Albert le Grand

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Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332), Trévise. Saint Albert le Grand, ou encore Albrecht von Bollstädt est un philosophe, théologien, naturaliste, chimiste et alchimiste germanique né à Lauingen en Souabe entre 1193 et 1206 et mort à Cologne en 1280. Il a introduit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il était déjà surnommé « le Grand » de son vivant. Canonisé par l' Eglise catholique, il est fêté le
Albert le Grand

Albertus Magnus, fresque de Tommaso da Modena (1332), Trévise. Saint Albert le Grand, ou encore Albrecht von Bollstädt est un philosophe, théologien, naturaliste, chimiste et alchimiste germanique né à Lauingen en Souabe entre 1193 et 1206 et mort à Cologne en 1280. Il a introduit dans les universités d’Europe les sciences grecques et arabes. Il était déjà surnommé « le Grand » de son vivant. Canonisé par l' Eglise catholique, il est fêté le 15 novembre. Après des études à Paris, il entre, en 1221, dans l'ordre des Dominicains dont il deviendra le principal en 1254. De 1228 à 1240, il enseigna la théologie, puis obtint à Paris un poste de maître de théologie en 1245. C’est là qu’il a pour élève le jeune Thomas d'Aquin. Découvrant les ouvrages grecs (dont bien entendu Aristote) et arabes (Ibn al-Haytham, Avicenne (Ibn-Sinâ), ...), il les étudie avec passion. Dans ses commentaires de l’œuvre d’Aristote, il consigne déjà ses désaccords avec les vues de celui-ci dans le domaine scientifique, comme l'avait fait Robert Grossetête, puis Roger Bacon (ces contestations sur l'œuvre de « l'homme qui pouvait tout expliquer », comme le nomme Jean-François Revel, se sont amplifiées sur le plan scientifique avec Galilée, puis sur le plan philosophique avec Descartes). Albert fonda en 1248 à Cologne l’École supérieure de théologie (Studium generale). En 1250, il traite de l'arc-en-ciel dans son ouvrage de Iride. En 1254, Albert devient le principal de son ordre et le pape Alexandre IV, espérant le fixer à Rome, le nomme maître du sacré palais. En 1260, il fut nommé évêque de Ratisbonne par le pape, mais après trois ans il demande au pape et obtient de celui-ci la permission d'abandonner sa charge. Ne se contentant pas de contester ponctuellement les travaux d'Aristote, il entreprend une encyclopédie d'ambition comparable De animalibus. Elle comprend :
- le classement de plus d’une centaine de minéraux, ainsi que toute la faune et la flore d’Europe du Nord connue de son temps ;
- une description détaillée de la reproduction des insectes, la croissance du poulet, des poissons et de mammifères ;
- une étude sur les effets respectifs de la lumière et de la chaleur sur la croissance des végétaux, ainsi que la question des greffes. Ce vaste traité, achevé vers 1270, comprend 26 livres. Les 19 premiers sont des commentaires de l'œuvre d'Aristote, les suivants sont consacrés aux animaux qui marchent, volent, nagent et rampent dans une classification inspirée de Pline. Cette œuvre qui restera isolée dans son temps tranche sur celles de ses prédécesseurs comme Isidore de Séville et comprend beaucoup plus de descriptions fondées sur des observations réelles. Il n'empêche que pour encore longtemps la zoologie restera une branche de la théologie dans laquelle les animaux seront étudiés pour les symboles divins qu'ils véhiculent. Cette œuvre est riche en enseignements historiques et nous apprend par exemple qu'Albert le Grand ne connaissait l'usage du salpêtre que pour la fabrication de l'acide nitrique ou encore que l'ortie était encore citée comme fibre textile à cette époque Bertrand Gille (historien) Histoire des techniques

Postérité

- béatifié en 1622 ;
- canonisé par le pape Pie XI ;
- proclamé docteur de l'Église en 1931 ;
- proclamé « saint patron des savants chrétiens » en 1941. Il reste dans l'histoire connu comme le « Docteur universel », en compagnie du « Docteur angélique » (son propre élève saint Thomas d'Aquin) et du « Docteur admirable » (le franciscain Roger Bacon, critique comme lui d'Aristote envers qui saint Thomas d'Aquin avait eu davantage d'indulgence). Ce qui donna naissance à l'idée selon laquelle pendant longtemps, la philosophie a consisté essentiellement en une rédaction de notes de bas de page dans l'œuvre d'Aristote.

Bibliographie

Textes d'Albert le Grand

- Summa de Eucharistiae Sacramento. Ulm : Johann Zainer, 1474.
- Philosophia pauperum. 1e édition, 1490, 2e édition Brescia Battista de Farfengo 1493
- De Anima libri tres. De Intellectu et Intelligibili libri duo. Venise : Joannes & Gregorius de Gregoriis, de Forlivio, 1494.
- Summa de creaturis.
- De vegetalibus
- De mineraliu.Principis philosophorum Domini Alberti magni Ratisponsensis Ecclesie Episcopi. Cologne: Cornelius von Zieriksee. 1499.
- Prima et secunda partes postille super Evangeliare Luce. Hagenau, Henricus Gran for Johannes Rynman 1504
- De Natura Locorum. Vienna : H. Vietor & J. Singriener, 1514. Sous le nom de Albert le Grand, un vaste corpus de textes alchimiques se constitua à partir du et ne cessa de se développer. Dans le sillage de son prodigieux succès en tant que philosophe, des 'lullistes' anonymes se mirent à composer sous son nom un nombre croissant de traités d'alchimie.

Etudes et autres ouvrages

- Libera Alain (de), Albert le Grand et la philosophie (A la Recherche de la vérité), Paris, Vrin, 1990

Notes et références

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Sujets connexes
Acide nitrique   Alchimie   Alexandre IV (pape)   Arabe   Arc-en-ciel   Aristote   Avicenne   Bertrand Gille (historien)   Brescia   Béatification   Canonisation   Chaleur   Chimiste   Cologne   Docteur de l'Église   Encyclopédie   Galileo Galilei   Grec ancien   Greffe (botanique)   Insecte   Jean-François Revel   Lullistes   Lumière   Naturaliste   Ortie   Paris   Philosophe   Pie XI   Pline l'Ancien   Poisson   Poulet   Ratisbonne   Reproduction (biologie)   Robert Grossetête   Roger Bacon   Rome   Salpêtre   Souabe   Thomas d'Aquin   Théologie   Tommaso da Modena   Ulm   Université   Venise   Vienna   Zoologie  
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