Pays de Caux

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Le Pays de Caux est une région naturelle de Normandie. Il appartient au bassin parisien. Il s’agit d’un plateau crayeux en Haute-Normandie, au nord de la Seine, qui s’étend jusqu’aux falaises de la Manche. Il occupe la plus grande partie du département de la Seine-Maritime. Les villes principales sont Le Havre, Dieppe, Fécamp, Yvetot et Étretat. L’architecture rurale se distingue par ses clos-masures et ses colombiers. Les habitants du pays de Caux sont les Cauc
Pays de Caux

Le Pays de Caux est une région naturelle de Normandie. Il appartient au bassin parisien. Il s’agit d’un plateau crayeux en Haute-Normandie, au nord de la Seine, qui s’étend jusqu’aux falaises de la Manche. Il occupe la plus grande partie du département de la Seine-Maritime. Les villes principales sont Le Havre, Dieppe, Fécamp, Yvetot et Étretat. L’architecture rurale se distingue par ses clos-masures et ses colombiers. Les habitants du pays de Caux sont les Cauchois. Le cauchois est un dialecte important de la langue normande.

Géographie

Le Pays de Caux se distingue du reste de la Normandie par ses caractéristiques géographiques et géologiques. Ces paysages, uniques en France, ont été façonnés par l'eau et les activités humaines.

Situation et limites

Carte de situation du Pays de Caux (en jaune) Le Pays de Caux forme grossièrement un triangle à l'ouest du département de la Seine-Maritime, en Haute-Normandie. Il est bordé au nord et à l'ouest par la Manche. Mais à l'est, les limites sont plus floues et dépendent des auteurs. On admet généralement que le Pays de Caux se termine à l'ouest de la forêt d'Eawy et de la forêt Verte ou sur l'interfluve entre la Varenne et la Scie . La boutonnière du Pays de Bray, par ses altitudes plus élevées et par la nature de ses terrains se différencie nettement du Pays de CauxJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.6. On désigne par l'expression « Petit Caux », la région littorale située entre Dieppe et le Tréport. La ville la plus au nord est Dieppe ( ) ; l'extrémité sud-ouest est occupée par l'agglomération havraise ( ). Ces deux cités sont des sous-préfectures. Enfin, la vallée de la Seine marque la limite méridionale du Pays de Caux. Les hautes falaises de craie, qui constituent l'essentiel du littoral, et la Seine ont par le passé représenté des obstacles naturels aux transports et aux communications, si bien que le territoire cauchois est longtemps resté relativement enclavé (voir le paragraphe sur les transports plus bas).

Géomorphologie

Étretat, falaise d’aval et aiguille Le pays de Caux est un vaste plateau sédimentaire à la surface légèrement ondulée. Il s’élève doucement vers l’est, passant de 100 à d’altitudeP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.13. Il se termine par le plus bel ensemble de hautes falaises en France, qui atteignent les 110 mètres de hauteur au Cap Fagnet, à Fécamp. Le plateau cauchois appartient à l'ensemble géologique du Bassin Parisien, formé à l'ère secondaire. Le sous-sol est constitué d'une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à de profondeur. Il est couvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertileJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.6. Dans quelques secteurs, on peut trouver des placages datant de l'époque éocène, notamment entre Saint-Valery-en-Caux et Dieppe (sables, grès, argiles inhabituels pour la régionP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.35). Il faut signaler la présence de quelques accidents tectoniques : anticlinal de Villequier et de Yerville, faille de Fécamp, qui sont somme toute peu visibles aujourd’hui. Le plateau du Pays de Caux est entaillé par des vallées et des vallons tapissés d’alluvions et de sédiments : les vallées humides, désignées ainsi car elles sont parcourues par un fleuve ou une rivière, possèdent un fond plat et large de quelques centaines de mètres. Elles s'ouvrent sur la Manche au nord ou sur la Seine au sud. Elles sont plus nombreuses et plus longues au nord (vallées de Scie, de la Saâne, du Dun, de la Durdent, de la Valmont, etc.). Les versants exposés au sud ont une pente plus raideP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.39 et sont en général plus boisés. Les vallées sèches et les valleuses coupent également le plateau de craie : on les trouve à Yport, Étretat, Saint-Valery-en-Caux ... Elles n'ont pas d'écoulement en surface et sont peu peuplées, sauf à leur embouchure. Les versants sont boisés car la craie affleure à cause de l'érosion : il est donc impossible de pratiquer l'agriculture. Certaines valleuses sont « suspendues » à cause du lent recul de la falaise : elles ne permettent pas d'accéder directement à la plage. Les hommes y ont parfois aménagé des escaliers ou des échelles pour descendre (valleuse d'Életot par exemple).

