Félix Houphouët-Boigny

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Félix Houphouët-Boigny (18 octobre 1905 ? à Yamoussoukro - 7 décembre 1993), surnommé le "sage", succéssivement chef traditionnel, medecin, député, Président de l'Assemblée nationale et premier ministre ivoirien il fut ensuite le premier président de la Côte d'Ivoire de 1960 à 1993.
Félix Houphouët-Boigny

Félix Houphouët-Boigny (18 octobre 1905 ? à Yamoussoukro - 7 décembre 1993), surnommé le "sage", succéssivement chef traditionnel, medecin, député, Président de l'Assemblée nationale et premier ministre ivoirien il fut ensuite le premier président de la Côte d'Ivoire de 1960 à 1993.

Les années de formation

Origines et éducation

Félix Houphouët-Boigny naît, selon sa biographie officielle, le 18 octobre 1905 à N'Gokro. Toutefois, un doute subsiste sur l’exactitude de cette date ; en effet, chez les baoulé, son ethnie d’appartenance, l’état civil n’existe pas et il est donc fort probable que sa naissance soit antérieure à 1905. Houphouët-Boigny 1e partie (9 avril 2005), Émission de France-Inter « Rendez vous avec X » Originaire d’une tribu animiste des Akouè, il est le fils d’un dénommé Houphouët.ELLENBOGEN Alice. La succession d'Houphouët-Boigny entre tribalisme et démocratie. Éditions L'Harmattan. 2002, p.26-31 qui lui donne à l’origine comme prénom Dia, pouvant signifier, dans sa langue, prophète ou magicien. Petit-neveu de la reine Yamousso et du chef du village, Kouassi N'Go, il est appelé à lui succéder à la tête de la chefferie lorsque ce dernier est assassiné en 1910 Mais, en raison de son jeune âge, son beau-père Gbro Diby (son père étant déjà mort) devient régent. Compte tenu de son rang, l’administration coloniale décide de l’envoyer à l’école du poste militaire de Bonzi situé près du village puis, en 1915, à l’école primaire supérieure de Bingerville, et ce malgré les réticences de sa famille. Cette même année à Bingerville, il se convertit au christianisme, considérant cette religion comme le signe de la modernité et un obstacle à l'islamisation ; il se fait baptiser Félix. Brillant élève, il intègre en 1919 l’École William Ponty où il obtient son diplôme d’instituteur et enchaîne, en 1921, avec l’École de médecine de l'AOF dont il sort major en 1925. Mais ses études de médecine sont incomplètes et Houphouët ne peut prétendre être qu'un « médecin africain »Félix Houphouët-Boigny. In Encyclopédie Universalis. Edition 1975. Tome 19., sorte de médecin au rabais.

Un « médecin africain » engagé

Le 26 octobre 1925, Houphouët débute sa carrière en tant que médecin-auxiliaire à l’hôpital d’AbidjanNANTET Bernard. Félix Houphouët-Boigny. In Encyclopédie Universalis. Edition 1999. où il fonde une « Amicale » regroupant le personnel médical indigène. Mais l’entreprise tourne court ; l’administration coloniale voit d’un très mauvais œil cette association qu’elle assimile à une formation syndicale et décide de le muter, le 27 avril 1927, au service de Guiglo où les conditions sanitaires sont particulièrement éprouvantes.LISETTE Gabriel. Le Combat du Rassemblement Démocratique Africain pour la décolonisation pacifique de l'Afrique Noire. Présence africaine. 1983. p.12 Toutefois, faisant preuve de véritables aptitudes professionnelles, il est promu à Abengourou, le 17 septembre 1929, à un poste réservé, jusque là, aux européens. À Abengourou, Houphouët est confronté aux grandes injustices dont sont victimes les cultivateurs de cacao indigènes exploités par les colons. Décidé à agir, il prend la tête, en 1932, d’un mouvement de planteurs africains hostile aux grands propriétaires blancs et à la politique économique du colonisateur qui les favorisent. Le 22 décembre, il rédige, sous un pseudonyme, un article engagé « On nous a trop volés » qui paraît dans un éditorial socialiste publié en Côte d’Ivoire, le « Trait d’union ». L’année suivante, Houphouët est appelé par sa tribu à prendre ses fonctions de chef de village, mais, préférant se désister pour poursuivre sa carrière, il confie le poste à son frère cadet Augustin Arsène Ouegui Goba. Côte-d'Ivoire : quelle issue pour la transition? Editions L'Harmattan. 2000. p.19. Il demande cependant sa mutation pour se rapprocher de son village et est ainsi envoyé à Dimbokro le 3 février 1934 puis à Toumodi le 28 juin 1936. Si jusque là, Houphouët a fait preuve de réelles qualités professionnelles, son attitude déplait ; en septembre 1938, son chef de service lui demande de choisir entre son poste de médecin et son engagement dans la politique locale. Le choix sera vite fait puisqu'en 1939, son frère décède et il lui succède à la tête de la chefferie.

