Bondage

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Bondage artistique Le bondage (du verbe anglais to bind, lier) est une pratique érotique qui consiste à contraindre, d'une manière ou d'une autre, son/sa partenaire. Le bondage consiste à contraindre le corps dans sa totalité ou en partie, généralement à l'aide de cordes et de bâillons, mais aussi de bande adhésive, de lanières, de chaînes, ou de tout autre ustensile apte à exercer une emprise sur la ou les partie(s) du corps concernée(s). L'immobilisation
Bondage

Bondage artistique Le bondage (du verbe anglais to bind, lier) est une pratique érotique qui consiste à contraindre, d'une manière ou d'une autre, son/sa partenaire. Le bondage consiste à contraindre le corps dans sa totalité ou en partie, généralement à l'aide de cordes et de bâillons, mais aussi de bande adhésive, de lanières, de chaînes, ou de tout autre ustensile apte à exercer une emprise sur la ou les partie(s) du corps concernée(s). L'immobilisation complète du partenaire n'est pas nécessairement le but. On parlera ainsi de bondage des bras, des jambes, du torse/des seins, de la taille, et ainsi de suite. Cette forme particulière de sexualité est souvent assimilée à tort au sado-masochisme ou au BDSM, alors que ce sont toutes trois des pratiques bien distinctes. La différence fondamentale est que dans le bondage pur, la contrainte en soi est un but, souvent esthétique (mais pas seulement), alors que dans le sado-masochisme ou le BDSM il s'agit généralement d'un simple moyen, d'un outil parmi d'autres. De plus, dans le bondage pur, on ne retrouve pas les notions de dominant/maître, dominé/soumis/esclave, humiliation/servitude, etc., propres au sado-masochisme et au BDSM. Le bondage peut être considéré comme une pratique érotique à part entière, qui se suffit généralement à elle-même. La notion de BDSM en particulier intègre par définition le bondage comme l'une de ses pratiques. La réciproque n'est pas vraie : le bondage est intrinsèquement indépendant du BDSM et n'a pas besoin de ce dernier pour exister. Au Japon, la pratique du bondage se décline sous le nom de Shibari ou Kinbaku ; elle fait partie d'une tradition à la fois historique et artistique.

Histoire

Il est établi que le bondage moderne puise largement ses origines dans la société japonaise, où l'utilisation de la corde sous toutes ses formes date au moins du , et notamment du Kinbaku, un châtiment corporel. Les samouraïs ne pouvaient être entravés que par un spécialiste, le nawashi.

–1560 : La période sanglante de Shinkoku ou le règne de Tokugawa

À cette époque, la société japonaise vécut une période de guerre sombre et tortueuse sous un règne de dictature qui dura jusqu'en 1560. Selon la règle de Tokugawa, en 1542 on promulga un code présentant 4 degrés de torture basée sur la corde pour les criminels. Le premier degré était de se servir de la corde pour fouetter ou flageller, le second était d'attacher une pierre à la corde et de s'en servir comme masse d'arme, le troisième consistait à créer des points de compression infligeant des séquelles graves et irréversibles, et enfin le quatrième était la suspension qui pouvait parfois durer plusieurs jours. Dans les trois derniers degrés, l'issue de la punition était généralement la mort. Ces méthodes ont pris fin en même temps que les guerres, vers 1560. L'utilisation de la corde comme un outil de torture n'a plus jamais eu lieu depuis. Cependant, plusieurs de ces techniques sont à la base de l'utilisation moderne de la corde sous ses formes érotiques les plus courantes relevant du bondage.

1600–1878 : Période Edo

Après la période sanglante de Shinkoku, une technique appelé hojo-jutsu ou hobaku-jutsu fut développée. Le hobaku-jutsu était un art martial très spécial employé pour attraper et retenir des criminels ou des prisonniers. Une technique précise de l'usage de la corde pour attacher et contraindre un prisonnier a vu le jour. Chaque village avait sa propre méthode. Un criminel/prisonnier ne pouvait être attaché/suspendu qu'en public, et tout observateur pouvait dire par la façon dont le criminel ou le prisonnier était attaché/suspendu et par le modèle de corde employé, quelle était la classe sociale du criminel/prisonnier, le crime qu'il avait commis, et également parfois l'âge et la profession de la victime. L'utilisation de la corde comme forme érotique est très floue pendant cette période, et nous n'avons trouvé aucun écrit pouvant clairement nous renseigner sur son usage.

