Déforestation

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Déforestation par brûlis, pour mise en culture, Sud Mexique Image satellite montrant l'état relativement déboisé du plateau du Korat et de la plaine centrale de Thaïlande par rapport aux territoires voisins La déforestation est le phénomène de régression des surfaces couvertes de forêt. Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l'extension des terres agricoles . Elle résulte aussi d'une exploitation excessive ou anarchique de certain
Déforestation

Déforestation par brûlis, pour mise en culture, Sud Mexique Image satellite montrant l'état relativement déboisé du plateau du Korat et de la plaine centrale de Thaïlande par rapport aux territoires voisins La déforestation est le phénomène de régression des surfaces couvertes de forêt. Elle résulte des actions de déboisement puis de défrichement, liées à l'extension des terres agricoles . Elle résulte aussi d'une exploitation excessive ou anarchique de certaines essences forestières et de l'urbanisation. Du fait de la tolérance de nombreux pays, comme le Brésil ou Madagascar, vis-à-vis du développement de l'agriculture en zones boisées, la déforestation actuelle concerne surtout les forêts tropicales. En 2005, elle a été qualifiée d« alarmante » par la FAO. La destruction de la forêt est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serreInformation de Greenpeace. C'est un des éléments importants qui causent le réchauffement climatique.

Quelques chiffres

;Déforestation brute Selon la FAO ( intitulé « La déforestation se poursuit à un rythme alarmant - Nouveaux chiffres de la FAO sur les forêts mondiales » Rome, 14 novembre 2005 ; basé sur les conclusions de l’
Evaluation des ressources forestières mondiales 2005 (Global forest resources assessment), étude la plus complète jamais faite à cette date (à partir des chiffres officiels des États), portant sur l'usage et la valeur des forêts dans 229 pays et territoires, de 1990 à 2005), environ 13 millions d’hectares de forêts disparaissent annuellement sur Terre. C'est l'équivalent de la surface de l'Angleterre qui disparait annuellement, soit 1 terrain de football chaque secondeune surface d'un terrain de foot fait 0.4 km2. C'est l'équivalent en surface de 86% de la forêt française155 540 km2 en 2005, FAO qui disparaît ainsi chaque année. ;Pertes nettes La « perte nette » de forêt, qui tient compte des plantations d'arbres qui remplacent les forêts s'est élevée à 8, 9 millions ha/an estimés entre 1990 et 2000, et à 7, 3 millions d’hectares/an de 2000 à 2005 (une surface correspondant à celle du Sierra Leone ou de Panama). Le rythme de la déforestation a donc légèrement diminué et correspond à une perte nette annuelle de 0, 18% des forêts du monde. ;Les forêts primaires En se basant sur les chiffres envoyés par les états à la FAO, le rapport FRA 2005 de la FAO conclut que suite à la déforestation ou à des coupes sélectives, les plantations artificielles d'arbres ont encore augmenté couvrant en 2005 près de 5% des superficies boisées du monde ; les forêts primaires ou sans signes visibles d’activités humaines présentes ou passées ne constituent plus en 2005 que 36% de la superficie forestière mondiale, continuant à disparaître ou être modifié à raison de 6 millions d’hectares par an de 2000 à 2005. Une partie des coupes sera suivie d'une régénération forestière, souvent lente ou médiocre, une autre partie sera plantée d'arbres de rentes (eucalyptus, palmier à huile, hévéa, cacaoyer, théier, caféier..) mais en Amazonie, la plus grande partie est transformée en culture de soja et ailleurs en champs (Environ 75% des pertes forestières sont dues à l'expansion agricole). En zone tropicale, ces champs se dégradent rapidement, pour évoluer vers une savane ou la désertification. Olfield suggérait en 1998 que près de 10 pour cent des espèces d'arbres connues, soit environ 7 000 espèces, sont menacées d'extinction à court ou moyen terme (essentiellement en zone tropicale), et pour chaque espèce, c'est une richesse génétique plus grande encore qui est perdueOlfield, S., Lusty, C. and McKinven, A. 1998. The World list of threatened trees. IUCN Press. Cambridge, Royaume-Uni. 650 p..

