Cheval de Troie

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Tiepolo Dans la mythologie grecque, l'épisode du cheval de Troie est l'un des plus fameux de la guerre de Troie.
Cheval de Troie

Tiepolo Dans la mythologie grecque, l'épisode du cheval de Troie est l'un des plus fameux de la guerre de Troie.

Un mythe

Troie (2004)

Les sources du mythe

Cet épisode est relaté brièvement par Homère dans l'Odyssée (et non dans l'Iliade, comme on le croit souvent) : Ulysse, hôte anonyme d'Alcinoos, demande à l'aède Démodocos de chanter (VIII, 492-495) : « (...) l'histoire du cheval qu'Épéios, assisté d'Athéna, construisit, et traquenard qu'Ulysse conduisit à l'acropole surchargé de soldats qui allaient piller Troie. » Homère résume ensuite sur une vingtaine de vers le récit de Démodocos. Virgile, dans L'Énéide, s'étend plus longuement sur cet épisode.

La nature du mythe

- L'intérêt de la manœuvre : Après avoir vainement assiégé Troie pendant dix ans, les Grecs ont l'idée d'une ruse pour prendre la ville : Épéios construit un cheval géant en bois creux, dans lequel se cache un groupe de soldats menés par Ulysse ; un espion grec, Sinon, réussit à convaincre les Troyens d'accepter l'offrande, malgré les avertissements de Laocoon et de Cassandre. La cité fait alors une grande fête, et lorsque les Grecs sortent du cheval, les habitants sont pris par la torpeur de l'alcool. Les Grecs ouvrent alors les portes, permettant au reste de l'armée d'entrer et de piller la ville : tous les hommes sont tués, les femmes et les filles emmenées comme esclaves et les enfants mâles tués eux aussi pour éviter une éventuelle vengeance.
- La consécration de la métis : Dans l'épisode du cheval de Troie, Ulysse, personnage devenu célèbre pour sa métis (« intelligence rusée »), rend un conseil très apprécié dans la guerre de Troie à laquelle il participe. Ici il s'agit en fait d'une ruse. Elle se distingue de la triche mais aussi du délit (ou du crime) en cela que la ruse est autorisée par la loi ou les règles de l'usage, du jeu, de l'art, de la société, ou des accords internationaux. En l'espèce de l'art de la guerre chez les grecs, il s'agit plus particulièrement d'une ruse de guerre.

L'interprétation du mythe

Eau-forte du (artiste inconnu) Le texte d'Homère étant un poème, il est l'objet d'interprétation. En particulier, on a suggéré que le cadeau n'était pas un cheval cachant des guerriers dans ses flancs, mais un bateau porteur d'une ambassade de paix, offre que les Troyens trop peu méfiants ou trop heureux de faire la paix auraient imprudemment acceptée. Après la fête, les Troyens découvrent la sinistre réalité... À l'appui de cette interprétation, on remarquera que :
- les civilisations marines grecque et viking (entre autres ?), assimilent le cheval et le bateau. Ainsi, le cheval est-il l'animal de Poséidon ;
- c'est Ulysse, l'expert en paroles et ruses, un des hommes souvent envoyés en ambassade, qui mène la danse ;
- le sacrifice d'une construction de bois par simple abandon sur une plage est une procédure assez originale pour un rite censé apporter la protection de Poséidon. L'équivalent n'apparaît nulle part dans la mythologie ;
- Autant il est facile de trouver des explications rationnelles aux multiples interventions divines qui ponctuent le poème, autant il est difficile de prendre au pied de la lettre l'intervention miraculeuse des serpents qui éliminent Laocoon. En revanche, si on traduit ces serpents par des offres sournoises, qui suscitent des émeutes dans lesquels les chefs des méfiants (Laocoon) trouvent la mort, on a un scénario qui tient la route : le peuple est las de la guerre, il faut conclure.

Postérité

- De cet épisode légendaire, on a créé l'expression « Cheval de Troie » pour parler d'un don qui s'avère être une malédiction ou des mécanismes sous-jacents. On a aussi conservé la phrase « Timeo Danaos et dona ferentes (« Je crains les Grecs, même quand ils apportent des cadeaux ») », c'est-à-dire « attention aux Grecs porteurs de cadeaux », mis dans la bouche de Laocoon dans
L'Énéide'' (livre II v.49) .
- Un petit musée a été construit en 1955 sur le territoire de l'ancienne ville de Troie, près des Dardanelles (de nos jours en Turquie). Il présente les restes de la ville, ainsi qu'un cheval de bois construit pour symboliser celui de la légende.

Voir aussi

Bibliographie

- Marcel Detienne, Jean-Pierre Vernant, Les ruses de l'intelligence, la Mètis des grecs, Flammarion, 1974 ===
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