Un chef de canton et un leader syndical

En devenant chef, Houphouët devient l'administrateur du canton d’Akouè, représentant trente-six villages. Il prend également en charge la plantation familiale qui est alors l'une des plus importantes du pays, et parvient à la développer en diversifiant les cultures de caoutchouc, de cacao et de café ; il devient ainsi un des plus riches planteurs africains. Le 3 septembre 1944, il fonde, en accord avec l’administration coloniale, le Syndicat agricole africain (SAA) dont il devient le président. Regroupant les planteurs africains mécontents de leur sort, le SAA, anticolonialiste et antiraciste, revendique de meilleures conditions de travail, une hausse des salaires et l’abolition du travail forcé. Ce syndicat rencontre rapidement le succès et reçoit l’appui de près de planteurs, ce qui déplait fortement aux colons qui vont jusqu'à porter plainte contre Houphouët. L’écho de ce syndicat est tel qu’il se rend, début 1945, à Dakar pour expliquer la démarche du SAA au gouverneur général de l’AOF Pierre Cournarie. En octobre 1945, Houphouët est projeté sur la scène politique ; le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’assemblée constituante, organise l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, l’autre les autochtones. Houphouët se présente et, grâce aux nombreux soutiens qu’il a acquis par son action syndicale, est élu au premier tour avec plus de 1000 voix d’avance. Malgré cette victoire, l’administration coloniale décide d’organiser un second tour, le 4 novembre 1945, ce qui ne l’empêche nullement de le remporter avec voix sur suffrages exprimés. Pour son entrée en politique, il décide d’ajouter Boigny, signifiant « bélier » (symbole de son rôle de meneur) à son patronyme, devenant ainsi Félix Houphouët-Boigny.

Un acteur majeur de la scène politique française

Un député plaidant la cause des Africains

Siégeant désormais au Palais Bourbon, où il est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer, il s'attèlle à mettre en application les revendications du SAA. Un projet de loi tendant à la suppression du travail forcé est ainsi proposé le 1946 à l’Assemblée et adopté en 1947 sous le nom de loi Houphouët-Boigny. Le 3 avril 1946, il propose d’unifier la réglementation du travail dans les territoires d'Afrique ; ce sera chose faite en 1952. Enfin, le 27 septembre 1946, il dépose un rapport sur le système de santé des territoires d'outre-mer qu’il invite à réformer. Houphouët-Boigny se bat également en faveur de l’Union française. Ce projet, prévoyant de faire des colonies des départements et des territoires français, ne fait pas l’unanimité chez les parlementaires métropolitains qui craignent de voir la France devenir la colonie de ses colonies. Tentant de les rassurer, Houphouët-Boigny leur répond qu’il n’existe, « à l’heure actuelle », aucun risque pour que les Africains submergent les parlementaires européens, mais qu’en revanche, une telle union permettrait de stopper la double politique menée par la France : l’une « métropolitaine et démocratique », l’autre « coloniale et réactionnaire ». Après l’adoption de la constitution de la IV République, il est réélu sans difficulté avec voix sur des suffrages exprimés. Toujours membre de la Commission des territoires d'outre-mer, dont il est secrétaire en 1947 et 1948, il est nommé, en 1946, à la Commission du règlement et du suffrage universel. Le 18 février 1947, il propose de réformer en profondeur le système des conseils généraux des territoires de l'AOF, de l'AEF et du Conseil fédéral afin qu’ils soient plus représentatifs aux populations autochtones. Il réclame également, et à de nombreuses reprises, la création d'assemblées locales en Afrique afin que les indigènes puissent faire l'apprentissage de leur propre autonomie et de la gestion.

Le fondateur du RDA et la période communiste

Le 9 avril 1946Le Toubabou. Le millefeuille ivoirien - un héritage de contraintes. Éditions L'Harmattan. 2005, p.60, Houphouët-Boigny transforme, avec l’aide des Groupes d’études communistes d’Abidjan, le SAA en Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI)AMIN Samir et NANTET Bernard. Côte-d’Ivoire. In Encyclopédie Universalis. Edition 1999.. Ce dernier devient lui-même, après le Congrès de Bamako du 18 octobre 1946, une section territoriale du tout nouveau parti inter-africain : le Rassemblement démocratique africain (RDA) dont Houphouët-Boigny prend la présidence. ELLENBOGEN Alice. La succession d'Houphouët-Boigny entre tribalisme et démocratie. Éditions L'Harmattan. 2002, p.41 Pas assez nombreux pour former un groupe parlementaire AMONDJI Marcel. Félix Houphouët et la Côte-d'Ivoire l'envers d'une légende. Éditions Karthala. 1984, p.110, les élus africains sont contraints de s’apparenter à un des grands partis existants pour pouvoir siéger ensemble au Palais Bourbon. Le RDA s’affilie alors avec les communistes, seule formation politique qui soit ouvertement anti-colonialiste. Houphouët-Boigny justifie lui-même cette alliance par le fait qu’elle semblait, à l’époque, être la seule solution pour se faire entendre : : « Dès avant la création du RDA, cette alliance avait servi notre cause : en mars 1946, l’abolition du travail obligatoire fut adoptée à l’unanimité, sans vote, grâce à notre alliance tactique »Jeune Afrique, n°1048 du 4 février 1981. Interview de Félix Houphouët-Boigny Cette alliance, si elle s'avère pratique, ne l'est que tant que les communistes sont au gouvernement. Mais, au fur et à mesure que la guerre froide s'affirme et, dès lors, que le PCF passe dans l'opposition, l’administration française manifeste une hostilité grandissante à ce qu'elle surnomme le « Stalinien Houphouët ». Les tensions atteignent leur apogée au début de 1950, quand, à la suite d’un incident où la quasi-totalité de la direction du PDCI est arrêtée Arsène Ouegui Goba. Côte-d'Ivoire : quelle issue pour la transition? Editions L'Harmattan. 2000. p.28, de dangereuses émeutes éclatent en Côte-d’Ivoire.MICHEL Marc. Afrique – Les décolonisation. In Encyclopédie Universalis. Edition 1999. Pour désamorcer la crise, le président du Conseil, René Pleven, confie à son ministre de la France d’outre-mer, François Mitterrand, la mission de détacher le RDA du PCF. Conscient d'être dans une impasse, Houphouët-Boigny accepte de rompre avec les communistes en octobre 1950 et oriente alors le RDA vers une gauche modérée. Et, lors des élections législatives de 1951, il présente une liste commune avec le parti de Mitterrand, l’Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR) dont l’affiliation officielle est réalisée en 1952.