Historique

La déforestation est ancienne. Elle a commencé selon WilliamsWilliams, M., 2000. Dark ages and dark areas: global deforestation in the deep past. J. Hist. Geogr. 26(1): 28-46 dès la fin de la préhistoire, avec une nette corrélation spatiotemporelle entre recul des forêt et densité de la population humaine en zone tempérée, même si des populations assez denses ont aussi pu localement vivre dans la forêt et de la forêt sans la détruire, en zone tropicale (ex : amérindiens, populations d'afrique noire et de l'actuelle Indonésie) ;En Europe Accumulation de bois en amont du Pont Charles de Prague, en 1872. Les fleuves ont été les principaux axes de transport du bois (en radeau), contribuant pour une part à la déforestation de zones situées très en amont au profit des villes, des forges et des fonderies. Déforestation aux États-Unis de 1620 à 1992) La déforestation a accompagné l'homme presque partout où il s'est sédentarisé, l'agriculture restant encore aujourd'hui la principale cause de déforestation suivie de près par le besoin en bois de chauffage. Elle est ancienne. Les feux de défrichement y ont beaucoup contribué. Les haches de silex reconstituées par les préhistoriens se montrent très efficaces, mais c'est surtout le travail des bûcherons et scieurs du Moyen Âge, ainsi que les techniques de transport par flottage du bois qui ont fait reculer la forêt médiévale pour alimenter le forges, les cheminées, les fours, les charbonniers et la construction. La déforestation menée en Europe durant le Moyen Âge afin d'étendre les terres agricoles, fit passer la France de Jules César, boisée à plus de 90% à moins de 15% à la fin du . En 1850, le défrichement gagne les pentes, jusqu'aux sommets de moyenne montagne. Rapidement les forêts de plaine des zones tempérées d'Asie et d'Europe se dégradent en de pauvres taillis et séparées par de nombreux kilomètres. ;Déforestation et reboisement en France On estime qu'à l'époque de de Vercingétorix, la France était couverte de forêts à plus de 90%, soit environ 400 000 kilomètres carré. Aujourd'hui seuls 23% sont enforestés. Le taux de boisement augmentent depuis plus d'un siècle, surtout en moyenne montagne et montagne, mais avec des forêts souvent moins naturelles et écologiquement fragmentéesDonnées FAO 15 554 km2 couvert en 2005 sur 675 417 km2 et . En France, Colbert (1619-1683) a donné un coût d'arrêt à la déforestation et ordonné la plantations de forêts pour la construction navale, mais les besoins en bois ont causé une exploitation soutenue de la forêt qui au début du 19 siècle, en tant qu'écosystème" était presque totalement détruite. Il a fallu des sévères mesures réglementaires (code forestier de 1827, et les grands reboisement du second Empire 1825-1880, et une loi sur la restaurations des terrains de montagne (1860) pour changer ce que (Chateaubriand) qualifiait d'un "semblant de désert" ;Aux Amériques Avant l'arrivée des Européens aux États-Unis, près de la moitié de la surface des États-Unis était couverte par une forêt primaire.Cette forêt commença de décroître vers le début du . Exceptée dans sa partie ouest, elle était presque effacée de la carte et du paysage au début du . .

