Cycle des sept notes

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Dans le solfège, la sélection et l'appellation des différents degrés — ou hauteurs — est déterminée par les cycles de fréquences et par le choix d'une échelle de référence.
Cycle des sept notes

Dans le solfège, la sélection et l'appellation des différents degrés — ou hauteurs — est déterminée par les cycles de fréquences et par le choix d'une échelle de référence.

Notion de grave et d'aigu

Très tôt, on a pris l'habitude de représenter la fréquence des sons selon une dimension verticale : hauteur est donc devenu synonyme de fréquence. Grave, aigu et médium, sont évidemment des notions très relatives.
- Grave — qui, étymologiquement, signifie lourd — est synonyme de basse fréquence. « Descendre » signifie donc : « aller vers le grave ». Il s'agit également d'un adjectif — exemple : un son grave.
- Aigu — qui, étymologiquement, signifie pointu — est synonyme de haute fréquence. « Monter » signifie donc : « aller vers l'aigu ». Il s'agit également d'un adjectif — exemple : un son aigu.
- Le médium — en parlant d'une voix ou d'un instrument — est la zone moyenne, intermédiaire entre l'aigu et le grave.

Cycles de fréquences

Si l'on part d'une fréquence quelconque, et que l'on monte, on finit par rencontrer, à une certaine hauteur, une nouvelle fréquence qui, d'une certaine façon, nous rappelle la fréquence initiale, mais en plus aigu ; si l'on continue de monter, on finit par rencontrer, une troisième fréquence apparentée aux deux précédentes, mais toujours en plus aigu, et ainsi de suite — c'est le principe dit de « l'équivalence des octaves ».
- Ainsi, tout se passe comme si on avait affaire à de véritables cycles de fréquences qui s'enchaînent régulièrement à l'infini. On a donc attribué le même nom aux fréquences qui sonnent de la même façon d'un cycle à l'autre — comme les trois fréquences de notre exemple. :Par la suite, on a découvert un lien mathématique rigoureux entre les diverses fréquences de ces notes apparentées. En effet, de cycle en cycle, et en montant, la fréquence double à chaque fois. Ainsi, si dans notre exemple la première note a une fréquence de 1 000 Hz, les suivantes auront respectivement pour fréquence : 2 000 Hz, 4 000 Hz, 8 000 Hz, etc., et, de la même façon, les précédentes auront respectivement pour fréquence : 500 Hz, 250 Hz, 125 Hz, etc.
- Dans notre langage musical moderne, un tel cycle de fréquence s'appelle une octave. Celle-ci est étudiée dans l'article Intervalle (solfège).

Degrés de chaque cycle

Le système musical occidental divise le cycle de l'octave en sept espaces conjoints — c'est-à-dire, espaces entre notes voisines. Or ces espaces ne sont pas égaux : en effet, deux d'entre eux sont plus petits que les cinq autres.
- Ces divers espaces conjoints se succèdent indéfiniment de la manière suivante : « Les petits sont isolés, et forment entre eux des groupes alternés de deux et trois grands ». Ainsi : :Degrés du cycle
- Dans le schéma ci-dessus — dans lequel les hauteurs sont représentées par les barreaux de l'échelle —, on remarque qu'une octave contient toujours cinq grands espaces conjoints et deux petits, et ceci, quel que soit le point de départ adopté. :Le huitième degré n'est que la répétition du premier, soit, le point de départ d'un nouveau cycle, c'est-à-dire, d'une nouvelle octave. Si l'on représente toujours ce huitième degré, c'est tout simplement pour faire apparaître les sept intervalles conjoints contenus dans l'octave, notamment celui situé entre le VII et le I degré du cycle suivant.
- Cette échelle, formée de sept degrés différents séparés par des espaces conjoints inégaux, est appelée échelle diatonique. :Pourquoi sept notes, et non pas huit, ou six ? Pourquoi des intervalles inégaux ?... Il n'est pas facile de répondre brièvement à ces questions passionnantes qui sont examinées en détail dans l'article Gammes et tempéraments. Il convient tout de même de savoir que le système mélodique tonal ne s'est pas construit arbitrairement. Il constitue tout au contraire le résultat d'une très lente évolution qui a traversé de nombreuses civilisations avant de s'intégrer à l'héritage musical collectif de la culture occidentale. Il faut savoir également que ce système n'a rien d'universel. Certaines civilisations du globe connaissent des échelles comportant plus de sept notes, ou moins, etc. Si pour l'oreille de la plupart des occidentaux le système tonal semble supérieur aux autres, il n'est toutefois pas possible de prétendre objectivement à l'existence d'une telle supériorité. Mentionnons enfin que les degrés de l'échelle diatonique coïncident à peu de chose près avec les principaux harmoniques d'un son, particularité qui a favorisé au tournant du , le développement de la polyphonie, puis, plus tard , celui de l'harmonie.