La réhabilitation et l’entrée au gouvernement

Conservant l’image d’un communiste, bien que s’en défendant, il est le seul député RDA réélu en Côte d’Ivoire en 1951. À ce sujet, il prononce le 24 août 1951 un discours à l’Assemblée nationale où il conteste le résultat des élections qu’il déclare entaché de fraudes, et dénonce aussi l’instrumentalisation des députés d’outre-mer comme « machines à voter ». Houphouët-Boigny et le RDA vivent alors une véritable période de purgatoire avant de renouer avec le succès en 1956. En effet, lors des élections de cette année là, le grand parti de masse africain reçoit voix sur suffrages exprimés et son leader, désormais, fait figure de modéré. Nommé membre de la Commission du suffrage universel, des lois constitutionnelles, du règlement et des pétitions, Houphouët-Boigny entre également au gouvernement le 1956 en qualité de ministre délégué à la présidence du Conseil dans le gouvernement Guy Mollet, poste qu’il occupe jusqu’au 13 juin 1957. Sa principale réalisation, dans ces fonctions, est la création d’une organisation commune de régions sahariennes qui permettrait, d'une part, d'assurer l'indépendance énergétique de l'Union française, et, d'autre part, de contrer les revendications territoriales marocaines dans le SaharaNANDJUI Pierre. Houphouët-Boigny: L'homme de la France en Afrique. Éditions L'Harmattan. 1995, p.133. Par la suite, Houphouët-Boigny devient ministre de la Santé publique et de la Population dans le gouvernement Félix Gaillard du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958 où il s’attèlle à réformer le code de la santé publique. Il sera également, et à de nombreuses reprises, ministre d'État sous :
- le gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury du 13 juin au 6 novembre 1957
- le gouvernement Pierre Pflimlin du 14 au 17 mai 1958
- le gouvernement Charles de Gaulle (3) du 1958 au 8 janvier 1959
- le gouvernement Michel Debré du 8 janvier au 20 mai 1959 Il participe à l’élaboration de la politique africaine de la France, notamment dans le domaine culturel; sous son impulsion seront créés le Bureau des étudiants de la France d’outre-mer, et l’Université de Dakar. Le 4 octobre 1958, Houphouët-Boigny est également un des signataires, aux côtés de De Gaulle, de la constitution de la V République. Le dernier poste qu’il occupe est celui de ministre conseiller du gouvernement Michel Debré du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961.

À la tête de la Côte-d’Ivoire

Un partisan de l’autonomie

Suite à l’adoption, le 23 juin 1956, de la loi-cadre Defferre donnant l'autonomie aux colonies africaines, une élection territoriale est organisée en Côte-d’Ivoire le 3 mars 1957, au cours de laquelle le PDCI remporte une victoire écrasante.NANDJUI Pierre. Houphouët-Boigny: L'homme de la France en Afrique. Éditions L'Harmattan. 1995, p.43 Houphouët-Boigny, occupant déjà les fonctions de ministre en France, de Président de l'Assemblée territoriale depuis 1953 (ayant succédé à Victor Capri Djédjé) et de maire d’Abidjan depuis novembre 1956, décide de placer à la vice-présidence de la Côte d’Ivoire Auguste Deniseibid, p.44, même s’il reste, pour Paris, le seul interlocuteur de la colonie. Le 7 avril 1957, le chef du gouvernement du Ghana Kwame Nkrumah, en déplacement en Côte d’Ivoire, appelle toutes les colonies d’Afrique à prendre leur indépendanceibid, p.166 ; Houphouët-Boigny lui rétorque alors : :« Votre expérience est fort séduisante… Mais en raison des rapports humains qu’entretiennent entre eux Français et Africains et compte tenu de l’impératif du siècle, l’interdépendance des peuples, nous avons estimé qu’il était peut-être plus intéressant de tenter une expérience différente de la vôtre et unique en son genre, celle d’une communauté franco-africaine à base d’égalité et de fraternité. »ibid, p.167 En effet, contrairement à de nombreux dirigeants africains qui réclament une indépendance immédiate, Houphouët-Boigny souhaite une transition en douceur au sein de l’« ensemble français » car, selon lui, l'indépendance politique sans l'indépendance économique ne vaut rien. Aussi, donne-t-il rendez-vous à Nkrumah dans dix ans afin de voir lequel des deux aura choisi la meilleure voie. Tout naturellement, il fait campagne pour le « oui » lors du référendum pour la Communauté franco-africaine, proposé par de Gaulle le 28 septembre 1958.ibid, p.129 Seul son protégé guinéen, Ahmed Sékou Touré ose dire « non » préférant, à l’inverse d’Houphouët-Boigny, « la liberté dans la pauvreté à la richesse dans l'esclavage ».ibid, p.157 Poussé par la fédération du Mali qui souhaite l’indépendance, la communauté franco-africaine s’écroule et Houphouët proclame, d'une certaine manière à contre-cœur, l’indépendance de Côte d’Ivoire le 7 août 1960.ibid, p.130