Répartition mondiale

400px pentes, les cultures de thé et de café ont contribué au recul de la forêt Dans la seconde moitié du , les 3 grandes zones de déforestation active, par taille décroissante de surfaces concernées sont : l'Amazonie, l'Afrique équatoriale et la zone Malaisie/Indonésie en Asie. Selon la FAO( intitulé « La déforestation se poursuit à un rythme alarmant - Nouveaux chiffres de la FAO sur les forêts mondiales » Rome, 14 novembre 2005 ; basé sur les conclusions de l’
Evaluation des ressources forestières mondiales 2005, étude la plus complète à cette date, portant sur l'usage et la valeur des forêts dans 229 pays et territoires, de 1990 à 2005), c'est en Amérique du Sud que la perte nette de forêts a été la plus élevée de 2000 à 2005 (environ 4, 3 millions d’hectares par an). Les deux premiers pays destructeurs de forêts pour 2000-2005 sont:
-Le Brésil, avec 3, 1 millions ha/an détruits ( 0, 6% de déforestation)
-L'Indonésie, avec 1, 8 millions ha/an détruit ( 2% de déforestation) Près des deux tiers des forêts du monde sont concernées par une forte déforestation depuis deux siècles (le siècle étant un « pas de temps » court pour la reconstitution d'un écosystème forestier qui s'effectue sur plusieurs siècles, voire plus de 1000 ans sur les sols les plus difficiles), avec une aggravation du phénomène principalement dans 8 pays : Australie, Brésil, Chine, Inde, Indonésie, Fédération de Russie, Pérou, République démocratique du Congo. Les États-Unis et le Canada ont stabilisé la déforestation, mais la forêt y a souvent été très artificialisée. Ailleurs, comme en Europe et au Japon, la forêt est stable ou gagne de la surface (en France notamment), mais elle perd de sa qualité en terme de biodiversité et surtout d'intégrité écologique, en particulier à cause de la fragmentation écologique par les routes et des plantations d'essences de rentes. Par ailleurs, ces derniers pays contribuent à la déforestation en étant parmi les premiers importateurs de bois tropicaux et de soja (cultivé à la place de forêts tropicales détruites). Note d'espoir ? En 2007, selon une dépêche de Reuters, la déforestation serait « en net recul » dans la forêt amazonienne. Le taux de déforestation aurait diminué d'environ un tiers au cours des douze derniers mois dans la forêt amazonienne pour atteindre son niveau le plus bas depuis les années 1970, selon des propos tenus par le ministère brésilien de l'environnement. ( intitulé La déforestation en net recul dans la forêt amazonienne ? (Actualités News Environnement – 11 août 2007)

Causes

Les routes principales, puis secondaires, plus faciles que les fleuves sont les premiers axes de pénétration et de déforestation (ici en Amazonie). Les trouées suivent un motif caractéristique en « arêtes de poisson » Images satellites montrant la déforestation en Bolivie entre 1986 et 2001. Production de charbon de bois, en forêt tropicale

Activités humaines


- L'usage du sol : - L'usage agricole du sol : 60% de la déforestation est due aux cultures sur brûlis, à son exploitation pendant deux ou trois ans, et à son abandon. Ces terres sont en effet très pauvres et subissent une importante érosion. Après abandon, l'agriculteur recommence ailleurs, et ainsi de suite. Le soja est la principale culture concernée. Le surpâturage est également en cause : le bétail détruit la végétation et empêche sa régénération. Les bœufs brésiliens, par exemple, empiètent de cette façon largement sur la forêt. - Le défrichement des forêts naturelles et leur remplacement par des plantations mono spécifiques plus rentables provoque une perte considérable en biodiversité et fragilise la végétation (voir facteurs biotiques). - Enfin, l'urbanisation, le mitage des zones naturelles, les travaux d'aménagement (remembrements parcellaires) et les infrastructures (autoroutes, chemins d'accès…), l'exploitation des ressources minières (provoquant l'empoisonnement de la terre, avec les conséquences imaginables sur la végétation : la mine de Serra dos Carajás au Brésil a ainsi détruit 150 000 Km² de forêt) et les barrages hydroélectriques ont un fort impact sur les forêts.
- L'exploitation non durable des ressources forestières et agricoles est bien entendu un autre problème grave. L'absence de plans de gestion à long terme entraîne la disparition des forêts : les entreprises forestières coupent à blanc sans soucis de reboisement, et aucune régénération naturelle n'est possible (voir conséquences : érosion des sols). De plus, l'exploitation irréfléchie d'une parcelle abîme fortement la végétation alentour : ainsi, pour un arbre abattu 40 autres sont abîmés. 20% des déboisements en proviennent.
- Le besoin en bois : la récolte de bois de feu dans les pays du Sud représente 56% de l'exploitation mondiale de bois. Ces prélèvements individuels, ponctuels et superficiels, provoquent donc ensemble de grands bouleversements. Au Nord, les besoins en bois de construction et en papier alimentent le pillage des ressources forestières du Sud.
- Les incendies dus à des débroussaillages, aux cultures sur brûlis, à la chasse, à la lutte contre des espèces « nuisibles », à l'élimination de déchets, au vandalisme, à l'inconscience ou au hasard peuvent détruire en quelques heures d'énormes superficies, comme ce fut le cas à Kalimantan (Bornéo) où 3.5 millions d'ha ont brûlé…
- Les
pollutions atmosphériques, de l'eau ou des sols (notamment par des produits phytosanitaires) peuvent s'étendre sur des régions entières et provoquer l'affaiblissement voire la mort de toute la végétation touchée, sans espoir de régénération même anthropique avant des dizaines d'années.
- Le tourisme et une fréquentation trop importante freinent la régénération et tassent les sols.
- Les guerres successives comme au Viêt Nam en 1973 où 22 000 km², soit 23% de la superficie boisée du pays, furent anéantis ont bien entendu une influence plus que néfaste.