Histoire géologique

Les falaises du Pays de Caux se sont formées au secondaire par une lente accumulation de couches sédimentaires C'est au cours de l'ère primaire que le socle du Pays de Caux s'est constitué, à la suite du rapprochement des blocs ardennais et armoricainJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.11. Le socle résulte de la déformation puis de l'érosion de la montagne née de cette collision. Des forages effectués dans le secteur d'Étretat-Fécamp-Lillebonne ont montré la présence de sable du primaire sous les couches de l'ère secondaireJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.12. D'autres sondages profonds ont mis en évidence des gneiss et des roches schisteuses très déformées . Le socle primaire a été ensuite submergé par la mer au Jurassique et au Crétacé. Le niveau de cette mer chaude a fortement évolué au cours de cette période, ce qui a donné lieu à la formation de couches d'argiles, de marnes puis de craie. L'analyse de ces couches révèle la présence de fossiles d’ammonites, d’oursins ainsi que des dents de requinsJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.14-15. Pendant plusieurs millions d'années, les strates se sont empilées pour constituer au total 500 à de terrains sédimentaires, dont plus de de craie, divisés par les géologues en plusieurs étages (cénomanien, turonien, coniacien, santonien, campanien)J. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.18-20. Lorsque l'apport en silice était suffisant, des bancs de silex se sont créés au milieu des couches calcaires. À la fin du crétacé, le soulèvement général du Bassin Parisien provoque le retrait de la mer et des déformations tectoniques (fractures, failles). L'ère tertiaire est marquée par l'altération de la craie des surfaces émergées et la formation d'argile à silex. La mer envahit de nouveau plusieurs secteurs du Pays de Caux, ce qui entraîne des dépots de sables, d'argiles et de calcaires, visibles dans le synclinal d’Ailly. Il y a 4 millions d’années environ, la mer quitte définitivement la régionJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.21. Une première phase de refroidissement se produit, il y a quelque 2, 6 millions d’annéesJ. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.24. Le quaternaire (-1, 8 millions d’années) voit se succéder plusieurs périodes glaciaires, au cours desquelles la Seine se creuse, forme des méandres et des couches d’alluvions. L'alternance de périodes froides et de périodes interglaciaires, mais aussi la poursuite du soulèvement du Bassin Parisien expliquent la migration des méandres de la Seine, l'encaissement rapide des vallées et les falaises mortes situées au sud du plateau P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.9. C'est aussi pendant le quaternaire que les loess se déposent, formant des épaisseurs allant jusqu'à 10 mètresP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.37J. Ragot, M. Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, 2005, p.26. Ces particules sont arrachées aux vasières et aux alluvions par les vents violents. Depuis 10 000 ans environ, avec le réchauffement du climat, les vallées ont tendance à se combler et les milieux à évoluer.

Climat

Le pays de Caux se trouve en climat tempéré océanique : les précipitations sont relativement importantes, comprises entre sur la côte et par an autour de Goderville, à l’intérieur des terres . La Manche joue un rôle de régulateur thermique, si bien que les hivers sont généralement plus doux et les étés plus frais qu’à l’intérieur du continent. Ces conditions climatiques sont favorables aux activités agricoles. Quelques données climatiques : Les précipitations se répartissent tout au long de l’année, avec un maximum en automne et en hiver. Les mois de juin et juillet sont marqués par quelques orages qui peuvent produire des crues catastrophiques dans les vallées. L’un des traits caractéristiques du Pays de Caux est la grande variabilité du temps, même au cours d’une journéeP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.42. Les vents dominants soufflent du sud et du sud-ouest ; les tempêtes arrivent en hiver, surtout en janvier . Le record absolu pour le Pays de Caux a été enregistré le au Cap de la Hève : 180 km/h.. Enfin, il existe des microclimats liés à une situation particulière ; la côte nord (autour de Dieppe) est plus froide et humide que le reste du littoralP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.43. L’intérieur du plateau de Caux possède une nuance flamande. Données climatiques pour Le Havre :