L’instauration du pouvoir personnel

Houphouët-Boigny prend officiellement la tête du gouvernement ivoirien le 1959. S’il ne souffre d’aucune opposition en ce qui concerne les partis rivaux, le PDCI les ayant tous neutralisés en 1957 (devenant de facto unique), Houphouët-Boigny est, en revanche, confronté à une opposition interne. Des nationalistes radicaux, menés par Jean-Baptiste Mockey, se dressent ouvertement contre sa politique francophile. Pour résoudre ce problème, Houphouët-Boigny décide de se débarrasser de cet opposant en inventant, en septembre 1959, le « complot du chat noir » où Mockey, accusé d’avoir tenté de l’assassiner avec des fétiches maléfiques, est exilé.NANDJUI Pierre. Houphouët-Boigny: L'homme de la France en Afrique. Éditions L'Harmattan. 1995, p.45 Ayant les mains libres, Houphouët-Boigny se lance dans la rédaction de la constitution de 1960 qu’il taille à la mesure de ses ambitions. S’inspirant de la constitution américaine qui établit un exécutif puissant, et de la constitution française de 1958 qui limite certains pouvoirs du législatifibid, p.66, il transforme l’assemblée nationale en une simple chambre d’enregistrement votant les lois et le budget.ibid, p.72 Les députés, quant à eux, sont désignés directement par lui et le PDCI, totalement inféodé au président, doit se contenter de servir comme simple intermédiaire entre les masses populaires et l’État.ibid, p.73 Mais, de nouveau, des protestations émanent de l’intérieur, principalement, des Jeunesses du rassemblement démocratique africain de Côte d'Ivoire (JRDACI). Pour les faire taire, Houphouët-Boigny profite du putsch réalisé au Togo qui ébranle toute l’Afrique francophone GBAGBO Laurent. Côte-d'Ivoire : pour une alternative démocratique. Éditions L'Harmattan. 1983 p.34 pour les accuser de « menées subversives d’inspiration communiste » ibid, p.36 ; trois ministres, sept députés et 129 autres personnes issus des JRDACI sont alors incarcérés.ibid p.35 Mais, ce faux « complot de janvier 1963 » n’a pas le succès escompté ; un fort sentiment d’injustice entraînant une accentuation des contestations.ibid p.38 Houphouët-Boigny réagit alors de la même façon, mais cette fois-ci de façon beaucoup plus radicale ; les « comploteurs » désignés sont les sympathisants communistes ivoiriens appuyés par les dirigeants africains progressistes (Kwame Nkrumah, Ahmed Ben Bella, Gamal Abdel Nasser), les francs-maçons, les tenants du multipartisme, les anciens opposants au PDCI, les jeunes diplômés revenus de France imprégnés d’idéologie marxiste, et certaines régions du pays qui exprimaient une certaine antipathie envers le régime (pays Sanwi et Bété de Gagnoa).ibid p.42 Un climat de terreur s’abat sur la Côte-d’Ivoire avec notamment la création, le 26 août, d’une milice au service du parti regroupant hommes, de manifestations organisées en faveur du président et de l’arrestation, durant un an, de très nombreux « mauvais citoyens » dont sept ministres et six députés.ibid p.40 Ayant ainsi consolidé son pouvoir, Houphouët-Boigny qui gouverne dès lors en dictateur absolu, libère toutefois les prisonniers politiques en 1967.AMIN Samir. Côte-d’Ivoire. In Encyclopédie Universalis. Edition 1975. Tome 5. Au pouvoir durant 33 ans, il refuse la pluralité politique et syndicale jusqu'en 1990 : il affirme « préférer l'injustice au désordre », redoutant une partition politique sur des bases ethniques. De nombreuses tentatives sécessionnistes sont réprimées violemment (1959-60, 1970-71).

L’artisan du « miracle ivoirien »