Causes indirectes

- Difficultés sociales, pauvreté.
- Explosion démographique
- Absence de réglementation au sein des pays concernés, qui découle de l'ignorance et du désintérêt des acteurs et des consommateurs.
- Consommation importante dans les pays développés, de bétail ou de volaille, nourris par le soja cultivé au Brésil.
- Consommation de mobilier en bois ne respectant pas une bonne gestion forestière.

Facteurs naturels

L'éruption du Mont Saint Helens provoqua la destruction de nombreux arbres Déforestation au Honduras, exacerbée par le cyclone Mitch d'octobre 1988 De nos jours, les facteurs naturels ayant une influence sur le couvert forestier sont :
- Les maladies et les champignons sont aidés par la présence de cultures mono spécifiques, voire de cultures composées d'arbres clones. En effet lorsqu'un arbre est atteint tout le peuplement suit car chaque arbre dispose de la même vulnérabilité. La graphiose de l'Orme (
Ceratocystis ulmi) est ainsi responsable de la mort de la quasi-totalité des Ormes d'Europe durant les années 1980.
- Les proliférations d'espèces comme les grands herbivores (favorisés par la disparition de leurs prédateurs) ou les insectes phytophages (favorisés par les cultures mono spécifiques et le réchauffement climatique) peuvent être extrêmement destructrices, comme au Québec où la Tordeuse des bourgeons de l'épinette a provoqué entre 1938 et 1958 la mort de 60% des sapins (Abies balsamea) et de 20% des épinettes (Picea glauca) bien que ces épidémies se produisent dans des forêts naturelles gigantesques et non dans des plantations monospécifiques. En 1975, 35 millions d'hectares étaient touchés. Ces épidémies sont récurrents en forêt boréale car elles sont sources de rajeunissement de la forêt mais on estime que le réchauffement de la planète pourrait accélérer ce processus. Dans le Sud de la France, les années 2003-2006 ont été très chaudes et sèches provoquant des épidémies dévastatrices dans les peuplements d'épicéas communs. Les forestiers locaux estiment que l'épicéa, introduit dans le Sud Massif Central et dans les Pyrénées dans les années 1950-60, pourraient devenir un reliquat d'ici quelques années créant une pénurie de bois résineux dit "blancs" utiles pour la papeterie.
- Les aléas climatiques
- Sécheresse : qui crée des conditions favorables au développement des incendies.
- Orages secs : qui créent avec leurs éclairs et vents induits des feux de forêts spectaculaires dans les forêts boréales (Canada , États-Unis, Sibérie Orientale et Nord de la Chine) ainsi que dans les forêt tropicales sèches lors de phénomènes macroclimatiques ( El Nino en Indonésie). La tempête de 1999 par exemple détruisit 160 millions m³ de bois rien qu'en France.
-
Catastrophes naturelles: par exemple, l'éruption volcanique du mont Saint Helens aux États-Unis, provoqua la destruction massive de plusieurs dizaines de kilomètres carrés de bois