Appellation des sept notes

- Pendant l'Antiquité, les Grecs utilisaient les sept premières lettres de l'alphabet pour désigner les notes. Ce système d'appellation est encore en usage dans les pays de culture anglaise ou germanique. :Pour les Allemands cependant, la lettre B signifie si bémol — le bémol sera étudié dans l'article consacré aux altérations — ; pour indiquer un si naturel, ils utilisent une huitième lettre — H.
- Dans les pays latins, on utilise l'appellation basée sur les syllabes initiales de l'hymne à l'Hymne de Saint Jean-Baptiste — selon le principe de l'acrostiche. L'idée d'utiliser cette nomenclature est mentionnée pour la première fois dans le célèbre Traité de la musique du moine bénédictin italien Guido d'Arezzo . Précisons que le si — initiales de Sancte Iohannes — ne sera introduit qu'au . :Texte de l'hymne à saint Jean : Ut queant laxis / Resonare fibris / Mira gestorum / Famuli tuorum / Solve polluti / Labii reatum / Sancte Iohannes. :Traduction : « Pour que puissent résonner dans les cœurs détendus les merveilles de tes actions, absous l'erreur de la lèvre indigne de ton serviteur, saint Jean. »
- Correspondance entre les deux types d'appellations :
- C'est Bononcini qui — au — remplaça la note ut par do, pour des raisons de commodité. Ut et do sont donc synonymes, mais en solfiant, do est plus facile à articuler.
- Remarque mnémotechnique : les deux petits espaces conjoints de l'échelle diatonique sont respectivement situés, d'une part, entre mi et fa, d'autre part, entre si et do — donc, au-dessus des notes contenant la voyelle « i ».
- Il est apparu nécessaire de choisir une note étalon permettant d'accorder tous les instruments à sa fréquence. Cette note, produite par le diapason, est le la de l'octave N°3 — juste au-dessus du do du médium. La fréquence du diapason a beaucoup fluctué au cours des siècles. Depuis 1953, celle-ci est fixée conventionnellement à 440 Hz.

Tableau récapitulatif de l'échelle des sons

:Echelle des sons

Numérotation des octaves

Pour distinguer une note dans une octave, de la même note dans une autre octave, on affecte à chaque octave un numéro qui augmente de 1 lorsqu'on s'élève d'une octave. C'est pourquoi le la de 440 hertz a pour nom la 3. Le la de 220 hertz, situé une octave au-dessous, a pour nom la 2. C'est cette numérotation qui est reportée sur la figure précédente dans la colonne de gauche. L'étendue d'une octave numérotée va du do au si, ce qui signifie qu'on change de numéro en montant du si au do. Au-dessus de si 2, vient do 3. Ce code n'est pas universel. Celui des états-uniens est supérieur de 1. Autrement dit, ils appelent A 4 ce que les français appelent la 3. Or c'est leur standard qui est utilisé dans les logiciels d'édition et composition musicales les plus répandus. Bien évidemment, le numéro d'une octave diminue de 1 lorsqu'on descend. Au-dessous de l'octave 1, l'usage est de passer à l'octave -1. Cependant, on trouve également l'octave 0, probablement dans le standard américain, qui de ce fait, ajouté au décalage mentionné précédemment, n'utilise pas de notation négative.

Voir aussi

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Sujets connexes
Acrostiche   Adjectif   Aigu (musique)   Altération (solfège)   Antiquité   Bémol   Degré (musique tonale)   Diapason   Disposition des notes sur la portée   Fréquence   Gammes et tempéraments   Giovanni Maria Bononcini   Glossaire théorique et technique de la musique occidentale   Grave (musique)   Guido d'Arezzo   Harmonique   Hauteur (musique)   Hertz   Jean le Baptiste   Musicologie   Musique   Médium (musique)   Octave (musique)   Polyphonie   Solfège   Solfège et intonation   Son (physique)   Système tonal   Voix (instrument)  
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