Si Houphouët-Boigny était un dictateur, il n’en était pas moins lucide. Son choix, pragmatique, du libéralisme économique a permis à la Côte d'Ivoire de bénéficier de la confiance de nombreux investisseurs étrangers, notamment français. Les avantages accordés par son code des investissements de 1959, permettant aux entreprises étrangères de rapatrier jusqu’à 90% de leurs bénéfices dans leur pays d’origine (les 10% restant étant obligatoirement réinvestis en Côte-d’Ivoire)NANDJUI Pierre. Houphouët-Boigny: L'homme de la France en Afrique. Éditions L'Harmattan. 1995, p.54, et sa politique de modernisation des infrastructures avec, notamment, l’édification du quartier d'affaires du Plateau à Abidjan (sur le modèle nord-américain) où des hôtels de luxe accueillent touristes et hommes d'affaires, permet à la Côte d’Ivoire de connaître une croissance formidable de 11 à 12% durant la période de 1960 à 1965. Ainsi, le PIB, multiplié par douze (en volume constant) entre 1960 et 1978, passe de 145 à milliards de francs CFAibid, p.57, tandis que la balance commerciale ne cesse d’enregistrer des excédents. L’origine de cette réussite économique est née du choix, du président, de privilégier le secteur primaire au secondaire. De cette manière, l’agriculture intensive connaît un développement fulgurant : entre 1960 et 1970, les cultures de cacao triplent leur production atteignant tonnesibid, p.59, celles de café augmentent de moitié, passant de à tonnes tandis que les exportations de bois passent entre 1950 et 1965 de à tonnes. Si ces derniers représentent 80% des exportations de la Côte d’Ivoire, celles de bananes s’élèvent tout de même en 1965 à 150 000 tonnes et celles d’ananas à tonnes. De plus, les cultivateurs du nord sont vivement encouragés à développer l’élevage du coton dans leur région. Bien que n’étant pas le pilier de l’économie ivoirienne, le secteur secondaire connaît, lui aussi, un essor spectaculaire grâce à l’industrie légère, notamment dans l’agro-alimentaire avec l’installation de minoteries, d’huileries et de conserveries, et dans la transformation avec la mise en place de filatures et de scieries. Ainsi, entre 1960 et 1973, la production industrielle enregistre un taux de croissance annuelle moyen de 20%, faisant passer sa part dans le PIB de 15 à 25%. Le chiffre d’affaires de la grande et petite industrie passe alors, pour cette période, de 13, 5 à 164 milliards de francs CFA, tandis que pour la période de 1973 à 1983, il est multiplié par 8, 5, atteignant milliards de francs CFA. Cet essor économique modifie profondément le mode de vie des Ivoiriens, entraînant une accentuation de l’exode rural et la hausse du revenu annuel moyen par ménage qui atteint francs CFA en 1980Les chiffres du monde 1988 : Côte-d’Ivoire. In Encyclopédie Universalis.. Une forte demande de céréales « modernes » émerge alors en Côte-d’Ivoire, notamment en ce qui concerne le maïs et le riz, ce dernier étant, comme partout en Afrique, assimilé à une promotion sociale. Des efforts de développement humain sont aussi enregistrés dans le domaine de l’éducation où, en 1975, le taux de scolarisation pour l’instruction primaire était de 17, 3%, de 5, 1% pour l’instruction secondaire et de 0, 5% pour l’instruction supérieure ; quant au taux d’alphabétisation, il était, en 1985, de 57, 3% pour les personnes âgées de plus de 15 ans.. Ces véritables progrès, même s’ils sont pour l’essentiel dans le domaine économique, font du pays d’Houphouët-Boigny, une réussite rare en matière de décolonisation, un îlot de prospérité dans la région du Golfe de Guinée. Le « miracle ivoirien », comme on l’appelle, vaut à Houphouët-Boigny de gagner une image de « Sage de l'Afrique », tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Il est, alors, surnommé respectueusement « le Vieux ».

Crise des années 1980

Les années 1980 marquent un retournement de conjoncture économique et politique. Les cours du cacao et du café s'effondrent (ils ont chuté des 2/3 entre 1980 et 1992) et le régime s'épuise à les soutenir artificiellement. La corruption, réelle dès la période précédente, devient plus visible. Les inégalités sociales entre villes et campagnes s'accroissent. Les réalisations prestigieuses de ces années (comme la Basilique Notre-Dame de la paix, la plus grande basilique chrétienne du monde à Yamoussoukro, la nouvelle capitale) n'ont pas l'effet escompté. Les espoirs de réserves de pétrole sont déçus. Son pays au bord de la banqueroute, Houphouët change de cap politique (1989). Il autorise le pluralisme politique et syndical - ce qui ne l'empêche pas de battre son adversaire Laurent Gbagbo à la présidentielle de 1990 par 89% des suffrages. Il doit accorder à un groupe étranger le monopole de la commercialisation du cacao. Diverses catégories sociales s'agitent : l'armée se mutine (1990, 1992), les étudiants manifestent (répression de 1992).

Une politique africaine « particulière »

Le fossoyeur de l’AOF

Jusqu’au milieu des années 1950, les colonies françaises d’Afrique noire étaient regroupées administrativement au sein de deux grands ensembles : l’Afrique équatoriale française (AEF) et l’Afrique occidentale française (AOF) ; rattachée à cette dernière, la Côte-d’Ivoire finance, à elle seule, les deux tiers du budget de l’AOF.NANDJUI Pierre. Houphouët-Boigny: L'homme de la France en Afrique. Éditions L'Harmattan. 1995, p.90 Partant de ce constat, Houphouët-Boigny se fait le champion d’une Afrique des patries qui préfèrerait créer des richesses plutôt que de partager la misère avec les autres territoires, souhaitant ainsi libérer la Côte-d’Ivoire de la « pesante » tutelle de l’AOF. Aussi, il participe activement à la rédaction et à l’adoption de la loi-cadre Defferre qui, en plus de donner l'autonomie aux colonies africaines, relâche les liens unissant les différents territoires et accorde de très larges compétentes aux Assemblées locales.ibid, p.83 Mais cette loi-cadre est loin de faire l’unanimité parmi ses compatriotes africains. Le leader sénégalais, Léopold Sédar Senghor, est le premier à s’insurger contre ces projets de « balkanisation » de l’Afrique, arguant que les territoires coloniaux « ne correspondent à aucune réalité : ni géographique, ni économique, ni ethnique, ni linguistique » et, qu’au contraire, le maintient de l’AOF en un Ėtat fédéral leurs permettrait de pouvoir détenir une crédibilité politique plus forte, de se développer de manière harmonieuse, et d’émerger culturellement en tant que véritable peuple.ibid, p.83-84 Sur ces points de vue, Senghor est rejoint par la majorité des membres du RDA, regroupée derrière Ahmed Sékou Touré et Modibo Keita, qui mette en minorité Houphouët lors du congrès de Bamako en 1957.ibid, p.86 Mais, le problème du fédéralisme se pose réellement en 1958, lors du référendum proposé par de Gaulle au sujet de la Communauté franco-africaine où les colonies ont le choix d’acquérir le statut d’Ėtat membre à titre individuel, ou de le partager en se groupant.ibid, p.88 Pour Houphouët-Boigny, le choix est simple : : « Quoi qu’il advienne, la Côte-d’Ivoire adhérera directement à la communauté franco-africaine. Pour les autres territoires, libre à eux de se grouper entre eux avant de donner leur propre adhésion. » La Côte-d’Ivoire accède, alors, à la souveraineté nationale. Houphouët-Boigny remporte, ainsi, une première victoire face aux tenants du fédéralisme ; victoire qui, d’ailleurs, sera le terreau du futur « miracle ivoirien » puisque, entre 1957 et 1959, les recettes du budget ivoirien progressent de 158%, atteignant 21 723 000 000 francs CFA.ibid, p.91 Malgré cette « réussite », Houphouët-Boigny est bien décidé à enrayer définitivement l’hégémonie du Sénégal en Afrique de l’Ouest ; un véritablement affrontement politique s’engage entre les leaders ivorien et sénégalais. Houphouët-Boigny refuse donc de participer à la conférence interafricaine de Dakar du 31 décembre 1958 qui doit poser les bases de la fédération des Ėtats d’Afrique francophone et va même jusqu’à faire échouer toute combinaison territoriale dont le contrôle politique lui échapperait.ibid, p.89 Ainsi, en coopération avec la France, il parvient à convaincre la Haute-Volta, le Dahomey et le Niger de ne pas adhérer à la fédération malienneibid, p.101 qui, composée du Sénégal et du Soudan français, finira par éclater en août 1960.