Facteurs humains

Déforestation agricole sur les Monts Usambara (District du Lushoto, région Tanga, Tanzanie). L'Homme contribue à la déforestation de nombreuses manières :
- Plus localement, pour l'exploitation minière en plein air qui requiert des coupes « à blanc » et des zones de rejets d'eau polluée ou de « stériles », ou suite à certaines techniques d'orpaillage
- Indirectement, suite à la part anthropique du réchauffement climatique (sécheresses qui provoquent des feux de forêt ou en aggravent les conséquences).
- La part de responsabilité de l'exploitation du bois fait débat. La contribution directe du marché international des bois tropicaux n'est pas dominante en terme d'impact direct en Amazonie, Asie et Afrique)Le prélèvement de bois d'exportation au Cameroun est de l'ordre de 1 tige (10 à 15 m³) par hectare par 30 ans (Source GFBC - 2005). Souvent il faut en Afrique parcourir l'équivalent de 6 terrains de football pour trouver un arbre intéressant pour le marché international qui ne prélève qu'une faible part des essences tropicales (Source Christian Sales, CIRAD, Colloque ITIAPE, Mai 2007). Cependant ; :- quand on coupe un arbre de la forêt primaire, plusieurs centaines d'autres sont abîmés ou coupés pour y accéder : - Il convient de distinguer l'exploitation forestière classique (sélective) des coupes de récupération (en cas de déforestation pour l'agriculture ou l'exploitation minière) qui sont en fait des coupes d'opportunité. : - les transformations de forêts primaires en boisements cultivées, parfois monospécifiques se sont poursuivies et même localement amplifiées (en Tasmanie par exemple) depuis le Sommet de Rio. : - Il faut tenir compte du fait qu'en zone tropicale, les dizaines de milliers de Kilomètres de pistes et routes forestières (et parfois les layons) deviennent des moyens de pénétrer plus loin et très facilement la forêt pour les chasseurs et les paysans pauvres qui brûleront la forêt pour la convertir en terre agricoles. : - des centaines de grands barrages hydroélectriques ont ennoyé des surfaces forestières écologiquement très riches, mais surtout , ils ont rendu les fleuves plus réguliers et facilement navigables (en noyant les « sauts »), facilitant l'accès aux zones éloignées de la forêt plus accessibles, de même que les routes construites pour les construire et y accéder ou les coupes rases faites pour le passage des lignes haute tension. : Enfin, l'hélicoptère, le GPS, l'imagerie satellitaire et les progrès de la communication sans fil ont aussi localement facilité l'exploitation et la destruction illégales des forêts. C'est in fine la conversion des forêts en surfaces agricoles qui est historiquement le premier facteur de déforestation des zones tropicales. (cultures et/ou pâturages, sont financièrement plus productives et intéressantes que la forêt pour les paysans, même si l'on sait que les forêts sont indispensables à l'équilibre de la Nature et que la notion de productivité n'a pas de sens si elle fait abstraction des équilibres biologiques. La situation est compliquée par l'absence de convention internationale sur la Forêt, le contrôle difficile des activités illégales en zones tropicales, l'existence d'un trafic facilité par la corruption, et par le fait que la déforestation peut à court terme donner l'impression d'améliorer la balance des paiements de pays pauvres par l’exportation, d'être source de taxes et revenus pour l’état ou des collectivités, en créant une activité économique nouvelle (emplois, revenus, …) Quelques expériences d'agroforesterie incluant des élevages en milieu forestier ont lieu, dont en Forêt-Noire, comme cela se faisait en Europe au Moyen Âge. Reste à étudier les effets du sylvopastoralisme afin d'ajuster la densité du bétail et le temps de séjour à la capacité du milieu à se régénérer, car les vaches et chevaux (du pacage) sont souvent plus lourds et moins rustiques qu'au moyen âge. ils se frottent sur les troncs, mangent des écorces et les poussses, piétinent le sous-étage. Les porcs (
panage) consomment les une grande part des fructifications qu'ils trouvent, les champignons souterrains (truffe du cerf par exemple) et piétinent l'humus. Les moutons éradiquent le sous-étage, mais ce sont les chèvres qui font le plus de dégâts, étant capables de détruire le peuplement forestier en écorçant les troncs et en montant aux arbres. Au Liban et au Maroc, le sylvopastoralime vieux de plusieurs millénaires est considéré comme la principale menace des dernières cédraies. Ces animaux peuvent ils jouer en forêt le rôle qu'y jouaient les grands mammifères de la préhistoire, alors que nous avons fait disparaître ou fortement régresser les grands prédateurs, C'est une question que se posent les scientifiques. Tout est question d'équilibre! Enfin, Homo sapiens se sent souvent biologiquement inadapté à la vie en forêt, milieu qui ne pourrait satisfaire qu'une petite partie de la population. Le développement démographique de l'humanité a rendu une partie du défrichement nécessaire, donc justifiable, jusqu'à une certaine époque. Mais de nos jours, la déforestation a de moins en moins de lien avec la nécessité d'installer des populations. On observe d'ailleurs un phénomène généralisé d'accroissement des populations urbaines et de diminution des populations rurales.