Des milieux et des paysages fragiles

Les paysages sont d’aspect tabulaire et marqués par l’openfield (champs ouverts) nécessité par la mécanisation agricole. La spécificité du Pays de Caux est le clos-masure qui est un espace entouré de haies vives servant de rideau brise-vent. Les arbres sont plantés sur un talus (appelé de façon paradoxale « fossé » par les Cauchois P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.27) d'environ un mètre de hauteur P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.29. On utilise des hêtres, des chênes ou, de nos jours, le peuplier à cause de sa croissance rapide. Il existe parfois deux rangées d'arbres sur le même talus. Abritée par cette haie qui crée un microclimat se trouve une cour complantée de pommiers pour la production du cidre ou de poiriers (présence d'un pressoir). La haie protège en outre le jeune bétail et la basse-cour. On trouve aussi une mare et des bâtiments d’exploitation et d’habitation (ferme). L'accès à la cour se fait par deux ou quatre portails qui correspondent le plus souvent aux points cardinaux. L’évolution des modes de vie conduit à un arrachage ou un manque d’entretien des haies, ce qui accélère l’érosion des sols. Ayant un rôle de brise-vent, les talus plantés également freinent en effet l’écoulement des eaux de pluie. Avec la croissance démographique du , les clos-masures ont fini par former des hameaux, eux-mêmes entourés de haies. Le paysage du pays de Caux ne doit pas être confondu avec le bocage de Basse-Normandie. Le littoral est constitué de falaises de craie plus ou moins hautes. Les plus célèbres sont celles d’Étretat. Leur couleur blanche explique la désignation « Côte d'Albâtre » pour cette partie de la Normandie. Cette falaise recule plus ou moins rapidement en fonction de l’érosion marine. Les plages sont tapissées de galets, détachés de la falaise et polis par la mer. Ces galets ont néanmoins tendance à migrer et le sable peut affleurer à certains endroits. Les falaises sont touchées par l’érosion : le littoral de la Seine-Maritime recule de 20 cm/an en moyenneChristiane Galus, « L’érosion touche plus du quart du littoral français », dans Le Monde du 12-08-2007, .

Histoire

L'histoire du pays de Caux a été marquée par le peuple des Calètes dans l'Antiquité et par la colonisation viking au Moyen Âge. Elle s'inscrit dans l'histoire de la Normandie tout en gardant une certaine originalité, liée à son ouverture maritime et à ses caractéristiques géologiques.

Préhistoire

Les premiers habitants du pays de Caux ont pu habiter dans les nombreuses grottes des vallées et de la côte, sans qu’on puisse évaluer leur nombre de façon certaineP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.13. Les sites les plus anciens datent du Paléolithique inférieur et ont révélé des outils taillés en pierre de types clactonnien et acheuléen ( Havre, Sassetot-le-Mauconduit par exemple). Pendant le Mésolithique, les cultures préhistoriques qui occupent le pays de Caux se rattachent à celles du bassin parisien avec des influences belges. La population se sédentarise au cours du Néolithique et fabrique des outils en bronze et des céramiques.

Gaule indépendante

Le territoire des Calètes au sud-ouest de la Gaule belgique Dans l’Antiquité, le Pays de Caux est occupé par les Calètes, descendants des Belges qui se sont installés en Normandie à partir du M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.43. Le nom « Calète » viendrait du germanique kalt signifiant « froid ». Ils vivent groupés dans les oppida (Étretat, Camp de Canada à FécampStephan Fichtl, Les Peuples gaulois, s av. J.-C., éditions Errance, Paris, 2004, , p.170) ou des villages agraires à enclos. Malgré une lutte acharnée contre les troupes de Jules César, les Calètes sont vaincus par les Romains au milieu du

La paix romaine

Apollon en bronze, retrouvé à Lillebonne, musée du Louvre En 27 av. J.-C., l’empereur Auguste réorganise le territoire gaulois. Il crée la civitas caletorum (« cité des Calètes ») qui est incorporée à la province de Gaule lyonnaise. Avec la paix romaine, les populations délaissent les oppida pour habiter dans les vallées. Les campagnes sont défrichées, les cultures et l’élevage se développent et l’artisanat fournit les exportations vers la Bretagnenom de l’actuelle Angleterre. De nombreuses villas gallo-romaines sont construites, comme celle de Sainte-Marguerite-sur-Mer. Elles utilisent les matériaux locaux : silex, craie, calcaire, brique, torchis. La technique du colombage est héritée de cette époque et des huttes celtiques. La romanisation du Pays de Caux, comme ailleurs en Occident, passe par l’urbanisation et la construction de routes : Juliobona (l’actuelle Lillebonne) et Caracotinum (Harfleur) sont alors les principales villes de la cité. Les premières attaques germaniques surviennent au : la côte d'Albâtre subit les incursions saxonnes et l’Empereur romain ordonne la construction du litus saxonicus pour défendre le plateau. Les invasions s’intensifient au et provoquent le déclin des villes, la crise des campagnes et le retour de la forêt. Lorsque l’autorité de Rome commence à s’effacer, les Calètes se joignent à d’autres tribus au sein d’une vaste fédération connue sous le nom de « Confédération armoricaine » destinée à se défaire de l’occupant.

