Maquis du Vercors

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Drapeau de la République Libre du Vercors (Juin-Juillet 1944) B-17 de l'USAAF larguant du matériel destiné au maquis Pendant la Seconde Guerre mondiale, le maquis du Vercors fut une importante base de la Résistance française réfugiée dans le massif du Vercors, véritable forteresse naturelle.
Maquis du Vercors

Drapeau de la République Libre du Vercors (Juin-Juillet 1944) B-17 de l'USAAF larguant du matériel destiné au maquis Pendant la Seconde Guerre mondiale, le maquis du Vercors fut une importante base de la Résistance française réfugiée dans le massif du Vercors, véritable forteresse naturelle.

Déroulements des faits

1940-41 : Exil et refuge

Après la signature de l'armistice de 1940, les premiers résistants français et étrangers, persécutés et exilés, gagnent le Vercors, alors en zone libre. Le plateau se veut alors au départ une zone de refuge, comme en témoigne la création d'un lycée polonais à Villard-de-Lans.

1942 : Le Maquis se structure

En 1942, la zone libre est envahie, ce qui pousse des soldats de l'armée dissoute et des membres du mouvement Franc-Tireur, durant l'hiver, à rejoindre le maquis du Vercors et à organiser la résistance. Près de Sassenage, le maquis est créé par l’architecte Pierre Dalloz et l’écrivain Jean Prévost. Le journaliste lyonnais Yves Farge, correspondant de Jean Moulin, le futur général Alain Le Ray, premier chef militaire du maquis du Vercors, et Eugène Chavant, chef civil, se joignent au projet. Pendant ce temps, la première cellule naît sur le plateau d'Ambel, à Omblèze.

1943 : Parachutages

En 1943, fuyant le service du travail obligatoire (STO) des jeunes français viennent grossir les rangs du maquis. Ils sont très vite pris en charge par la résistance locale, essentiellement des officiers de bataillons de chasseurs alpins dissous et d'anciens élèves de l'École des cadres d'Uriage. En novembre 1943, le premier parachutage d'armes et de matériel a lieu dans la plaine de Darbounouze, suite à un plan stratégique élaboré par Pierre Dalloz, prévoyant d'utiliser le massif du Vercors comme base d'accueil d'éléments aéroportés alliés, afin d'agir à Grenoble et Valence pour couper la retraite allemande au moment de la Libération, et accepté par les services français de Londres sous le nom de plan Montagnards. Charles Tillon, chef du Comité militaire national des Francs-Tireurs et Partisans, met en garde depuis plusieurs mois du risque de camp retranché et préconise au contraire, mais en vain, la mise en place d’une multitude de petits maquis, mobiles, prêts à se fondre dans la population.

1944 : Un destin terrible

Les premières attaques allemandes contre le Vercors ont lieu le 22 janvier 1944 aux Grands Goulets, puis le 29 janvier à Malleval, suivies de celles au Monastère d’Esparron et à Saint-Julien-en-Vercors. Bientôt connu comme l'un des principaux centres de résistance du maquis, le village de Vassieux, situé sur le plateau du Vercors vers 1100 mètres d'altitude, est l'objet, du 16 au 24 avril 1944, d'une première opération de répression, menée par la Milice française sous le commandement de Dagostini. Plusieurs fermes sont pillées et incendiées, des habitants sont torturés et déportés et trois d'entre eux sont fusillés. Malgré cela, la population reste largement favorable à la Résistance. Dans le cadre du plan allié visant à embraser tout l'hexagone pour ne pas révéler qu'Overlord n'intéresse que la Normandie (Pierre Montagnon), le code le Chamois des Alpes bondit (l'animal étant l'emblême du maquis), lancé depuis Londres le 5 juin 1944, donne le signal de la résistance armée pour 4000 maquisards. Le Vercors voit converger vers lui des centaines de volontaires, impatients d'agir. Ils sont placés sous le commandement du lieutenant-colonel François Huet, chef militaire du Vercors. Les 13 et 15 juin, les Allemands, provoqués par le déploiement d'un immense drapeau aux couleurs de la République Libre du Vercors (proclamée officiellement le 3 juillet suivant), visible depuis la vallée, occupent Saint-Nizier, accès le plus aisé vers le massif du Vercors, avant de se replier sur Grenoble. Le 21 juin, ils mesurent également la résistance effective des combattants au hameau des Écouges. De leur côté, les maquisards attendent l'exécution du plan Montagnards et demandent l'envoi de troupes aéroportées. Le 25 juin, les Alliés procèdent à un parachutage massif d'armes sur le plateau. À plusieurs reprises, la population apporte son aide aux opérations de récupération du matériel, de jour comme de nuit. Les armes sont notamment cachées dans des cavités naturelles (scialets, fissures de lapiaz...) très nombreuses sur le Plateau de Vassieux. Cependant, près de la moitié des combattants restent non armés. Début juillet 1944, la mission Paquebot, chargée de préparer un terrain d'atterrissage à Vassieux, est envoyée sur place par les autorités d'Alger. L'une des deux sections ayant cette responsabilité est sous les ordres de Claude Falck. Mais, à la suite de mésententes, de promesses non tenues et d'erreurs aux conséquences dramatiques, le plan "Montagnards" ne sera jamais appliqué ; il va même tragiquement s'inverser, les maquisards, assaillants potentiels, devenant des assiégés pris au piège. En pleine parade euphorique, le 14 juillet 1944, après le lancer de plus d'un millier de containers par les Alliés, Vassieux est cette fois réduite en cendres, en représailles, par les bombardements de l'aviation allemande et 25 habitants sont tués. Cette opération se poursuit jusqu'au 21 juillet pendant que les troupes allemandes (avec des bataillons de montagne) bloquent tous les accès au plateau. En une nuit de combats, les résistants se retrouvent débordés et le commandant militaire des forces du Vercors, François Huet, ordonne la dispersion des groupes de maquisards qui doivent, selon sa formule, maquiser le maquis. La section Falck tente alors de gagner la Matheysine, mais seule une toute petite partie, dont aucun officier, réussit à atteindre ce plateau difficile d'accès. Cerné par environ dix mille soldats et policiers allemands, le maquis du Vercors est disloqué, fin juillet 1944, à la suite d'une offensive lancée par le général allemand Karl Pflaum depuis Grenoble, utilisant notamment des troupes aéroportées par planeurs. La chapelle de Valchevrière Témoin de la violence des combats, le hameau de Valchevrière, en pleine forêt, a servi de camp aux maquisards avant d'être le lieu d'un sévère affrontement les 22 et 23 juillet 1944. Sur le belvédère qui domine le village, le lieutenant Chabal et ses hommes se sont sacrifiés pour retarder l'avance allemande et sont morts les armes à la main. Les maisons furent ensuite incendiées. Aujourd'hui, le village en ruines est resté en l'état, avec ses poutres calcinées, ses pierres à nu et noircies. Seule la petite chapelle est encore debout.

