des Balkans on distingue:en gris = zone de rencontre inter-linguistique (tranhumance)en blanc = Roumainsen vert = Istriens et Dalmates en jaune = Aroumains en orange = Megleno-Roumains Leurs voisins hongrois les nommaient Olah, tandis qu'ils nommaient les Italiens : Olasz. Le mot français Valaques a pour équivalents dans d'autres langues les mots Wallachians (angl.), Walachen (all.), Wlachs, Wallachs, Olahs (hongr.), Ulahs, Vlah(i), Vlaques, Vlachs, Blahs, Valacchi (ital.), Tsintsares, Sarakatsanes, Koutso-Vlaques, qui tous devraient être traduits en français par : Valaques romanophones. Il désigne plus spécifiquement les Roumains (populations de langue romane du bassin danubien) et les Aroumains (populations de langue romane des Balkans), de religion orthodoxe restée conforme à la théologie et au droit canon de l'église du premier millénaire. Aujourd'hui, selon la convention du "politiquement correct" qui stipule que l'on doit appeler les peuples par un ethnonyme non-péjoratif issu du nom qu'ils se donnent eux-mêmes et correspondant à la langue qu'ils emploient, les Valaques du nord du Danube et de Dobrogée, comme les Moldaves ou les Transylvains, doivent être appelés Roumains, et ceux du sud du Danube : Aroumains. En ex-Yougoslavie, le terme français Valaques concerne six ethnies :
- les Istroromuni, Istriens ou Istro-roumains en Croatie
- les Karavlasi, Dalmates, Mavro-Vlaques ou Valaques Noirs en Serbie, Dalmatie et Bosnie
- les Cincari ou Tsintsars en Macédoine et en Serbie
- les Vlasi ou Valaques en Serbie
- les Serbes :
- en Bosnie-Herzégovine, ils sont appelés Vlasi par les Bosniaques et les Croates
- ceux qui parlent un dialecte roman (
vlashki) sont appelés Vlasi par les autres Serbes.
- les Roms : dont les membres d'une de leurs communautés en Serbie parlent vlashki et se nomment Vlasi.

Étymologie

Valaques est un exonyme dont l'origine est Walh, nom par lequel les Germains (et notamment pour les Goths lorsqu'ils sont entrés en contact avec le monde romain) désignaient les locuteurs celtiques et puis latins et romans. Le lien avec les langues indo-européennes est fait à travers wala, personne en sanskrit. Walh lui-même, selon O. Bloch (Dictionnaire étymologique) vient, semble-t-il, des Volsques, peuple celtique avec lequel les Germains furent en contact sur leurs marges méridionales, et signifiait en germanique "étranger". Pour distinguer les Valaques du nord du Danube et ceux du sud du Danube, les premiers Turcs les appelaient kara-iflak (du nom de la couleur noire qui pour eux désignait le nord : c'est aussi l'origine du nom de mer Noire pour le Pont-Euxin), et ak-iflak, "ak" désignant le blanc, donc le sud. Au Moyen Âge, le mot Vlah est utilisé aussi par les Croates catholiques pour désigner leurs voisins orthodoxes. À l'époque les Grecs utilisaient le mot vlahos avec un sens péjoratif et il n'est pas rare d'entendre aujourd'hui en Grèce des histoires où le personnage du Vlahos joue le rôle du simplet. Toutefois, en Grèce, c'est aussi un nom de famille répandu.
Vlahos'' est utilisé également par les Grecs pour désigner les Aroumains. A noter qu'en Roumanie, les Aroumains sont appelés "Machedoni", qu'il ne faut pas confondre avec "Macedoneni" qui désigne les Macédoniens grecs antiques et les habitants actuels de la République de Macédoine.