Moyen Âge

À la fin du , le Pays de Caux passe sous domination franque et fait partie de la Neustrie mérovingienne. Il est divisé en deux pagipagus au singulier, est un nom latin donnera le mot « pays », le Caux et le TalouP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.14, dirigés chacun par un comte qui représente l’autorité royale. De nombreux toponymes en « -court » et « -ville » datent de cette époque franque. Au , le comte de Caux, Vaning, fonde le premier monastère de Fécamp M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.81. Les rois mérovingiens favorisent la christianisation des campagnes et la fondation d’abbayes : Fontenelle, Jumièges, Pavilly et Montivilliers sont créées au VII siècle. Elles adoptent rapidement la règle de saint Benoît et constituent de grands domaines fonciers. En 751, le royaume mérovingien passe aux mains de la dynastie carolingienne et le centre politique s’éloigne vers les rives du Rhin. Les raids vikings sur la côte normande commencent au . En 841, les Scandinaves remontent la Seine sur leurs drakkars, pillent et dévastent les monastères et les villes de la région. Les habitants et les moines, livrés à eux-mêmes, ne trouvent de salut que dans la fuite. En 911, le roi Charles le Simple décide de donner la Basse-Seine au chef viking Rollon : le Traité de Saint-Clair-sur-Epte marque la fondation du comté de Rouen, futur duché de Normandie. Le pays de Caux, connaît un peuplement scandinave relativement dense M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.104, comme le montre la toponymie : parmi les suffixes les plus fréquents, citons « –bec » (Caudebec-en-Caux, Bolbec), « –dalle » (Dieppedalle, Oudalle), « –fleur » (Harfleur, Fiquefleur) et « –tôt » (Yvetot, Criquetot-l'Esneval). Les Vikings laissent également une empreinte durable dans les coutumes, l’architecture, le dialecte et le type ethnique cauchois. Donjon de Guillaume le Conquérant (Lillebonne) Au , les premiers ducs de Normandie résident souvent dans leurs palais de Fécamp et de Lillebonne, jusqu’à l'invasion de l’Angleterre en 1066 par Guillaume le Conquérant, qui devient roi d’Angleterre. Plus tard, Henri II met en place le bailliage du Pays de Caux, qui est repris par le roi de France au . Après les invasions vikings, les ducs s’emploient à rétablir la vie monastique en Normandie : vers 960, le réformateur Gérard de Brogne ressuscite Saint-Wandrille. Richard Ier de Normandie[Richard Ier fait reconstruire l’église abbatiale à Fécamp. Richard fait venir Guillaume de Volpiano pour ranimer la vie de l’abbaye, selon la règle bénédictine. La condition des paysans cauchois est alors relativement meilleure qu’ailleurs en France : les esclaves exploitent la réserve seigneuriale et les communautés rurales sont influentes. Les innovations agricoles (collier d'épaule, assolement triennal) arrivent très tôt en Normandie et entraînent une augmentation des récoltesP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.20. L’industrie textile se développe en liaison avec la culture des plantes tinctoriales ainsi qu'avec l’élevage ovin. La population du plateau de Caux augmente et les bourgs se développent, grâce à la draperie. Les habitants de Montivilliers, Harfleur et Fécamp achètent à Jean Sans Terre leur charte communale en 1202 et les bourgeois acquièrent des privilèges. Les échanges commerciaux se développent avec les régions voisines et avec l’Angleterre. Les marchands pêcheurs de Fécamp organisent une ghilde qui les protège et réglemente leurs activités. Les foires régionales se multiplient, celle d’Harfleur est alors l’une des plus réputées du pays de Caux. En 1204, la Normandie est intégrée au domaine royal français. Le est une période de prospérité pour le pays de Caux. Le Grand Coutumier de Normandie est rédigé au milieu du XIII siècle. La Charte aux Normands est octroyée le 19 mars 1315, par le roi de France Louis le Hutin, qui fait écho à la Grande Charte des Anglais. Cette charte, ainsi que la seconde de 1339, est considérée jusqu’en 1789 comme le symbole du particularisme normand. Au début du , le Pays de Caux est touché, comme le reste de l'Occident, par des vagues de famines et d’épidémies. La peste, qui fait son apparition en 1348, tue jusqu’à ¾ des habitants dans certains villagesP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.21. Puis la région est dévastée par les chevauchées, les pillages et les batailles de la guerre de Cent Ans. La démographie s’effondre et de nombreux villages sont abandonnés. Le commerce est ralenti et l’activité économique perturbée. Au début du , les Anglais razzient les campagnes du Pays de Caux M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.227. En 1415, le roi d’Angleterre Henri débarque au Chef-de-Caux (l’actuelle Sainte-Adresse) M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.228 puis assiège la ville d’Harfleur qui finit par tomber au bout d’un mois. La Normandie est occupée par les Anglais jusqu’en 1450.