Conséquences

La première conséquence de la déforestation est la mise en péril de nombreuses espèces, parfois encore inconnues, par suite de la disparition de leur habitat naturel, et donc une diminution de la biodiversité. Cependant, il convient de rester prudent sur les effets de la déforestation car l'extension des surfaces forestières comme celle de la déforestation ne sont pas des données scientifiquement établies et indiscutablesGérard Granier, Yvette Veyret, Développement durable. Quels enjeux géographiques ?, dossier n°8053, Paris, La Documentation française, 3 trimestre 2006, ISSN 04195361, page 5. En Amérique du Sud, notamment au Brésil, les populations locales sont menacées par la déforestation dans leur mode de vie traditionnel. Les forêts tropicales humides émettent des quantités très importantes d'oxygène et absorbent beaucoup de CO2, les déchets de matières organiques produisent également beaucoup de méthane (qui est aussi un gaz à effet de serre). Ces écosystèmes complexes demanderaient à être préservés et mieux étudiés. La destruction du couvert forestier entraîne aussi une aggravation de l'érosion des sols et la disparition de l'humus accumulé. La déforestation au Brésil le long de l'Amazone provoque une baisse des apports en sédiments dans celui-ci, ce qui entraîne à terme l'assèchement des mangroves plusieurs milliers de kilomètres en aval du fleuve avec pour conséquences :
-La disparition d'une biodiversité unique au monde ;
-La disparition pour les indiens de leurs revenus du fait de la disparition de cet écosystème.

Sur le réchauffement global

La biomasse forestière emmagasinait de 1990 à 2005 environ 283 Gigatonnes (Gt), mais avec une diminution enregistrée à l’échelle mondiale de 1, 1 Gt par an. La somme des stocks de carbone de la biomasse forestière, du bois mort, de litière et du sol est environ le double du carbone présent dans toute l’atmosphère( intitulé « La déforestation se poursuit à un rythme alarmant - Nouveaux chiffres de la FAO sur les forêts mondiales » Rome, 14 novembre 2005 ; basé sur les conclusions de l’
Evaluation des ressources forestières mondiales 2005, étude la plus complète à cette date, portant sur l'usage et la valeur des forêts dans 229 pays et territoires, de 1990 à 2005). Si les forêts représentent 40% de la quantité de carbone de la biomasse sur Terre, on comprend que leur dégradation puissent faire doubler le taux de CO de l'atmosphère. Bien que les arbres absorbent jusqu'à 20 % de CO en plus du fait même de l'augmentation du taux de CO atmosphérique, la déforestaiton rejette 1, 1 Gt de carbone chaque année. L'effet sur le réchauffement climatique est donc considérable.

Sur le climat local

La déforestation provoque une modification du climat à l'échelle mondiale aussi bien qu'à l'échelle locale : les arbres contribuent plus que le reste de la flore au phénomène d'évapotranspiration et par là de pluviométrie ; source d'une humidité locale vitale en zone tropicale. Leurs racines décolmatent les sols et peuvent aller chercher l'eau jusqu'à plusieurs dizaines de mètres de profondeur. Ils jouent aussi le rôle de coupe-vent et tempèrent les chocs thermiques dans les zones froides. Leur disparition est source de perturbations du couple thermohygrométrique. Enfin, la forêt absorbent la lumière en rafraîchissant l'air par son évapotranspiration, là où le sol nu renvoie l'énergie du soleil vers l'atmosphère qu'il réchauffe et déshydrate (albédo). La température ambiante moyenne peut localement augmenter de plus de 10 °C après une déforestation en zone tropicale. Ce réchauffement local modifie la pression atmosphérique, qui elle-même influe sur le déplacement des masses d'air et des cellules de tempêtes. Les cycles pluviométriques sont donc modifiés à l'échelle mondiale, provoquant sécheresse et inondations dans des régions qui n'y sont habituellement pas soumises.