Le bondage moderne

Hogtie vertical. À la fin de la période d'Edo, quelques images érotiques japonaises sont apparues, où l'usage de la corde est enfin représenté. Si cet usage érotique a pu exister avant, on ne le connaît en tout cas dans aucun sens historique : seuls des récits ou des légendes y font allusion. L'art moderne des jeux de corde n'est pas une pratique de torture comme malheureusement bien des vidéos nous le présentent. Il reste consensuel et ne franchit jamais la limite des deux protagonistes. Il existe aujourd'hui deux grandes écoles, à la fois antagonistes et complémentaires : l'école occidentale (bondage), basée à l'origine sur l'école orientale (Shibari), a développé ses propres techniques et sa propre esthétique. Elle est aujourd'hui la plus répandue, hormis au Japon évidemment. À titre anecdotique, les policiers japonais modernes portent toujours un morceau de corde sur leur uniforme.

Précautions d'usage

Le bondage est avant tout une relation de confiance entre la personne qui attache (le bondageur dit aussi bondeur(se)/ la bondageuse) et la personne attachée (la bondagette / le bondagé ou bondé(e)). La responsabilité (et même la vie) de la personne attachée est à tout moment entre les mains de la personne qui attache. Si vous êtes cette personne, gardez toujours à l'esprit que du moment que votre partenaire se met volontairement entre vos mains pour être attaché(e), vous en avez sa responsabilité, sa garde, et vous vous devez avant tout d'honorer cette confiance. Plusieurs accidents graves liés au bondage sont recensés tous les ans. N'oubliez jamais les règles de sécurité élémentaires suivantes : Bâillon
- Ne laissez jamais une personne ligotée (ou enchaînée) seule, sans surveillance. Si vous pratiquez en solitaire, un certain nombre de règles supplémentaires sont décrites dans les documents relatifs au self-bondage ;
- Encore plus important, ne laissez jamais seule, pas même un instant, une personne ligotée et bâillonnée. Les étouffements accidentels sont très rares, mais ils peuvent intervenir très rapidement ;
- Ne passez pas de corde autour du cou. Les risques d'étranglement sont beaucoup trop grands ;
- Conservez un moyen de défaire les cordes rapidement. Ciseaux (les ciseaux à bandage sont recommandés : ils sont efficaces et comportent une protection destinée à protéger la peau), couteau, et/ou nœuds rapides. Notamment au niveau du torse, des articulations et de certains endroits sensibles, pour éviter les garrots ;
- Prévenez les risques de chute et d'étranglement. Une personne immobilisée faisant une chute en arrière (avec sa chaise, par exemple) risque de se rompre le cou ;
- Les « suspensions » demandent beaucoup de maîtrise. Ne les pratiquez pas si vous êtes débutant ;
- La qualité de la corde est primordiale afin de limiter les risques de brûlure liée aux frottements (préférer la corde naturelle pour les suspensions : la corde restera en place) ;
- N'utilisez jamais de nœuds coulants ! Il faut toujours utiliser des nœuds qui ne glissent pas. Evitez les nœuds dits « queue de cochon », qui glissent (le nœud des lacets de chaussures). Préférez-leur le nœud plat.
- N'insistez pas si votre partenaire exprime une gêne ou de la douleur. Nous ne sommes pas tous égaux devant le bondage. Certaines caractéristiques et limites physiques sont propres à chaque individu. La souplesse est un bon indicateur. À surveiller tout particulièrement : les épaules (risque de déboîtement) et les coudes (si ils ne se touchent pas aisément, ne forcez pas !). La durée des séances est très variable, de quelques minutes (positions très strictes et/ou personne attachée débutante) à plusieurs heures d'affilée (positions plus faciles à tenir et/ou personne attachée expérimentée). Dans tous les cas, ne prenez pas de risques inutiles, et pensez à hydrater régulièrement la personne attachée. Les photos, vidéos et textes de fictions que l'on peut trouver sur Internet sont choisis en fonction de leur esthétique et/ou de leur impact. Les positions sont généralement réelles, mais elles sont souvent plus compliquées à réaliser qu'il n'y paraît, et ne peuvent pas toujours être reproduites simplement et/ou sans risques. Ne vous y risquez pas si vous êtes débutant.

Pourquoi des gens aiment se faire ligoter ?