L’essor et les guerres du XVI siècle

Château d'Ételan Eglise flamboyante de Caudebec-en-Caux En dépit des incursions de Charles le Téméraire en 1472, les campagnes cauchoises retrouvent un climat de paix pendant environ un siècle. La construction ou les transformations de nombreux édifices religieux témoignent du retour de la prospérité : les églises d’Harfleur, de Caudebec-en-Caux, Saint-Jacques de Dieppe sont bâties en style gothique flamboyant. De nombreux manoirs et châteaux sont influencés par l’architecture de la Renaissance à la fin du : Manoir de Jean Ango, château d’Angerville-Bailleul, d’Ételan, etc. Le commerce reprend et les ports se développent : sous le règne de François , l’armateur dieppois Jehan Ango envoie ses navires vers l'Amérique. Dieppe est aussi le siège d'une école de cartographie et d’hydrographie. Les pêcheurs de la côte d’Albâtre vont jusqu’à Terre-Neuve, d’où ils ramènent la morue. Le port du Havre est fondé en 1517 à la pointe du pays de Caux, à la suite de l’ensablement du port d’Harfleur. Cependant, Rouen reste la métropole économique de la région. C’est aussi au qu’est rédigée la Coutume générale de Normandie : le Pays de Caux garde cependant sa propre coutume, qui fixe notamment les conditions de l’héritage : le fils aîné reçoit la majeure partie de l’héritage, ce qui a contribué au maintien de la grande propriété dans la région. La charte aux Normands est confirmée en 1587. Le est enfin marqué par le succès du protestantisme (Dieppe, Luneray, Le Havre, Bolbec, etc.) et les guerres de religions. Ces dernières ravagent le Pays de Caux et de nombreuses abbayes et églises sont mutilées. La révocation de l'édit de Nantes en 1685 provoque l'exil de centaines de huguenots cauchois vers les pays protestants d’Europe et l’Amérique du Nord ; ces exilés étaient souvent des entrepreneurs et des négociants et leur départ représente une perte pour l'économie de la région.

XVII et XVIII siècles : vers une économie moderne

Le port de Dieppe sous l'Ancien Régime L’agriculture progresse aux XVII et XVIII siècle : la culture du blé est le fait de grandes exploitations sur lesquelles est pratiqué l’assolement triennal. La jachère est remplacée progressivement par le trèfle, ce qui améliore la productivité. Le pays de Caux occupe alors, avec le Vexin, la première place en Normandie pour la céréaliculture M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.301. Sur les côtes se développe la culture du lin. Au nord, on commence à cultiver du colza. Les récoltes servent surtout à approvisionner la ville de Rouen. Les paysans cauchois sont propriétaires d’une part importante du territoire M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.339. L’artisanat est dominé par la production textile dans les foyers paysans et les villes. À la fin du , de la population active cauchoise travaille dans le tissage et la filature du coton commence son essor M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.307. Le marché de Gonneville-la-Mallet est créé en 1633. On y vend des draps, du blé et des fils pour la dentelle. L’économie de Bolbec repose sur l’industrie du drap de laineP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.23. Les principaux centres de production de la dentelle sont Le Havre, Dieppe, Montivilliers, Saint-Valery-en-Caux, Fécamp et Caudebec-en-Caux M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.306. La petite activité manufacturière se diffuse dans tout le pays de Caux : travail de l’ivoire à Dieppe, chantiers navals du Havre, de Saint-Vaast-Dieppedalle et de Villequier, etc. Le niveau de vie des Cauchois les plus aisés augmente avec l’achat de meubles et d’habits nouveaux M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.342. Cependant, à la veille de la Révolution française, les mécontentements se sont accumulés chez les Cauchois : les mauvaises récoltes, les conséquences du traité de commerce signé avec l’Angleterre et le chômage frappent la population. En 1789, quatre districts sont créés sur le Pays de Caux : Cany, Caudebec'en-Caux, Dieppe et Montivilliers. Le plateau n’est pas affecté par la Grande Peur. Dans la nuit du 4 août 1789, les privilèges sont abolis : c’est la fin du droit seigneurial de pigeonnier et du droit d'aînesse M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.422. Les guerres révolutionnaires affectent l’activité économique qui subit le contrecoup du blocus maritime et des disettes. Pendant la Terreur, la guillotine fonctionne à DieppeP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.25. Sous le Premier Empire, le pays de Caux connaît quelques révoltes à cause de la mauvaise situation économique.

XIX siècle : révolution industrielle et développement du tourisme

Claude Monnet, Jardin à Sainte-Adresse, 1866, Metropolitan Museum of Art (New York) Dès la Restauration, l’introduction du machinisme dans l’industrie textile provoque de violentes réactions des ouvriers. La modernisation de l’agriculture favorise l’exode rural. Le chemin de fer arrive au Havre et à Dieppe au milieu du . Sous le Second Empire, Dieppe devient un lieu de villégiature. D’autres stations balnéaires connaissent un relatif succès : Étretat, Veules-les-Roses, Sainte-Adresse se couvrent de villas. On y aménage des casinos et des établissements de bain. La spéculation foncière va bon train sur le littoral mais aussi dans la campagne cauchoise, qui reçoit des investissements rouennais et parisiens M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.444. Les impressionnistes séjournent sur le littoral et peignent les plages de la côte d’Albâtre. En 1870, le pays de Caux est envahi par les Prussiens : Bolbec et Dieppe sont occupées.