Sur le milieu et la biodiversité

- Suite à une coupe à blanc et notamment en zone tropicale, le sol laissé nu subit un lessivage important par les pluies torrentielles, inutilisées et non freinées par la végétation. L'humus disparaît rapidement et ne laisse que la roche-mère, impropre à la végétation. La revégétalisation est d'autant plus impossible que les plantes tropicales sont majoritairement sciaphiles (elles ne peuvent pousser qu'à l'ombre que procure une forêt).
La désertification est un problème qui menace actuellement 900 millions de personnes et touche 3, 5 milliards d'hectares, soit le quart des terres émergées.
- Les forêts ont un rôle de protection des sols qui n'existe évidemment plus avec leur disparition : en retenant la terre, les roches et la neige avec leurs racines, les arbres empêchent les glissement de terrains et les avalanches. Leur humus limite le ruissellement et l'érosion et favorise l'infiltration vers les nappes. C'est pourquoi les forêts dites « de protection » sont théoriquement intouchables.
- La déforestation provoque bien sûr la destruction d'habitats de milliers d'espèces animales et végétales, souvent condamnées à disparaître. Trois espèces disparaissent ainsi chaque heure, soit 72 par jour, soit 26 280 par an. La forêt est en effet le milieu qui abrite la majeure partie des êtres vivants.

Sur l'eau

- La déforestation entraîne inexorablement des crues, inondations et coulées de boue dévastatrices : les forêts retiennent en effet la majorité de l'eau de pluie (dix fois plus qu'un pâturage) et la relâchent progressivement par évapotranspiration. Elles maintiennent donc les nappes phréatiques et régulent le régime hydrique. Avec leur disparition, ces eaux de pluies (abondantes dans les pays tropicaux) ruissellent en torrents jusqu'aux rivières, provoquant ainsi des crues extrêmement destructrices. Cette eau qui ruisselle emporte avec elle le sol, qui se retrouve dans le lit et l'embouchure des rivières. Le Rhône a ainsi perdu deux mètres de profondeur en amont de Lyon à cause de la déforestation des alpages de montagne. La rivière étend donc son lit, aggravant encore les inondations et provoquant des coulées de boue meurtrières, comme ce fut le cas en Chine avant qu'ils comprennent à leurs dépens l'utilité des forêts. La déforestation en Chine a donc cessé (elle s'est juste déplacée puisque leur bois est désormais importé.)
- L
'opacification de l'eau qui charrie toutes ces boues provoque la disparition de la faune et de la flore et entraîne de graves problèmes piscicoles.
- L'eau filtrée par les forêts alluviales est épurée : 30 mètres de forêt riveraine retiennent la quasi totalité des nitrates agricoles. La déforestation augmente encore les problèmes d'eau potable.

Sur l'Homme

- La disparition des ressources forestières et piscicoles provoque des famines, l'agriculture étant impossible à long terme sur un terrain soumis à la désertification.
- Les sécheresses, les famines et l'absence d'eau potable favorisent la dissémination de maladies.
- L'économie est vouée à l'échec sur le désert créé par la déforestation.
- La déforestation entraîne des problèmes sociaux comme la disparition du tourisme (principale source de revenus dans certains pays), la baisse du cadre de vie (paysage…), la disparition de patrimoines culturels liés à la forêt, et la mort des populations autochtones : au vingtième siècle, 90 tribus ont été éliminées, au point que certains parlent de génocide.
- Et enfin perte d'un matériel médical inestimable pour la science : 70% des plantes utiles contre le cancer par exemple se trouvent uniquement dans les forêts tropicales humides. Plus d'un quart des médicaments prescrits aux U.S.A. sont dérivés de plantes des forêts tropicales. De même, tout un potentiel d'aliments et de produits inconnus ou encore inutilisés est perdu.