Les personnes qui trouvent érotique de se faire ligoter, le trouvent pour différentes raisons :
- La raison plus souvent citée ou du moins invoquée, est une libération des inhibitions et responsabilités, dans la mesure où les personnes ligotées ont, dans une certaine mesure, confié les clés de leur situation à un tiers. On peut appeler cela un échange érotique de pouvoirs (en anglais : "erotic power exchange"). Le sentiment d'impuissance permet de surmonter l'interdit: la personne attachée ne se sent plus responsable d'avoir commis un acte sexuel. Ce fantasme est fréquent chez les femmes dont l'éducation diabolise la sexualité, ainsi que chez les personnes refoulant leur sexualité
- Pour aviver un fantasme narcissique: la personne ligotée se sent plus désirée qu'à l'ordinaire.
- Certaines personnes apprécient la sensation physique de la contrainte, les sensations, la pression des cordes, l'impossibilité de se libérer malgré les efforts. Ces mêmes personnes apprécient beaucoup plus rarement la brûlure/douleur engendrée par le frottement/morsure de la corde.
- On peut aimer la sensation d'impuissance liée aux tentatives désespérées de rompre ses entraves (liens, chaînes ou bracelets), particulièrement en étant stimulé(e), sensuellement ou sexuellement. Rappelons que la pratique du bondage n'implique pas nécessairement de contact sexuel entre les partenaires.
- D'autres personnes apprécient les jeux de rôle sur des thèmes divers et variés (voleur/kidnappeur et victime/otage, médecin et patient(e), policier et prisonnier(ère), magicien(ne) et assistant(e)...).
- Plus rarement, certaines personnes éprouvent un plaisir provenant de la « mise en danger » symbolique (comme le saut à l'élastique et l'escalade). Ces personnes apprécient l'adrénaline provoquée par des situations potentiellement dangereuses, et orientent naturellement le bondage vers ce type de situations, voire de la dégradation. Cette catégorie est peu nombreuse.
- Ou tout simplement, comme un complément « piquant » aux pratiques sexuelles, pour essayer ! Quelques raisons complémentaires :
- Comme complément à un fétichisme donné (fétichisme des matières comme le cuir, le latex ou le vinyle, fétichisme des dessous, des bas, des talons aiguille, etc.). La géométrie formée par les lignes du bondage sur le corps permet ici de mettre en valeur tel ou telle tenue, tel ou tel accessoire fétichiste.
- Et enfin, des gens peuvent aimer se faire ligoter comme complément à des pratiques sado-masochistes que nous n'aborderons pas ici.
- Un goût pour l'esthétisme du shibari/bondage (argument régulièrement avancé par les femmes attachées et/ou désirant l'être)

Pourquoi des gens aiment ligoter d'autres personnes ?

- Pour donner du plaisir à son/sa partenaire, et pour les stimulations engendrées par le plaisir de son/sa partenaire ; c'est de loin le cas le plus courant et profitable aux deux partenaires.
- Pour la mise en valeur de l'anatomie, la géométrie des formes, l'aspect esthétique du sujet, des liens et de l'environnement (voir les travaux de « Midori » et de son photographe Michael Blue par exemple)
- Pour la soumission érotique de son/sa partenaire, autrement dit un fantasme de possessivité - qui coïncide avec le fantasme d'être excessivement désiré chez la personne attachée.
- Pour le contrôle et le pouvoir provoqués par la « mise en danger » de son/sa partenaire attaché(e). Pour cette catégorie de gens, s'il s'agit de leur seule motivation, il est possible qu'ils aient quelques difficultés à provoquer le plaisir du jeu chez leur partenaire.
- Et enfin, comme complément à d'autres pratiques sado-masochistes. Pour que le plaisir soit partagé, il est indispensable que la personne qui attache soit constamment à l'écoute de son/sa partenaire. Un bondageur/une bondageuse n'étant à l'écoute que de son propre plaisir ne procurera que très rarement de plaisir partagé, comme bon nombre de « pseudo-bondageurs » que l'on peut trouver par le biais de clubs et de sites internet privés.

Ligoteurs célèbres

En France, le premier témoignage de bondage sont les cyanotypes (ancêtre de la photographie, de couleur bleue) de Charles-François Jeandel (1859-1942), un notable angoumoisin. Ces clichés sont conservés au musée d'Orsay. Ils ont été identifiés grâces aux travaux d'Hélène Pinet dans les années 1990, qui a reconnu des portions d'une toile de Jeandel sur des clichés (Renversements de l'idole Sérapis, 1889, exposée à la mairie d'Angoulême). Parmi les grands inspirateurs du bondage du , on peut citer John Willie (Adventures of Sweet Gwendoline) ou Eric Stanton. Citons aussi l'illustrateur japonais Yoji Muku, réalisant de splendides estampes sous différents pseudonymes dont le plus connu est « Jito », l'anglais John Blake, sous le nom de Nawashi Murakawa, Akechi Denki et son assistante Akechi Enka (Shizuka Aoi de son vrai nom), le photographe Nobuyoshi Araki, le dessinateur Richard Laillier et le français Tonton Ficelle dans les années 1970. Les ligoteurs contemporains les plus célèbres sont essentiellement américains. Ce sont pour la plupart des références au niveau de l'esthétique et de l'innovation. On peut citer notamment Jim Weathers (alias The Weatherman), feu Cory Thompson (alias Mr. T), Jay Edwards, Dominic Wolfe, Jon Woods, Lew Rubens, etc. Et une femme en particulier : la célèbre Lorelei (alias Kristine Imboch), pour l'ensemble de son travail et sa contribution à la démocratisation du bondage. On se souviendra également de la célèbre pin-up américaine Betty Page mise en scène dans multiples photos et bandes dessinées.

Voir aussi

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Sujets connexes
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