XXe siècle

Blockhaus à Fécamp Pendant la Première Guerre mondiale, le Pays de Caux sert de base arrière pour le front situé plus au nord. Le gouvernement belge s’installe à Sainte-Adresse. En 1918, la part des soldats cauchois morts au combat est plus importante que la moyenne nationaleP. Auger, G. Granier, Le guide du Pays de Caux, 1993, p.28 : les villes et les bourgs érigent des monuments aux morts. Dans l’Entre-Deux-Guerres, le développement industriel de la Basse-Seine accentue l’exode rural. Avec l’occupation allemande en 1940, la population est réquisitionnée pour construire le mur de l’Atlantique dont il reste de nombreux vestiges sur la côte (stations de Sainte-Adresse, de Fécamp et de Dieppe). Le pays de Caux est soumis aux bombardements aériens alliés et à une forte répression nazie. Les Trente Glorieuses sont marquées par des mutations économiques et sociales : dans l’agriculture, la mécanisation progresse et l’élevage se renforce M. de Boüard, Histoire de la Normandie, 2001, p.501, ce qui introduit des mutations dans les paysages ruraux. L’arrivée des textiles artificiels achève le déclin des filatures traditionnelles. La concurrence étrangère affecte la construction navale.

Patrimoine culturel et traditions

Architecture

Matériaux

Les constructions du Pays de Caux utilisent les matériaux régionaux :
- le bois de chêne et de hêtre pour les poutres,
- le chaume sert à couvrir les toits (de plus en plus rare),
- l'argile sert à la fabrication des briques et des tuiles,
- le grès,
- le calcaire,
- le silex et le galet entrent dans la construction des maisons, des églises mais aussi des épis, des digues et d'autres aménagements littoraux. Les gisements de galets ont été surexploités entre 1885 et 1985, date de l’arrêt officiel du ramassage P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.21. Les galets étaient aussi utilisés dans les machines à broyer.

Architecture privée

Manoir de Rouelles, Colombier
-Un manoir est la demeure d’un seigneur, en principe non fortifiée. Après la guerre de Cent Ans, les maisons seigneuriales n’ont plus besoin de remparts et de tours. Les progrès de l’artillerie rendent caducs les ouvrages de fortification. La paix et la prospérité retrouvée après 1450 donnent la possibilité de reconstruire des manoirs qui utilisent les matériaux locaux (silex, calcaire) et se laissent influencer par la Renaissance. Les propriétés étaient en général entourées par un talus (sur le modèle du clos-masure) ou par un mur. L'accès se fait par une entrée encadrée par deux piliers polychromes et ouvragés, ou encore par des piliers de barrière P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.30.
-La plupart des manoirs normands disposent dans leur cour d’un colombier. D’après l’analyse des historiens locaux, on recense 635 colombiers dans les arrondissements de Dieppe, du Havre et de Rouen. La majorité sont circulaires et en dur. Les plus rares sont polygonaux et à colombages. Les pigeons étaient élevés pour leur chair et pour la colombine qui servait d'engrais. Il était surtout un attribut de la noblesse : les armoiries du seigneur pouvaient ainsi orner la porte du colombier. Le droit de pigeonnier a été aboli dans la nuit du 4 août 1789. Pays de Caux
-Les maisons de maître : bâties au XIX siècle en briques dans le bourg ou le chef-lieu de canton. Elles prennent la forme d'un pavillon à la façade symétrique. Le toit à forte pente est en ardoise, qui arrive en même temps que le chemin de fer, dans la deuxième moitié du XIXe siècle. La porte d'entrée, vitrée et protégée par une grille ouvragée, est surmontée d'une marquise.
-La longère est une maison de plan longitudinal ; la chaumière en est un exemple ; elle comporte souvent un escalier extérieur. Elle possède un toit à forte pente, traditionnellement en chaume et chaque pièce s'ouvre directement sur l'extérieur par une porte P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.61.
-Les maisons de pêcheur tournent le dos à la mer ou sont perpendiculaires à la route. Les murs sont en silex taillé, en galet ou en brique ; la cour possède un puits à marée. Dotées d'un toit de chaume puis d'ardoises, les maisons de pêcheurs mitoyennes peuvent former de véritables corons maritimes, comme à Fécamp.
-Les villas balnéaires : construites au XIX siècle et au début du XX siècle, elles font face au rivage et suivent la mode de l'éclectisme.

Architecture religieuse

- églises paroissiales
- chapelles
- croix
- léproseries
- sanctuaires

Structures et bâtiments publics

Le village cauchois est situé au carrefour de plusieurs routes ou le long d'une voie (village-rue : Yport, Saint-Aubin-le-Routot, Bec-de-Mortagne, etc). Le centre du village est occupé par une place appelée « carreau », à cause de sa forme carrée ou rectangulaire. C'est sur cette place que se sont implantés la halle aux grains, le marché hebdomadaire et le café (Gonneville-la-Mallet par exemple). La mairie, qui faisait également office d'école communale, peut se trouver sur une autre place, de même que l'église.