L’unité africaine selon Houphouët-Boigny

A l’instar de Charles de Gaulle qui refusa toujours une Europe intégrée, Houphouët-Boigny s’oppose à l’idée d’Ėtats-Unis d’Afrique proposé par Kwame Nkrumahibid, p.99 qui remettrait en cause les souverainetés nationales récemment acquises. Toutefois, le dirigeant n'est pas contre l'unité africaine qu'il conçoit sous la forme d'une coopération au cas par cas. Ainsi, le 29 mai 1959, il crée en coopération avec Hamani Diori (Niger), Maurice Yaméogo (Haute-Volta) et Hubert Maga (Dahomey), le conseil de l’Entente. Cette organisation régionale très souple, fondée dans le but d’entraver la fédération malienne, assure trois fonctions majeures. D’une part, elle pemet la gestion commune de certains services publics tels que le port d’Abidjan institué en établissement public ou la ligne de chemin de fer Abidjan-Nigeribid, p.105. Ensuite, elle garantit un fond de solidarité entre les pays membres, alimenté à plus de 90% par la Côte d’Ivoire. Enfin, elle assure le financement de divers projets de développement au moyen de prêts consentis aux Etats membres à des faibles taux d’intérêts, prêts alimentés à 70% par la Côte d’Ivoireibid, p.106. Houphouët-Boigny prévoit même, en 1966, d’accorder la double nationalité aux ressortissants des pays du conseil de l’Entente, mais le projet est abandonné suite à la pression de la rue.ibid, p.73-74 Ainsi, en échange de leurs allégeances respectives à la Côte-d’Ivoire, Houphouët-Boigny s’accorde à les soutenir financièrement, en tentant d’atténuer leurs difficultés économiques.ibid, p.107 Ambitieux, le leader ivoirien prévoit de plus grands desseins pour l'espace francophone d’Afrique, et prétend les regrouper au sein d’une grande organisation dont le but serait de se soutenir mutuellement les uns les autresibid, p.111. Le projet se concrétise le 7 septembre 1961, lors de la signature de la charte donnant naissance à l’Union africaine et malgache (UAM), regroupant douze pays francophones dont le Sénégal de Senghoribid, p.112. Des accords sont, alors, signés dans le but de resserrer la solidarité des Ėtats francophones, notamment dans le domaine économique, militaire, et des postes et télécommunications. Mais en mai 1963, la création de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) vient perturber ses plans : les tenants du panafricanisme exigent la dissolution de tous regroupements régionaux dont l’UAMibid, p.113-114 ; le président ivoirien cède, mais à contre-cœur, et transforme, en mars 1964, l’UAM en Organisation africaine et malgache de coopération économique et culturelle.ibid, p.115 Considérant l’OUA comme une voie de garageibid, p.119, d’autant plus que Paris y est hostileibid, p.118, il décide de créer l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), une organisation purement francophone et concurrente à l’OUA, qui voit le jour en 1965ibid, p.120. Ce bloc « modéré et modérateur » regroupe, en son sein, seize pays dont le but est de briser les velléités révolutionnaires en Afrique. Mais, au cours des années, considérant cette organisation comme trop inféodée à la France, huit pays membres quittent l’OCAM.ibid, p.120-121 Enfin, en 1974, Houphouët-Boigny et Senghor mettent de côté leurs querelles et s’unissent afin de contrecarrer les plans du Nigeria qui vise à s’imposer en Afrique de l’Ouest, au détriment de la Côte-d’Ivoire et au Sénégal, grâce à la création d’une grande organisation inter-linguistique, la CEDEAO.ibid, p.122-123 Les deux compères créent donc la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEAO) qui supplantent les anciennes unions douanières dans la région francophoneet dont le but est d’entraver le fonctionnement de la CEDEAO. Mais. Aussi, ayant reçu l’assurance, de la part du Nigeria, que seraient maintenues les organisations francophones antérieures, ils décident de rejoindre la CEDEAO en mai 1975.ibid, p.126

Les méandres d'Houphouët

Déja accusé d'avoir organisé l'assassinat de Kwame N'Krumah, en 1987 il est également accusé d'avoir organisé à Korhogo (conjointement avec l'Elysée) en présence de Laurent Dona Fologo, Robert Guéï, Pierre Ouédraogo... le coup d'état de Blaise Compaoré et l'assassinat de Thomas Sankara Valère Somé : "Thomas Sankara : l’espoir assassiné" L’Harmattan 1990 Sennen Andiramirando :"Le complot était ourdi depuis longtemps" Jeune Afrique N°1400-4 novembre 1997 p14 à 19Force d’Intervention du Ministère de l’Administration Territoriale de la Sécurité , et offre à Compaoré l'ivoirienne Chantal Terrasson pour femmetoujours actuel épouse de Blaise Compaoré.

