Loisir

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Paul Gauguin : femmes tahitiennes à la plage (1891). On appelle loisir l'activité que l'on effectue durant le temps dont on peut disposer en dehors de ses occupations habituelles (emploi, gestion de la maison, éducation des enfants...) et des contraintes qu’elles imposent (transports par exemple). On le qualifie également de temps libre. Ce temps libre est usuellement consacré à des activités essentiellement non productives d’un point de vue macro
Loisir

Paul Gauguin : femmes tahitiennes à la plage (1891). On appelle loisir l'activité que l'on effectue durant le temps dont on peut disposer en dehors de ses occupations habituelles (emploi, gestion de la maison, éducation des enfants...) et des contraintes qu’elles imposent (transports par exemple). On le qualifie également de temps libre. Ce temps libre est usuellement consacré à des activités essentiellement non productives d’un point de vue macro-économique, voire ludiques ou culturelles : bricolage, jardinage, sports, divertissements... ce qui a entraîné un glissement sémantique vers ce dernier terme, à tel point qu’il s’est créé une distinction entre le sport et les loisirs.

Hier

Sénèque loue les mérites de otium (le nom latin du temps de loisir) et le considère comme la caractéristique de l’homme vraiment libre - mais en ajoutant qu’il est bon de le consacrer à un rôle social ou politique dans la cité. Plus tard, Thomas d'Aquin vantera lui aussi l'illicité du loisir réparateur. L’injonction évangélique : Voyez les lis des champs : ils ne filent ni ne cousent et pourtant jamais Salomon n’a été vêtu comme eux dans toute sa gloire peut éventuellement être considérée comme un appel à ne pas perdre sa vie à la gagner. Corroborant d’ailleurs le fameux Que sert à l’homme de gagner l’univers s’il vient à perdre son âme ? (Matthieu, 16, 26).

Aujourd’hui

Le développement de la mécanisation et de l’informatisation libère progressivement l’homme de nombreux travaux physiques pénibles, dans le même temps il est vrai qu’il charge son mental : transports domicile-travail, complexité administrative souvent accrue, difficultés liées à une mauvaise ergonomie en informatique, travaux nerveusement pénibles, etc. Quoi qu’il en soit, le temps de travail comptabilisé diminue globalement, et la réduction du temps de travail permet en principe à chacun de se dégager plus de temps libre. Ce temps libre permet de participer à plusieurs activités autres que de survie ou de reproduction, ainsi s’investir dans des associations, développer ses compétences ou exercer une activité différente (peinture, jardinage, sport...). Il est difficile de déterminer si le phénomène a été accompagné ou non d’un développement de l’activité intellectuelle. Difficile aussi de savoir si ne se développe pas une sorte d’activisme des loisirs qui nous amène à neutraliser nous-même en activités diverses ce qui aurait pu constituer, avant mobilisation à d’autres fins, un temps le loisir. Le problème du manque de temps semble ainsi en augmentation et non en diminution depuis les années 1960, au moins dans les grandes villes. Un auteur comme Jeremy Rifkin estime que nous nous acheminons à terme vers une société sans travail. Avant qu’une telle situation n’émerge, si elle le fait un jour, il faudra se soucier des points suivants :
- conditions de travail
- durée du travail, dans une année et en nombre d’années de la vie
- conditions d’existence et de fin de vie des citoyens Ceci contribuera sans doute à ce que cette réduction de volume de travail se traduise plutôt par une redistribution de l’activité, ce qui permettrait d’alléger le temps de travail, au lieu de se traduire par une concentration de l’activité, qui produirait du chômage. Le philosophe Bertrand Russell a abordé cette question dans deux de ses ouvrages : Essais sceptiques et un ouvrage de jeunesse, Le monde qui pourrait être, avec lequel il prit quelque distance par la suite.

Loisir et loisirs : glissement sémantique

Le mot a commencé à accuser un glissement de sens dans les années 1960-70, sans doute suite à son usage répété dans l’expression « civilisation des loisirs » (expression que l'on doit à Joffre Dumazedier dans le livre du même nom publié en 1960), et a été utilisé par certaines personnes comme synonyme de divertissement, ce qui constitue une déviation importante de signification. Le terme industrie des loisirs fait directement écho à cette notion de loisir-divertissement, en proposant une vision productiviste (mercantile, disent certains) de la production de biens et services destinés à satisfaire les besoins des ménages liés à leur temps de loisir : on considère ici que ce temps est dédié à la consommation de masse, pour s’occuper.

Statistiques

Voir aussi

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