Aristide Cavaillé-Coll

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Aristide Cavaillé-Coll (4 février 1811-13 octobre 1899) fut un célèbre facteur d'orgue français.
Aristide Cavaillé-Coll

Aristide Cavaillé-Coll (4 février 1811-13 octobre 1899) fut un célèbre facteur d'orgue français.

Origine de la dynastie

L'origine des Cavaillé est à Gaillac dans le Tarn et remonte vers 1700. L’ancêtre, Jean-Pierre Cavaillé, est tisserand et père de quatre enfants, trois garçons et une fille. L’aîné, Gabriel, est tisserand ; la fille, Françoise, se marie et les deux plus jeunes entrent chez les dominicains. L’un, Pierre, devient l’apothicaire du couvent et le dernier, Joseph, apprend la facture d’orgue auprès du frère Isnard. Gabriel Cavaillé meurt à 46 ans, en laissant plusieurs enfants, dont Jean-Pierre.

Jean-Pierre Cavaillé

Jean-Pierre Cavaillé naît le 11 octobre 1743. Il apprend le métier de facteur d’orgue en travaillant avec son oncle Joseph, le moine. Tous deux travaillent aux instruments de Notre-Dame-de-la-Réal à Perpignan, à Vinça (1754), à l'église Saint-Michel de Gaillac (1755), puis Jean-Pierre se rend en Espagne pour construire les orgues des églises Sainte-Catherine à Barcelone et de La Merced. Jean-Pierre se marie le 12 février 1767 en l'église de Santa Maria del Mar avec une Espagnole, Marie-Françoise Coll, fille d’un fabricant de soieries. De cette union naît en 1771 à Toulouse Dominique-Hyacinthe. Suivant la tradition espagnole, le nom de la mère est ajouté à celui du père. Dominique devient donc le premier Cavaillé-Coll. Jean-Pierre Cavaillé construira les instruments suivants :
- positif de l'orgue de l'église Saint-Nazaire de Carcassonne (1772)
- orgue de l'église Saint-Michel de Castelnaudary
- orgue de l'église de Montréal-sur-Aude (1781-1785)
- orgue de l'église de Saint-Guilhem-le-Désert (1785-1789). Jean-Pierre apprend le métier à son fils et tous deux font plusieurs déplacements en Espagne, à Santa-Maria-del-Mar, Vich, Tortosa. C'est sur le point de rentrer définitivement en France que Jean-Pierre décède, en 1808 à Llançà en Catalogne.

Dominique-Hyacinthe Cavaillé-Coll

De 1789 à 1791, Dominique Cavaillé-Coll séjourne en Espagne, à Puycerda, jusqu’à la déclaration de guerre de l’Espagne à la France. Revenant en France, il s’engage alors au 5 bataillon de l’Hérault où il est nommé officier. En 1810, Dominique se marie avec Jeanne Autard, une Beaucairoise, et s’établit à Montpellier. Cette union régularise une situation, le couple ayant déjà un fils, Vincent, né le 8 octobre 1808, Aristide arrivant en 1811. Dominique construit des instruments dans la région de Montpellier, puis vient se fixer à Toulouse.

Aristide Cavaillé-Coll

Aristide Cavaillé-Coll Aristide Cavaillé-Coll (4 février 1811-13 octobre 1899) deviendra l'un des plus grands facteurs d'orgue du . Naissant dans une famille de facteurs d'orgues, c'est tout naturellement et très tôt qu'il fait son apprentissage dans cette profession. Associé à son père et à son frère Vincent, il vit à Toulouse mais les chantiers se font rares. En 1833, il monte à Paris, à la demande de Rossini qui a besoin d'un petit orgue pour la représentation d'un opéra. Il se fait connaître en remportant le concours ouvert pour la construction d'un grand orgue à l'abbaye royale de Saint-Denis, avec l'appui des membres de la commission : Boieldieu, Cherubini, Lesueur. Cet instrument colossal comporte, en germe, tout le génie du jeune facteur : emploi de machines Barker afin de soulager le jeu de l'organiste, jeux harmoniques, récit expressif, pressions multiples, plans sonores pensés non plus en opposition mais par masses venant composer un tutti puissant. Cette brillante réussite, terminée en 1841, marque le point de départ d'une éblouissante carrière. Plaque constructeur de la console de l'orgue de l'église Saint-Sulpice Avec l'aide de son père et de son frère, il construit par la suite les orgues de nombreuses églises à Paris comme en province. Après Saint-Denis, les plus prestigieuses paroisses de la capitale font appel à son talent. Il réalise ainsi les instruments de :
- 1838 église Notre-Dame-de-Lorette
- 1842 église Saint-Roch (49 jeux)
- 1846 église de la Madeleine (48 jeux)
- 1852 église Saint-Vincent-de-Paul (48 jeux)
- 1853 Panthéon de Paris (8 pieds de deux claviers-pédalier et de 21 jeux)
- 1859 église Sainte-Clotilde (46 jeux)
- 1862 église Saint-Sulpice (100 jeux, alors le plus grand orgue de France)
- 1868 cathédrale Notre-Dame de Paris (86 jeux)
- 1868 église de la Trinité (46 jeux)
- 1878 Exposition universelle, palais du Trocadéro (64 jeux) En province, il est l'auteur des travaux suivants :
- 1853 Saint-Omer (49 jeux)
- 1857-1861 Nancy (65 jeux sur 4 claviers)
-1858 Poligny, Collégiale Saint-Hypolite
- 1861 Castelnaudary reconstruction de l'orgue Jean-Pierre Cavaillé (38 jeux)
- 1862 Bayeux (43 jeux)
- 1868 Épernay (43 jeux)
- 1880 Lyon église Saint-François-de-Sales (45 jeux)
- 1880 Orléans cathédrale (54 jeux)
- 1885 Saint-Servan église Sainte Croix (35 jeux)
- 1885 Caen église Saint-Étienne (51 jeux)
- 1889 Toulouse modification de l'orgue Daublaine Callinet de la basilique Saint-Sernin (57 jeux). La Symphonie Romane de Charles-Marie Widor lui est dédiée.
- 1889 Lavaur cathédrale Saint-Alain
- 1890 Rouen église Saint-Ouen, reconstruction de l'orgue Crespin Carlier 1630 dans le buffet d'origine. Le quatre claviers (64 jeux) de cette superbe abbatiale inspire encore à Charles-Marie Widor sa Symphonie gothique n° 9 dédiée à cet instrument. Il réalise également de nombreux orgues à l'étranger, tel celui de la cathédrale de Saint-Sébastien en Espagne (1863, 44 jeux) ainsi que bien d'autres en Pays Basque espagnol. En Europe du Nord, il créé ceux du palais de l'Industrie d'Amsterdam aux Pays-Bas (1875, 46 jeux) et du conservatoire de Bruxelles en Belgique (1880, 44 jeux). D'autres pays, encore, font appel à son talent incomparable. Sa production avoisine les 500 instruments, toutes tailles confondues. La petite histoire attribue à Aristide l’invention de la scie circulaire. Il meurt à Paris, où il est enterré au cimetière du Montparnasse.

Voir aussi

Bibliographie

- Aristide Cavaillé Coll. Texte de Henri de Rohan-Csermak. Collection l'Esprit curieux, n° 11. 1999, Toulouse, Le Pérégrinateur éditeur. ===
Sujets connexes
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