Son amour pour N'Gokro

Dès 1964, le président peut montrer des plans ambitieux et faire commencer à construire. En 1965, a lieu une journée, appelée plus tard la grande leçon de Yamoussoukro, où l'on fait visiter les plantations aux cadres de la nation, aux invités, les conviant à transposer au niveau de leurs propres villages, les efforts et réalisations agricoles menées à bien jusqu'ici. Et le 21 juillet 1977, Houphouët offre ses plantations à l'État. Dans cette ville il entreprend de grands travaux et fait regrouper les plus grandes écoles d'Afrique de l'Ouest (lise non complète): Institut national polytechnique de Yamoussoukro (INP) qui regroupe plusieurs écoles :
- Institut National Supérieur de l’Enseignement Technique, (INSET) fondé en 1979
- Ecole Nationale Supérieure des Travaux Publics (ENSTP)
- Ecole Nationale Supérieure d’Agronomie, (ENSA) fondée en 1989
- Centre d'Animation et de Formation Pédagogique (CAFOP)), fondé en 1979
- Lycée Scientifique de Yamoussoukro - premier lycée d'excellence de la Côte d'Ivoire (ce Lycée rivalise avec les meilleures écoles francaises tels que L'INP Grenoble (ENSIMAG, ENSERG, ENSEEG, ENSGI, ENSIEG, PAPETE, ...), École Centrale Paris, École Centrale de Lyon, ENST Télécom, ENSTA Paris, École Polytechnique (au sud de Paris), École Polytechnique de Lausanne, HEC et écoles supérieures de commerce ESC).
- Lycée Mamie Houphouet Adjoua de Yamoussoukro - Créé en 1962, le Lycée anciennement appelé Lycée de Jeunes Filles a été baptisé depuis 1988 Lycée Mamie Houphouet Adjoua.
-Institut Polytechnique Félix-Houphouët-Boigny. Yamoussoukro concentre aussi plusieurs monuments (liste non complète) :
-barrage de Kossou
-Fondation Félix-Houphouët-Boigny
-maison du PDCI-RDA
-l'aéroport international de Yamoussoukro (il est le seul du continent africain qui pouvait accueillir le Concorde)
-l'Hôtel de Ville de Yamoussoukro
-Temple Protestant
-Mosquée
-Palais Présidentiel de Yamoussoukro
-Lac aux crocodiles
-l'Hôtel Président
-Musée Adja Swa En janvier 1978, Valéry Giscard d'Estaing y fait une visite. En mars 1983, Yamoussoukro (renommé en hommage à la Reine Yamousso dans les années 1930), est devenue la capitale politique et administrative de la Côte d'Ivoire, après, en un siècle, Grand-Bassam (1893-1900), Bingerville (1900-1933) et Abidjan (1933-1983). La majeure partie des activités économiques est toujours située à Abidjan, mais l'actuel président Laurent Gbagbo a décidé de rendre effectif le projet de faire de Yamoussoukro la capitale politique de la Côte d'Ivoire, malgré les événements qui paralysent actuellement (2002) le dynamisme du pays. Enfin, en 1993, Yamoussoukro accueille les Funérailles de Félix Houphouët-Boigny, Président-fondateur de la République de Côte d'Ivoire, de nombreux dirigeants de pays font le voyage : Idriss Déby, Mobutu, Omar Bongo, Jacques Chirac, Francois Mitterrand...

Vie privée

Ses relations en politique

Félix Houphouët-Boigny et son épouse Marie-Thérèse Houphouët-Boigny avec John F. Kennedy et Jackie Kennedy en 1962 Parmi ses amis et artisans de la décolonisation on compte Auguste Denise, Ernest Boka, Modibo Keïta, le Général De Gaulle, Mathieu Ekra, Germain Coffi Gadeau, Philippe Yacé, Arsène Usher Assouan, ... Son amitié avec Victor Capri Djédjé, se déterriore lors de l'inauguration du Port autonome d'Abidjan en 1951. Vers 1970, arrive sur la scène politique ivoirienne et internationale ses jeunes protégés dont il a financé pour certains l'instruction : Denis Bra Kanon, Gustave Kouassi Ouffoué, Alphonse Djédjé Mady, Henri Konan Bédié, Auguste Debray, Djéni Kobina... Sur le plan international, il est en contact privilégié avec la France et compte au nombre de ses amis Jacques Chirac, un de ses jeunes protégé. Au Gabon Omar Bongo est également son jeune protégé. Anti-communiste il reste en étroite relation avec la Chine, l'URSS et Cuba, qu'il attaque au demeurant pendant la guerre froide.