Solutions possibles

Par chaque individu


- Pour utiliser du bois en évitant la consommation abusive d'essences menacées, il existe différents moyens : 1. Les bois éco-certifiés : des bois exotiques bénéficiant d'une éco-certification (PEFC, FSC…) garantissent une provenance de forêts dont la ressource est gérée de manière durable. Le boycott des bois exotiques non menacés pourrait ralentir le développement des pays concernés et paradoxalement provoquer un effet inverse : la forêt, devenue non rentable, serait défrichée et mise à disposition de l'agriculture. image:Pefc_logo.gif|Logo de la certification PEFC Image:Fsc logo.jpg|Logo de la certification FSC 2. Les bois naturellement durables: Il s'agit de choisir des bois locaux (dit aussi bois de pays ou essences indigènes) qui peuvent présenter une bonne durabilité naturelle (acacia, robinier (faux acacia), châtaignier, chêne, sapin de Douglas, mélèze, cèdre rouge (western red cedar)…). Ils ne nécessitent pas de traitement particulier s'ils sont utilisés pour des applications définies (classe 1 = intérieur ; classe 2 = intérieur avec risque ponctuel d'humidification ; classe 3 = extérieur avec humidification temporaire sans contact avec le sol ; classe 4 = extérieur humidification permanente en contact avec le sol ; classe 5 = milieu marin immergé dans l'eau). Les espèces menacées (voir l'inventaire CITES ou mieux, l'inventaire mondial de l'UICN) devraient être connues et boycottées.
- Réduction de notre consommation de papier et de bois, recyclage et restauration du bois abîmé.
- Pratiquer un tourisme responsable (
écotourisme
'), connaître les problèmes environnementaux des pays où l'on va.

Par la société

- Les entreprises et les professionnels peuvent pratiquer une gestion durable du milieu en mettant en place des plans de gestion adaptés au long terme, en pratiquant le « Non Timber Forest Products » - c’est-à-dire la procédure permettant de récolter les produits forestiers (bois de feu, fruits…) sans couper les arbres - en plantant des haies (Le bénéfice en productivité peut aller de 25 à 100%), en augmentant les jachères en agriculture…
- Les associations peuvent valoriser l'aspect social et environnemental des forêts, sensibiliser le public et les pays en voie de développement ou encore apporter d'autres formes d'énergie aux pays du Sud que le bois de chauffage. => La science peut améliorer nos connaissances actuelles en terme de protection naturelle des forêts contre les maladies, champignons ou insectes, elle peut apporter d'autres modes de gestion, créer des produits de substitution aux matériaux forestiers…

Par les États

- Restauration et reboisement des espaces forestiers détériorés (la régénération naturelle étant la meilleure solution) Le classement de parcelles en réserves protégées (12% devraient l'être selon l'objectif fixé par la Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement), parcs, forêts de protection etc. est primordiale. La création et le maintien d'un réseau entre ces zones (corridors biologiques) est également importante. Des zones tampon autour des zones protégées (exploitation extensive) seraient également une bonne chose. Les États peuvent encore participer aux plans d'action forestiers nationaux (PAFN) : il s'agit d'une collaboration internationale visant à une gestion idéale des forêts. Les permis d'exploitation doivent être plus restrictifs.
- Les États doivent former et sensibiliser les professionnels agricoles et sylvicoles aux problèmes environnementaux. Ils doivent également fournir aide et assistance technique aux exploitants et aux propriétaires. Les populations vivant en forêt doivent également être sensibilisées, en échange de quoi elles (et notamment les tribus indigènes) mériteraient d'obtenir les parcelles qu'elles occupent.
- La création et la valorisation de fonds forestiers dédiés à la protection et à la gestion durable des forêts est un élément primordial dans la lutte contre la déforestation. Ces fonds aideraient les ONG et les pays en voie de développement, subventionneraient des reboisements et des outils de protection (contrôle des feux, réglementation, clôtures…) etc.
- respect des conventions signées (Convention sur la diversité biologique, CITES, Convention pour la lutte contre la désertification, Accord international sur les bois tropicaux…).

Par les lois

- Mise en place et application d'un régime législatif forestier portant sur l'environnement.
- Application du CITES (convention internationale sur le commerce international d'espèces de faune et de flore menacées d'extinction) interdisant notamment le commerce d'arbres rares ou menacés.
- Lutte contre l'exploitation clandestine (FLEGT : Forest Law Enforcement Governance and Trade) et contrôles à l'importation. 15% du bois mondial est en effet illégal. Au Brésil, c'est 80% du bois qui est exploité clandestinement.

Notes et références

Voir aussi

- Arbre
- Arbres menacés
- Écologie
- Forêt amazonienne
- Forêt du Bassin du Congo
- Francis Hallé
- Akira Miyawaki (spécialiste de la restauration de forêts)
- Banque de semence ===
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