Bâtiments économiques

- four à pain, charreterie, écurie, étable, bergerie, porcherie, cellier, courtil, grange à battière

Traditions, folklore et événements

- corso fleuri : Doudeville, Gonneville-la-Mallet, Le Havre
- fête de la mer : Yport, Fécamp, Veule-les-Roses ; processions et bénédiction de la mer
- fête de la saint-Jean : des bûchers sont érigés dans certains villages le 24 juin
- fête des moissons

Spécialités culinaires

- douillons,
- boudin de Saint-Romain,
- cidre, calvados et poiré sont communs à toute la Normandie.

Le littoral : la Côte d'Albâtre

Voir les articles sur les villes de Saint-Valery-en-Caux, Étretat. « Description du pays de Caux », texte extrait de : François des Rues, Brève description, contenant les antiquités, fondations & singularités des plus célèbres Villes, Châteaux & places remarquables de notre Royaume, Jean le Cartel Imprimeur, (1603), avec privilège du roi (Henri IV) par lettres patentes du 18 février 1603 : « Ce païs est celuy que Cesar apelle Caletes, & est de belle estenduë & plus en long que en large, ayant le terroir d’Abeuille au leuant : au Midy le Beauuoisis ; au Septentrion l’Ocean, & à l’Occident la riuiere de Seine, auec partie du Rouënnoys. Les villes plus fameuses de ce pais sont Gisors, S. Cler sur Epte, Pontoyse, Gournay, Aumale, maintenant Duché, appartenant à l’illustre maison de Guise, Neuf-chastel siege Royal, Heu Comté apatenante aux heritiers des Ducs de Neuers, Arques, & le fameux port de Dieppe, l’vne des plus fortes places de la coste Belgique, ayant son nom d’vne petitte riuiere laquelle y passe. Le long de ceste coste Septentrionale de Normãdie, est la place de S. Valery située sur la mer. »Traduction du texte en language contemporain : « Ce pays est celui que César appelle Caletes, et est de belle étendue et plus en long qu’en large, ayant le terroir d’Abbeville à l’est : au sud le Beauvaisis ; au nord l’océan, et à l’ouest la rivière de Seine, avec partie du Rouennais. Les villes les plus fameuses de ce pays sont Gisors, Saint-Clerc-sur-Epte, Pontoise, Gournay, Aumale, maintenant duché, appartenant à l’illustre maison de Guise, Neuchâtel siège royal, Eu comté appartenant aux héritiers des ducs de Nevers, Arques, et le fameux port de Dieppe, l’une des plus fortes places de la côte Belgique, ayant son nom d’une petite rivière laquelle y passe. Le long de cette cote du nord de la Normandie, est la place de Saint-Valéry située sur la mer. » Guy de Maupassant, Le saut du berger. Texte publié dans Gil Blas du 9 mars 1882 : « De Dieppe au Havre la côte présente une falaise ininterrompue, haute de cent mètres environ et droite comme une muraille. De place en place, cette grande ligne de rochers blancs s’abaisse brusquement et une petite vallée étroite, aux pentes rapides couvertes de gazon ras et de joncs marins, descend du plateau cultivé vers une plage de galet où elle aboutit par un ravin semblable au lit d’un torrent. La nature a fait ces vallées, les pluies d’orages les ont terminées par ces ravins, entaillant ce qui restait de falaise, creusant jusqu’à la mer le lit des eaux qui sert de passage aux hommes. Quelquefois un village est blotti dans ces vallons, où s’engouffre le vent du large. » Etable cauchoise, architecture traditionnelle avec utilisation de la brique, du silex, de la pierre calcaire et du chaume Guy de Maupassant, Pierre et Jean, chap, 6 : « L’air tiède, où se mêlait à l’odeur des côtes, des ajoncs, des trèfles et des herbes, la senteur marine des roches découvertes, l’animait encore en le grisant doucement et il se décidait un peu plus à chaque pas, à chaque seconde, à chaque regard jeté sur la silhouette alerte de la jeune femme ; il se décidait à ne plus hésiter, à lui dire qu’il l’aimait et qu’il désirait l’épouser. La pêche lui servirait, facilitant leur tête-à-tête ; et ce serait en outre un joli cadre, un joli endroit pour parler d’amour, les pieds dans un bassin d’eau limpide, en regardant fuir sous les varechs les longues barbes des crevettes. Quand ils arrivèrent au bout du vallon, au bord de l’abîme, ils aperçurent un petit sentier qui descendait le long de la falaise et sous eux, entre la mer et le pied de la montagne, à mi-côte à peu près, un surprenant chaos de rochers énormes, écroulés, renversés, entassés les uns sur les autres dans une espèce de plaine herbeuse et mouvementée qui courait à perte de vue vers le sud, formée par les éboulements anciens. Sur cette longue bande de broussailles et de gazon secouée, eût-on dit, par des sursauts de volcan, les rocs tombés semblaient les ruines d’une grande cité disparue qui regardait autrefois l’Océan, dominée elle-même par la muraille blanche et sans fin de la falaise. »