Les relations avec Wodié et le couple Gbagbo

L'Apres Houphouët

Il meurt le 7 décembre 1993 suite à un cancer. En 1980 il place Henri Konan Bédié comme Président de l'Assemblée à la place de Philippe Yacé (compagnon d'Houphouët il n'oubliera ni ne comprendra jamais cette décision, en 1998 les soucis le tuent), pour que Bédié soit le futur président, protégé d'Houphouët il était celui qui avait le plus confiance, en effet, la loi indique que le président de l'assemblée nationale devient président de la République si le titulaire décède. Mais lorsque Bédié prend place, il ne su mener la politique d'Houphouët, remarque que lui fait Gustave Kouassi Ouffoué en 1998. À la mort du Président, l'unité du pays, symbolisée par ses obsèques grandioses et consensuelles, est cependant toujours maintenue .En 1995 il met en place l'ivoirité ce qui pousse à la crise à partir de 1999 surtout, par le jeu de rivalités personnelles entre ses successeurs (Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo) et son ancien premier ministre Alassane Ouattara : ces rivalités ranimeront la notion « d'ivoirité », les luttes ethniques que Félix Houphouët-Boigny s'était toujours attaché à éviter au profit de la construction d'une « nation » ivoirienne. En 2002, le conflit politico-militaire accentue cette crise.

Fonctions gouvernementales

en France

- Ministre délégué à la présidence du Conseil du gouvernement Guy Mollet (du 1956 au 13 juin 1957)
- Ministre d'État du gouvernement Maurice Bourgès-Maunoury (du 13 juin au 6 novembre 1957)
- Ministre de la Santé publique et de la Population du gouvernement Félix Gaillard (du 6 novembre 1957 au 14 mai 1958)
- Ministre d'État du gouvernement Pierre Pflimlin (du 14 au 17 mai 1958)
- Ministre d'État du gouvernement Charles de Gaulle (3) (du 1958 au 8 janvier 1959)
- Ministre d’État du gouvernement Michel Debré (du 8 janvier au 20 mai 1959)
- Ministre conseiller du gouvernement Michel Debré (du 23 juillet 1959 au 19 mai 1961)
- Il fut aux côtés de De Gaulle et de Michel Debré lors de la signature de la constitution de 1958.

En Côte d'Ivoire

- Premier ministre (du 30 avril 1959 au 8 septembre 1959)
- Premier ministre, Ministre de l'Intérieur (du 8 septembre 1959 au 3 janvier 1961)
- Président de la République, Ministre des Affaires Etrangères (du 3 janvier 1961 au 10 septembre 1963)
- Président de la République, Ministre de la Défense, Ministre de l'Intérieur, Ministre de l'Agriculture (du 10 septembre 1963 au 21 janvier 1966)
- Président de la République, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Défense, Ministre de l'Agriculture (du 21 janvier 1966 au 23 septembre 1968)
- Président de la République, (du 23 septembre 1968 au 5 janvier 1970)
- Président de la République, (du 5 janvier 1970 au 8 juin 1971)
- Président de la République, Ministre de l'Education nationale (du 8 juin 1971 au 1971)
- Président de la République (dans les différents autres gouvernements du 1971 au 7 décembre 1993)

notes

Ouvrages

-Frédéric Grah Mel : Félix Houphouët-Boigny. Biographie - Edition Maisonneuve & Larose
-Ellenbogene Alice : La succession d'Houphouët-Boigny entre tribalisme et démocratie - Éditions L'Harmattan 2002
-Nandjuin Pierre : Houphouët-Boigny : L'homme de la France en Afrique - Éditions L'Harmattan 1995
-Le Toubabou : Le millefeuille ivoirien - un héritage de contraintes - Éditions L'Harmattan
-Arsène Ouegui Goba : Côte-d'Ivoire : quelle issue pour la transition? - Editions L'Harmattan 2000
-Nanet Bernard : Félix Houphouët-Boigny - In Encyclopédie Universalis Edition 1999
-Marcel Amondji : Félix Houphouët et la Côte-d'Ivoire l'envers d'une légende - Éditions Karthala 1984
-Marcel Amondji : Côte-d'Ivoire. Le P.D.C.I. et la vie politique de 1944 à 1985 - L'Harmattan 1986
-Laurent Gbagbo : Côte-d'Ivoire : pour une alternative démocratique - Éditions L'Harmattan 1983
-Bailly Diégou : La réinstauration du multipartisme en Côte d’Ivoire, ou la double mort d’Houphouet- Boigny - L'Harmattan 1995
-Jacques Baulin : La politique intérieure d'Houphouet-Boigny - Editions Eurafor 1982
-Amadou Koné : Houphouët-Boigny et la crise ivoirienne - Editions Khartala 2003 Catégorie:Président de la Côte d'Ivoire Catégorie:Décolonisation Catégorie:Leader indépendantiste Catégorie:Personnalité de la colonisation française Catégorie:Ministre français de la Santé Catégorie:Personnalité politique ivoirienne Catégorie:Premier ministre de Côte d'Ivoire Catégorie:Maire ivoirien Catégorie:Personnalité du Rassemblement démocratique africain Catégorie:Naissance en 1905 Catégorie:Décès en 1993 Catégorie:Histoire de la Côte d'Ivoire Catégorie:Abidjan Catégorie:Assemblée nationale (Côte d'Ivoire) als:Félix Houphouët-Boigny ast:Félix Houphouët-Boigny cs:Félix Houphouët-Boigny da:Félix Houphouët-Boigny de:Félix Houphouët-Boigny en:Félix Houphouët-Boigny es:Félix Houphouët-Boigny hr:Félix Houphouët-Boigny id:Félix Houphouët-Boigny nl:Félix Houphouët-Boigny pl:Félix Houphouët-Boigny sv:Félix Houphouët-Boigny zh:费利克斯·乌弗埃-博瓦尼
Sujets connexes
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