Bilan

Après recoupement des sources disponibles, il apparaît que le commandement allemand a mis en œuvre plus de 10 000 soldats et policiers (allemands et auxiliaires étrangers), soit : 1. La quasi-totalité des effectifs de la 157. Reserve-Division de la Wehrmacht :
- Quatre bataillons de chasseurs de montagne de réserve (Btl. I./98, II./98, 99 et 100 du Reserve-Gebirgsjäger-Regiment 1, moins les forces assurant la sécurité immédiate des cols frontaliers) ;
- Deux bataillons de grenadiers de réserve (Btl. 179 et 199 du Reserve-Grenadier-Regiment 157, le Btl. 217 demeurant à Embrun) ;
- Deux batteries d'artillerie de réserve (du Res.Geb.Art.Abt. 79 du Reserve-Artillerie-Regiment 7). 2. Les forces auxiliaires suivantes :
- Le Kampfgruppe «Zabel» (composé notamment d’un bataillon de grenadiers de la 9.Panzer-Division et d’un Ostbataillon) ;
- Trois bataillons de légion de l'Est (Ost-Legion) ;
- Environ quatre cents parachutistes des forces spéciales (II./KG 200) ;
- Environ deux cents Feldgendarmen ;
- Un bataillon de sécurité (I./Sicherungs-Regiment 200) ;
- Un bataillon de police (I./SS-Polizei-Regiment 19) comme point d'appui pour la base sanitaire. D'après Jacques Delperrié de Bayac «Histoire de la Milice», Fayard, 1969, la Milice française (environ cinq cents francs-gardes et des agents du 2e service) n'a pas participé à l'assaut final en juillet : arrivée début avril, elle a combattu aux côtés des Allemands en juin, mais a quitté le Vercors à la fin de ce mois. Au total, le Vercors a coûté 639 tués aux combattants et 201 aux civils. Seulement une centaine d'Allemands ont été tués dans les combats et une cinquantaine de blessés sont décédés par la suite à Grenoble. 573 maisons ont été détruites, 41 habitants de Vassieux déportés... À l'instar du maquis des Glières, cette tragédie a mis en lumière la vulnérabilité des "maquis-silos", où étaient concentrés trop d'hommes trop faiblement armés et formés. En hommage à cet épisode héroïque, la commune de Vassieux-en-Vercors a été élevée au rang de Compagnon de la Libération par le Général de Gaulle. Plus tard, un mémorial a été construit au dessus de ce village, au lieu-dit Col de la Chau, sur la route de Font-d'Urle. Il retrace de façon poignante ces événements tragiques. Le commandant Pierre Tanant «Vercors», Arthaud, 1948 a écrit : Il est quelque chose de plus important que de savoir si le Vercors est justifiable sur le plan stratégique, c'est de savoir s'il l'est sur le plan moral... Sur ce vaste plateau, des Français de toutes origines et de toutes opinions ont su se grouper et s'unir avec la seule ambition d'échapper à la servitude... Tant de sang versé a fait de ces montagnes une terre sacrée, une terre qui doit être maintenant respectée comme un sanctuaire où le flambeau de notre liberté a été rallumé, comme l'un des berceaux de la Renaissance française.

Voir aussi

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