Histoire

Pétition en latin pour les droits des Valaques de Transylvanie en 1791 La première mention des populations de langue romane des Balkans est faite en 579 par Theophanos et Theophylacte Simocatta dans la chronique d'une bataille contre les tribus des Avars, les romanophones combattant dans les rangs de l'armée romaine d'orient dite Byzantine. La deuxième mention écrite est celle du Byzantin Kedrenos en 976 qui est le premier à employer le terme de Valaques quand il raconte l'assassinat par les ceux-ci du frère du tsar bulgare Samuel. Sous la forme Volokhs ou Bolohovènes, le terme a été aussi utilisé par les peuples slaves pour désigner les populations situées au sud de leurs frontières, lors de leur arrivée dans la région. Ensuite, le terme est clairement et officiellement utilisé par le pape Innocent III en 1205 dans une correspondance avec le roi Caloian du Regnum Valachorum, premier état roumain/aroumain fondé en 1186 sur le Bas-Danube, et remplacé en 1261 par des tzarats bulgares au sud du Danube (Trnovo, Vidin et Okhrid), par l'Empire byzantin sur les côtes de la mer Noire, et par des banats roumains vassaux de la Hongrie au nord du Danube (Severin, Arges). Contrairement à ceux de Valachie, Moldavie et Transylvanie (les Roumains), les Valaques des Balkans (les Aroumains) n'ont plus d'histoire politique après 1261: ils vivront en bergers, cultivateurs et commerçants au sein de l'Empire ottoman et d'ailleurs, une petite partie d'entre eux, quelques villages de Mégléniotes, s'est alors convertie à l'Islâm. Lors de l'éveil des nationalismes au , les Valaques Aroumains des Balkans ne revendiqueront pas de territoire, et la majorité d'entre eux choisira de se déclarer membres de l' Elleniki ethniki koinonia (communauté nationale hellénique) mais de langue aroumaine. Une autre partie de la communauté a émigré en Roumanie (pays qui avait financé leur système scolaire de 1866 à 1940, mais en tentant de substituer la langue roumaine à l'aroumain) avant et après la première guerre mondiale, pour peupler notamment la Dobroudja du sud (ou Cadrilatère) que la Roumanie avait enlevé à la Bulgarie en 1913. Pendant la seconde guerre mondiale, l'Italie a tenté d'embrigader les Valaques d'Albanie et de Grèce en leur faisant miroiter un pays aux confins de ces deux pays (plus ou moins l'actuelle région grecque de Macédoine occidentale et le district de Korce ou Koritsa en Albanie): les Valaques n'ont pas répondu à ces avances, pas plus qu'à celles des communistes pendant la guerre civile grecque (1946-49) qui leur promirent une région autonome sur le modèle soviétique. Aujourd'hui les Aroumains ne revendiquent aucune structure territoriale ou politique au sein des pays où ils vivent, mais ont une vie culturelle intense, cultivent leur langue et maintiennent leurs liens d'un pays à l'autre. Dans leur culture populaire, les Valaques avaient trois mythes principaux de leurs origines. Au nord du Danube, l'un de ces mythes (dont il existe des versions en vers) gardait le souvenir de "Trajan, venu il y a bien des ans", fondateur et bâtisseur. Au sud, une légende rapporte que les Valaques ont jadis vécu au nord de l'actuelle Serbie, dans la région de Sirmium (Srem), d'où ils ont fui vers le sud-ouest devant les invasions; d'autres légendes les font descendre des "caravaniers des Romains" chargés de construire, défendre et entretenir la Via Egnatia (reliant Dyrrhachium, aujourd'hui Durres en Albanie, à Constantinople).

Significations

Les populations valaques dans les Balkans Dans certains pays, ce nom a changé de sens et signifie "berger", témoignant de l'occupation principale des nombreux Valaques de Grèce et de Serbie de l'époque. En Albanie, le sens du mot s'est complètement inversé et c'est çoban ("berger" en turc et en roumain) qui signifie "valaque" tandis que vlah signifie "berger". On retrouve le terme valaque dans les langues européennes ("Walach", "Wallach", "Wolokh", "Valach", "Olah", "Vlah", "Vlas", "Vlachos", "Iflak", etc.) avec les sens suivants :
- berger en albanais,
- cheval,
- italien et/ou roumain en polonais, tchèque, slovaque, slovène (et hongrois sous la forme Olah pour les Roumains et Olasz pour les Italiens),
- immigré serbe (péjoratif) en slovène,
- aroumain en grec, bulgare, serbe, croate, bosniaque,
- roumain ancien en allemand, ukrainien, russe moderne,
- latinophone (tous latinophones confondus) en russe ancien,
- habitant de l'ancienne principauté de Valachie,
- immigré, métèque ou chrétien orthodoxe (péjoratif) chez les croates,
- non-musulman ou mécréant (péjoratif) chez les bosniaques,
- habitant de la Valachie morave en tchèque moderne,
- italien en ancien tchèque
- roumain (Woloch) et italien (Wloch) en ancien polonais,
- paresseux, péquenot en slovaque,
- aroumain, berger en bulgare et en macédonien,
- aroumain en grec,
- langue roumaine parlé dans la Krajina de l'est de la Serbie (Portes de Fer),
- serbe (péjoratif) chez les croates et les bosniaques
- valacchi, Velacia en italien : aroumains, habitants de Valachie, nom médiéval des pays roumanophones. ==
Sujets connexes
Alpes   Ardennes   Armée byzantine   Avars   Bosnie   Bulgare   Carpates   Catherine Durandin   Christianisme orthodoxe   Constantinople   Croates   Empire byzantin   Empire ottoman   Empire romain   Goths   Grandes invasions   Guerre civile grecque   Hongrois   Innocent III   Jura   Langues thraco-illyriennes   Mer Noire   Mer du Nord   Nicolae Iorga   Nicolas Trifon   Pape   Rome antique   Roumain   Roumains   Roumanie   Région de Moldavie   Sanskrit   Slaves   Thraco-Romains   Trajan   Transylvanie (principauté)   Tsar   Turc   Valachie (principauté)   Vosges   Walcheren   Walh  
#
Accident de Beaune   Amélie Mauresmo   Anisocytose   C3H6O   CA Paris   Carole Richert   Catherinettes   Chaleur massique   Championnat de Tunisie de football D2   Classement mondial des entreprises leader par secteur   Col du Bonhomme (Vosges)   De viris illustribus (Lhomond)   Dolcett   EGP  
^