Économie

Agriculture

Champ de lin dans le Pays de Caux, en juillet Le pays de Caux est une région agricole prospère grâce au climat océanique et aux sols limoneux. Il est cependant parfois nécessaire de rajouter de la marne sur certaines parcelles. Les engrais chimiques et les pesticides viennent polluer la nappe phréatique et les cours d'eau. L'espace rural est grignoté par la rurbanisation essentiellement autour des agglomérations havraise et dieppoise. Aujourd'hui, les agriculteurs cauchois pratiquent la polyculture : blé, maïs, lin, pomme de terre, luzerne, betterave, colza sont les principales cultures. Le Pays de Caux demeure la première région productrice de lin en France P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.60. Il était déjà réputé au Moyen Âge et était travaillé dans des ateliers domestiques avant l'âge des filatures industrielles. Actuellement, le principal importateur de lin cauchois est la Chine P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.63. La betterave à sucre est la principale culture industrielle. L’élevage bovin pour le lait est également important, alors que l'élevage ovin, autrefois très développé P. Lebourgeois, Pays de Caux. Vie et patrimoine, 2007, p.40, est actuellement assez réduit.

Industries

Les indutries se trouvent essentiellement dans les vallées. Les industries agro-alimentaires sont les sucreries, les distilleries, les laiteries (Senoble à Gruchet-le-Valasse).

Tourisme

Le pays de Caux possède de nombreux atouts touristiques : littoral pittoresque et sauvage, stations balnéaires réputées (Étretat, Fécamp, Yport, Veules-les-Roses, Dieppe), patrimoine culturel et architectural, activités sportives, etc. La région est par ailleurs bien reliée au nord de la France et de l’Europe grâce à l’autoroute A29 mais aussi à la région parisienne. De nombreuses résidences secondaires y sont établies depuis le et beaucoup appartiennent à des Parisiens.

Le pays de Caux dans la littérature

Gustave Courbet, Plage de Normandie, National Gallery of Art, Washington D.C. Guy de Maupassant décrit admirablement l’ambiance rurale du Pays de Caux dans ses romans. Un exemple : extrait de Miss Harriet. Texte publié dans Le Gaulois du 9 juillet 1883, sous le titre Miss Hastings, puis publié dans le recueil Miss Harriet ; Maupassant décrit un voyage en diligence entre Étretat et Tancarville :
« C’était l’automne. Des deux côtés du chemin les champs dénudés s’étendaient, jaunis par le pied court des avoines et des blés fauchés qui couvraient le sol comme une barbe mal rasée. La terre embrumée semblait fumer. Des alouettes chantaient en l’air, d’autres oiseaux pépiaient dans les buissons. Le soleil enfin se leva devant nous, tout rouge au bord de l’horizon ; et, à mesure qu’il montait, plus clair de minute en minute, la campagne paraissait s’éveiller, sourire, se secouer et ôter, comme une fille qui sort du lit, sa chemise de vapeurs blanches. Le comte d’Étraille, assis sur le siège, cria : « Tenez, un lièvre » et il étendait le bras vers la gauche, indiquant une pièce de trèfle. L’animal filait, presque caché par ce champ, montrant seulement ses grandes oreilles ; puis il détala à travers un labouré, s’arrêta, repartit d’une course folle, changea de direction, s’arrêta de nouveau, inquiet, épiant tout danger, indécis sur la route à prendre ; puis il se remit à courir avec de grands sauts de l’arrière-train et il disparut dans un large carré de betteraves. Tous les hommes s’éveillèrent, suivant la marche de la bête. »''
-Maurice Leblanc
-Gustave Flaubert
-Jehan Le Povremoyne, Les Noces diaboliques Pierre-Auguste Renoir, Mer et bateaux, 1883, Metropolitan Museum of Art, New York

Personnalités cauchoises

- Adrien Victor Auger, peintre né à Saint-Valéry-en-Caux en octobre 1787.
- Louis-Hyacinthe Bouilhet, écrivain né à Cany le 27 mai 1822 et mort à Rouen le 18 juillet 1868.
- Dominique Noguez, écrivain né le 12 septembre 1942 à Bolbec, prix Femina 1997.
- Fabien Canu, judoka

Bibliographie

-Pierre Auger, Gérard Granier, Le guide du Pays de Caux, éditions La Manufacture, Lyon, 4 édition, 1993,
-Michel Lecureur, Manoirs du pays de Caux, Éditions Charles Corlet, Condé-sur-Noireau, 1992,
-Jacques Ragot, Monique Ragot, Guide de la nature en pays de Caux, Fécamp, éditions des falaises 2005,

Notes

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Sujets connexes
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